Bernard Pautrat

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Bernard Pautrat est un philosophe et traducteur français né en 1944. Il est ancien élève de l'École normale supérieure de la rue d'Ulm où il est entré en 1962. Il fut reçu premier à l'agrégation de philosophie en 1966. Devenu en 1968 répétiteur, puis maître de conférences de philosophie à l'École normale supérieure, il y a côtoyé Louis Althusser et Jacques Derrida.

Son travail s'inscrit dans l'articulation entre la philosophie selon sa plus grande technicité et la littérature.

Les essais sur Nietzsche[modifier | modifier le code]

Bernard Pautrat s'est fait connaître dans un premier temps par des travaux sur Nietzsche, qui puisent leurs origines dans le séminaire sur la métaphore tenu par Derrida à l'ENS à la fin des années soixante[1] :

  • Versions du soleil. Figures et système de Nietzsche, Le Seuil, Collection l'Ordre Philosophique, 1971
  • Nietzsche médusé, in Nietzsche aujourd'hui, U.G.E., 1973
  • Brief an den Narren, über einen ungeheuren Augenblick, in 90 Jaghre Philosophische Nietzsche-Rezeption, Hain Verlag, R.F.A., 1979 (inédit en français)

Le séminaire sur Spinoza[modifier | modifier le code]

Mais Bernard Pautrat est surtout connu aujourd'hui pour sa traduction de l'Éthique de Spinoza, dont il a également traduit le Traité de la réforme de l'entendement sous le titre plus littéral de Traité de l'amendement de l'intellect. Dans l'avertissement qu'il donne au premier de ces ouvrages, Bernard Pautrat justifie qu'on n'y trouve « ni introduction, ni glossaire, ni notes, ni même dossier » par le fait que c'est un traité mathématique constitué de définitions, d'axiomes, de théorèmes et de démonstrations qui se suffisent en principe à eux-mêmes.

Il dirige un séminaire de lecture de l'Éthique à l'École normale supérieure, qui dure depuis plus de 15 ans et a lieu le mardi durant l'année académique ; il s'étend durant plusieurs années sur chaque partie du livre.

  • Éthique de Baruch Spinoza (bilingue latin-français), Point Essais, 1999 (1988, 1re éd.) (ISBN 202036056X)
  • Traité de l'amendement de l'intellect de Baruch Spinoza (bilingue latin-français), Allia, Petite collection, 1999 (ISBN 2844850103)
  • Tractatus politicus de Baruch Spinoza (Traduit du latin), Allia, 2013

Travail théâtral[modifier | modifier le code]

En liaison avec son travail philosophique[2], Bernard Pautrat a également travaillé pour le théâtre, en qualité de dramaturge, de traducteur et d'adaptateur. Il ainsi collaboré avec :

Faust-Salpètrière ( Paris 1975 ) Winterreise im Olympia-Stadion ( adaptation de Hyperion de Hölderlin, Berlin 1977) Rudi ( d'après Bernhard von Brentano, Berlin 1978 ) Six personnages en quête d'auteur ( Berlin 1979 ) Faust ( Berlin 1980 ) Bérénice ( Paris, Comédie-Française, 1984 ).

Baal, de Brecht ( TNS, Strasbourg 1976 ) Week-end à Yaïk (d'après Pougatchev, de S. Essénine, TNS, Strasbourg 1977 ) Kafka-Théâtre complet ( Strasbourg 1978 ) Penthésilée, de Kleist ( Strasbourg 1979 ) Prométhée porte-feu ( d'après Eschyle, Festival de Nancy 1979) Dell' Inferno ( Paris Saint-Denis 1981 ) Le livre de Job ( Paris 1989 ) Le Baladin du Monde Occidental, de Synge ( Théâtre de l'Odéon 1995 ) La Force de l'Habitude, de Thomas Bernhard ( nouvelle adaptation, Vidy, Bobigny, 1996 ) Le Jugement Dernier, d'Odön von Horvath ( adaptation, Centre National Dramatique de Savoie, 1997 ).

Vie de la révolutionnaire Pélagie Vlassova de Tver (traduction et adaptation de La Mère, de Brecht, Gennevilliers 1991) Cache-cache avec la mort, de M.Volokhov ( Gennevilliers 1993 ) Les Géants de la Montagne, de Pirandello ( Gennevilliers 1994) Cœur ardent, de A. Ostrovski ( Gennevilliers 1995 ). Napoléon ou les Cent-Jours, de Grabbe ( Gennevilliers 1996 ). Le Seigneur Guan va au banquet, de Guan Hanqing (Gennevilliers 2003). Troïlus et Cressida, de Shakespeare (Gennevilliers 2005).

Autres traductions[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cf. La note p. 10 des Versions du soleil.
  2. Outre ses écrits sur Nietzsche, Pautrat a témoigné de son intérêt pour la philosophie du théâtre par sa contribution au travail collectif coordonné par Derrida, Mimesis des articulations (Aubier-Flammarion, 1975), l'essai bref mais dense : « Politique en scène, Brecht ».