Alexander Van der Bellen

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Alexander Van der Bellen
Alexander Van der Bellen en 2016.
Alexander Van der Bellen en 2016.
Fonctions
Porte-parole fédéral des Verts

(10 ans 9 mois et 20 jours)
Prédécesseur Christoph Chorherr
Successeur Eva Glawischnig-Piesczek
Biographie
Date de naissance (72 ans)
Lieu de naissance Vienne (Allemagne)
Nationalité Estonienne (1944-58)
Autrichienne (depuis 1958)
Parti politique SPÖ (jusqu'en 1990)
Grünen (depuis 1992)
Diplômé de Université d'Innsbruck
Profession Universitaire
Religion Luthéranisme

Alexander Van der Bellen, né le à Vienne, est un économiste et homme politique autrichien.

Issu d'une famille de la noblesse russe, il étudie les sciences économiques à l'université d'Innsbruck, dont il sort diplômé d'un doctorat. Il sera ensuite professeur d'économie pendant vingt ans.

Il appartient initialement au Parti social-démocrate, puis rejoint Les Verts. Élu député fédéral en 1994, il est nommé porte-parole fédéral du Parti écologiste en 1997 et président de son groupe parlementaire deux ans plus tard. Il renonce à toutes ces responsabilités en 2008, établissant le record de longévité à la direction de sa formation politique. En 2012, il entre au Landtag de Vienne comme suppléant et y siège trois ans.

En 2016, il se présente à l'élection présidentielle comme candidat indépendant avec le soutien des Verts. Deuxième du premier tour et nettement distancé par le candidat nationaliste Norbert Hofer, il l'emporte de justesse au second tour, un mois plus tard, avec 31 000 voix d'avance. Ce scrutin, le plus serré de l'histoire autrichienne, est cependant invalidé le par la Cour constitutionnelle.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

En 1917, ses ancêtres[1], des Néerlandais issus de la bonne bourgeoisie, immigrés nobles en Russie, fuient le pays pendant la révolution bolchévique et se réfugient en Estonie. Entre 1940 et 1941, après l'occupation de l'Estonie par l'Union soviétique, le père d'Alexander Van der Bellen, un baron de l'Empire russe, parvient, avec sa future femme Alma Siebold, à se rendre en Allemagne, puis, de là, à Vienne.

Enfance et jeunesse[modifier | modifier le code]

Alexander Van der Bellen naît en 1944 à Vienne, dans une Autriche encore annexée au Troisième Reich. La famille fuit dans le Tyrol, à Kaunertal, à l'approche de l'Armée rouge.

Il y passe une partie de son enfance, puis tout le monde rejoint la capitale tyrolienne d'Innsbruck. À compter de 1954, il suit sa scolarité à l'Akademisches Gymnasium. Il prend la nationalité autrichienne en 1958, alors qu'il était jusqu'à présent ressortissant estonien, et passe sa matura en 1962.

Il s'inscrit ensuite à l'université d'Innsbruck où il étudie l'économie générale. Il obtient sa maîtrise en économie en 1966 et son doctorat ès sciences économiques en 1970.

Carrière professionnelle[modifier | modifier le code]

De 1968 à 1971, il est assistant à l'Institut des finances de cette même université, puis, de 1972 à 1973, à l'Institut international pour le management et l'administration à Berlin[2].

En 1976, il est nommé professeur extraordinaire à l'université d'Innsbruck, avant d'enseigner, de 1977 à 1980, à l'Académie fédérale d'administration de Vienne, puis, jusqu'en 1990, il est professeur ordinaire d'économie politique à l'université de Vienne. De 1990 à 1994, il est vice-doyen puis doyen de la faculté des sciences économiques et sociales.

Durant toute cette période, il publie plusieurs livres d'économie.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

A. van der Bellen (d.) à l'issue du débat des chefs. de file aux législatives de 2008 en Autriche

Il adhère à la fin des années 1970 au Parti social-démocrate d'Autriche (SPÖ), mais le quitte au bout de dix ans. En 1992, Les Verts - L'Alternative verte (Grünen) le propose sans succès pour le poste de président de la Cour des comptes.

Il postule aux élections législatives de 1994 et se trouve élu au Conseil national. Il devient porte-parole fédéral des Grünen le [3], puis président du groupe parlementaire écologiste en 1999.

En , il organise à Vienne le Green Summit à l'occasion de la présidence autrichienne de l'Union Européenne et invite plusieurs figures marquantes des mouvements sociaux-démocrate et écologiste européens, comme Ségolène Royal et Daniel Cohn-Bendit.

Après les élections législatives anticipées du , il annonce le qu'il renonce à ses fonctions exécutives au sein du parti écologiste. Eva Glawischnig-Piesczek lui succède, à l'issue du plus long mandat de direction dans l'histoire des Grünen.

Il démissionne du Conseil national le , après plus de dix-sept années de mandat, et est investi le lendemain député au Landtag de Vienne, où il remplace Sigrid Pilz. Il ne se représente pas en 2015.

Candidat à l'élection présidentielle de 2016[modifier | modifier le code]

Le , il annonce sa candidature à l'élection présidentielle. Il est soutenu par Les Verts - L'Alternative verte. Les enquêtes d'opinion le placent longtemps en position de grand favori[4],[5],[6]. Au soir du premier tour, le 24 avril 2016, il arrive finalement en deuxième position avec 21,3 % des voix, loin derrière le candidat nationaliste, Norbert Hofer (35,1 %), et juste devant la candidate indépendante Irmgard Griss (18,9 %).

Au soir du second tour, qui se tient le 22 mai suivant, les deux candidats sont au coude-à-coude de sorte que ni l'un ni l'autre ne tient à revendiquer la victoire ; ce n'est que le lendemain, après le dépouillement des votes par correspondance, qu'Alexander Van der Bellen est proclamé élu président de la République fédérale[7] avec 50,3 % des voix, soit seulement 31 000 de plus que Norbert Hofer, qui reconnaît alors sa défaite. C'est le résultat le plus serré d'une élection présidentielle autrichienne. Si le président letton Raimonds Vējonis a été, en , le premier écologiste élu à un poste de chef d'État, Van der Bellen est le premier écologiste élu à une telle fonction au suffrage universel direct.

Le , Heinz-Christian Strache, président du FPÖ, conteste le résultat du second tour de l'élection présidentielle auprès de la Cour constitutionnelle en arguant d'irrégularités dans les modalités du dépouillement des votes par correspondance et d'indices de manipulation dans 117 communes, ce qui irait selon lui « au-delà » des 31 000 votes séparant les deux candidats[8]. La Cour constitutionnelle donne droit au recours et annonce le l'invalidation du second tour de scrutin, une semaine seulement avant l'investiture du nouveau président[9]. Après la fin du mandat du président Heinz Fischer, le , l'intérim sera assuré, conformément à la Constitution autrichienne, par les trois présidents du Conseil national, dont Norbert Hofer lui-même. Cet intérim durera jusqu'à la tenue, le , d'un nouveau second tour dans toute l'Autriche[10].

Publications[modifier | modifier le code]

  • (de) Ökosteuern, Vienne, Inst. für Finanzwiss. und Steuerrecht, écrit en collaboration avec Dr Joachim Lang et Dr Anton Rainer.
  • (en) Synopses in the theory of choice, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung, , écrit en collaboration avec Prof. Dr Murat Sertel.
  • (de) Öffentliche Unternehmen zwischen Markt und Staat, Cologne, Kiepenheuer und Witsch,
  • (en) Computations in choice groupoids, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung, , écrit en collaboration avec Prof. Dr Murat Sertel.
  • (de) Mathematische Auswahlfunktionen und gesellschaftliche Entscheidungen : Rationalität, Pfad-Unabhängigkeit u. andere Kriterien d. axiomat. Präferenztheorie, Stuttgart, Birkhäuser,
  • (de) Formale Ansätze zur allgemeinen und kollektiven Präferenztheorie : Pfad-Unabhängigkeit u. andere Kriterien für Auswahlfunktionen, unter besonderer Berücks. kollektiver Entscheidungsregeln, Berlin, Internat. Inst. für Management u. Verwaltung,
  • (de) Fondswirtschaft in Österreich, Vienne, Jupiter Verlag,

Distinctions honorifiques[modifier | modifier le code]

Décoration autrichienne[modifier | modifier le code]

Grande étoile de la décoration d'honneur pour services à la République d'Autriche Grande étoile de la Décoration d'honneur pour services à la République d'Autriche

Titulature[modifier | modifier le code]

Rangkronen-Fig. 27.svg Baron de l'Empire russe[réf. nécessaire]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. www.ethnicelebs.com
  2. www.robert-schuman.eu
  3. (de) « Die Karriere des Alexander Van der Bellen », Wiener Zeitung, le
  4. (de) « Van der Bellen Erster – Hofer vorerst Letzter », sur oe24.at, 28 janvier 2016
  5. (de) « Umfrage: Alexander Van der Bellen Erster, Hundstorfer Letzter », sur derstandard.at, 5 février 2016
  6. (de) « Hofburg-Wahl: Krimi um die Stichwahl », sur oe24.at, 10 mars 2016
  7. « Autriche : le candidat écologiste Alexander Van der Bellen élu président », Europe1,‎ (lire en ligne)
  8. Blaise Gauquelin (Vienne, correspondant), « Autriche : recours de l’extrême droite contre le résultat de l’élection présidentielle », sur Le Monde,‎ (consulté le 7 juillet 2016)
  9. « Autriche : l'élection présidentielle invalidée en raison d'irrégularités », sur www.liberation.fr
  10. « Le nouveau scrutin de la présidentielle en Autriche se tiendra le 2 octobre », sur LExpress.fr (consulté le 5 juillet 2016)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]