Syrte

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Syrte
Surt سرت
Bâtiment de l'Assemblée
Bâtiment de l'Assemblée
Administration
Pays Drapeau de la Libye Libye
District Syrte
Démographie
Population 76 788 hab.
Géographie
Coordonnées 31° 12′ 26″ N 16° 35′ 30″ E / 31.207094, 16.59180231° 12′ 26″ Nord 16° 35′ 30″ Est / 31.207094, 16.591802
Altitude 28 m
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Libye

Voir sur la carte administrative de Libye
City locator 15.svg
Syrte

Syrte (arabe : سرت, Surt ou Sert) est une ville libyenne située sur la côte méditerranéenne du pays et plus précisément le golfe de Syrte. Chef-lieu du district de Syrte, c'est la ville natale du colonel Mouammar Kadhafi, et également le lieu de sa mort[1]. En 2011, la ville compte 75 000 habitants.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la ville provient lui-même de celui du golfe qui la borde et qui autrefois était appelé Syrtis Maior c'est-à-dire la « Grande Syrte » (pour le différencier du Syrtis Minor ou « Petite Syrte », désignant le golfe de Gabès).
Le nom de Syrtis est un emprunt au grec ancienSurtis (génitif Surtidos) mentionné par Hérodote et désignant un « amas de sable et de rochers » constitués le long des côtes par les courants et autres mouvements d'eau. Ce mot est à rapprocher du terme Sūrō signifiant « traîner », « charrier », « balayer », Surma pour « balayure », Surmos pour « rafale », Surtos pour « entrainé », « charrié »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Arrivée à Syrte

Dans l'Antiquité romaine, Syrte fait partie du territoire du peuple des Seli, sous le nom de Macomades Maiores. Elle apparaît sur la table de Peutinger comme Macomades Selorum.

Syrte demeure pendant des siècles un point d'arrivée des caravanes venues d'Afrique centrale, et un marché important où l'on vend surtout des dattes et de l'orge, ainsi que des chameaux et des ovins.

En 1912, la ville est occupée par les Italiens qui en chassent les Ottomans à l'issue de la guerre qui les opposent. La tribu des Senoussi se rebelle en 1915 et en déloge les Italiens qui n'y retournent qu'en 1924. Comme le reste du pays, la région acquiert son indépendance en 1951.

Sous l'ère Kadhafi[modifier | modifier le code]

Mouammar Kadhafi, est né à Qasr Bou Hadi, à quelques kilomètres au sud de Syrte. Lorsqu'il accède au pouvoir en 1969, ce n'est plus qu'une petite ville endormie en bord de mer[3]. Kadhafi va y entreprendre des grands travaux, pour en faire une vitrine de sa révolution[3]. Des immeubles de style soviétiques sont érigés et de grandes avenues tirées aux cordeaux tracées[3]. En son centre à côté d'une caserne, un grand centre de conférence est construit : le complexe de Ougadougou, pour accueillir les sommets de l'Union africaine[3] et servir la politique africaine du régime[3]. Réparti sur 5 hectares, il comprend de nombreuses salles de conférence ornées de marbre[3]. De grands hôtels sont construits sur le bord de mer[3]. Une rivière artificielle est creusée pour irriguer la ville et ses environs[3]. Un quartier dit "quartier Dollar" abrite de luxueuses villas pour l'oligarchie du régime[3], bordée par l"avenue Dubaï", l'avenue principale nommée ainsi pour ses magasins où l'on trouve des produits importés difficilement trouvables dans le reste du pays[3].

En 1999, la déclaration de Syrte donne naissance à l'Union africaine.

Révolution de 2011 et conséquences[modifier | modifier le code]

En 2011, durant la guerre civile, Syrte est maintenue sous le contrôle des forces de Kadhafi et constitue un objectif stratégique pour les insurgés dans leur offensive destinée à la conquérir. Le 20 octobre, après près de deux mois de siège et de combats, Khalifa Haftar, un haut responsable militaire du CNT, annonce la mort de l'ex-dirigeant libyen et la libération de la ville de Syrte[4] qui, après plus d'un mois de siège et de combats, est totalement dévastée[5]. Le dictateur a été exécuté après avoir été arrêté en tentant de fuir la ville dans un cortège de voitures.

En raison de sa fidélité au régime Kadhafi durant la première guerre civile libyenne, le centre ville subit des destructions même après la mort de Kadhafi[3]. Elle est ensuite mise à l'écart et perd de son influence.

Emprise de Daesh[modifier | modifier le code]

Article détaillé : État islamique en Libye.

Des djihadistes profitent de cette situation pour s'implanter dans la cité. Le groupe Ansar al-Charia y implante une cellule et, après la proclamation d'un califat par l'organisation État islamique (EI) en juin 2014, un petit nombre de combattants étrangers liés à cette organisation gagne Syrte.

L'EI prend Syrte aux forces du Bouclier de la Libye, une milice islamiste, en février 2015[6]. L'organisation officialise sa présence en organisant un défilé de véhicules à ses couleurs et en déclarant que la cité fait désormais partie du califat. Le groupe local d'Ansar al-Charia se divise sur la position à adopter face à l'EI et la majorité de ses membres prête allégeance au « calife »[7],[8]. L'EI parvient à faire de nombreux émules dans la population locale discriminée en raison de sa fidélité au régime Kadhafi. Ceci permet à l'organisation de renforcer son contrôle sur Syrte. Certains habitants voient là l'occasion de prendre une revanche sur Misrata la grande cité voisine située à 250 km à l'ouest dont les milices ont constitué l'un des fers de lance de la rébellion anti-Kadhafi[9].

L'expansion de l'État islamique se poursuit ensuite en tache d'huile autour de Syrte. En février 2015, une colonne de 40 véhicules du groupe rentre dans la bourgade voisine de Nofaliya qui tombe aux mains de l'EI[10]. Nofaliya est brièvement reprise par les forces du Congrès général national le 19 mars 2015[11] mais l'EI parvient à en reprendre le contrôle[12],[13]. En juin 2015, les forces de l'EI prennent le contrôle d'Harawa, à 46 km à l'est de Syrte[14].

En août 2015, un soulèvement contre l'EI éclate à Syrte. Plusieurs groupes de résidents se coordonnent pour attaquer les troupes de l'organisation. Cependant, l'EI parvient à mater rapidement la révolte en faisant appel à des renforts stationnés à Nofaliya, à 150 kilomètres à l'est de Syrte. La répression fait de plusieurs dizaines à plusieurs centaines de morts selon les sources[15].

Sites et monuments[modifier | modifier le code]

  • Un fort ottoman de 1842.
  • La grande mosquée bâtie au XIXe siècle.

Enseignement[modifier | modifier le code]

  • Université Al-Tahadi

Jumelages[modifier | modifier le code]

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Mort de Kadhafi : son convoi stoppé par des avions français
  2. Dictionnaire des noms de lieux – Louis Deroy et Marianne Mulon (Le Robert, 1994) (ISBN 285036195X)
  3. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Frédéric Bobin et Cécile Hennion, « Libye : à Syrte, d’une tyrannie à l’autre », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  4. Le CNT annonce que la ville de Syrte a été "libérée", LeMonde.fr, .
  5. « Libye: ultime bataille à Syrte dévastée par les combats »,‎ .
  6. Nation unies, Document S/2015/891, Lettre adressée au Président du Conseil de sécurité par le Président du Comité du Conseil faisant suite aux résolutions 1267 (1999) et 1989 (2011) concernant Al-Qaida et les personnes et entités qui lui sont associées, 19 novembre 2015
  7. « ISIS Finds New Frontier in Chaotic Libya », The New York Times,‎ (lire en ligne)
  8. « Islamic State: Inside the latest city to fall under its sway », The Daily Telegraph,‎ (lire en ligne)
  9. Mathieu Galtier, La Libye, l’Etat d’urgence à venir, Libération, 1er décembre 2015.
  10. « IS said to have taken another Libyan town », Times of Malta,‎ (lire en ligne)
  11. El-Gundy, Zeinab, « Islamic State publishes report on Coptic Egyptian workers kidnapped in Libya », Al-Ahram'',‎ (consulté le 16 février 2015)
  12. « KUNA : Libyan army advances towards Tripoli - official - Security - 20/03/2015 » (consulté le 19 mai 2015)
  13. « Islamic State claims suicide bombing in Libya's Benghazi », Reuters,‎ (lire en ligne)
  14. « ISIS captures 88 Eritrean Christians in Libya, US official confirms », Fox News (consulté le 10 juin 2015)
  15. « The Islamic State's Uneven Trajectory in Libya », Jamestown Foundation,‎ (consulté le 1er octobre 2015)