Alexander Van der Bellen

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Alexander Van der Bellen
Alexander Van der Bellen en 2016.
Alexander Van der Bellen en 2016.
Fonctions
Président fédéral d'Autriche
(élu)
En attente d'investiture –
Élection
Prédécesseur Heinz Fischer
Intérim collégial
Porte-parole fédéral des Verts

(10 ans 9 mois et 20 jours)
Prédécesseur Christoph Chorherr
Successeur Eva Glawischnig-Piesczek
Biographie
Date de naissance (73 ans)
Lieu de naissance Vienne (Allemagne)
Nationalité estonienne (1944-58)
autrichienne (depuis 1958)
Parti politique SPÖ (jusqu'en )
Grünen (depuis )
Diplômé de Université d'Innsbruck
Profession Universitaire
Religion Luthéranisme

Alexander Van der Bellen
Présidents fédéraux de la République d'Autriche

Alexander Van der Bellen, né le à Vienne, est un économiste et homme d'État autrichien, président fédéral élu de la République d'Autriche.

Issu d'une famille de la noblesse russe, il a pour parents deux réfugiés russo-estoniens ayant fui le stalinisme ; il acquiert la nationalité autrichienne en . Étudiant à la faculté des sciences économiques de université d'Innsbruck, il mène ensuite une brillante carrière universitaire avant d'entamer une carrière politique, d'abord au sein du Parti socialiste puis des Verts.

Élu député au Conseil national en , puis réélu sans discontinuer jusqu'à ce qu'il démissionne de la chambre basse en , il préside le groupe parlementaire des Verts tout en étant le porte-parole, c'est-à-dire le principal dirigeant, de son parti pendant 11 ans, entre et , menant campagne comme tête de liste des écologistes aux élections législatives à quatre reprises. Sous sa direction, les Verts voient leur électorat croître de manière significative, notamment en , lorsque le parti écologiste devient, pour un temps, la troisième force politique fédérale.

En , il met un terme provisoire à sa carrière politique nationale pour entrer au Landtag de Vienne comme suppléant, au sein duquel il siège pendant trois ans tout en préparant mûrement sa candidature à l'élection présidentielle de .

Candidat indépendant mais soutenu par les écologistes, Alexander Van der Bellen est longtemps présenté comme le favori de ce scrutin, mais à l'issue du premier tour, le , il est largement devancé par le candidat nationaliste Norbert Hofer, face auquel il l'emporte de justesse au deuxième tour, un mois plus tard, avec 31 000 voix d'avance. Ce scrutin, le plus serré de l'histoire autrichienne, est cependant invalidé le par la Cour constitutionnelle, qui prescrit la convocation d'un nouveau tour de scrutin opposant les candidats arrivés en tête au premier tour.

Le , à l'issue d'une campagne inhabituellement tendue, Alexander Van der Bellen est finalement élu président fédéral de la République d'Autriche avec 53,8% des voix, soit une avance bien plus confortable sur Höfer. Son investiture doit se tenir le .

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales[modifier | modifier le code]

En , les ancêtres d'Alexander Van der Bellen[1] néerlandais immigrent à Pskov et y sont anoblis. Son grand-père, né à Pskov, fuit l'Empire russe pendant la révolution bolchévique de , en Estonie où lui et sa famille trouvent refuge. Entre et , après l'occupation de l'Estonie par l'Union soviétique, le père d'Alexander Van der Bellen, Alexander Konstantin (), un banquieraristocrate d'ascendance russe et divorcé, parvient, avec sa compagne et future épouse Alma Siebold (), d'origine germano-estonienne, à se rendre en Allemagne, puis, de là, à Vienne. Les parents d'Alexander Van der Bellen, surnommé « Sascha » d'après le diminutif russe d'Alexander, qui naît le à dans cette ville, sont des réfugiés du stalinisme.

Le nom de la famille a été orthographié « von der Bellen » dans la Russie impériale, la mention « von der » étant une particule nobiliaire. Émigrée en Estonie, pays ayant aboli les privilèges de la noblesse, le nom de la famille est différemment orthographié, celle-ci répondant désormais au nom de « Van der Bellen ».

Alexander Konstantin Van Bellen, divorcé d'un premier mariage, s'est marié à Alma Siebold en , trois ans avant d'obtenir la nationalité estonienne. Après la naissance d'Alexander, fils unique, la famille, soucieuse d'échapper à l'Armée rouge, s'installe dans le Tyrol, où le jeune garçon vit ses premières années. Alexander Van der Bellen se présente régulièrement comme un « enfant de réfugiés », d'où l'intérêt qu'il porte aux populations fuyant leurs pays en guerre ou l'oppression.

Estonien de nationalité, il doit attendre pour acquérir la nationalité autrichienne, à l'âge de 14 ans. Bien que ses parents parlaient couramment le russe, Alexander Van der Bellen dit ne maîtriser que peu cette langue, expliquant avoir essentiellement grandi avec la pratique de l'allemand, langue officielle de l'Autriche.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

En , Alexander Van der Bellen obtient sa matura à l’Akademisches Gymnasium Innsbruck. Il entre à l'université d'Innsbruck pour suivre l'exemple de son père en étudiant les sciences économiques. En , il passe sa maîtrise avec succès et devient économiste, rédigeant une importante quantité de travaux adjoints à des dissertations individuelles et collectives.

Au mois de , Van der Bellen il réussit son doctorat tout en étant, parallèlement, assistant de recherche à l'Institut des finances publiques (en allemand : Institut für Finanzwissenschaft) de son université. Ayant obtenu, en , une habilitation universitaire, il devient, un an plus tard, professeur extraordinaire en sciences financières spécialisées, poste qu'il occupe jusqu'à ce qu'il soit nommé professeur d'économie à l'université de Vienne, en [2].

Doyen puis vice-doyen de la faculté des sciences économiques de cette université entre et , il met un terme à sa carrière d'enseignant au mois de , en prenant sa retraite, bien des années après avoir entamé sa carrière politique dans les rangs des Verts (Grünen).

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Social-démocrate puis écologiste[modifier | modifier le code]

Au milieu des années 1970, alors qu'il a entamé sa carrière universitaire, Alexander Van der Bellen adhère au Parti socialiste d'Autriche (SPÖ). À la même époque, il fréquente le mouvement écologiste, pour lequel il a des sympathies, qu'il rejoint sur le conseil de Peter Pilz, un de ses anciens étudiants qui sera plus tard le porte-parole des Verts. En , Van der Bellen quitte les sociaux-démocrates mais attend deux ans pour adhérer aux Verts. La même année, ces derniers proposent sa candidature pour la présidence de la Cour des comptes, qui est rejetée.

En , il entame sa carrière politique en se présentant aux élections législatives du , à l'issue desquelles il est élu député pour la première fois. Il entre au Conseil national le et s'inscrit au sein du groupe écologiste, dont il devient l'un des cadres. Dès cette époque, son ascension dans le parti devient croissante.

Porte-parole des Verts[modifier | modifier le code]

Van der Bellen (à droite) à l'issue d'un débat télévisé avec des chefs de partis, le .

Porte-parole de son groupe parlementaire, Van der Bellen gagne sa notoriété lorsqu'il présente sa candidature au poste stratégique de porte-parole fédéral des Verts, qui garantit à celui qui l'occupe la direction du mouvement. Il est finalement élu le avec 82, 3 % des voix, la majorité des délégués du parti le désignant pour succéder à Christoph Chorherr. Âgé de 53 ans, il devient le sixième dirigeant du parti écologiste autrichien, qu'il promet de rendre plus populaire dans la perspective des prochaines élections législatives[3].

Le scrutin parlementaire du constitue son premier test électoral. Son parti progresse par rapport aux précédentes élections : les Verts recueillent 7,4 % des voix et gagnent cinq sièges supplémentaires au Conseil national. Ce n'est que le début d'un cycle électoral positif pour Les Verts - L'Alternative verte, qui voient leur électorat s'accroître élections après élections, tant au niveau local que national.

Après avoir remporté 9,4 % des voix lors des élections législatives du , le parti s'impose franchement à l'occasion du scrutin du , en devenant, de justesse, la troisième force politique d'Autriche avec 11,0 % des voix, devant l'extrême droite, il est vrai fragilisée par sa division en deux partis, animés pour l'un par Heinz-Christian Strache et l'autre par Jörg Haider.

Toutefois, un peu moins de deux ans plus tard, les élections législatives du sonnent comme un désaveu pour Van der Bellen : crédités de 10,4 % des voix, les Verts sont rétrogradés en cinquième position, devancés par les sociaux-démocrates, les conservateurs et l'extrême droite, malgré ses divisions répétées. Cet échec conduit Alexander Van der Bellen, qui espérait pouvoir participer une « coalition rouge-verte », à renoncer, le , à la direction du parti qui revient à l'une de ses proches, Eva Glawischnig-Piesczek.

Au moment de sa démission, Van der Bellen, âgé de 64 ans, aura dirigé le parti durant un peu moins de 11 ans. C'est le plus long mandat détenu par un porte-parole fédéral des Verts depuis la création du parti, 22 ans plus tôt.

Présenté comme un européen convaincu, soucieux d'incarner une « troisième voie » mêlant écologie, social-démocratie et multiculturalisme, il a organisé, à Vienne, le Green Summit, auquel participèrent notamment Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit, à l'occasion de la présidence autrichienne de l'Union européenne, au mois de .

Président fédéral de la République d'Autriche[modifier | modifier le code]

Candidat à l'élection présidentielle[modifier | modifier le code]

Alexander Van der Bellen le .

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle prévue pour cette année. Il se présente comme candidat indépendant soutenu par Les Verts. Les enquêtes d'opinion le placent longtemps en position de grand favori[4],[5],[6]. Au soir du premier tour, le , il arrive finalement en deuxième position avec 21,3 % des voix, loin derrière le candidat nationaliste, Norbert Hofer (35,1 %), et juste devant la candidate indépendante Irmgard Griss (18,9 %).

Au soir du second tour, qui se tient le suivant, les deux candidats sont au coude-à-coude de sorte que ni l'un ni l'autre ne revendique la victoire ; ce n'est que le lendemain, après le dépouillement des votes par correspondance, qu'Alexander Van der Bellen est proclamé élu président fédéral[7] avec 50,3 % des voix, soit seulement 31 000 bulletins de plus que Hofer, qui reconnaît alors sa défaite. C'est le résultat le plus serré d'une élection présidentielle autrichienne. Si le président letton Raimonds Vējonis a été, en , le premier écologiste élu à un poste de chef d'État, Van der Bellen est le premier écologiste élu à une telle fonction au suffrage universel direct.

Le , Heinz-Christian Strache, président fédéral du FPÖ, conteste le résultat du second tour auprès de la Cour constitutionnelle en arguant d'irrégularités dans les modalités du dépouillement des votes par correspondance et d'indices de manipulation dans 117 communes, ce qui irait selon lui « au-delà » des 31 000 votes séparant les deux candidats[8]. Les juges donnent droit au recours et annonce le l'invalidation du second tour de scrutin, une semaine seulement avant l'investiture du nouveau président[9]. Après la fin du mandat du président Heinz Fischer, le , l'intérim sera assuré, conformément à la Constitution autrichienne, par les trois présidents du Conseil national, dont Hofer lui-même. Cet intérim dure jusqu'à l'investiture du nouveau président, attendue dans la foulée de l'organisation, le , d'un nouveau second tour dans toute l'Autriche[10].

Au soir du vote, les projections de la télévision publique autrichienne, basées sur les premiers dépouillements, laissent penser qu'il battrait son concurrent avec un score de 53,3 % des suffrages exprimés[11]. Norbert Hofer reconnaît sa défaite (ce qu'il avait déjà fait le 22 mai, sans que cela empêche son parti de déposer ensuite un recours). Après dépouillement des votes par correspondance, sa victoire est proclamée avec 53,8 % des voix et 350 000 voix d'avance.

Investiture[modifier | modifier le code]

Publications[modifier | modifier le code]

  • (de) Ökosteuern, Vienne, Inst. für Finanzwiss. und Steuerrecht, écrit en collaboration avec Dr Joachim Lang et Dr Anton Rainer.
  • (en) Synopses in the theory of choice, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung, , écrit en collaboration avec Prof. Dr Murat Sertel.
  • (de) Öffentliche Unternehmen zwischen Markt und Staat, Cologne, Kiepenheuer und Witsch,
  • (en) Computations in choice groupoids, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung, , écrit en collaboration avec Prof. Dr Murat Sertel.
  • (de) Mathematische Auswahlfunktionen und gesellschaftliche Entscheidungen : Rationalität, Pfad-Unabhängigkeit u. andere Kriterien d. axiomat. Präferenztheorie, Stuttgart, Birkhäuser,
  • (de) Formale Ansätze zur allgemeinen und kollektiven Präferenztheorie : Pfad-Unabhängigkeit u. andere Kriterien für Auswahlfunktionen, unter besonderer Berücks. kollektiver Entscheidungsregeln, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung,
  • (de) Fondswirtschaft in Österreich, Vienne, Jupiter Verlag,

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Décoration autrichienne[modifier | modifier le code]

Grande étoile de la décoration d'honneur pour services à la République d'Autriche - Grande étoile de la décoration d'honneur pour services à la République d'Autriche

Titulature[modifier | modifier le code]

Rangkronen-Fig. 27.svg - Baron de l'Empire russe[12].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]