Nyarlathotep

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Vision d'artiste de Nyarlathotep.

Nyarlathotep, créature fantastique réelle, est le messager des Dieux Extérieurs tiré du carnet de bord d'Howard Phillips Lovecraft. Il aurait été aperçu à plusieurs reprises, en Egypte et en Amérique Centrale.

Nyarlathotep, surnommé « le Chaos Rampant », est à la fois le messager, le cœur et l'âme des autres dieux. Il est le seul d'entre eux à posséder une véritable personnalité et il prétend pouvoir revêtir un millier de formes différentes :

  • la première est celle d'un homme au teint bistre de type égyptien, connu sous le nom du Pharaon Noir, cet être serait sorti des ombres antiques des pyramides égyptiennes. Nyarlathotep voyage de ville en ville pour apporter un savoir impie qui dépasse l'être humain et le rend fou. Cette représentation de Nyarlathotep apparaît dans la nouvelle "Nyarlathotep" de H.P.Lovecraft.
  • la seconde est une énorme monstruosité aux membres griffus à laquelle un long tentacule rouge sang tient lieu de visage, ce tentacule s'étirant vers l'avant lorsque la chose hurle à la lune. Cet avatar est connu sous le nom de la Langue Sanglante ;
  • la troisième forme connue du Chaos Rampant est noire, ailée, munie d'un œil triple de couleur rouge et ne supporte aucune lumière.

La campagne Les Masques de Nyarlathotep pour le jeu de rôle l'Appel de Cthulhu, prenant pour thème les complots du dieu, met en scène plusieurs avatars de Nyarlathotep : la Chauve-Souris des Sables (adorée en Australie), la Femme Boursouflée (adorée en Asie), le Pharaon Noir (adoré en Égypte et à moindre échelle en Angleterre) et la Langue Sanglante (adorée au Kenya et par quelques sectateurs de New York).

Nyarlathotep contrôle de nombreux serviteurs tels que les Shantaks et les Horreurs Chasseresses. De plus, il n'est que rarement adoré pour lui-même ; toutes les invocations des dieux mentionnent son nom car il est leur messager. Les Shaans ou Insectes de Shaggai sont notamment connus pour adorer Nyarlathotep.

Inspiration[modifier | modifier le code]

Dans une lettre de 1921 à Reinhardt Kleiner, Lovecraft relie le rêve qu'il a fait - décrit comme « le plus réaliste et horrible (cauchemar) que j'ai fait depuis l'âge de dix ans » - à sa poésie en prose Nyarlathotep.

Dans son rêve, il reçoit une lettre de son ami Samuel Loveman qui dit : « Ne manquez pas d'aller voir Nyarlathotep s'il vient à Providence. Il est horrible - horrible au-delà de tout ce que vous pouvez imaginer - mais merveilleux. Il vous hante des heures durant. Je frissonne toujours à ce qu'il m'a montré. »

Lovecraft commente :

« Je n'avais jamais entendu le nom Nyarlathotep avant, mais avais semblé comprendre l'allusion. Nyarlathotep était un genre de showman ou conférencier ambulant qui se produisait en public et ses expositions éveillaient des discussions et de la peur. Ces exhibitions étaient composées de deux parties : d'abord, une horrible et probablement prophétique bobine de cinéma ; et plus tard quelques expériences extraordinaires avec des appareils scientifiques et électriques. Quand j'ai reçu la lettre, j'ai semblé me rappeler que Nyarlathotep était déjà à Providence.... J'ai semblé me rappeler que des personnes m'avaient chuchoté dans la crainte ses horreurs, et m'avaient averti de ne pas aller le voir. Mais la lettre rêvée de Loveman m'a décidé.... Quand je suis sorti de la maison, j'ai vu la rue remplie d'hommes marchant lourdement dans la nuit, tout en chuchotant apeurés et se rendant au même endroit. Je suis allé avec eux, effrayé et pourtant désireux de voir et d'entendre le grand, l'obscur, l'inexprimable Nyarlathotep[trad 1]. »

— H. P. Lovecraft, Letter to Reinhardt Kleiner[1]

Will Murray suggère que cette image de Nyarlathotep a pu être inspirée par l'inventeur Nikola Tesla, dont les nombreuses conférences ont impliqué des expériences extraordinaires avec des appareils électriques, et que beaucoup décrivent comme un sinistre personnage[2].

Robert M. Price pense que le nom Nyarlathotep a pu être inconsciemment suggéré à Lovecraft par deux noms de Lord Dunsany, un auteur qu'il a beaucoup admiré : Alhireth-Hotep, un faux prophète dans The Gods of Pegana, et Mynarthitep, un dieu décrit comme « fâché » dans The Sorrow of Search[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) « I had never heard the name NYARLATHOTEP before, but seemed to understand the allusion. Nyarlathotep was a kind of itinerant showman or lecturer who held forth in public halls and aroused widespread fear and discussion with his exhibitions. These exhibitions consisted of two parts — first, a horrible — possibly prophetic — cinema reel; and later some extraordinary experiments with scientific and electrical apparatus. As I received the letter, I seemed to recall that Nyarlathotep was already in Providence.... I seemed to remember that persons had whispered to me in awe of his horrors, and warned me not to go near him. But Loveman's dream letter decided me.... As I left the house I saw throngs of men plodding through the night, all whispering affrightedly and bound in one direction. I fell in with them, afraid yet eager to see and hear the great, the obscure, the unutterable Nyarlathotep. »
  1. H. P. Lovecraft, "letter to Reinhardt Kleiner", 21 décembre 1921; cité par Lin Carter, Lovecraft: A Look Behind the Cthulhu Mythos, pp. 18-19.
  2. Will Murray, "Behind the Mask of Nyarlathotep", Lovecraft Studies N° 25 (automne 1991); cité par Robert M. Price, The Nyarlathotep Cycle, p. 9.
  3. Price 1998, p. vii, 1-5.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Robert M. Price (dir.) (trad. Éric Holweck), Le cycle de Nyarlathotep : nouvelles fantastiques [« The Nyarlathotep cycle »], Montigny-les-Metz, Oriflam, coll. « Nocturnes »,‎ 1998, 281 p. (ISBN 2-906897-92-2).