Antichristianisme

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L'antichristianisme (appelée aussi récemment christianophobie[1] par analogie sémantique militante avec les concepts controversés d'islamophobie ou de judéophobie) peut désigner la critique, l'opposition, la méfiance, l'hostilité, la discrimination, la répression ou la persécution du christianisme.

Depuis 2015 les actes antichrétiens sont plus nombreux en France que les actes antisémites et antimusulmans[2].

Manifestations de l'antichristianisme[modifier | modifier le code]

Allemagne nazie[modifier | modifier le code]

Le SS Martin Bormann, antichrétien fanatique, a fait exécuter de très nombreux chrétiens: "Les conceptions nationales-socialistes et chrétiennes sont incompatibles". Il a ordonné l'assassinat de 2 500 prêtres polonais (certains ont été égorgés) et a déclaré à de nombreuses reprises que les membres du clergé seraient les suivants dans le programme d'extermination SS

Manifestations contemporaines[modifier | modifier le code]

Participation des Femen à la manifestation en faveur du mariage pour tous en décembre 2012.

Dans une conférence organisée par l'hebdomadaire La Vie, en , Marc Leboucher affirme que si les chrétiens de 2006 « ne sont pas jetés dans la fosse aux lions », ils subissent au moins « une agression intellectuelle forte »[3][source insuffisante].

Le philosophe Michel Onfray écrit dans son Traité d'athéologie (2005) :

« Les trois monothéismes, animés par une même pulsion de mort généalogique, partagent une série de mépris identiques : haine de la raison et de l'intelligence ; haine de la liberté ; haine de tous les livres au nom d'un seul ; haine de la vie ; haine de la sexualité, des femmes et du plaisir ; haine du féminin ; haine des corps, des désirs, des pulsions. En lieu et place de tout cela, judaïsme, christianisme et islam défendent : la foi et la croyance, l'obéissance et la soumission, le goût de la mort et la passion de l'au-delà, l'ange asexué et la chasteté, la virginité et la fidélité monogamique, l'épouse et la mère, l'âme et l'esprit. Autant dire la vie crucifiée et le néant célébré... »

En France[modifier | modifier le code]

Le journal en ligne Atlantico énumère 104 profanations d'églises durant les quatre premiers mois de l’année 2015. En 2014, 206 cimetières et 467 lieux de culte chrétiens avaient été profanés, soit 83 % des profanations perpétrées sur le territoire national[4].

En 2015 le site Planet.fr publie un article sur les actes liés à la christianophobie en France et sur leur écho dans les médias[5].

Le 26 juillet 2016 le père Hamel est assassiné, un autre prêtre est blessé et trois paroissiens sont pris en otage en pleine messe lors de l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray perpétrés par deux islamistes.

En 2017 et en 2018, il y a eu plus d'actes antichrétiens en France (1038 actes antichrétiens en 2017 et 1063 actes antichrétiens en 2018) que d'actes antisémites et antimusulmans[6].

En 2018 l'hebdomadaire Valeurs actuelles fait le constat d'une montée de la christianophobie en France et s'interroge sur le silence des médias sur ce sujet[7].

En 2019, pour la troisième année consécutive la religion chrétienne a été la plus attaquée en France ː il y a eu ainsi 1052 actes antichrétiens, contre 687 actes antisémites et 154 actes antimusulmans[8]. Toujours en 2019 l'hebdomadaire Le Point s'interroge sur la christianophobie en France et publie un sondage dans lequel 86% des votants reconnaissent une vague actuelle de christianophobie en France[9].

Le 18 juillet 2020 une enquête judiciaire pour incendie volontaire est ouverte par le procureur de Nantes à la suite d'un incendie dans la cathédrale de cette ville le matin même[10].

Le 29 octobre 2020 un attentat dans la basilique Notre-Dame de Nice fait 3 morts.

En Israël[modifier | modifier le code]

De la même façon qu'il existe un sentiment islamophobe pour des raisons peu ou prou similaires, un antichristianisme se développe dans certains milieux extrémistes juifs orthodoxes, qui voient dans la présence de lieux de cultes chrétiens à Jérusalem ou dans les lieux saints, une atteinte à leur foi. Ce sentiment transparaît notamment par des manifestations, des propos virulents ou des actes de vandalisme sur des bâtiments chrétiens[11].

Dans les pays musulmans affectés par le terrorisme islamiste[modifier | modifier le code]

L'État islamique (EI) en Irak et en Syrie s'est caractérisé par ses violences envers les chrétiens, ainsi que pour les autres religions non sunnites. Il rétablit le statut de dhimmi pour les chrétiens de Mossoul. Ces derniers doivent notamment payer un impôt spécial de 250 dollars par mois[12]. Dans le nord de l'Irak, les chrétiens, sont victimes d'exactions de la part de l'EI. Selon Sarah Leah Whitson, directrice de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch : « Le simple fait d’être un Turkmène, un Shabak, un Yézidi, ou un chrétien dans la région contrôlée par l’EIIL peut signifier la perte d’un emploi, de la liberté ou même de la vie »[13].

Le à Mossoul, l'EI lance un ultimatum aux habitants chrétiens. Les djihadistes s'adressent à ceux qui refusent de se convertir à l'islam ou de payer le djizîa et leur ordonnent de quitter la ville avant le lendemain, faute de quoi ils seront mis à mort. Dans un communiqué distribué à Mossoul, l'EI déclare : « Nous leur proposons trois choix : l'islam, la dhimma et, s'ils refusent ces deux choix, il ne reste que le glaive ». Cette annonce provoque l'exode de nombreux chrétiens en direction de Dahuk et Erbil, dans le Kurdistan irakien[14].

Des exécutions sommaires de masse, des enlèvements, la mise en pratique de l'esclavage contre les minorités chrétiennes sont abondamment documentés[15].

La Libye de l'après-Kadhafi est le lieu de violences récurrentes contre les chrétiens. Le , l'État islamique en Libye annonce détenir 21 « chrétiens croisés », probablement des coptes égyptiens, qui auraient été capturés dans le district de Tripoli ou à Syrte[16]. Le , l'État islamique annonce leur exécution par décapitation[17],[18]. Ce massacre provoque la fuite hors de Libye de 25 529 Égyptiens en douze jours[19].

Femen[modifier | modifier le code]

Les Femen remettent en cause la place des religions dans la société et principalement du christianisme, catholique et orthodoxe, considérant que les Églises répandent des valeurs misogynes[20]. Selon elles, « le féminisme et la religion ne sont pas deux choses qui peuvent coexister[21]. » Elles commettent des actions contre des symboles, personnalités ou organisations chrétiennes, comme, après l'annonce du verdict dans le procès des Pussy Riot[20], un sciage à la tronçonneuse d'une croix à Kiev qui avait été érigée en mémoire des victimes de la répression stalinienne[22], d'autres sciages de croix aux Pays-Bas[23], une altercation à l'aéroport de Kiev avec le patriarche de Moscou Cyrille[24], la prise d'assaut du clocher de la cathédrale Sainte-Sophie de Kiev[25], l'organisation d'une contre-manifestation non autorisée[26] en réponse à la manifestation contre le mariage homosexuel organisée à Paris par le « lobby catholique traditionaliste » Civitas[26],[27], ou encore une irruption seins nus dans la cathédrale Notre-Dame de Paris[28].

Réponses à l'antichristianisme[modifier | modifier le code]

Le sociologue italien Massimo Introvigne a été nommé représentant de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) pour la lutte contre l'intolérance et la discrimination envers les chrétiens. Le mardi , il s'est adressé au Conseil de l'Europe à Strasbourg sur le thème : « Persécution des chrétiens d'Orient, quelle réponse de l'Europe ? » Il a proposé une Journée européenne des martyrs chrétiens en souvenir de tous les chrétiens tués en haine de la foi et de l'Église.

« L'intolérance et les persécutions contre les chrétiens ne sont pas suffisamment entrées dans les consciences, a-t-il déclaré. Trois quarts des cas de persécutions religieuses dans le monde concernent les chrétiens mais rares sont ceux qui le savent. »

Le représentant de l'OSCE a évoqué le grand événement œcuménique du Colisée organisé par Jean-Paul II le , avec ses huit « stations » rappelant les principaux groupes de martyrs chrétiens de notre temps : les victimes du totalitarisme soviétique, du communisme dans d'autres pays, du nazisme, de l'ultra-fondamentalisme islamique, des nationalismes religieux violents en Asie, de la haine tribale et anti-missionnaire, du laïcisme agressif et de la criminalité organisée. Cette journée serait, chaque année, l'occasion, d'un « examen de conscience collectif » et, pour l'Europe, de s'intéresser de plus près à la situation des minorités chrétiennes et à leur protection dans divers pays.

« Il ne s'agit pas de faire concurrence à la Journée de la Mémoire pour une lutte efficace contre l'antisémitisme, qui est un succès aussi dans les écoles, a-t-il précisé, mais de proposer un outil du même genre pour rappeler tous ces martyrs, un terme qui veut dire "témoins", de la persécution et de l'intolérance contre les chrétiens[29]. »

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. De même que l'on parle d'islamophobie ou de judéophobie.
  2. Gouvernement.fr, Bilans annuels des actes racistes, antisémites, antimusulmans et antichrétiens (consulté le 23 juillet 2020).
  3. Compte-rendu de la conférence : « Le nouvel antichristianisme » (Jean-François Vaizand).
  4. 104 églises profanées sur les 4 premiers mois de l’année : plongée dans la France des actes antichrétiens, atlantico.fr, 18 mai 2015.
  5. Planet.fr, Peut-on parler de christianophobie en France ? (consulté le 19 juillet 2020).
  6. Gouvernement.fr, Bilan des actes racistes, antisémites, antimusulmans et antichrétiens (consulté le 19 juillet 2020).
  7. Valeursactuelles.com, Montée de la christianophobie en France (consulté le 19 juillet 2020).
  8. Viepublique.fr, les chiffres de 2019 pour les actes racistes et antireligieux (consulté le 19 juillet 2020).
  9. Le point.fr, sondage sur une actuelle vague de christianophobie en France (consulté le 19 juillet 2020).
  10. France bleu, justice, la cathédrale de Nantes en feu.
  11. Cyrille Louis, « Des extrémistes juifs ne veulent pas de la messe au cénacle », Le Figaro, lundi 26 mai 2014, page 13.
  12. Libération : « Les seize commandements de l'État islamique en Irak et au Levant », par Jean-Pierre Perrin
  13. « Irak : l’EIIL a enlevé, tué et expulsé des membres de minorités », Human Rights Watch, 18 juillet 2014.
  14. « En Irak, les djihadistes lancent un ultimatum aux chrétiens de Mossoul », Le Monde, 18 juillet 2014.
  15. Amnesty international dénonce un «nettoyage ethnique» en Irak, Le Figaro, 2 septembre 2014.
  16. OLJ et AFP : « La branche libyenne de l'EI publie des photos de 21 "chrétiens croisés" kidnappés ».
  17. AFP : « L'EI affirme avoir décapité des chrétiens égyptiens en Libye ».
  18. Le Monde : « L’État islamique signe par le sang sa présence en Libye », par Jean-Philippe Rémy.
  19. Le Monde avec AFP : « Des milliers d'Égyptiens fuient la Libye ».
  20. a et b « Là où commence la religion s'arrête le féminisme », dans les Inrocks.
  21. Cédric Garrofé, « Vous avez interviewé le groupe féministe Femen », sur 20minutes.fr, (consulté le 6 mars 2013)
  22. « Free Riot : une femen scie une croix très symbolique », sur hommelibre.blog.tdg.ch, (consulté le 6 mars 2013)
  23. « Les militants du groupe FEMEN ont scié trois croix aux Pays-Bas », sur french.ruvr.ru, (consulté le 6 mars 2013)
  24. « VIDEO. Femen : une militante se jette sur un chef religieux russe », sur tempsreel.nouvelobs.com, (consulté le 6 mars 2013)
  25. « Le groupe FEMEN a saisi le clocher de la cathédrale Sainte-Sophie à Kiev », sur french.ruvr.ru, (consulté le 6 mars 2013)
  26. a et b « Mykola Azarov : "Ce n'est pas une affaire de femmes de réaliser des réformes" », sur lepoint.fr, (consulté le 5 mars 2013).
  27. « L'institut Civitas va porter plainte contre les Femen », sur liberation.fr, (consulté le 5 mars 2013).
  28. Joël Saget, « Les seins nus des Femen à Notre-Dame choquent Valls et Delanoë », sur francetvinfo.fr, (consulté le 12 février 2013).
  29. Voir sur zenit.org.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]