Sergio Mattarella

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Sergio Mattarella
Portrait officiel de Sergio Mattarella.
Portrait officiel de Sergio Mattarella.
Fonctions
Président de la République italienne
En fonction depuis le
(2 ans 2 mois et 21 jours)
Élection
Président du Conseil Matteo Renzi
Paolo Gentiloni
Prédécesseur Pietro Grasso (intérim)
Giorgio Napolitano
Juge de la Cour constitutionnelle

(3 ans 3 mois et 22 jours)
Élection
Ministre de la Défense

(1 an 5 mois et 20 jours)
Président du Conseil Massimo D'Alema
Giuliano Amato
Gouvernement D'Alema II
Amato II
Prédécesseur Carlo Scognamiglio
Successeur Antonio Martino
Vice-président du Conseil des ministres

(1 an 2 mois et 1 jour)
Président du Conseil Massimo D'Alema
Gouvernement D'Alema I
Prédécesseur Walter Veltroni
Successeur Gianfranco Fini
(indirectement)
Ministre de l'Instruction publique

(1 an et 5 jours)
Président du Conseil Giulio Andreotti
Gouvernement Andreotti VI
Prédécesseur Giovanni Galloni
Successeur Gerardo Bianco
Ministre pour les
Rapports avec le Parlement

(1 an 11 mois et 24 jours)
Président du Conseil Giovanni Goria
Ciriaco De Mita
Gouvernement Goria
De Mita
Prédécesseur Gaetano Gifuni
Successeur Egidio Sterpa
Député de la République italienne

(24 ans 9 mois et 17 jours)
Élection
Réélection
5-6 avril 1992
27-28 mars 1994
21 avril 1996
13 mai 2001
9-10 avril 2006
Législature IXe, Xe, XIe, XIIe,
XIIIe, XIVe, XVe
Groupe politique DC (1983-94)
PPI (1994-96)
PPI-L'Olivier (1996-2001)
DL-L'Olivier (2001-06)
L'Olivier/PD (2006-08)
Biographie
Date de naissance (75 ans)
Lieu de naissance Palerme (Italie)
Parti politique DC (avant 1994)
PPI (1994-2002)
DL (2002-2007)
PD (2007-2009)
Diplômé de Université La Sapienza
Profession Avocat
Résidence Palais du Quirinal
(Rome)

Sergio Mattarella
Présidents de la République italienne

Sergio Mattarella, né le à Palerme, est un juriste et homme d'État italien d'obédience démocrate-chrétienne, président de la République italienne depuis le .

Fils d'un ancien ministre, Sergio Mattarella commence sa carrière politique après la mort de son frère, Piersanti Mattarella, assassiné par la mafia sicilienne en 1980. Membre de la Démocratie chrétienne (DC) jusqu'à sa dissolution, il siège à la Chambre des députés durant sept législatures, entre 1983 et 2008.

En 1987, il est nommé ministre des Relations avec le Parlement, avant d'être chargé, deux ans plus tard, du portefeuille de l'Instruction publique au sein du sixième gouvernement de Giulio Andreotti. Il démissionne l'année suivante pour protester contre un projet de loi favorisant certaines entreprises privées comme Fininvest.

Il propose en 1993 une réforme du mode de scrutin pour l'élection des deux chambres du Parlement, qui sera adoptée et prendra le surnom de « Mattarellum », remplaçant le système proportionnel en vigueur depuis 1946. Ayant appartenu au courant de centre gauche de la DC, il rejoint le Parti populaire italien (PPI) en 1994 et se fait élire sous les couleurs de L'Olivier en 1996.

En 1998, Sergio Mattarella est nommé vice-président du Conseil des ministres au sein du premier gouvernement de Massimo D'Alema, lequel le charge, un an plus tard, du portefeuille de la Défense ; à ce titre, il abolit le service militaire obligatoire et promeut l'engagement militaire de l'Italie pour le maintien de la paix en Bosnie-Herzégovine et dans l'ex-République yougoslave de Macédoine. Confirmé à ce poste par Giuliano Amato, il quitte le gouvernement après la victoire du centre-droit aux élections générales de 2001.

Il occupe alors diverses fonctions parlementaires, mais ce n'est que sept ans plus tard, en 2008, qu'il met un terme à sa carrière politique. En 2011, fort de son passé d'enseignant en droit, il est élu juge à la Cour constitutionnelle par le Parlement.

Le , Sergio Mattarella est élu président de la République italienne au quatrième tour de scrutin par 665 suffrages sur 991 votants. Succédant à Giorgio Napolitano, il est le premier chef de l'État italien né en Sicile. Il prête serment le 3 février suivant devant le Parlement.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origines familiales et mariage[modifier | modifier le code]

Issu d'une famille de juristes de tradition démocrate-chrétienne, Sergio Mattarella naît le , à Palerme en Sicile. Il est le quatrième enfant de l'avocat Bernardo Mattarella, ministre au sein de plusieurs gouvernements de l'après-guerre, dont l'un des autres enfants, Piersanti, entamera lui-même une carrière politique.

Dans ses jeunes années, Sergio Mattarella, qui vit à Rome du fait des activités politiques de son père, milite au sein du Mouvement des étudiants de l'Action catholique (MSAC), dont il devient le délégué pour Rome et le Latium en 1961 ; il le sera trois ans durant.

De son mariage avec Marisa Chiazzese, fille de l'éminent universitaire Lauro Chiazzese qui fut recteur de l'université de Palerme entre 1950 et 1957[1] et décédée des suites d'une longue maladie en 2012, sont nés trois enfants, prénommés Laura, Francesco et Bernardo Giorgio ; ce dernier, chargé de cours en droit administratif à l'université de Sienne, est le directeur du bureau de la législation du ministère de l'Administration publique et de la Simplification[2]. La sœur de Marisa, Irma, avait épousé le propre frère de Sergio, Piersanti Mattarella.

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Après des études secondaires au lycée San Leone Magno de Rome, un institut religieux tenu par les Frères maristes, il intègre la faculté de droit de l'université La Sapienza[3], qu'il quitte diplômé avec une mention très honorable en 1964, après la rédaction d'un mémoire intitulé La fonction d'orientation politique. Trois ans plus tard, en 1967, il s'inscrit à l'ordre des avocats du barreau de Palerme tout en entamant une brillante carrière universitaire : assistant de la chaire de droit constitutionnel, il est ensuite nommé professeur associé à la faculté de droit de l'université de Palerme. Il enseigne jusqu'en 1983, après son élection à la Chambre des députés[4].

Son travail universitaire est prolifique : outre des publications relatives au droit constitutionnel concernant le bicamérisme, les procédures législatives et les propriétés des administrations locales, il a rédigé un ensemble de travaux portant sur le développement économique régional et national.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Une entrée en politique tragique[modifier | modifier le code]

Professeur à l'université, Sergio Mattarella n'envisageait pas une carrière politique, préférant se consacrer à ses travaux. Cependant, le , son frère, Piersanti Mattarella, alors président de la Région de Sicile, meurt assassiné par la mafia sicilienne qui voulait lui faire payer sa lutte contre le crime organisé entreprise après son élection. Atteint de plusieurs balles, il s'éteint dans les bras de son frère Sergio, dont il a fait son héritier politique.

Par tradition familiale, Sergio Mattarella adhère à la Démocratie chrétienne, le parti qui fut celui de son frère défunt. Il fréquente alors le courant Moro, du nom de l'ancien chef du gouvernement assassiné par les Brigades rouges. En 1982, il se rapproche du nouveau secrétaire de la Démocratie chrétienne, Ciriaco De Mita, lequel lui confie divers travaux pour la direction du parti, dont il est appelé à devenir l'un des cadres. L'année suivante, il est élu député pour la circonscription de Sicile occidentale par 119 969 voix lors du scrutin du .

Ses premiers portefeuilles ministériels[modifier | modifier le code]

Réélu député le , Sergio Mattarella est nommé ministre pour les Relations avec le Parlement dans le gouvernement de Giovanni Goria, au mois de juillet de cette même année ; sans portefeuille, il dépend du président du Conseil. Lorsque Ciriaco De Mita est désigné chef du gouvernement, Mattarella conserve ses fonctions dans le nouveau cabinet. À ce poste important, puisqu'il doit gérer les rapports entre le gouvernement et la majorité parlementaire, il réorganise la présidence du Conseil et remanie les règlements parlementaires relatifs aux rapports avec le gouvernement.

Le , le sixième gouvernement du démocrate-chrétien Giulio Andreotti prête serment au palais du Quirinal ; parmi les ministres du nouveau gouvernement, Sergio Mattarella est chargé de l'Instruction publique, un portefeuille qui fut souvent confié aux démocrates-chrétiens depuis l'après-guerre. Il est alors confronté à la réforme du système éducatif, à la question de l'autonomie de l'école et à la réorganisation des programmes d'enseignement secondaire. Néanmoins, il ne pourra pas mener à bien l'ensemble de ces projets puisque le , à peine un an après sa nomination, Mattarella remet sa démission au président du Conseil. Par cet acte, le ministre démissionnaire entend dénoncer le projet de loi défendu par le ministre des Postes et des Télécommunications Oscar Mammì, qui favorise les intérêts du secteur privé dans le domaine de l'audiovisuel, plus particulièrement ceux de l'entreprise Fininvest, dirigée par Silvio Berlusconi. Cette démission sera critiquée par Andreotti lui-même, lequel ironise sur ce ministre qui se prononce contre une loi proposée par le gouvernement auquel lui-même appartient[5].

Néanmoins, au mois de , Mattarella devient l'un des vice-secrétaires de la Démocratie chrétienne, aux côtés de son dirigeant, Arnaldo Forlani ; il doit représenter, auprès de ce dernier, les courants démocrate-chrétiens se revendiquant du centre-gauche. Il demeure l'un des cadres du parti jusqu'en 1992, quand Mino Martinazzoli en prend la direction. Sergio Mattarella prend ensuite la direction du quotidien démocrate-chrétien Il Popolo, qu'il dirige deux ans, jusqu'en 1994, puis contribue à la fondation du Parti populaire (PPI), constitué d'anciens démocrate-chrétiens comme lui.

La loi Mattarella[modifier | modifier le code]

La carte électorale issue de la loi Mattarella pour la Chambre des députés.

Après avoir quitté le gouvernement, Sergio Mattarella se consacre à son mandat de député.

Le , la XIe législature est ouverte ; réélu député, Mattarella intègre la commission bicamérale pour les Réformes institutionnelles. Il en sera vice-président entre et .

À ce titre, il propose une réforme de la loi électorale pour la désignation des membres des deux chambres du Parlement. Cette proposition de loi engage une profonde réforme du système électoral adopté en 1946 et jamais remis en cause depuis : il s'agit en effet de passer d'un scrutin proportionnel pur à un scrutin mixte dans lequel les trois quarts des sièges de chaque chambre sont pourvus au scrutin uninominal majoritaire à un tour et le quart restant à la proportionnelle de Hare pour la Chambre des députés – avec un seuil de représentativité national de 4 % des suffrages exprimés – et la proportionnelle d'Hondt pour le Sénat. Elle augmente en outre de 32 à 37 le nombre de circonscriptions plurinominales pour la Chambre des députés.

Le texte, après de multiples débats à la Chambre des députés comme au Sénat, sera finalement promulgué le , par le président de la République, Oscar Luigi Scalfaro, qui se disait favorable à cette proposition de loi. Il gagne le nom de « Mattarellum » ou de « Legge Mattarella ».

En 2005, après l'adoption de la loi Calderoli dite « Porcellum », la loi Mattarella est abolie.

Au second plan de la vie politique[modifier | modifier le code]

Après les élections générales anticipées des 27 et 28 mars 1994, il devient vice-président de la commission des Affaires constitutionnelles de la Chambre des députés, alors que le PPI siège dans l'opposition à Silvio Berlusconi. Il se maintient à la chambre basse au cours des élections générales anticipées du 21 avril 1996, remportées par la coalition de L'Olivier (L'Ulivo) dont fait partie le PPI.

Ministre de la Défense[modifier | modifier le code]

Sergio Mattarella au côté du secrétaire américain à la Défense, William S. Cohen, le .

Le , Sergio Mattarella devient vice-président du Conseil des ministres, au sein du premier gouvernement dirigé par le social-démocrate Massimo D'Alema ; en cette qualité, il est le « numéro deux » du gouvernement, bien qu'il ne détienne pas de portefeuille ministériel. Il est le premier vice-président du Conseil, depuis le socialiste Claudio Martelli en 1991, à n'exercer aucune responsabilité ministérielle.

Il perd cette charge le lorsqu'il est nommé ministre de la Défense dans le second gouvernement de D'Alema. Au mois d', il est confirmé dans le second gouvernement constitué par Giuliano Amato. Durant son mandat, il défend l'abolition du service militaire obligatoire et prône l'engagement militaire de l'Italie en Bosnie-Herzégovine comme en ex-République yougoslave de Macédoine afin que soit maintenue la paix dans ces régions instables[6].

Après la victoire de la coalition de centre-droit, emmenée par Silvio Berlusconi, aux élections générales de 2001, Sergio Mattarella quitte le gouvernement pour retrouver pleinement son activité parlementaire. C'est un fidèle de Berlusconi, Antonio Martino, qui récupère le portefeuille de la Défense.

Une retraite politique progressive[modifier | modifier le code]

Le , Sergio Mattarella est une nouvelle fois réélu député sur la liste de la Marguerite, une formation centriste issue du Parti populaire italien. À cette occasion, il se fait élire à la proportionnelle dans la circonscription du Trentin-Haut-Adige, renonçant à représenter la Sicile pour la première fois depuis dix-huit ans.

Nommé membre du comité pour la Législation par le président de la Chambre Pier Ferdinando Casini, il en devient aussitôt le vice-président. Il en occupe même la présidence entre 2002 et 2003. Il est de nouveau réélu sur les listes de L'Union à la Chambre de députés lors des élections du , dans la circonscription de Sicile-1. Durant cette XVe législature, il préside la commission juridictionnelle pour le personnel de la Chambre des députés ; c'est la dernière charge publique qu'il exerce puisqu'au mois de , la dissolution du Parlement décidée par le président Giorgio Napolitano précède de nouvelles élections, auxquelles Mattarella ne se présente pas. Il met alors un terme à une carrière politique longue de vingt-cinq années.

Le , Sergio Mattarella est élu juge à la Cour constitutionnelle par les parlementaires réunis en session conjointe. À l'issue du quatrième tour de scrutin, il recueille 572 suffrages, soit seulement un de plus que la majorité qualifiée ; il prête serment devant le président de la République, Giorgio Napolitano, le 11 octobre suivant, au palais du Quirinal. Comme juge constitutionnel, Mattarella a été le rapporteur de trente-neuf sentences rendues par la Cour et il est l'un des juges qui, le , ont déclaré l'inconstitutionnalité de la loi électorale de 2005, en raison d'une excessive prime de majorité.

Au mois d', son nom est évoqué pour la succession de Giorgio Napolitano à la présidence de la République italienne, comme ceux de Romano Prodi, Franco Marini ou Emma Bonino. Finalement, les deux premiers seront les candidats, défaits, du centre-gauche à l'élection présidentielle mais les divisions du centre-gauche auront pour conséquence la réélection du chef de l'État sortant, Giorgio Napolitano.

Président de la République[modifier | modifier le code]

Un candidat consensuel[modifier | modifier le code]

Sergio Mattarella prononce son discours d'investiture devant le Parlement, au palais Montecitorio, le .

La démission du chef de l'État, Giorgio Napolitano, survenue le , rend nécessaire l'élection d'un nouveau président de la République. Comme en 2013, certaines personnalités sont pressenties pour la succession du vieux président qui ne voulait pas exercer son second mandat de sept ans jusqu'à son terme : les noms de Romano Prodi, de Giuliano Amato et de Massimo D'Alema sont les plus cités pour l'élection du nouveau chef de l'État.

Néanmoins, le 28 janvier suivant, le président du Conseil et secrétaire du Parti démocrate, Matteo Renzi, indique devant sa formation qu'il compte présenter la candidature de Sergio Mattarella à l'élection présidentielle, mettant en avant son intégrité et son combat contre la mafia[7],[8],[9]. Si la candidature du juge constitutionnel est largement approuvée par les grands électeurs du Parti démocrate réunis avant l'ouverture du scrutin, elle est néanmoins contestée par la droite dirigée par Silvio Berlusconi qui, bien que déchu de son mandat de sénateur, entend peser de tout son poids dans l'élection du nouveau chef de l'État puisque jusqu'à présent, son soutien était indispensable pour l'approbation, par les parlementaires, de réformes institutionnelles majeures.

Lors des trois premiers tours de scrutin, la candidature de Mattarella ne recueille qu'un nombre fort restreint de suffrages, car Renzi, sachant que son candidat ne pouvait être élu à la majorité des deux-tiers des grands électeurs, voulait attendre le quatrième tour de scrutin pour que Sergio Mattarella soit désigné. Le 31 janvier, à l'issue du quatrième tour, Sergio Mattarella est finalement élu président de la République italienne par 665 suffrages sur 991 grands électeurs. Premier président originaire de Sicile, il est également le premier juge constitutionnel élu à la présidence, et le premier chef de l'État depuis Oscar Luigi Scalfaro à avoir appartenu à la DC. La candidature de Mattarella avait été appuyée par plusieurs partis comme le Parti démocrate (PD), Gauche, écologie et liberté (SEL), l'Union de Centre (UdC), Choix civique pour l'Italie (SC)[10] et le Nouveau Centre-droit (NCD), mais dénoncée par le Mouvement 5 étoiles (M5S) et Forza Italia (FI), le parti de Berlusconi.

Après avoir reçu le procès-verbal de l'élection des mains de la présidente de la Chambre des députés, Laura Boldrini, dans les heures qui suivent la proclamation des résultats, le président élu se contente de faire une déclaration sommaire devant les journalistes présents : « Mes pensées vont surtout, et avant tout, aux difficultés et aux espérances qui sont celles de nos concitoyens » dit-il, avant d'ajouter que ce propos « suffisait pour l'instant ».

La presse transalpine analyse l'élection du nouveau président comme une victoire tactique de Renzi, qui a su à la fois ressouder sa majorité, se passer du soutien de Silvio Berlusconi et isoler le Mouvement 5 étoiles[11]. Le 2 février suivant, c'est-à-dire la veille de sa prestation de serment, Sergio Mattarella se démet de sa fonction de juge de la Cour constitutionnelle.

En effet, le 3 février, le nouveau président de la République prête serment durant une cérémonie officielle, devenant ainsi le douzième chef de l'État républicain d'Italie. Dans son discours d'investiture, régulièrement applaudi par les grands électeurs convoqués pour l'occasion, Sergio Mattarella, premier président né en Sicile, évoque longuement la lutte contre la corruption, répandue dans la péninsule, et le crime organisé, qui coûta la vie à son frère trente-cinq ans auparavant, estimant qu'il s'agissait d'une « priorité absolue » pour les institutions[12],[13].

Une présidence austère[modifier | modifier le code]

Matteo Renzi et Sergio Mattarella au palais du Quirinal, le .

Peu connu lorsqu'il entre au palais du Quirinal, Sergio Mattarella gagne progressivement l'estime de ses compatriotes du fait, notamment, de son comportement personnel : après son élection, il a rendu hommage aux victimes du massacre des Fosses ardéatines, puis il a décidé, juste après son investiture, de restreindre le parc automobile du palais présidentiel[14]. En outre, il a décidé d'ouvrir les portes du palais du Quirinal au public chaque jour de la semaine quand il n'était, jusqu'alors, accessible que le dimanche[15].

Près de sept mois après son élection, le président Sergio Mattarella gagne en popularité d'après un sondage de l'institut Ixè indiquant que 60 % de ses concitoyens jugent leur président comme étant le responsable politique le plus digne de confiance, loin devant le président du Conseil approuvé, lui, par seulement 30 % des sondés[16].

Au mois de , un rapport relatif au budget prévisionnel de la présidence de la République pour l'année 2016 et publié sur son propre site Internet indique que la rigueur instituée par le chef de l'État vis-à-vis des membres du personnel, de l'entretien du palais présidentiel et de la réduction du parc automobile permettrait, à moyen terme, l'économie d'au moins cinq millions d'euros[17]. La presse italienne ne manque pas de saluer cet effort de « plus grande sobriété », alors que l'institution présidentielle était, de longue date, critiquée pour ce qu'elle devait coûter aux contribuables italiens[18],[19],[20].

Première crise politique[modifier | modifier le code]

Le président Mattarella durant son discours télévisé de fin d'année, au Quirinal, le 31 décembre 2016.

Après la victoire massive du « Non » au référendum constitutionnel du , le chef du gouvernement annonce sa démission pour le lendemain, désavoué par l'ampleur de la victoire de ses opposants, quasiment tous unis pour dénoncer ce projet de réforme ; tous les regards, en Italie comme à l'étranger, se tournent alors vers le président Mattarella, de fait confronté à la première crise politique de son septennat[21],[22],[23]. Dans un premier temps, le chef de l'État, auquel la Constitution confère le pouvoir de dénouer une telle crise[24], suggère au président du Conseil sortant d'expédier les affaires courantes et de « surseoir » à sa démission jusqu'à ce que le projet de budget pour 2017 soit adopté par le Parlement[25].

Après l'adoption de la loi de finances par le Sénat, Renzi revient au palais du Quirinal le et présente sa démission au président de la République, qui l'accepte mais le charge d'expédier les affaires courantes jusqu'à ce qu'un nouvel exécutif puisse être formé. À cette occasion Sergio Mattarella fait savoir qu'il juge « inconcevable » d'organiser des élections anticipées sans que n'eut été adoptée nouvelle loi électorale. Il entame alors une série de consultations des principaux responsables institutionnels et politiques qui doit le conduire, d'ici à la semaine suivante, à prendre une décision quant à la suite des événements[26],[27].

Quelques heures après la fin de ses consultations, le 11 décembre suivant, le chef de l'État décide finalement de confier au ministre sortant des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, la mission de former le prochain gouvernement, ce que celui-ci, conformément à la tradition, accepte « avec réserve »[28]. Dès le lendemain, celui-ci se rend au Quirinal pour présenter la liste des ministres nommés dans le nouveau gouvernement, lequel prête serment devant le chef de l'État ; ce gouvernement, au sein duquel sont confirmés plusieurs ministres issus du précédent cabinet, obtient dans les jours suivants la confiance du Parlement[29].

Critiqué par l'opposition pour avoir refusé de convoquer des élections anticipées afin de favoriser la fin de cette crise politique, l'une des plus brèves de l'histoire de la République, Sergio Mattarella s'est justifié, dans son discours télévisé de fin d'année, retransmis le , de ne pas avoir appelé les électeurs à se prononcer à l'occasion de nouvelles élections, expliquant que « les règles [d'un tel] scrutin n'existent pas », du fait d'une loi électorale rendant très improbable l'émergence d'une majorité parlementaire claire aussi bien à la Chambre qu'au Sénat[30] ; le chef de l'État avait précédemment appelé de ses vœux à l'adoption d'une nouvelle loi électorale.

Distinctions[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (it) « CHIAZZESE, Lauro », volume 24 (1980), Dizionario Biografico degli Italiani
  2. (it) « Prof. Bernardo Giorgio Mattarella », Istituto di Ricerche sulla Pubblica Amministrazione
  3. (it) « La Sapienza saluta il presidente Mattarella », site Internet de l'université La Sapienza,
  4. (it) « Discorso di benvenuto del Presidente a Sergio Mattarella, giudice costituzionale. », Cour constitutionnelle, audience publique du
  5. (fr) « Sergio Mattarella, un président italien au-dessus de tout soupçon », Le Monde,
  6. (fr) « Sergio Mattarella, un homme "droit" pour présider l'Italie ? », La Tribune,
  7. (it) « Quirinale, il nome di Renzi è Sergio Mattarella », L'Espresso, .
  8. (it) « Sergio Mattarella al Quirinale: l'ipotesi prende corpo », Panorama, .
  9. (it) « Quirinale, Mattarella: chi è il candidato di Renzi », Lettera 43, .
  10. (it) « Quirinale: Scelta Civica, Per l'Italia-Centro Democratico: "Favorevoli a proposta Mattarella. Scheda bianca alla prima votazione" ».
  11. (fr) « Mattarella président de la République italienne, le triomphe de Matteo Renzi », Le Monde, .
  12. (fr) « Sergio Mattarella, président italien, fait de la lutte contre le crime organisé sa priorité », Euronews, .
  13. (fr) « Le nouveau président Sergio Mattarella prête serment », Tribune de Genève, .
  14. (fr) « Mattarella : "Il faut lancer un pacte de civilisation contre le terrorisme" », Le Figaro, 28/
  15. (fr) « Sergio Mattarella, président normal », Le Monde,
  16. (it) « Sergio Mattarella doppia Matteo Renzi. Cresce la fiducia solo nel Capo dello Stato », Huffington Post,
  17. (it) « Nota illustrativa del bilancio di previsione 2016 », site officiel de la présidence de la République italienne,
  18. (fr) « Le Quirinal, un palais présidentiel cher aux Italiens, et à leurs finances », Le Monde,
  19. (it) « Effetto Mattarella: il Quirinale costerà 5 milioni in meno ai contribuenti », Blasting News,
  20. (it) « Quirinale, effetto Mattarella: spese in calo del 2,16% e risparmi per 5 milioni di euro », agence DIRE,
  21. (fr) « Quels sont les scénarios possibles après la victoire du non au référendum italien ? », Le Monde,
  22. (fr) « Le président Sergio Mattarella, gardien de la stabilité de l’Italie », Le Monde,
  23. (fr) « En vue / Sergio Mattarella », Les Échos,
  24. (fr) « Italie : les multiples scénarios de l’après-Renzi », Les Échos,
  25. (fr) « Renzi prié de «surseoir» à sa démission », L'Avenir,
  26. (fr) « Le chef du gouvernement italien, Matteo Renzi, a présenté sa démission », Le Monde,
  27. (fr) « Le président Sergio Mattarella engage l’après-Renzi », Le Monde,
  28. (fr) « Italie: Paolo Gentiloni désigné nouveau chef du gouvernement », La Libre,
  29. (fr) « En Italie, Paolo Gentiloni confirme à leur poste les principaux ministres de Renzi », Le Monde,
  30. (fr) « Italie-Pas de scrutin sans nouveau code électoral, dit Mattarella », Boursorama,
  31. (it) « Mattarella Avv. Sergio », site officiel de la présidence de la République italienne
  32. (it) « MATTARELLA On. Prof. Dott. Sergio », site officiel de la présidence de la République italienne
  33. (it) Présidence de la République italienne, « Il Presidente Mattarella ha ricevuto Mons. Giovanni Angelo Becciu, Sostituto per gli Affari Generali della Segreteria di Stato », sur quirinale.it,‎ (consulté le 26 juillet 2016)
  34. (es) Enrique Peña Nieto, « ACUERDO por el que se otorga la Condecoración de la Orden Mexicana del Águila Azteca, en grado de Collar, al Excelentísimo Señor Sergio Mattarella, Presidente de la República Italiana. », sur dof.gob.mx,‎ (consulté le 20 août 2016)
  35. « Le Grand Maître reçu au Quirinal par le président de la République italienne », sur orderofmalta.int,‎ (consulté le 7 novembre 2016)