Jean Tinguely

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Jean Tinguely

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Jean Tinguely, en 1963, par Erling Mandelmann.

Naissance 22 mai 1925
Fribourg
Décès 30 août 1991 (à 66 ans)
Berne
Activités Plasticien
Formation Section des arts appliqués de l'École des arts et métiers de Bâle
Maîtres Julia Eble-Ris
Mouvement artistique Nouveaux Réalistes

Œuvres réputées

Méta Matics, Moulin à prières II

Jean Tinguely, né le 22 mai 1925 à Fribourg et mort le 30 août 1991 à Berne, est un sculpteur, peintre et dessinateur suisse.

Parmi ses inventions les plus originales, on compte les Méta Matics ou sculptures animées dont il a commencé la réalisation en 1954 sous le nom de Méta-mecaniques qui étaient alors des tableaux animés électriquement. Les Méta Matics sont des machines à dessiner.

Avec sa deuxième épouse, Niki de Saint Phalle, il a créé de gigantesques sculptures, dans des parc de sculptures, notamment le Jardin des tarots en Toscane.

Article détaillé : Méta Matics.

Les débuts en Suisse[modifier | modifier le code]

Jean Tinguely en 1963 (photo Erling Mandelmann).
Jean Tinguely, portrait de Lothar Wolleh.

Jean naît à Fribourg, son père, Charles Tinguely, est ouvrier[1]. Sa mère, Jeanne-Louise Ruffieux (1899-1980), est née dans une famille d'agriculteurs aux nombreux enfants. En 1928, la famille s'installa à Bâle. Jean parle en français à la maison, en allemand à l'école[1]

Sa biographie témoigne très tôt de tiraillements et de tensions entre lui et ses parents. En réaction contre l'ambiance familiale autoritaire, Jean délaisse l'école et devient un lecteur assidu de Lord Byron, Alexnandre le grand, Napoléon et trouve refuge dans les fois où il réalise ses premières méta-mécaniques :

« Alors, j'ai commencé à faire une chose très bizarre : plusieurs samedis et dimanches de suite, j'ai commencé à construire de jolies petites roues en bois, bricolées comme ça, le long d'un ruisseau […]. Aucune idée d'art […]. Dans la forêt, j'utilisais un ruisseau : il faut dire que c'était une forêt de sapins qui formaient une sorte de cathédrale, avec les qualités sonores d'une cathédrale […], les sons s'amplifiaient formidablement bien. J'ai fait jusqu'à deux douzaines de petites roues dont chacune avait sa propre vitesse, et parfois cette vitesse était variable selon la vitesse de l'eau, variable elle aussi. Chaque roue avait une came […]. Une came, c'est une chose qui assure une irrégularité à la roue - tu vois ! Ça frappait, ça actionnait sur un petit marteau qui tapait sur différentes boîtes de conserve rouillées ou pas, des sonorités différentes. Ces sons, ces tonalités, à des rythmes différents, étaient répartis tous les cinq à six mètres, et ces concerts s'allongeaient parfois jusqu'à cent mètres dans la forêt. J'imaginais alors le promeneur solitaire lui aussi dans la forêt, qui entend d'abord ce concert avant d'entendre les bruits de la forêt. Parfois, ça fonctionnait jusqu'à quinze jours, c'était évidemment fragile mais il y en avait quelques-uns qui fonctionnaient pendant des mois[2].,[1]. »

En 1939 il tente de se rendre en Albanie par le train pour soutenir le peuple albanais dans sa résistance contre l'agression de l'Italie fasciste. Il a alors quatorze ans. Arrêté par la police à la frontière suisse, il est renvoyé dans ses foyers[1].

Le 2 mai 1941 il commence un apprentissage de décorateur au grand magasin Globus, sous la tutelle de E. Theo Wagner. Le 25 août 1943, Jean est licencié du Globus avec effet immédiat pour indiscipline et manque de ponctualité. À partir de septembre, engagé comme apprenti chez Joos Hutter, décorateur. Il ne fréquente pas régulièrement les cours de la Kunstgewerbeschule (école des arts appliqués), mais il suit particulièrement les cours de Julia Ris qui attire son attention sur le mouvement comme moyen d'expression artistique[1].

Après la guerre, Jean habite au Burghof, immeuble voué à la démolition, près du Musée des Beaux Arts, au no 2 de St. Alban Vorstadt. Bâle devient le lieu de rencontres des réfugiés politiques : syndicalistes, anarchistes, ex-communistes se retrouvent chez le libraire Heinrich Koechlin. Tinguely participe aux discussions, et fait ainsi son éducation politique. Il réalise la mise en page de livres pour Koechlin, il s'intéresse en particulier à Yves Tanguy, Salvador Dalí, Joan Miró, Paul Klee et à tous les travaux du Bauhaus. À cette même époque, il se lie d'amitié avec Daniel Spoerri ancien danseur du ballet de Berner Staatsoper, avec lequel il partage le même goût pour les moyens d'expression anti conventionnels. En 1951, il épouse Eva Aeppli, étudiante à l'école des arts appliqués de Bâle dont il a une fille, Myriam, née deux ans plus tard 1953[3]

En France[modifier | modifier le code]

Le Cyclop, Milly-la-Forêt, 1969-1994, vu du train de marchandises.

Jean part pour Paris en 1952 avec Eva Aeppli[4]. Il rejoint son ami Daniel Spoerri avec lequel il conçoit un décor pour un spectacle de danse : Prisme, un ballet de Nico Kaufmann. Le ballet est présenté à un concours de danse organisé par Serge Lifar. Mais au moment où le premier danseur doit faire son entrée, le décor s'effondre et se disloque [5]. « À la répétition générale, lorsque nous avons tiré sur les ficelles, alors que la musique avait déjà commencé, toute notre installation est tombée sur la tête des danseurs, c'était la catastrophe. Le ballet s'est poursuivi sans décor, avec la musique seulement. »

Eva et Jean s'installent en 1953 à Montigny-sur-Loing (Seine-et-Marne) puis ils emménagent la même année dans un hôtel 12 rue Pierre-Leroux, dans le 7e arrondissement de Paris. Tinguely expose ses œuvres dans la salle désaffectée du café de l'hôtel. Eva, qui fabrique des marionnettes, donne naissance à leur fille Myriam. Cette année-là, Jean réalise des constructions spatiales en utilisant uniquement du fil de fer soudé avec de petites feuilles de tôles qui prennent la forme de reliefs muraux. Il a alors l'idée de mettre en mouvement ces formes pour les dégager de leur inertie. Lorsqu'il crée la première de ces roues, l'artiste va découvrir la mécanique du hasard[6].

À partir de 1954, Jean réalise de petites sculptures en fil de fer intitulées Moulins à prières : Moulin à prière II, 1954, 75 × 53,5 × 35,5 cm, Museum of fine arts (MFAH), Houston, Texas[7]

Le 27 mai 1954 a lieu le vernissage de sa première exposition à la galerie parisienne Arnaud[8], située au 34 rue du Four. C'est une des deux galeries d'avant-garde de Paris avec la galerie Denise René qui va ouvrir en 1955[9]. L'exposition comprend les tableaux mobiles aux formes géométriques blanches : les Méta Mécaniques, et des constructions en fil de fer et plaques de tôle (Moulins à prière) qui reçoivent un accueil très favorable de la part des critiques[6]. À La fin de cette même année, Jean présente à Milan ses Automates, sculptures et reliefs mécaniques au Studio d'Architetturab24. Il ne les récupère que dix ans plus tard, en parfait état [6].

Installé au début de l'année 1955[note 1] dans un atelier de l'Impasse Ronsin, Jean a pour voisins le sculpteur Constantin Brâncuși et d'autres artistes, et il fait la connaissance d'Yves Klein[10].

En avril 1955, Jean Tinguely expose à la galerie Denise René. L'exposition s'appelle Le Mouvement, elle réunit les sculptures mobiles de Marcel Duchamp et Alexander Calder, les peintures de Victor Vasarely, et les œuvres de Pol Bury, Yaacov Agam, Jesús-Rafael Soto et Jean Tinguely. L'exposition est très bien accueillie. C'est la première fois depuis la guerre qu'une nouvelle forme d'esxpression artistique voit le jour[10]. Jean Tinguely y expose deux machines sonores qui seront développées en 1958 dans l'exposition Mes étoiles, Concert pour sept peintures. Ces deux machines sont des reliefs Méta Mécaniques, annonciatrices de Méta Matics et qu'il va développer pour le Salon des réalités nouvelles, où les sonorités sont produites par des casseroles, des bouteilles, des boîtes de conserve, des entonnoirs, des verres, frappés régulièrement par de petites marteaux. L'accueil du public va de l'enthousiasme à l'indignation : à Stockholm où les œuvres sont exposées ensuite, une visiteuses menace d'appeler la police[10].

En septembre 1955 il trouve à Stockholm un atelier dans les locaux de la revue Blandaren où il développe des travaux qu'il expose le mois suivant à la galerie Samlaren. Ce sont des reliefs et sculptures qu'il va développer dès son retour à Paris et qui portent le nom de Méta-Kandinsky, ou bien Méta-Herbin (Auguste Herbin) ou encore Méta-Malevitch. La plupart des œuvres de Stockholm et celles de Paris de cette période appartiennent à des collections privées[11]. Un Méta-Kandinsky III était exposé au Palais Grassi en 1987 : 39 × 132 × 35 cm, collection privée, Suisse[12]. Ces travaux, ainsi que les grandes sculptures de la série Balouba l'occupent pendant les deux années suivantes qui sont marquées en octobre 1957 par un grave accident automobile de l'artiste, fou de vitesse de de voitures. Mais aussi par les liens qu'il va tisser avec Yves Klein et avec le sculpteur-guitariste vénézuélien Soto[13].

Du 9 au 15 juillet 1958 il expose Mes étoiles, Concert pour sept peintures à la Galerie Iris Clert.


Le 17 novembre, il présente dans la même galerie, conjointement avec Yves Klein, l'installation Vitesse pure et stabilité monochrome. Le 14 mars 1959, il lance d'un avion au-dessus de Düsseldorf, son manifeste « Für Statik » (Pour la Statique)[14]. Il réalise cette même année deux grands reliefs destinés au foyer de l'opéra de Gelsenkirchen, tandis que ses Méta Matics sont exposés à la galerie Iris Clert de Paris. Le 12 novembre il organise la soirée « Cyclo matic » à l'ICA (Institute of Contemporary Arts) à Londres. Il s'agit d'un happening avec coureurs cyclistes et machines à dessiner[réf. nécessaire].

En 1970, avec Niki de Saint Phalle, Daniel Spoerri, Bernhard Luginbühl, Larry Rivers, et d'autres artistes, il commence Cyclop à Milly-la-Forêt, sculpture promenade géante, réalisée en équipe. Les travaux sont exécutés avec l'aide des assistants de Tinguely, Sepp Imhof et Rico Weber. Le 13 juillet 1971 il épouse Niki de Saint Phalle dont il a fait la connaissance en 1956, avec laquelle il a noué des liens étroits tant artistiques que sentimentaux.

En 1981, lors de l'exposition collective patronnée par la Régie Renault, dans l'espace « Art Incitation à la création », Tinguely montre pour la première fois des sculptures de crânes[réf. nécessaire].

L'artiste international[modifier | modifier le code]

Eos xk III, 1965, Israel-Museum, Jerusalem.

Le 17 mars 1960 il organise un autre évènement, « Hommage à New York », manifestation faisant intervenir une machine autodestructrice dans le jardin du Museum of Modern Art, à New York. Sa première exposition à la Kunsthalle de Berne a lieu cette année-là. Le directeur du musée expose Franz Meyer ainsi que Kricke, Luginbühl . Le 27 octobre, à Paris, des artistes fondent le groupe des Nouveaux Réalistes. Parmi eux se trouvent Arman, François Dufrêne, Raymond Hains, Yves Klein, Pierre Restany, Jacques Villeglé, Gérard Deschamps, ainsi que Martial Raysse, Daniel Spoerri et Niki de Saint Phalle avec laquelle Jean vit dans l'impasse Ronsin.

Tinguely participe ensuite aux expositions « Bewogen Beweging » (« Le Mouvement dans l'art ») au Stedelijk Museum d'Amsterdam, et « Rörelse i konsten » au Moderna museet de Stockholm, dont le directeur est Pontus Hultén. Le 22 septembre une de ses œuvres Étude pour une fin du monde no 1 est présentée au Musée d'art moderne Louisiana, Danemark[15].

En 1962 après sa première exposition particulière à Bâle, à la Galerie Handschin, il présente le 21 mars Study for end of the World No.2, près de Las Vegas, dans le désert du Nevada, États-Unis. En 1963-1964 il réalise pour l’exposition nationale suisse en 1964 à Lausanne la grande sculpture Euréka. En 1966 il onçoit le rideau de scène et les décors de l'« Éloge de la folie », ballet de Roland Petit, à Paris et il présente au Moderna museet Stockholm, la Nana géante, visitable, habitable Hon, construite avec Niki de Saint Phalle et Per Olof Ultvedt et qui sera détruite par la suite. Après sa première exposition particulière à Zurich, à la Gimpel & Hanover Galerie, il présente, en 1967 deux œuvres à l'Exposition universelle de Montréal : une pour le pavillon suisse : Requiem pour une feuille morte et l'autre Le Paradis fantastique pour le pavillon français réalisées avec Niki de Saint Phalle.

En 1968, avec Bernhard Luginbühl, Tinguily conçoit le projet d'un « Gigantoleum », station culturelle multifonctionnelle et à Noël de cette même année, il acquiert l'ancienne auberge « L'Aigle noir » à Neyruz, dans le canton de Fribourg[réf. nécessaire].

Le 28 novembre il crée La Vittoria, sur le parvis de la cathédrale de Milan, festival organisé pour le dixième anniversaire des nouveaux réalistes[réf. nécessaire].

Entre 1973-1974 on verra naître la Grande Spirale ou Double Hélice, dans la cour de l'institut d'immunologie de Bâle de la société F Hoffmann-La Roche SA. Plusieurs rétrospectives de ses œuvres ont lieu à Paris (CNAC), Bâle (Kunsthalle), Hanovre (Kestner Gesellschaft), Humlebaek (Louisiana Museum), Stockholm (Moderna Museet) et Amsterdam (Stedelijk Museum). Tinguely inaugure le Chaos No. 1, au Civic Center de Columbus/Indiana, États-Unis[16]. Il reçoit le 4 janvier1976 le prix Wilhelm Lehmbruck de la ville de Duisbourg[réf. nécessaire].

En juin 1977 a lieu l'inauguration du Fasnachtsbrunnen (Fontaine du Carnaval), à Bâle. Construction du Crocrodrome de Zig & Puce au Centre national d'art et de culture Georges-Pompidou à Paris, une installation de Jean Tinguely, Bernhard Luginbühl et Niki de Saint Phalle. Daniel Spoerri y installe son «Musée sentimental»[17]. En 1979, Jean crée Klamauk,une sculpture sonore montée sur un tracteur et destinée à l'exposition « Tinguely Luginbühl » au Städel de Francfort[réf. nécessaire].

De 1983 à 1991, date de sa mort, Jean Tinguely a produit de nombreuses œuvres, notamment: La Fontaine Jo Siffert offerte à la ville de Fribourg en 1983[réf. nécessaire], Fatamorgana dans des locaux désaffectés de l'usine sidérurgique Von Roll SA à Olten en 1985[réf. nécessaire], Mengele Totentanz (Danse macabre Mengele), œuvre créée à partir de poutres calcinées, de machines agricoles, d'ustensiles de ménage et de crânes d'animaux carbonisés, à la suite de l'incendie d'une ferme à Neyruz en 1986[réf. nécessaire], Grande Méta Maxi Maxi- Utopia, dans un atelier de Von Roll SA Klus en 1987[réf. nécessaire]. Cette même année, il fait don du Cyclop à l'état français, et l'année suivante il inaugure à Château-Chinon la fontaine construite avec Niki de Saint Phalle à la suite d'une commande passée par le président François Mitterrand[réf. nécessaire].

L'artiste fait l'objet de plusieurs rétrospectives : à MunichZurich (Kunsthaus), àLondres (Tate Gallery), Bruxelles (Palais des Beaux Arts) et Genève (Musée d'art et d'histoire). Il reçoit plusieurs prix dont le Prix de l'université de Bologne, et le [ Prix de l'État de Berne, ainsi que des titres honorifiques : docteur honoris causa par la Royal Academy of Arts, à Londres en 1989, et son exposition de Moscou, dans une version augmentée, est présentée au Musée d'art et d'histoire de Fribourg[réf. nécessaire].

Jean Tinguely meurt le 30 août 1991 à l'hôpital de l'île à Berne, il repose à Neyruz, dans le canton de Fribourg.

Le 30 septembre 1996, le Musée Tinguely de Bâle, créé à l'initiative de Niki de Saint Phalle qui y a fait un don de cinquante cinq sculptures de Jean ainsi qu'une Nana[18]. Le bâtiment est conçu par l'architecte tessinois Mario Botta, l'inauguration est dirigée par Pontus Hultén[19]

Le Torpedo Institut[modifier | modifier le code]

De 1988 à sa mort, Jean Tinguely crée le Torpedo Institut dans une ancienne fabrique de verre qu'il a achetée à La Verrerie, entre Fribourg et Lausanne[20][réf. insuffisante]. Le Torpedo Institut - Tinguely le déclare Antimusée - est la plus grande œuvre jamais conçue par l'artiste. L'espace dans lequel elle se développe (plus de 3 000 m2 de surface au sol) est entièrement obscurci à l'aide d'imposantes plaques qui obturent toutes les ouvertures sur la campagne fribourgeoise[réf. nécessaire]. Grinçantes, à peine visibles un mauvais éclairage, cent vingt machines de Tinguely sont orchestrées dans l'espace. Elles représentent l'ensemble du parcours de l'artiste. Parmi elles, les Méta Malevitch ou Méta Kandinsky des débuts, le Klamauk de 1979, la grande Méta Maxi Maxi Maxi Utopia[21],[22] présentée en 1987 à Venise. La Dernière Collaboration avec Yves Klein (1988), Le Retable de l'Abondance occidentale et du Mercantilisme totalitaire (1990), des pièces à quatre mains réalisées avec Milena Palakarkina. Tinguely présente aussi ses amis artistes dans le Torpedo Institut[réf. nécessaire]. Il y a là quarante figures d'Eva Aeppli, un Oiseau Amoureux de 8 mètres de haut de Niki de Saint Phalle, un gigantesque Atlas de Bernhard Luginbühl, toutes pièces commandées pour le lieu par le sculpteur. Il y a des œuvres de Keith Haring, Robert Rauschenberg, Ben Vauthier, Daniel Spoerri, Alfred Hofkunst, d'amis fribourgeois aussi. Les toiles sont montrées sur de grandes grilles coulissantes, comme dans les réserves des musées. Il y a encore des objets chers à l'artiste : des Ferraris, un avion de la deuxième Guerre mondiale suspendu à l'envers[réf. nécessaire].

L'idée de Tinguely est d'ouvrir le Torpedo Institut à un nombre limité de visiteurs, loin des fréquentations record des grandes expositions consuméristes de la fin des années 1980. Les visiteurs doivent réserver longtemps à l'avance. Ils sont convoqués à un jour et une heure précis. Une secrétaire indifférente - dont la principale occupation consiste à se vernir les ongles - leur fait nonchalamment signe d'entrer. On leur fournit un casque audio dont le commentaire est incompréhensible. Chacun devra donc se débrouiller seul avec les œuvres, dans le dédale, l'obscurité et les pièges que lui réserve l'artiste. Une guillotine plane au-dessus des têtes à l'entrée de la première salle dans laquelle pénètre le visiteur. Les figures d'Eva Aeppli lui font face[réf. nécessaire].

À la mort de l'artiste, survenue brusquement, le Torpedo Institut est pratiquement achevé. Il est après la disparition de Tinguely le sujet de nombreuses discussions et de multiples polémiques. Dans des circonstances douloureuses, il est finalement démantelé (contre la volonté de l'artiste qui avait déclaré par testament son désir de voir l'œuvre lui survivre)[réf. nécessaire].

En 1992, Milena Palakarkina donne naissance à son fils Jean-Sébastien.


Ses œuvres[modifier | modifier le code]

Tinguely possédait le don d'attirer l’attention des passants et d’établir ainsi une communication avec ses mécanismes détournés de leur sens et de leur finalité quotidienne[réf. nécessaire]. Avec Euréka une énorme machine conçue pour l’exposition nationale suisse de 1964, cette particularité apparut déjà comme une caractéristique essentielle de son art[réf. nécessaire]. Imprégné des œuvres de Marcel Duchamp : (Ready-made ou objets usuels ironiquement promus œuvres d’art), il s’inscrit dans l’esprit dadaïste qui se manifeste par la bouffonnerie provocatrice et la dérision souvent au cours de manifestations publiques. En 1959, la Biennale de Paris est inaugurée par André Malraux, au Musée d'art moderne de la ville de Paris, avec une machine produisant des peintures en série[réf. nécessaire].

Il remet en question l’académisme de l’art créant des machines construites en partie avec des objets de récupération, sciemment imparfaites, s'opposant au culte de l'objet neuf et pratiquant le recyclage déjà utilisé avant lui par l'art brut. Tinguely utilise des matériaux de récupération auxquels il redonne vie en les animant avec des moteurs. Son œuvre compte parmi les manifestations les plus vivantes de la sculpture du XXe siècle.

Outre ses œuvres personnelles, il crée avec sa femme, Niki de Saint Phalle, des constructions monumentales : Hon/Elle, la Nana géante, la Fontaine Stravinski qui leur est commandée par l'État français, et le Cyclop, Le Rêve de l'oiseau, Le Dragon de Knokke, Le Golem, Le Jardin des tarots.


Musées[modifier | modifier le code]

Artistes proches[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pontus Hultén, Jean Tinguely, une magie plus forte que la mort, Paris, Éditions Le Chemin vert,‎ 1987, 379 p. (OCLC 185890755) catalogue de l'exposition de 1987 au Palazzo Grassi de Venise organisée avec le soutien de la Fiat, alors propriétaire du bâtiment, et du Comité des amis du Palazzo Grassi dont la présidente était Susanna Agnelli
  • Collectif Grand Palais, Niki de Saint Phalle, Paris, RMN,‎ 2014, 367 p. (ISBN 978-2-7118-6151-4).
    catalogue établi à l'occasion de l'exposition au Grand Palais Paris, et de l'exposition au musée Guggenheim (Bilbao) avec la participation de la Niki Charitable Art Foundation de Santee (Californie).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Lire le dossier sur centrepompidou.fr.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Niki de Saint Phalle et Jean Tinguely. Les Bonnie and Clyde de l'art, film documentaire de Louise Faure et Anne Julien, ARTE, 2010, 55'

Théâtre[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]