Influence de la psychanalyse

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Cet article traite de l'influence de la psychanalyse.

Historique[modifier | modifier le code]

Si la psychanalyse est une thérapie proposée aux hystériques à la fin du XIXe siècle, son influence s'étend très vite : d'abord aux autres névroses, puis après 1900, les travaux de Freud à partir de L'interprétation des rêves présentent une nouvelle conception de la personnalité et de l'hominisation.[évasif]

Dès 1910 des psychanalystes s'intéressent aux enfants; la pédagogie, la pédiatrie seront influencées.

Les différentes écoles psychanalytiques traitent de la religion, des œuvres d'art; toute la culture se voit donc concernée.

La psychanalyse est actuellement « marginale » sauf en France et en Argentine[1].

Psychanalyse et psychologie[modifier | modifier le code]

Le concept d'inconscient n'a pas la même définition dans toutes les branches de la psychologie.

La psychologie cognitive lui préfère la notion d'explicite (volontaire, connu du sujet) et d'implicite (involontaire). L'implicite est apparenté à un processus psychique de bas niveau, ne mettant pas en cause le sens. Les modèles de la neuropsychologie s'appuient sur cette notion d'implicite et de niveaux de traitement de l'information.

Psychanalyse et psychopathologie[modifier | modifier le code]

La psychanalyse élabore sa propre psychopathologie, étude des maladies mentales, dont la distinction majeure demeure sans doute l'opposition entre névrose et psychose.

Le psychanalyste, au contraire du psychiatre, voit dans le diagnostic un moyen servant à orienter la progression de la cure, sans jamais le prendre pour une réalité du sujet : l'un des postulats de la psychanalyse étant qu'un individu n'est jamais réductible à une étiquette. Le traitement du symptôme, sans être au cœur de la cure, doit d'abord affronter la résistance (le symptôme a une utilité inconsciente : c'est le bénéfice primaire de la maladie). Supprimer le symptôme nécessite certaines précautions (le psychanalyste, avant de travailler à l'effacement ou au déplacement du symptôme, s'interroge en premier lieu sur sa fonction [travailler à l'aveugle sur une symptomatologie, même dans les cas les plus "simples" en apparence peut s'avérer absolument destructeur pour le patient]). La particularité de la psychopathologie psychanalytique réside dans l'écoute du patient, ce qui s'avère dès les premières hypothèses à propos de l'hystérie.

Une autre manière de dire l'influence de la psychanalyse sur la psychopathologie est l'aspect dynamique du conflit - toute la psychopathologie psychanalytique envisage en effet les phénomènes psychiques non pas comme seulement observables, irréductibles, mais comme représentant des manifestations de motions pulsionnelles : la psychopathologie met toujours un évidence un conflit, soit interne (paradigme des affections névrotiques), intersubjectif (entre soi et l'autre), soit avec la réalité (paradigme psychotique).

Psychanalyse et psychothérapie[modifier | modifier le code]

La psychanalyse évolue en reprenant des éléments d'autres psychothérapies, comme l'hypnose. La psychiatrie dynamique désigne toutes les psychothérapies se basant sur une relation dynamique entre thérapeute et patient, que la psychanalyse amène à réenvisager sous l'angle transférentiel.

Les psychanalystes eux-mêmes pratiquent différentes méthodes basées sur différentes psychanalyses, tant au sein d'institutions qu'en libéral.

  • L'hypnose fut utilisée par Freud puis abandonnée. Certains psychanalystes la pratiquent encore, mêlant travail d'interprétation et suggestion.

Psychanalyse et pédagogie[modifier | modifier le code]

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Sigmund Freud considérait l'enseignement de la psychanalyse comme indispensable pour les éducateurs. La psychanalyse considère l'éducation comme une répression pulsionnelle. L'enfant doit acquérir le principe de réalité et devenir capable d'ajourner la satisfaction de désirs, voire de renoncer à certains modes de satisfaction. L'enfant le fait par amour, avant tout pour ses parents, et la pédagogie doit respecter ce principe.

Psychanalyse et médecine[modifier | modifier le code]

La conception psychanalytique de l'hystérie fait dire à Freud que la psychanalyse naît d'un échec de la médecine devant des troubles fonctionnels, non lésionnels et non dégénératifs.

Alors que la vision de Groddeck, à savoir que toute maladie est due à un trouble psychique, ne fait pas l'unanimité parmi les psychanalystes, plus tard, la notion de psychosomatique prendra de l'importance avec par exemple Pierre Marty, Michel Fain, Michel de M'Uzan.

Michael Balint mettra en place des Groupes Balint en Angleterre, groupe d'échanges et réflexion entre psychanalystes et médecins sur leurs pratiques respectives à partir d'études de cas.

Jacques Lacan considère la psychanalyse comme essentielle pour les médecins, qui pour lui sont cibles d'un transfert qui ne se dit pas.

Psychanalyse et art[modifier | modifier le code]

Psychanalyse et surréalisme[modifier | modifier le code]

Le milieu artistique fut l'un des premiers à être réceptif aux théories de la psychanalyse. La contrainte d'associations libres de la cure psychanalytique se voit ainsi reflétée dans la pratique de l'écriture automatique chère à L. Breton. Cela inspirera le mouvement littéraire de créations romanesques et d'ateliers d'écriture à base de contraintes connu sous le nom d'"Oulipo". Mais c'est surtout en matière picturale (S. Dali, R. Magritte, M. Ernst, etc.) que s'observeront davantage les rapports entre le courant surréaliste et la psychanalyse, tous deux dédiés à l'expression la plus libre possible de l'inconscient. Le surréalisme s'inscrit d'abord dans une création esthétique, même iconoclaste, tandis que la psychanalyse est surtout vouée à la connaissance du fonctionnement psychique individuel, avec d'éventuels effets thérapeutiques. Les rencontres de S. Freud avec A. Breton et avec S. Dali témoigneront de malentendus réciproques relatifs à ces objectifs différents.

Voir Oulipo

Psychanalyse et interprétation artistique[modifier | modifier le code]

Freud a écrit Un souvenir d'enfance de Léonard de Vinci en 1910, puis Le Moïse de Michel-Ange[2] en 1914. Il note dans sa correspondance qu'il considère son premier essai à moitié comme une fiction romanesque[3]. De même Lacan rappelait que Freud a toujours marqué avec un infini respect qu'il entendait ne pas trancher de ce qui, de la création artistique, faisait la véritable valeur[4].

Freud considère le refoulement ou la sublimation, satisfaction pulsionnelle détournée, comme des concepts fondamentaux de la psychanalyse. La sublimation serait dans ce cas l'effort de l'artiste pour engendrer une satisfaction ne passant pas par l'acte, sinon celui de créer. Cette approche tenterait donc de réduire la qualité d'une œuvre d'art à son contenu latent, sa signification inconsciente. Mais la notion de sublimation et plus généralement la théorie freudienne en art reste très discutée par les spécialistes (cf. Melanie Klein, Deleuze et Guattari, René Girard, Jean-François Lyotard) ainsi qu'en esthétique, en histoire de l'art[5] et dans les cultural studies, et encore actuellement par les Lacaniens[6]. Sándor Ferenczi est l'un des premiers psychanalystes à s'intéresser à la critique d'art.

Psychanalyse et anthropologie[modifier | modifier le code]

Psychanalyse et philosophie[modifier | modifier le code]

La psychanalyse s'inspire entre autres sur des concepts philosophiques. Freud, bien que méfiant vis-à-vis des "systèmes" philosophiques, s'inspira par exemple de Friedrich Nietzsche, de Schopenhauer, de Franz Brentano[7]. Hegel et Soren Kierkegaard inspirèrent Jacques Lacan.[réf. nécessaire]

La psychanalyse inspire certains philosophes comme:

  • Jean-Paul Sartre (Réflexion sur la question juive) qui propose une psychanalyse existentielle rompant ainsi avec l'anhistoricité du freudisme.
  • Gilles Deleuze rompt lui aussi avec l'anhistoricité du freudisme et lie les névroses au système capitaliste introduisant du social dans la psychanalyse.

Psychanalyse et religion[modifier | modifier le code]

Dès ses origines, la psychanalyse a marqué un vif intérêt pour la religion. L'approche critique de Freud (La religion comme illusion ; Dieu n'est pas autre chose qu'un père imaginairement agrandi) reste très influente. Cela dit, Freud affirme la neutralité de principe de la psychanalyse à l'égard de la foi. Son athéisme n'était pas fondé sur la psychanalyse, mais il estimait que la psychanalyse ajoutait de nouveaux arguments à ceux déjà avancés par des philosophes comme Nietzsche ou Feuerbach.

La pensée de Jacques Lacan est moins critique à l'égard de la religion, et a inspiré de nombreux auteurs chrétiens (Louis Beirnaert, Françoise Dolto, Denis Vasse, Antoine Vergote, Thierry De Saussure[8] etc.)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Psychanalyse et art :

  • B. Alecksic, "Freud et les surréalistes, ces fous intégraux", in "Topique", Paris, L'Esprit du Temps/PUF, 2011, n°115, pp. 93-111.
  • Jeanine Chasseguet-Smirgel, Pour une psychanalyse de l'art et de la créativité, Paris, Payot, coll. PBP, 1971.
  • René Held, L'œil du psychanalyste, Paris, Payot, 1973.
  • Sarah Kofman, L'enfance de l'art, Paris, Payot, 1970.
  • Jean-Tristan Richard, Les structures inconscientes du signe pictural : psychanalyse et surréalisme, Paris, L'Harmattan, 1999.


Psychanalyse et religion :

  • Dominique Bourdin et Jean-Louis Souletie, Dieu le Père..., Les Éditions de l’Atelier/Éditions Ouvrières, 1999.
  • Jean-Baptiste Lecuit, L’anthropologie théologique à la lumière de la psychanalyse. La contribution majeure d’Antoine Vergote, Paris, Le Cerf, 2007.
  • Sophie de Mijolla-Mellor, Le besoin de croire. Métapsychologie du fait religieux, Paris, Dunod, 2004.
  • Présentation de la pensée de Freud sur Psychanalyse et religion
  • Site sur Psychanalyse et théologie

Notes[modifier | modifier le code]

  1. « La France est - avec l'Argentine- le pays le plus freudien du monde. Cette situation nous aveugle : à l'étranger, la psychanalyse est devenue marginale. » « Le livre noir de la psychanalyse » sous la direction de C Meyer, les arènes, 2005.
  2. Voir Le Moïse de Michel-Ange (Der Moses des Michelangelo).
  3. lettre du 7 nov. 1914 à Hermann Struck, noté par Jean-Luc Chalumeau, Lecture de l'art, Paris, 2002, p.87 (1re éd. 1981).
  4. Id. et Jacques Lacan, Le séminaire. Livre XI, Paris, 1973, p. 81.
  5. Par exemple on peut consulter le chapitre d'Anne D'Alleva, Histoire de l'art et psychanalyse, dans son manuel Méthodes & théories de l'histoire de l'art [trad. de Methods & theories of art history] (Paris, 2006, p. 88-108 (ISBN 2-35278-006-3)).
  6. Nouvelle interprétation de l'art
  7. Paul-Laurent Assoun: Freud, la philosophie et les philosophes, Quadrige 2005.
  8. Thierry de Saussure : L'inconscient, nos croyances et la foi chrétienne : Etudes psychanalytiques et bibliques, Ed.: Cerf, 2009, Coll.: Sciences humaines et religions, ISBN 2-204-09016-6