Nitocris

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Nitocris (ou Nitokris, nom grec) est une reine de la VIe dynastie. Elle serait, selon la tradition, la première femme « pharaon » (roi de Haute et Basse-Égypte) dans l'Histoire de l'Égypte antique[1]. Certains égyptologues, dont Joyce Anne Tyldesley, pensent qu'elle est la fille de Mérenrê Ier et de la reine Neith. Elle aurait succédé à son époux assassiné, Merenrê-Nemtyemsaf (Mérenrê II), et aurait régné durant douze ans selon Manéthon ou deux ans selon le papyrus de Turin (4.8). Pour les spécialistes qui reconnaissent cette reine la durée de règne va de un à cinq ans : -2152 à -2150[2].

Généalogie[modifier | modifier le code]

Nitocris
Naissance Date inconnue Décès Date inconnue
Père Mérenrê Ier ? Grands-parents paternels
Grand-père paternel inconnu
Grand-mère paternelle inconnue
Mère Neith ? Grands-parents maternels
Grand-père maternel inconnu
Grand-mère maternelle inconnue
Fratrie Fratrie inconnue
1re épouse inconnue Enfant(s) Néferka l'Enfant pas reconnu par tous les spécialistes
2e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
3e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
4e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
5e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
6e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
7e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
8e épouse inconnue Enfant(s) pas d'enfant connu
Mari Mérenrê II qui est sûrement son frère Enfant(s) pas d'enfant connu
2e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
3e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu
4e mari inconnu Enfant(s) pas d'enfant connu

Titulature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Titulature des pharaons.

Règne[modifier | modifier le code]

Nitocris
Période Ancien Empire
Dynastie VIe dynastie
Fonction Pharaonne
Prédécesseur Mérenrê II
Prise du pouvoir Son mari Mérenrê II meurt assassiné
Dates de règne
Durée du règne deux à douze ans
Successeur Netjerkarê
Passation du pouvoir Suicide de la reine selon Manéthon
Sépulture Non trouvé
Date de découverte Inconnue
Découvreur Inconnu
Fouillée par ?

De nombreuses légendes courent sur cette femme mystérieuse, notamment parce que son règne marque la fin (arbitraire) de l'Ancien Empire. En fait, il est peu probable que Nitocris soit directement impliquée dans la chute de l'Ancien Empire et il faut plutôt chercher les raisons de cette déchéance dans le long règne de Pépi II qui a épuisé le pays et causé de graves dégâts.

Parmi les légendes, on peut citer :

  • le fait qu'elle aurait entraîné dans sa mort les meurtriers de son époux, noyant ces derniers après un magnifique banquet auquel ils étaient invités, elle se serait ensuite suicidée.
  • le fait qu'elle aurait été la créatrice de la plus petite pyramide, attribuée à Mykérinos. Toutefois, il n'est pas impossible qu'elle ait demandé à ce qu'elle fût restaurée.

Manéthon parle d'elle en termes particulièrement élogieux :

« Il y eut une femme Nitocris qui régna ; elle était plus courageuse que tous les hommes de son temps, et c'était la plus belle de toutes les femmes ; elle avait le physique d'une blonde aux joues roses[3],[4]. »

D'après la liste royale d'Abydos, c'est Netjerkarê Siptah qui aurait succédé à Mérenrê II. Quelques égyptologues, comme Kim Steven Bardrum Ryholt confirment ce fait s'appuyant sur une dernière restauration du papyrus de Turin. Ils avancent la théorie que le fragment de papyrus portant le nom : Neit-Iqereti (ou Nitiqreti nt-iqrty), donné aujourd'hui pour la reine Nitocris, aurait été en fait mal replacé lors de la reconstitution du papyrus de Turin et serait une mauvaise retranscription du nom Netjerikarê Siptah. Il pourrait donc être identifié à ce roi (théorie que l'on retrouve peu à ce jour). Selon eux la reine Nitocris n'aurait jamais existé[5].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Il y en a probablement eu d'autres auparavant, par exemple peut-être, dès la Ire dynastie, Mérit-Neith.
  2. D'après J. P. Allen
    Autres avis de spécialistes : -2205 à -2200 (D. B. Redford), -2193 à -2191 (J. von Beckerath), -2184 à -2181 (I. Shaw), -2180 (D. Franke, R. Krauss, T. Schneider), -2152 à -2149 (O. Vendel), -2141 à -2140 (J. Málek)
  3. Allusion au port d'une perruque de cheveux blonds comme le faisaient certaines femmes de sang royal.
  4. cité par Christiane Desroches Noblecourt dans La femme au temps des pharaons, éd. Stock 1986.
  5. (en) Kim Ryholt, « The Late Old Kingdom in the Turin King-list and the Identity of Nitocris », dans Zeitschrift für ägyptische Sprache und Altertumskunde 127, 2000. p. 91-93.

Article connexe[modifier | modifier le code]