Alternative pour l'Allemagne

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Alternative pour l'Allemagne
(de) Alternative für Deutschland
Image illustrative de l'article Alternative pour l'Allemagne
Logotype officiel.
Présentation
Porte-paroles Jörg Meuthen
Alexander Gauland
Fondation
Siège Schillstraße 9
10785 Berlin
Porte-paroles adjoints Georg Pazderski
Kay Gottschalk
Albrecht Glaser
Mouvement de jeunesse Junge Alternative
Positionnement Droite[1],[2],[3] à extrême droite[4],[5],[6]
Idéologie Euroscepticisme[7]
National-conservatisme[7]
Souverainisme
Populisme de droite[8]
Nationalisme[9]
Groupe au Parlement européen Europe de la liberté et de la démocratie directe
Adhérents 26 000 (2017)[10]
Couleurs Rouge et bleu ciel
Site web alternativefuer.de
Représentation
Députés
92 / 709
Députés européens
1 / 96
Députés régionaux
152 / 1 821

Alternative pour l'Allemagne (en allemand : Alternative für Deutschland, abrégé en AfD) est un parti politique eurosceptique allemand, créé le et lancé officiellement le suivant à Berlin[11].

Créé après des politiques présentées comme « sans alternative » menées lors de la crise de la dette dans la zone euro, il est surnommé le « parti des professeurs » car comptant parmi ses membres fondateurs de très nombreux professeurs d'économie, de finances publiques et de droit[12].

Se présentant comme anti-euro[13] mais pas anti-Europe[14], sa proposition phare est la dissolution progressive de la zone euro pour aboutir à de petits blocs d'unions monétaires plus homogènes afin de soutenir les économies moins compétitives, de réduire les risques d'une nouvelle crise de la dette et d'éviter d'autres plans de sauvetage contreproductifs[15].

Il crée la surprise en ne ratant que de peu l'entrée au Bundestag lors des élections législatives de septembre 2013, six mois seulement après sa création, en obtenant plus de 2 millions de voix, soit 4,7 % des suffrages[16]. Il y entre cependant en septembre 2017, avec un score de 13,1 %.

Considéré comme un parti « anti-establishment » et classé plutôt du côté de la droite conservatrice voire de l'extrême droite, son appartenance à la tendance populiste est discutée — l'AfD rejette cette classification, tout en déclarant n'être « ni de gauche ni de droite ». Il adhère en juin 2014 au groupe des Conservateurs et réformistes européens, qu'il quitte en avril 2016 après la scission de l'Alliance pour le progrès et le renouveau l'année précédente.

Histoire[modifier | modifier le code]

Fondation[modifier | modifier le code]

Débuts[modifier | modifier le code]

Konrad Adam, Frauke Petry et Bernd Lucke au premier congrès de l'AfD, le 14 avril 2013.
Logo de l'Alternative électorale 2013.

En 2012, plusieurs personnalités conservatrices font savoir qu'elles se lancent dans la création d'un parti démocrate et résolument anti-euro. Les principaux instigateurs de cette initiative sont Bernd Lucke[17], un économiste de l'université de Hambourg qui a claqué la porte de la CDU en 2011 en raison de la politique européenne de la chancelière Angela Merkel, Konrad Adam, ancien journaliste à la FAZ, et Alexander Gauland[18], ex-responsable politique de la Hesse[19]. L'AfD est issue des classes aisées et a pour créateurs des essayistes, des professeurs d'économie et des hauts fonctionnaires à la retraite ; le parti a clairement pris ses distances avec les mouvances d'extrême droite[20].

Cette alliance collective, issue de l'Association pour soutenir l'alternative électorale (en allemand : Verein zur Unterstützung der Wahlalternative 2013), est fondée à la mi-septembre 2012, puis se transforme dès le 6 février 2013 en un parti politique. Le 11 mars suivant, l'AfD se lance dans la politique à Oberursel, près de Francfort[11]. Le congrès fondateur se tient le 14 avril à Berlin afin d'élire ses dirigeants et ses candidats pour les législatives de septembre. Bernd Lucke est élu comme l'un des trois porte-parole du nouveau parti[21],[22]. Parmi leurs soutiens, Joachim Starbatty, un juriste qui attaque régulièrement la politique européenne du gouvernement devant le Tribunal constitutionnel fédéral de Karlsruhe et, surtout, Hans-Olaf Henkel, ancien président de la BDI (en allemand : Bundesverband der Deutschen Industrie), la fédération allemande des industries et d'IBM, de 2000 à 2005[23], s'affirment comme les plus médiatiques.

Les membres du parti sont unis par le sentiment que l'Allemagne a trop payé pour les autres, notamment dans les fonds de secours pour la zone euro, et réclament le retour du Deutsche Mark, qui était jusqu'à l'adoption de l'euro la seule expression de fierté nationale ou de patriotisme acceptée en Allemagne. Le parti affirme en avril 2013 compter dans ses rangs quelque 7 500 adhérents[24]. Il ne demande pas tant que l'Allemagne quitte la zone euro, mais que ceux qui ne respectent pas la discipline budgétaire puissent le faire[25].

Composition et orientations[modifier | modifier le code]

Au bout de 3 mois, en mai 2013, l'AfD compte 10 476 membres dont 2 795 étaient précédemment membres d'autres partis : 1 008 de la CDU, 220 de sa branche bavaroise, la CSU, 587 du FDP, 558 du SPD, 143 Pirates et 106 Verts[26].

En février 2014, ce chiffre atteint 17 522[27].

2013 : l'entrée manquée au Bundestag[modifier | modifier le code]

Affiche électorale de l'AfD (Alternative für Deutschland) pour les élections fédérales allemandes de 2013. Il y est écrit : « Ayons le courage de faire face aux vérités / Les Grecs souffrent / les Allemands payent / les banques encaissent. / www.alternativefuer.de ».

La principale difficulté pour l'AfD lors de sa première campagne fédérale a été de se faire connaître du grand public et ce avec un budget composé uniquement de dons, car n'ayant participé à aucune élection précédemment, l'AfD n'a eu droit à aucune part des 130 millions d'euros alloués aux partis politiques pour l'année 2013[28]. Cette difficulté a été accentuée par le fait que les partis établis ont préféré ignorer l'AfD plutôt que de débattre ses positions pour éviter de faire sa publicité[29],[30].

Si, selon un sondage Infratest d'avril 2013 pour Die Welt, 24 % des Allemands peuvent s'imaginer voter pour ses candidats en septembre[31], la plupart des observateurs sont sceptiques sur une véritable percée du nouveau mouvement[32] et les sondages électoraux jusqu'en mai 2013 ne le créditent pas de plus de 3 %[33]

La plupart des électeurs ont probablement entendu parler de ce parti pour la première fois lors des premiers résultats le soir du vote[34].

Il provoque la surprise en obtenant 4,7 % des votes aux élections fédérales de septembre 2013 et échoue de peu à faire son entrée au Bundestag[35]. Plusieurs analyses réalisées le jour du vote mettent en évidence des transferts de voix vers l'AfD en provenance de tous les partis politiques, notamment Die Linke et la CDU, mais aussi d'électeurs qui s'étaient abstenus en 2009. La plupart des votes viennent cependant du Parti libéral-démocrate (FDP), pourtant clairement favorable à l'euro[36].

2014 : Premières percées électorales[modifier | modifier le code]

Lors de ses premières élections européennes l'AfD obtient 7,0 % des voix[37]. Sept eurodéputés du parti font ainsi leur entrée au Parlement européen : Bernd Lucke, Hans-Olaf Henkel, Bernd Kölmel, Beatrix von Storch, Joachim Starbatty, Ulrike Trebesius et Marcus Pretzell.

Lors des élections régionales en Saxe, en Thuringe et dans le Brandebourg, le parti franchit le seuil électoral des 5 % et obtient des sièges dans les parlements régionaux[38]. Il constitue à chaque fois la quatrième force politique.

Depuis 2015 : changement de cap et conflits internes[modifier | modifier le code]

En juillet 2015, Frauke Petry, représentante de l'aile droite[39], est élue présidente par 60 % des suffrages face au fondateur du parti, Bernd Lucke[40]. Aussitôt, cinq des sept députés européens du parti, tous issus de l'aile libérale, Hans-Olaf Henkel[41], Ulrike Trebesius[42], Bernd Lucke[43], Bernd Kölmel[44] et Joachim Starbatty[45] annoncent leur départ du parti et fondent l'Alliance pour le progrès et le renouveau.

En janvier 2016, un sondage du Meinungsforschungsinstitut pour Bild am Sonntag donne 12 % d'intentions de vote à l'AfD, un record pour le parti[46].

Lors des élections régionales de mars 2016, l'AfD réalise une poussée importante, obtenant des élus dans plusieurs parlements régionaux[47].

En avril 2016, les deux élus européens du parti quittent le groupe parlementaire des Conservateurs et réformistes européens (CRE)[48],[49]. Marcus Pretzell rejoint Europe des nations et des libertés (ENL)[50] tandis que Beatrix von Storch intègre le groupe Europe de la liberté et de la démocratie directe (ELDD)[51].

Une nouvelle crise interne éclate en juillet 2016 quand Wolfgang Gedeon, un élu du parti au Bade-Wurtemberg, publie un livre intitulé Der grüne Kommunismus und die Diktatur der Minderheiten (« Le communisme vert et la dictature des minorités ») dans lequel il écrit notamment que « le judaïsme du Talmud est l'ennemi intérieur de l'Occident chrétien » et s'étonne que les Allemands trouvent normal d'avoir érigé au cœur de Berlin un mémorial de l'Holocauste[52]. Dès lors, certains cadres du parti, à l'instar de Jörg Meuthen, souhaitent l'exclusion de Wolfgang Gedeon quand d'autres, comme la présidente Frauke Petry, ne cherchent pas à s'en dissocier. Finalement, le groupe parlementaire du parti au Bade-Wurtemberg éclate[53].

Les élections législatives régionales de 2016 en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale enregistrent un nouveau succès pour le parti qui avec 21,4 % arrive en seconde position et devance la CDU d'Angela Merkel[54],[55],[56]. Lors de celles de Berlin, qui ont lieu en septembre, l'AfD réussit une percée électorale importante[57].

Le parti subit une crise début 2017, voyant fondre ses intentions de vote à 7 % (contre 15 % à l'automne précédent), notamment en raison de la focalisation du débat électoral sur le duel entre Angela Merkel et Martin Schulz pour les élections législatives de septembre de la même année. Par ailleurs, la présidente de l'AfD, Frauke Petry, subit une contestation en interne, de personnalités plus à droite qu'elle, lui reprochant une ligne trop modérée, notamment sur le devoir de mémoire vis-à-vis de la période nazie (alors que Petry représentait jusqu'ici l'aile droite du parti) : elle a par exemple entamé une procédure d'exclusion contre un adversaire interne, Björn Höcke, qui souhaitait que l'Allemagne fasse « un virage à 180 degrés dans sa politique de mémoire ». Ses rivaux souhaitent en effet séduire tout l'électorat d'extrême droite alors que Frauke Petry a toujours cherché à s'éloigner des positions proches des néo-nazis, craignant qu'une radicalisation du parti éloigne les électeurs déçus des partis traditionnels. Malgré cette crise et d'autres critiques sur son leadership (certains opposants l'ont qualifiée « d'erreur de casting » ou de « dictatrice »), elle est désignée comme tête de liste régionale en Saxe pour l'AfD aux législatives avec 72 % des voix internes[58].

Le scrutin est cependant finalement un succès pour l'AfD, qui, le , pour la première fois de son histoire, obtient 93 sièges sur 709 et 12,64 % au Bundestag lors des élections fédérales allemandes de 2017[59]. C'est la première fois qu'un parti classé à l'extrême droite siège au Parlement depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale. Cette progression est surtout due à la gestion de la crise migratoire en Europe par la chancelière Angela Merkel, l'usure du pouvoir de cette dernière (au pouvoir depuis 2005) ou encore les agressions sexuelles du Nouvel An 2016[60].

Le , Frauke Petry annonce son départ du parti[61]. Le , elle annonce la création du Parti bleu en prévisions des prochaines législatives et des élections de 2019 dans la Saxe[62]. Le député européen Marcus Pretzell quitte également l'AfD pour rejoindre le Parti bleu. Ainsi, en novembre 2017, l'AfD ne compte plus qu'un seul eurodéputé contre sept au lendemain des élections européennes de 2014.

Les 2 et 3 décembre 2017, le parti se réuni en congrès à Hanovre pour réélire son exécutif fédéral et débattre de plusieurs motions pour définir l'orientation du programme. À l'issue de ce congrès, l'AfD choisit de se radicaliser en élisant deux représentants de l'aile dure à la tête du parti. Le courant modéré, favorable à une participation au pouvoir d'abord dans les Länder de l'ex-RDA puis au niveau fédéral, a échoué à imposer l'un de ses représentants à la tête de la direction bicéphale[63].

Les 600 délégués du mouvement ont reconduit Jörg Meuthen, 56 ans, seul leader depuis le départ de Frauke Petry, avant de lui adjoindre Alexander Gauland, 76 ans, vice-président du groupe parlementaire au Bundestag. L'élection du deuxième porte-parole fédéral est marquée par un vote rocambolesque : il opposait initialement Georg Pazderski, responsable de l’AfD à Berlin et représentant de l'aile modérée du parti, à la princesse Doris von Sayn-Wittgenstein (de), une cadre du Schleswig-Holstein inconnue à l'échelle nationale, tenante d'une ligne plus dure. Les deux ne parvenant pas à se départager après plusieurs scrutins redemandés par les différentes fractions, Alexander Gauland s'est présenté avant d'être élu[64].

Programme et idéologie[modifier | modifier le code]

Le parti est présenté de diverses manière par les chercheurs et les commentateurs. Il est ainsi régulièrement présenté comme un parti « anti-establishment »[65], classé à droite[66] et d'inspiration conservatrice[67]. Son appartenance à la tendance populiste est débattue[68], parfois considéré comme un populisme « bon teint »[31] mais plus fréquemment un « populisme de droite » (en allemand Rechtspopulismus), notamment par ses détracteurs de gauche mais se différencie cependant des partis populistes européens, à divers titres[65]. Pour Gaël Brustier, l'AfD s'inscrit dans la lignée du nationalisme allemand et s'inspire en particulier de la Révolution conservatrice[9].

L'AfD rejette pour sa part ces classifications tout en déclarant, à travers Bernd Lucke, n'être « ni de gauche ni de droite »[69]. Si le parti préconise la sortie de l'euro dans une rhétorique aux slogans « accrocheurs » et « populistes »[66], il n'entend cependant pas renoncer à l'intégration européenne[70] affirmant ne pas être « anti-Europe » mais « anti-euro »[71].

Euro[modifier | modifier le code]

L'AfD s'étant initialement créé en réponse à la crise de l'euro et à la politique de sauvetage présentée comme « sans alternative » menée et soutenue par la CDU, le SPD, le FDP et les Verts, l'euro joue un rôle capital dans son programme: la monnaie unique nuit à l'Europe et la divise, tel est le message clef[réf. nécessaire].

D'après l'AfD, la monnaie unique ne peut pas convenir à tous les pays qui l'ont adopté car la zone euro est beaucoup trop hétérogène économiquement. Il nuit actuellement aux pays du Sud de l'Europe car la monnaie unique est trop forte pour leur permettre d'être compétitifs ce qui empêche toute chance de relancer leur économie, annihile les chances d'un éventuel désendettement et anéantie toute perspective[72]. Il nuirait également aux pays qui doivent s'endetter pour injecter des sommes colossales dans les différents fonds de soutien qui maintiendraient artificiellement le statu quo[72].

La solution proposée par l'AfD est de respecter enfin le traité de Maastricht et de limiter l'action de la Banque centrale européenne à son mandat initial, en particulier de respecter la clause no bail-out qui interdit à un pays de payer les dettes d'un autre et d'arrêter les rachats massifs d'obligations d'États surendettés par la BCE. N'ayant d'autre choix pour éviter une faillite inévitable, un certain nombre de pays opterait mécaniquement pour une sortie progressive de l'euro ce qui leur permettrait de retrouver une certaine compétitivité et une marge de manœuvre grâce au taux de change.

La zone euro se réduirait ainsi à une entité plus petite et plus homogène[72]. Le retour au deutschemark est présenté comme une option parmi d'autres mais n'est pas présenté comme la solution ni comme une fin en soi[73].

L'AfD propose un référendum sur le sujet[74].

Europe des nations[modifier | modifier le code]

L'AfD se dit favorable à une Europe d'États souverains[72] avec un marché commun[72]. Elle défend la maîtrise du budget par les seuls parlements nationaux et refuse toute Union de transfert ou toute forme de super-État européen.

Environnement[modifier | modifier le code]

Le parti nie l'impact de l'Homme dans le réchauffement climatique[75]. Il critique aussi la politique énergétique actuelle de l'Allemagne et veut stopper l'« expansion incontrôlée de l'énergie éolienne ».

Démocratie directe[modifier | modifier le code]

L'AfD soutient que les décisions politiques importantes, telles les transferts de compétences du niveau national au niveau européen soient prises par référendum d'après le modèle suisse (votation et initiative populaire)[76].

Traité transatlantique[modifier | modifier le code]

Bien que favorable au libre-échange en général, l'AfD se positionne clairement contre le traité transatlantique TTIP[72]. Les motifs sont l'absence totale de transparence du processus, la portée du traité bien au-delà du seul libre-échange, les risques de détérioration des standards européens sur les droits des consommateurs, la protection de l'environnement, la santé et finalement l'atteinte à la démocratie-même par la possible entrave de prise de décisions d'instances élues démocratiquement sur des sujets inclus dans ce traité[72]. L'AfD s'oppose également à l'Accord sur le commerce des services (TiSA) et à l'Accord économique et commercial global (CETA)[74].

Immigration[modifier | modifier le code]

D'un discours initial à l'origine uniquement consacré à la question de l'euro, l'AfD a évolué vers des positions opposées à la politique migratoire d'Angela Merkel, en particulier dans le contexte de crise des réfugiés. Ce changement est également lié à l'arrivée à la tête du parti de Frauke Petry en juillet 2015, incarnant une ligne plus national-conservatrice que son prédécesseur Bernd Lucke, auquel elle s'était opposée, et séduit davantage les électeurs dans les scrutins régionaux, en particulier dans l'Est du pays[77].

Service militaire[modifier | modifier le code]

Le parti veut le retour de la conscription pour tous les hommes à partir de 18 ans.

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Profil de l'électorat[modifier | modifier le code]

En 2016, Ralf Melzer, journaliste et historien, relève que les anciens abstentionnistes représentent près de la moitié de l'électorat de l'AfD et que le parti « est arrivé en tête dans l'électorat ouvrier lors des dernières élections régionales (en dehors de celles du Rhénanie-Palatinat). Aujourd'hui, l'AfD est également le premier parti parmi les chômeurs »[78]. Après les élections fédérales de 2017, le chroniqueur Gabriel Richard-Molard relève que « ce sont les actifs ayant des professions manuelles (30-60 ans) et non les plus âgés, comme au Royaume-Uni pour le Brexit, qui sont le cœur électoral de l’AfD. Cet électorat traditionnellement réparti entre la CDU et le SPD est définitivement parti et, comme en France, est devenu l’illustration d’une génération européenne d’adultes xénophobes qui se sent trahie par des élites qu’elle juge mondialistes et socialement trop libérales »[79].

L'AfD est plus fortement ancrée en ex-Allemagne de l'Est qu'en ex-Allemagne de l'Ouest : lors de ces mêmes élections fédérales, « à l’Est, 21,5 % des citoyens (26 % des hommes et 17 % des femmes) ont voté pour ce parti, tandis qu’à l’Ouest ce sont « seulement » 14 % des hommes et 8 % des femmes. En Saxe, l’AfD est même le premier parti, avec 27 % des voix ; elle devance de quelques voix la CDU d’Angela Merkel, le Parti des chrétiens-démocrates »[80].

Élections au Bundestag[modifier | modifier le code]

Année Voix  % Mandats Tête de liste
2013 2 052 372 4,7
0 / 631
Bernd Lucke
2017 5 877 094 12,6
94 / 709
Alice Weidel

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix  % Mandats Tête de liste
2014 2 065 162 7,0
7 / 96
Bernd Lucke

Élections régionales[modifier | modifier le code]

Représentation de l'AfD dans les Länder
  •      dans l'opposition
  •      non représentés
Résultats électoraux dans les Landtage :
Année BW BY BE BB HB HH HE MV NI NW RP SL SN ST SH TH
2013 4,1
(0)
2014 12,2
(11)
9,7
(14)
10,6
(11)
2015 5,5
(4)
6,1
(8)
2016 15,1
(23)
14,2
(25)
20,8
(18)
12,6
(14)
24,3
(25)
2017 6,2
(9)
7,4
(16)
6,2
(3)
5,9
(5)

Structure[modifier | modifier le code]

La loi imposant les grandes lignes dans la structure des partis, l'AfD est organisée de manière classique avec une direction nationale et des branches au niveau des Länder puis des échelons inférieurs.

Exécutif fédéral[modifier | modifier le code]

Le comité exécutif fédéral actuel a été choisi lors du congrès fédéral du parti, organisé à Hanovre les 2 et 3 décembre 2017[81].

Porte-paroles Jörg Meuthen et Alexander Gauland
Porte-paroles adjoints Georg Pazderski, Kay Gottschalk et Albrecht Glaser
Trésorier Klaus Fohrmann
Trésorier adjoint Frank Pasemann
Secrétaire Joachim Kuhs
Assesseurs Beatrix von Storch et Alice Weidel

Historique des porte-paroles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) Jon Stone, « Germany's right-wing AfD party surges to new high amid concern over refugees », sur The Independent, (consulté le 7 juillet 2017)

    « Germany’s eurosceptic right-wing party has hit a new all-time high in the opinion polls as concern about migration rises in the country. ».
  2. (en) Brandon Conradis, « New poll shows Alternative for Germany gaining support », sur Deutsche Welle, (consulté le 26 septembre 2016) :
    « The right-wing Alternative for Germany (AfD) has garnered some of its best numbers yet in a nationwide poll. ».
  3. Germany's Right-Wing Challenge.
    'All of that is now changing fast, thanks mostly to the rise of the right-wing Alternative for Germany (AfD) party, which is capitalizing on widespread discontent with Merkel’s refugee policy'.
    Foreign Affairs. Author – Thorsten Benner.
    Published 26 September 2016.
    Retrieved 26 December 2016.
  4. Alexandre Decroix, « Législatives allemandes : l'extrême-droite de l'AfD entre au Parlement, qui est le duo baroque à sa tête ? », sur LCI, (consulté le 24 septembre 2017).
  5. Home, « Frauke Petry, le visage de la droite radicale allemande », sur Le Figaro (consulté le 24 septembre 2017).
  6. En Allemagne, le parti d’extrême droite AfD désigne deux dirigeants pour les législatives, Le Monde, 23 avril 2017.
  7. a et b (en) Wolfram Nordsieck, « Parties and Elections in Europe », sur parties-and-elections.eu (consulté le 25 juin 2015).
  8. Ralf Melzer, « Le populisme de droite en Allemagne : un défi pour la social-démocratie », Office universitaire de recherche socialiste, no hors-série 76-77,‎ juillet-décembre 2016, p. 55.
  9. a et b Gaël Brustier, « L’AfD est trop rapidement cataloguée comme néo-nazie », sur Slate, (consulté le 13 décembre 2017).
  10. (de) « AfD will mit nationalistischer und sozialer Politik punkten », AfD, .
  11. a et b « Les eurosceptiques allemands se lancent en politique  », sur Le Monde, .
  12. (en) « Des rebelles quittent Merkel pour créer un front anti-euro », sur The Sunday Times, .
  13. (en) « German election: Angela Merkel's lead tightens », sur News.sky.com, .
  14. (en) « German party says 'no' to the euro, 'yes' to the EU », sur Deutsche Welle, .
  15. (de) « Wahlprogramm Parteitagsbeschluss », sur Alternative für Deutschland, .
  16. (de) « Endgültiges Wahlergebnis Bundestagswahl 2013 », bundeswahlleiter.de.
  17. « En Allemagne, un nouveau parti demande la sortie de l'euro », Les Échos, no 21391, 7 mars 2013, p. 8.
  18. « Les eurosceptiques allemands font leur parti », Liberation.fr, 10 avril 2013.
  19. « L'Allemagne, aussi, cède à l'euro-scepticisme avec l'aggravation de la crise », La Tribune, 5 mars 2013.
  20. Patrick Saint-Paul, « L'Allemagne peut-elle se passer de l'Europe ? », Le Figaro, lundi 22 avril 2013, p. 15.
  21. « Surprise, surprise... », revue de presse, 15 avril 2013.
  22. « L'Allemagne et Merkel doivent compter avec un nouveau parti anti-euro », L'Express, 19 mars 2013.
  23. « L'Euroscepticisme touche-t-il l'Allemagne ? », EurActiv.fr, 5 mars 2013.
  24. (de) « Alternative für Deutschland: Protestpartei startet Anti-Euro-Wahlkampf », Spiegel Online,‎ (lire en ligne).
  25. Nicolas Barotte, « Henkel, du patronnant au camp anti-euro », Le Figaro, samedi 17 / dimanche 18 mai 2014, page 6.
  26. (de) « AfD zählt 2800 Überläufer », n-tv.de, 5 mai 2013.
  27. (de) « Steigende Mitgliederzahlen », AfD Kompakt, 28 février 2014.
  28. Financement des partis, « Festsetzung der staatlichen Teilfinanzierung für das Jahr 2013 ».
  29. (en) « Letter From Berlin: Anti-Euro Party a Growing Challenge for Merkel », Der Spiegel, 14 mai 2013.
  30. (en) « The Rise of Germany's Tea Party », sur defenddemocracy.org, .
  31. a et b Patrick Saint-Paul, « L’Allemagne se dote d'un parti eurosceptique », Le Figaro, 12 avril 2013.
  32. « Ce nouveau parti qui veut séduire les Allemands hostiles à l'euro », Challenges.fr, 14 avril 2013.
  33. Voir par exemple les études du même institut de sondage Infratest.
  34. Tendance des recherches du mot AfD sur Google en Allemagne
  35. Sébastien Vannier, « Élections allemandes : la surprise des anti-Euro », lexpress.fr, 22 septembre 2013.
  36. (de) Oliver Georgi, « „Wir sind die Erben der FDP“ », faz.net, 22 septembre 2013.
  37. (de) « Übersicht », sur www.bundeswahlleiter.de (consulté le 22 décembre 2015).
  38. David Philippot, « Allemagne : les eurosceptiques s'ancrent à l'Est », Le Figaro,‎ (lire en ligne).
  39. (en) « Germany's euroskeptic AfD elects conservative leader Petry », sur dw.com, 4juillet 2015 (consulté le 9 juillet 2015).
  40. « Le parti eurosceptique allemand AfD met la barre à droite », sur Lesechos.fr, (consulté le 7 juillet 2015).
  41. (de) « Henkel verlässt die AfD », sur faz.net, (consulté le 7 juillet 2015).
  42. (de) Peter Höver, « Lucke vs. Petry: AfD in SH in Turbulenzen », sur shz.de, (consulté le 7 juillet 2015).
  43. (de) « Bernd Lucke tritt aus der AfD aus », sur welt.de, (consulté le 9 juillet 2015).
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  46. (de) « Umfrage: AfD steigt auf zwölf Prozent », sur Spiegel.de, (consulté le 15 février 2016).
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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Alternative pour l'Allemagne.

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