Paul von Hintze

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Paul von Hintze en 1915

Paul von Hintze, né à Schwedt le et mort à Merano le , est un officier de marine et diplomate allemand. Il a exercé les fonctions de secrétaire d'État aux affaires étrangères du Reich entre le 9 juillet et le 3 octobre 1918.

Carrière militaire[modifier | modifier le code]

Il débute comme cadet dans la marine impériale allemande en 1882. Il entre dans l'Académie de marine de Kiel en 1888 et en sort officier.

En 1898, il est affecté dans les Samoa allemandes, puis assiste à la Bataille de la baie de Manille, comme lieutenant de marine. La marine allemande avait dépêché sa flotte afin de parer à une éventuelle invasion américaine.

Carrière diplomatique[modifier | modifier le code]

Il est tour à tour diplomate à Mexico de 1911 à 1914, puis en Chine de 1914 à 1915 et en Norvège de 1915 à 1918.

secrétaire d'État aux affaires étrangères[modifier | modifier le code]

Nomination[modifier | modifier le code]

Il est secrétaire d'État aux Affaires étrangères de l'Empire allemand du 9 juillet au 3 octobre 1918[1].

Paul von Hintze est nommé alors qu'une grande offensive, pensée pour obliger les Alliés à négocier une sortie de guerre avec le Reich est planifiée sur le front de l'Ouest[2].

La nomination de ce pangermaniste convaincue est perçue comme la volonté du Reich de mener une politique visant à établir la domination du Reich en Europe, en réalisant le programme fixé à Spa en mai puis en juillet

Témoin d'une dégradation de la situation militaire[modifier | modifier le code]

En juillet, peu de temps avant la dernière grande offensive allemande, Erich Ludendorff lui confie son optimisme, sa certitude de permettre au Reich d'imposer sa paix face aux Alliés[3].

Cependant, il est rapidement confronté à la lente dégradation de la situation militaire allemande après les échecs rencontrés par le Reich en juillet 1918[4]; ainsi, après les succès rencontrés par les Alliés en août, Hintze est tenu dans l'ignorance de l'ampleur de la gravité de la situation du Reich, mais il est cependant informé du passage d'une stratégie offensive à une stratégie défensive[5]. À cette occasion, il tente pourtant de focaliser le débat lors de la conférence du 14 août sur la situation militaire du Reich et de ses alliés, de plus en plus préoccupante[4].

En dépit de nombreux indices qui lui laissent à penser que le Reich ne peut plus gagner la guerre, il affirme, de retour à Berlin, face aux représentants des partis représentés au Reichstag, que la situation militaire peut encore garantir au Reich et à ses alliés une paix favorable[4].

Négociateur allemand[modifier | modifier le code]

Secrétaire d'État aux Affaires étrangères du Reich, il participe à l'élaboration des traités signés par le Reich entre juillet en octobre 1918. Cependant, son concours ne constitue pas un frein aux ambitions démesurées des pangermanistes et des militaires allemands dont il est proche[6]; cependant, lors des négociations avec la Russie, il se distingue rapidement des militaires, préférant un contrôle indirect sur la Russie[7].

Ainsi, par sa politique, il joue un rôle important dans l'élaboration du traité de Berlin, signé le 27 août 1918 avec la Russie bolchevique[8]. Réservé au départ sur la possibilité d'un accord avec le gouvernement bolchevique, mais partisan de l'instrumentalisation de ce gouvernement par le Reich, il s'y rallie, fortement influencé par le chef de la délégation allemande mandaté pour négocier le traité du 27 août[9]; de plus, il souhaite éviter la reconstitution d'un nouveau front à l'Est[10], . Dans le même temps, il reconnaît l'indépendance ukrainienne, mais se montre, comme son prédécesseur, peu convaincu de la viabilité à terme d'une Ukraine indépendante de la Russie[11].

De plus, il participe à l'élaboration de la politique du Reich durant son mandat, définissant, par exemple, les priorités du Reich au cours de la conférence de Spa tenue au mois d'août 1918 : il définit la Belgique, alors occupée par le Reich, comme un gage dans les futures négociations de paix avec les Alliés[12]. De plus, acteur important de la résolution, au profit du Reich, de la question polonaise; lors de la conférence du 13 août, il menace à de nombreuses reprises, à partir du 2 septembre 1918[13], les négociateurs polonais de larges annexions en Pologne en cas de rattachement de la Pologne à l'Autriche-Hongrie, puis le 5 septembre 1918, il fait connaître à son homologue austro-hongrois, Stephan Burián von Rajecz, les conditions de la dévolution de la couronne polonaise à la double monarchie[14].

acteur des négociations d'armistice[modifier | modifier le code]

Lors de la conférence du 14 août, il reçoit la consigne de préparer la paix avec les Alliés; cependant, il reste peu informé de l'ampleur de la gravité de la situation militaire du Reich, et fait parvenir une note aux États-Unis insistant sur la conclusion d'une paix aux clauses satisfaisantes pour le Reich[15].

À partir de la fin du mois de septembre, la nomination d'un adjoint auprès de Ludendorff, surmené, lui permet d'avoir accès rapidement à la réalité de la situation militaire du Reich du mois de septembre 1918, inexorablement compromise, tandis que ce dernier mène une « guerre de papier »[N 1],[4], avec des divisions qui n'existent pratiquement plus sur le terrain[4]. Cependant, au cours du mois de septembre, il demeure encore convaincu de pouvoir négocier un accord permettant au Reich de maintenir certaines de ses positions[16], comme il l'affirme aux représentants des partis présents au Reichstag, qu'il reçoit le 21 août 1918[17].

Le 29 septembre, à Spa, confronté à la gravité de la situation militaire, atterré par ses entretiens avec les militaires[18], il se trouve dans l'obligation d'accepter la défaite et de préparer la fin du conflit; il suggère ainsi un scénario de sortie de conflit, donnant le beau rôle à Woodrow Wilson; Ainsi, il suggère, pour amoindrir les conséquences de la défaite, de constituer un gouvernement plus libéral, propice à une mobilisation de la dernière heure[19], appuyé sur le Reichstag et présidé par Max de Bade[20].

En octobre 1918, il sert de relais entre l'armée de l'ouest de Erich Ludendorff et le Reichstag, pour la conclusion de l'Armistice de 1918.

Mise à l'écart[modifier | modifier le code]

Fin de vie[modifier | modifier le code]

Traductions, notes et références[modifier | modifier le code]

Traductions[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Selon le mot du général Fritz von Lossberg.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Fischer, 1970, p. 13
  2. Fischer, 1970, p. 621
  3. Renouvin, 1934, p. 573
  4. a, b, c, d et e Jardin, 2008, p. 4
  5. Fischer, 1970, p. 625
  6. Fischer, 1970, p. 529
  7. Fischer, 1970, p. 570
  8. Renouvin, 1934, p. 589
  9. Soutou, 1989, p. 697
  10. Fischer, 1970, p. 568
  11. Soutou, 1989, p. 693
  12. Renouvin, 1934, p. 602
  13. Fischer, 1970, p. 631
  14. Fischer, 1970, p. 531
  15. Fischer, 1970, p. 626
  16. Renouvin, 1934, p. 608
  17. Fischer, 1970, p. 577
  18. Renouvin, 1934, p. 609
  19. Fischer, 1970, p. 633
  20. Jardin, 2008, p. 6

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Fritz Fischer (trad. Geneviève Migeon et Henri Thiès), Les Buts de guerre de l’Allemagne impériale (1914-1918) [« Griff nach der Weltmacht »], Paris, Éditions de Trévise, , 654 p. (notice BnF no FRBNF35255571) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Jardin, « La fin de la guerre en Allemagne », Revue Historique des Armées, no 251,‎ , p. 35-46 (NB : la pagination des citations dans l'article correspond à celle du document PDF généré à la demande) (lire en ligne) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Pierre Renouvin, La Crise européenne et la Première Guerre mondiale, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Peuples et civilisations » (no 19), (réimpr. 1939, 1948, 1969 et 1972) (1re éd. 1934), 779 p. (notice BnF no FRBNF33152114) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Georges-Henri Soutou, L'or et le sang : Les Buts de guerre économiques de la Première Guerre mondiale, Paris, Fayard, , 963 p. (ISBN 2213022151). Document utilisé pour la rédaction de l’article

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]