Tablighi Jamaat

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Mosquée de Kakrail, Dhâkâ. Base opératoire du mouvement au Bangladesh.

Le Tablīghī djamā'at (en ourdou, تبلیغی جماعت) ou la Djamā'at al-tablīgh (en arabe : جماعة التبليغ), c'est-à-dire en français, l'Association pour la prédication[1], est une société de prédication musulmane revivaliste. De nature apolitique, elle est fondée à la fin des années 1920 dans la province indienne de Mewat (en) avec l'objectif de réislamiser les musulmans indiens[2]. L'activité missionnaire de ce mouvement s'est par la suite, en quelques décennies, développée à l'échelle du monde entier, via des branches décentralisées[2], avec l'objectif de à faire revivre leur foi aux musulmans du monde entier, dans le cadre d'une interprétation littéraliste de celle-ci [3].

En arabe, tabligh signifie « transmettre [le message] » et le Tablighi Jamaat présente sa mission comme visant à faire revivre cette obligation de prédication au sein de l'islam. Le Tablighi Jamaat, connu en interne sous le nom de dīnī da'wat ou « mission religieuse », appuie son existence sur la sourate 3 verset 104 du Coran : « Afin que vous deveniez un peuple appelant les autres au bien, ordonnant les bonnes actions et défendant les mauvaises. Les hommes qui agiront ainsi seront bienheureux[4]. »

Historique[modifier | modifier le code]

Il est fondé par Muhammad Ilyas al-Kandhlawi (en) (1885-1944), créateur du slogan Aye Musalmano! Musalman bano (« Musulmans ! Soyez des musulmans. »). Ses missionnaires l'ont ensuite implanté, d'abord dans les pays musulmans au cours des années 1940, puis dans les pays occidentaux au cours des années 1950 et 1960. Aujourd'hui ce mouvement est présent de partout dans le monde. La prédication du mouvement vise essentiellement les populations musulmanes de ces pays, et cherche à faire revivre leur foi, dans le cadre d'une interprétation littéraliste[réf. nécessaire] de celle-ci. Leurs activités se limitent par conséquent en général à la communauté musulmane.

La présence de ce mouvement en France se situe en 1966. Le mouvement y a adopté la forme d'une association dénommée « Foi et Pratique »[5].

Pratique[modifier | modifier le code]

Les Tablighis ont une interprétation littéraliste des principaux préceptes de l'islam. Ils s'efforcent ainsi de suivre à la lettre les codes et préceptes du droit islamique. Leur pratique est basée sur six qualités (Sita Sifâtes), parmi les nombreuses qualités que possédaient les compagnons de Mahomet :

  1. La certitude sur Dieu (al yaqine) et le chemin du prophète de l'islam Mahomet (sunna)
  2. La prière avec concentration et dévotion (salat dat al khouchou'oua al khoudou') ;
  3. La science et le rappel perpétuel de Dieu (al Ilm wa al Zikhr) ;
  4. La Générosité envers les musulmans (Ikram al Muslimine) ;
  5. La correction de l'intention et la sincérité (Tashih al niya oua ikhlasouha) ;
  6. Le prêche vers Allah avec la sortie sur le sentier d'Allah (Da'wa ila Allah bil Khourouj fi sabililah) [6].

Cette activité missionnaire n'est pas politique, et ne vise que la transmission d'une pratique musulmane fondamentaliste. En cela, les Tablighis se démarquent d'autres mouvements musulmans revivalistes, notamment les ikwanes, dont la prédication a un contenu politique explicite beaucoup plus marqué.

Le mouvement fonctionne sur le système de la concertation (Al Machoura), à différents échelons. Par ailleurs, des savants, et qui constituent la "machoura", s'efforcent de veiller à l'orthodoxie des pratiques des membres, à qui l'on conseille de sacrifier de leur personne, de leur temps et de leur argent, dans le sentier d'Allah, comme l'ont fait les compagnons (As-Sahabas).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. L'article de l'Encyclopédie de l'islam s'intitule Tablīghī djamā'at et précise que l'équivalent en arabe est Djamā'at al-tablīgh. On trouve dans la presse et dans les revues scientifiques francophones des articles qui emploient l'une ou l'autre appellation et l'accordent selon l'un ou l'autre genre.
  2. a et b Isabelle Surun (dir), Les sociétés coloniales à l'âge des Empires (1850-1960), Atlande, 2012, p. 331.
  3. Bernard Godard et Sylvie Taussig, Les Musulmans en France. Courants, institutions, communautés : un état des lieux, Hachette, 2007
  4. [réf. incomplète] Moussa Khedimellah, « Jeunes prédicateurs du mouvement Tabligh : la dignité identitaire retrouvée par le puritanisme religieux ? »
  5. Association enregistrée en avril 1972 à la préfecture de Seine-Saint-Denis, cf. Gilles Kepel, Les banlieues de l'islam : naissance d'une religion en France, Seuil, Paris, 1987.
  6. Moussa Khedimellah, op. cit.. La liste donnée par l'article de l'Encyclopédie de l'Islam n'est pas exactement la même.

Annexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • Cheikh Al-Othaymine,« Conseils précieux à nos frères tabligh » [lire en ligne]
  • Moustapha A. Diop, « Structuration d'un réseau : la Jamaat Tabligh (Société pour la Propagation de la Foi) », dans Revue européenne des migrations internationales, vol. 10 (1994), n° 1, p. 145-155. [présentation en ligne]
  • M. Gaborieau, « Tablīghī djamāʿat », dans Encyclopédie de l’islam, vol. X, 1998.
  • Moussa Khedimellah, « Jeunes prédicateurs du mouvement Tabligh : la dignité identitaire retro