Walther Rathenau

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Walther Rathenau
Image illustrative de l'article Walther Rathenau
Fonctions
Ministre du Reich aux Affaires étrangères
1er février 1922 – 24 juin 1922
Chancelier Joseph Wirth
Gouvernement Cabinet Wirth II
Prédécesseur Joseph Wirth
Successeur Joseph Wirth
Ministre du Reich à la Reconstruction
31 mai 1921 – 25 octobre 1921
Chancelier Joseph Wirth
Gouvernement Cabinet Wirth I
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Berlin (Confédération de l'Allemagne du Nord)
Date de décès (à 54 ans)
Lieu de décès Berlin (Allemagne)
Parti politique Parti démocrate allemand
Profession Industriel
Homme politique
Religion Judaïsme

Walther Rathenau est un industriel, écrivain et homme politique allemand (Berlin, 29 septembre 1867 - 24 juin 1922). Issu d'une famille juive, il se veut l'exemple d'une assimilation culturelle et nationale réussie, affirmant que « seul du sang allemand coule en moi. » Il est cependant la cible privilégiée des discours antisémites, et meurt assassiné par l'Organisation Consul.

Éléments biographiques[modifier | modifier le code]

Origines et études[modifier | modifier le code]

Personnalité importante de l’histoire allemande du début du XXe siècle, Walter Rathenau est issu d’une famille juive. Il est le fils d’Emil Rathenau, fondateur d'AEG et magnat de l'électricité. Walter Rathenau fait ses études à la faculté des Sciences de Berlin et de Strasbourg. À 26 ans, il est nommé à la tête d’une société d'aluminium. En 1899, son père lui offre un poste important au sein de sa société d’électricité, dont il prendra la tête en 1914.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Ardent partisan de la politique impériale allemande, il s'engage en politique et soutient les opérations d'agression pendant le premier conflit mondial. Il dirige notamment le département des matières premières. Il lance un appel à la « guerre totale » au printemps 1918 et, après l'armistice du 11 novembre, choisit de soutenir les institutions de Weimar. Devenu ministre de la Reconstruction en 1921 et ministre des Affaires étrangères en 1922, sous la république de Weimar, Walter Rathenau négocie avec les représentants soviétiques Christian Rakovsky et Adolf Joffe le traité de Rapallo qui efface la dette de guerre et qui permet à la république de Weimar de contourner les stipulations des traités de paix (entraînement de troupes allemandes sur le territoire soviétique).

Stefan Zweig écrit de lui[1] : « Il parlait couramment, comme s'il avait lu un texte écrit sur une feuille invisible et cependant il modelait sa phrase avec tant d'élégance et de clarté que sa conversation sténographiée aurait constitué un exposé parfaitement propre à être imprimé tel quel [...] Il y avait dans sa pensée je ne sais quoi de transparent comme verre et par là même d'insubstantiel ; jamais je n'ai éprouvé plus fortement que chez lui la tragédie de l'homme juif, qui, avec toutes les apparences de la supériorité, est plein de trouble et d'incertitude. »

Assassinat[modifier | modifier le code]

Hommage du Reichstag au ministre Rathenau assassiné (24 juin 1922).

En dépit de ses succès, il devient impopulaire en tant que juif, partisan de la république de Weimar et signataire d'un traité avec un État communiste. Il est alors choisi pour cible par l'extrême-gauche mais aussi par les groupes nationalistes d'extrême droite. Son style flamboyant et son intelligence[non neutre], mise au service du gouvernement allemand, s'opposent au chaos dans lequel les forces révolutionnaires issues des Corps Francs (cf. Freikorps) espèrent construire une nouvelle société sur les ruines de la Première Guerre mondiale. Il est alors considéré par ses ennemis comme un représentant de l'« Ancien régime ». Selon Hellmut von Gerlach, un journaliste pacifiste ami de Rathenau, Rathenau est honni parce qu'« il est juif et [...] il est la réfutation vivante de la théorie antisémite qui veut que le judaïsme soit nocif pour l'Allemagne »[2]. L'assassinat de Rathenau « doit inciter la gauche à frapper », et pour le procureur du Reich, une fois « le soulèvement de la classe ouvrière écrasé, [permettre] la mise en place d'un gouvernement d'extrême-droite »[3]. L'Organisation Consul, groupe terroriste dans lequel évolue Ernst von Salomon, décide de l'assassiner pour provoquer la chute du gouvernement. Les terroristes passent à l'action le  : un cabriolet ayant deux hommes à bord vêtus de manteaux en cuir et de capuches (Erwin Kern et Hermann Fischer, tous deux anciens officiers de marine) s'approche de la voiture du ministre. Rathenau est abattu de plusieurs coups de pistolet automatique. Les assassins prennent alors la fuite en lançant une grenade. Une vaste opération de police est déclenchée et la plupart des groupes nationalistes sont décapités.

Un million de personnes assistent à ses funérailles. Un journal berlinois note : « Le directeur d'une des plus grandes entreprises du monde avait été tué et des ouvriers communistes venaient pleurer sur sa tombe et maudire ses meurtriers. »[4]

Le , Hitler fait un geste hautement symbolique en honorant publiquement les assassins de Rathenau.

Publications[modifier | modifier le code]

Partisan de la social-démocratie, Walter Rathenau a publié plusieurs ouvrages.

  • Reflexionen, 1908
  • Zur Kritik der Zeit, 1912
  • Zur Mechanik des Geistes, 1913
  • Vom Aktienwesen. Eine geschäftliche Betrachtung, Berlin 1917
  • Von kommenden Dingen, 1917
  • An Deutschlands Jugend, 1918 (überarbeitete Ausgabe: Maximilian Hörberg (Hrsg.), München 2009, ISBN 978-3-00-023407-1).
  • Die neue Gesellschaft, 1919
  • Der neue Staat, 1919
  • Der Kaiser, 1919
  • Kritik der dreifachen Revolution, 1919
  • Was wird werden? 1920 (Digitalisat)
  • Gesammelte Reden, 1924 (Digitalisat)
  • Briefe, 2 Bände, 1926
  • Neue Briefe, 1927
  • Briefe an eine Liebende, Dresden, Reißner, 1931.
  • Politische Briefe, 1929 (Digitalisat)

Autres écrits:

  • Gesammelte Schriften in 6 Bänden
  • Gesamtausgabe seiner Werke ab 1977, hrsg. durch D. Hellige und E. Schulin
  • Schriften und Reden, Auswahl und Nachwort von Hans Werner Richter, S. Fischer Verlag, 1964, Frankfurt Main, ISBN 3-10-062904-3 (Politische Schriften, Reden, Philosophie, Aphorismen, Talmudische Geschichten)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le monde d'hier. Par delà les frontières de l'Europe. Stefan Zweig. Les belles lettres, 2013 (ISBN 9782251200347)
  2. cité par Wolfram Wette, Les crimes de la Wehrmacht (Die Wehrmacht Feinbilder Vernichtungskrieg Legenden). S. Fischer Verlag GmbH, Frankfurt am Main, 2002, (ISBN 3-596-15645-9). Traduction française Éditions Perrin, 2009, (ISBN 978-2-262-02757-5). p. 67.
  3. Wolfram Wette, op. cité, p. 69.
  4. Roland Charpiot, Histoire des Juifs d'Allemagne du Moyen Âge à nos jours, Vuibert, 2009, p. 133.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Felix, David. Walther Rathenau and the Weimar Republic, The Johns Hopkins Press, 1971.
  • Shulamit Volkov Shulamit. Walter Rathenau: Weimar's Fallen Statesman (Yale University Press; 2012) 240 pages; scholarly biography

Sources[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]