César (sculpteur)

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César
Pouce-derdaumen.JPG

Le Pouce à Coblence

Naissance
Décès
(à 77 ans)
Paris (France)
Nom de naissance
César Baldaccini
Nationalité
Activité
Formation
Mouvement
Distinction
Œuvres réputées

César Baldaccini, dit César, est un sculpteur français, né le à Marseille (Bouches-du-Rhône) et mort le à Paris.

Il fait partie des membres des Nouveaux réalistes, mouvement né en 1960. Il est également le créateur du trophée en bronze de la cérémonie des césar du cinéma français.

Biographie[modifier | modifier le code]

Ses parents, Omer et Leila Baldaccini, italiens d’origine toscane, tenaient un bar à Marseille, où César est né, avec sa sœur jumelle Amandine en 1921 dans le quartier populaire de la Belle-de-Mai, au no 71 de la rue Loubon, dans le centre[1]. « Je suis fondamentalement un autodidacte absolu », dira-t-il[réf. nécessaire]. Néanmoins, après avoir d'abord travaillé chez son père, il va suivre de 1935 à 1939 les cours de l'École supérieure des beaux-arts de Marseille. Non mobilisable pendant la guerre, il vit d'arnaques avant de s'installer à Paris pour être admis, en 1943, à l'École nationale supérieure des beaux-arts avec Michel Guino, Albert Féraud, Daniel David et Philippe Hiquily, comme lui dans l’atelier de Marcel Gimond. En 1945, il retourne à Marseille pour épouser Maria Astruc, avec qui il monte un commerce (ils divorceront en 1959). Il revient en 1946 à Paris où il occupe un atelier dans un ancien bordel de la rue de l'Échaudé, dont les chambres, à la suite de la loi Marthe Richard, avaient été attribuées à des étudiants[2]. Il y rencontrera Émilenne Deschamps, qui deviendra par la suite une de ses égérie.

Dès 1947, il travaille le plâtre et le fer. En 1952, à Trans-en-Provence, il fait ses premiers essais de soudure et ses premières sculptures en ferraille, en utilisant des matériaux de récupération peu coûteux : ses moyens sont alors toujours modestes. Ainsi, par manque d'argent et pour s'offrir du marbre, César va récupérer dans les décharges de ferraille les matériaux de ses premières sculptures : des tubes, des boulons, des vis, qui deviennent des insectes, ou se retrouvent dans les courbes puissantes de la Vénus de Villetaneuse.

En 1954, il expose à la galerie Lucien Durand à Paris et obtient le prix « collabo » pour une sculpture intitulée Le Poisson réalisée à Villetaneuse, ville où il travaillera une douzaine d'années, grâce à l'aide d'un industriel local, Léon Jacques[3]. Il acquiert la célébrité lorsque son œuvre est achetée 100 000 francs par le musée d'art moderne de la ville de Paris[4].

En 1956, il participe à la Biennale de Venise ; ensuite à la Biennale de São Paulo et à la Documenta II en 1959. En 1961, il se rapproche de Marino di Teana et rejoint le groupe des Nouveaux réalistes, mouvement fondé par le critique d'art Pierre Restany[5], comprenant notamment Mimmo Rotella, Niki de Saint Phalle et Gérard Deschamps. En 1968, il créera à la Manufacture nationale de Sèvres un Cendrier en porcelaine édité en 50 exemplaires. Réalisé en porcelaine à couverte nacrée semi-mat, il représente un moule en plâtre utilisé pour la production des pièces, et a été produit à partir d'un modèle original en aluminium.

Lorsqu'il peut s'offrir en 1957 un atelier, rue Campagne-Première à Paris, il épouse Rosine Groult-Baldaccini avec qui il a une fille, Anna, un an plus tard[6].

Les Compressions[modifier | modifier le code]

À partir de 1960, César centre son travail sur la technique de la « compression dirigée », qui devient sa marque de fabrique : à l'aide d'une presse hydraulique, il compresse des objets divers. Il crée un scandale en présentant trois voitures compressées au Salon de Mai mais il doit attendre que la galerie Mathias Fels présente ces œuvres transgressives en 1969 pour qu'elles soient reconnues par le monde de l'art[7]. La vicomtesse de Noailles, mécène qui lui offre sa première voiture (une Zil soviétique toute neuve, la seule à Paris), a la surprise de voir César la lui renvoyer compressée, ayant perdu 90 % de son volume[8]. D'autres automobiles vont aussi subir le même sort. Cet acte d'appropriation se veut un défi à la société de consommation et le rapproche des Nouveaux réalistes, dont il fait partie aux côtés de son ami Arman, auquel son nom est souvent associé.

À la Fondation Cartier en 1986, il présente ainsi une compression monumentale de Peugeot 205 Turbo 16 accidentées dans des rallyes automobiles (Les Championnes). Ce sont les voitures de Jean Todt compressés comme des galettes de maïs. À la Biennale de Venise, il présente une montagne de compressions, œuvre monumentale de 520 tonnes. En 1998, sa Suite milanaise est une série réalisée avec des voitures Fiat neuves qui, une fois compressées, sont passées dans les chambres à peinture de l'usine Fiat de Turin, aux couleurs de la gamme de l'année. Il compresse toutes sortes de matériaux : tissus, papiers, et même bijoux en or que les femmes du monde lui apportent et qu'il rend compressés en cube à porter autour du cou.

Les Expansions[modifier | modifier le code]

En inversant l'esprit des compressions, César présente au Salon de Mai en 1967 La grande expansion orange, réalisée en polyuréthane. Ses Expansions exploitent les possibilités de ce matériau en coulées lisses et dures ; l'intervention du créateur se fait soit sur la rigidité, l'épaisseur, la coloration, soit sur les coulées (superposition ou juxtaposition) soit sur la masse figée (travail de finition sous forme de nappage, de ponçage, de laquage). Il commence à travailler le cristal en fusion. Dans les années 1970, il accède à une reconnaissance internationale. Désormais universellement connu, il devient un des artistes français de tout premier plan et bénéficie de très nombreuses expositions.

En 1971, lors d'une première au Lido, il trouve plus médiatique que lui : Salvador Dalí, le maître de l'extravagance. Il débat la même année dans Italiques avec François Truffaut, Lucien Bodard et Asher Ben-Natan[9]. Son œuvre Conserve expansion - Martial Raysse, 1970-1972, est conservée au Museo Cantonale d'Arte de Lugano[10].

Les Empreintes humaines[modifier | modifier le code]

Deux facteurs vont l'amener à se pencher sur cette problématique : tout d'abord l'invitation à participer à une exposition de groupe consacrée à La Main, de Rodin à Picasso et sa découverte de l'agrandissement pantographique.

En 1965, il présente son célèbre Pouce agrandi (1,85 mètre de haut). C'est l'empreinte de son propre pouce[11]. À l'occasion des Jeux olympiques de Séoul (1988), il crée un Pouce en bronze de 6 mètres de haut. Cette œuvre a été la plus médiatisée et reproduite.

En 1967, il réalise six exemplaires du Sein, moulage en polyester de 82 × 193 × 266 cm, un des exemplaires est conservé au Musée d'art de Toulon, un autre à la Fondation Gianadda.

Il crée Le Poing, sculpture monumentale de 7 tonnes en fonte d'acier inoxydable polie, installée sur la place d'armes au lycée militaire de Saint-Cyr à l'été 1970[12].

Les Fers et les animaux imaginaires[modifier | modifier le code]

César commence dès 1949 à s'approprier la technique de la soudure à l'arc et créera plus de 300 constructions jusqu'en 1966.

En 1983, il entreprend la réalisation de son Centaure en « hommage à Pablo Picasso », sculpture de 4,70 mètres de haut, achevée en 1985. La sculpture est installée au carrefour de la Croix-Rouge à Paris.

Toujours en 1983, César réalise son Hommage à Eiffel et Le Flying French man, pour la ville de Hong Kong.

Il est également le créateur du trophée César du cinéma qu'il créa en 1976, récompense attribuée par les professionnels du cinéma français, pour laquelle il réalise une compression en bronze.

Homme à la fois simple et complexe, au franc-parler méridional, il cultive son image d'éternel artisan, de soudeur, et surtout de grand créateur. Les dernières années de sa vie ont été très fastes, César multiplie les expositions : grande rétrospective au Jeu de Paume à Paris en 1997, rétrospectives à Malmö, Milan, São Paulo, Mexico. César termine sa carrière par une série de portraits et d'autoportraits, face à face marquant avec la mort.

Il partage les dix dernières années de sa vie avec Stéphanie Busuttil, qui gère aujourd'hui son œuvre et est détentrice de son droit moral.

Les œuvres de César sont conservées par des musées du monde entier (Musée national d'art moderne de Paris, Tate Gallery à Londres, Museum of Modern Art de New York…). L'exécuteur testamentaire de la succession est Alain-Dominique Perrin.

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. César Baldaccini, César : l'œuvre de bronze, Images en Manœuvres Editions, , p. 114
  2. César Baldaccini, César par César, Denoël, , p. 70.
  3. Villetaneuse-souvenirs, [catalogue de l'exposition César-Villetaneuse 1999-2000], édition Commune de Villetaneuse, 1999.
  4. César Baldaccini, César : œuvres de 1947 à 1993, Musées de Marseille, , p. 193.
  5. Henry Périer, Pierre Restany, l'Alchimiste de l'art, [biographie], Éd. Cercle d'Art, 1998.
  6. César Baldaccini, César par César, Denoël, , p. 102.
  7. Catherine Francblin, Les nouveaux réalistes, Éditions du Regard, , p. 188.
  8. César Baldaccini, César par César, Denoël, , p. 136.
  9. Italiques, deuxième chaîne de l'ORTF, 22 novembre 1971
  10. (en) César Baldaccini: Conserve expansion - Martial Raysse.
  11. Il invoque à ce propos, son « narcissisme » et la commodité offerte par la disponibilité immédiate du modèle
  12. Ce poing supporte le mât des couleurs du lycée (25 mètres de haut et 3 mètres dans le sol). Sa mise en place a nécessité deux mois de travail (du 27 mai au 21 juillet) et des moyens de levage importants, dont une grue de 50 tonnes.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrages[modifier | modifier le code]

Catalogues[modifier | modifier le code]

  • César, œuvres de 1947 à 1993, Musées de Marseille, 1993.
  • César, Paris, Galerie nationale du Jeu de Paume, 1997.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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