Roger Kahane

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Roger Kahane est un réalisateur et scénariste français, né le 20 septembre 1932 à Bois-Colombes (Hauts-de-Seine), et mort à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne) le 30 juin 2013 (à 80 ans)[1]. Il a beaucoup contribué au développement de la télévision française et a également réalisé quelques films pour le cinéma. Il était domicilié à Orveau où il est inhumé.

Biographie[modifier | modifier le code]

Roger Kahane, fils d’un professeur d’université, suit des études scientifiques et découvre le cinéma en fréquentant les cinés-clubs et en lisant la presse cinéphile. Diplômé de l'IDHEC, il commence sa carrière au cinéma, comme assistant réalisateur de Christian-Jaque pour Nana et de René Clair pour Les Grandes Manœuvres. Il entre à la télévision en 1956, et travaille avec René Lucot et Stellio Lorenzi (assistant sur un épisode de La caméra explore le temps en 1957). En 1960, il accède à la réalisation.

Par ses choix de réalisation dans la première décennie de sa carrière (1960-1972), Roger Kahane acquiert une réputation d’austérité, en mettant en scène des textes souvent difficiles. Il est convaincu que la télévision est un moyen de populariser ces œuvres prétendument réservées à une élite. C'est dans ce contexte qu'il réalise en 1965 Jeanne au bûcher, sur la vie de Jeanne d'Arc, grand succès auprès des téléspectateurs. La musique est également une de ses sources d’inspiration privilégiées : il filme plusieurs ballets et opéras. Il retransmet régulièrement Italiques, l'émission littéraire de Marc Gilbert entre 1971 et 1974 et plusieurs pièces de théâtre entre 1974 et 1978.

Après un différend avec les responsables de la télévision, il réalise pour le cinéma deux films commerciaux : Sortie de secours (1970) avec Régine et Madly (1971) avec Mireille Darc et Alain Delon. Cette parenthèse lui permet de réorienter son travail pour la télévision, en particulier avec Beau-François en 1973. Il obtient un succès populaire avec le feuilleton Fachoda, la mission Marchand en 1977. Suivent plusieurs mélodrames historiques, comme la fresque L'Ennemi de la mort ; Le Serment, dans le cadre de la série L'Histoire en marche de Stellio Lorenzi, qui vaut à son réalisateur le Prix du film historique TV en 1985 ; ou encore Irène et Fred reprenant l’histoire d’Irène et Frédéric Joliot-Curie.

À la fin des années 1970, Roger Kahane réalise 4 épisodes pour la série Les Procès témoins de leur temps, écrite par Pierre Dumayet et Pierre Desgraupes, reprenant dans des dramatiques des faits divers tragiques : Varinka, Les fusils sont arrivés, Le Jour où on me trouvera morte et Mort non naturelle d’un enfant naturel.

Il abandonne provisoirement l’Histoire, pour se consacrer à 3 feuilletons sur les réalités de la vie contemporaine, en collaboration avec le scénariste Daniel Goldenberg : Papa Poule, L'Âge vermeil et Les Deux Frères.

En parallèle de son œuvre de fiction, Roger Kahane a réalisé d’importants films documentaires, notamment sur des affaires judiciaires (L'Affaire Portal en 1975, L'Affaire Peiper en 1978).

Roger Kahane et la télévision[modifier | modifier le code]

Bien qu’ayant à son actif quelques films pour le cinéma, Roger Kahane a surtout consacré sa carrière à la réalisation pour la télévision et fut un membre actif de la Société des réalisateurs français (SRF). La télévision est pour lui un art qui permet d'avoir un impact considérable sur le public populaire. Il souhaite donc une responsabilisation de ceux qui y travaillent, qui ont pour but de proposer les programmes de la meilleure qualité possible, par respect des téléspectateurs.

À l’intérieur de ses fictions, la télévision joue souvent un rôle à part entière. Son premier film de cinéma, Sortie de secours est truffé de références au petit écran, par diverses apparitions de téléastes. Son téléfilm Clémentine relève les travers d’une équipe de reportage pour la télévision.

Son dernier film, Je suis vivante et je vous aime, a reçu un très bon accueil du public de plusieurs festivals en 1998.

Filmographie[modifier | modifier le code]

Télévision[modifier | modifier le code]

Fictions et adaptations télévisées[modifier | modifier le code]

Feuilletons et séries télévisées[modifier | modifier le code]

Émissions, jeux, reportages et documentaires télévisés[modifier | modifier le code]

Théâtre et ballets[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

Théâtre[modifier | modifier le code]

Metteur en scène[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

Extrait d’une interview dans l’Information du spectacle (1979) :

“A la télévision, on pense sans cesse au public. On a peur du bouton tourné. Il faut frapper et séduire constamment. Selon que l’on succède à l’assassinat de John Kennedy ou au show de Maurice Chevalier, on est reçu différemment, on est une valeur de contraste.”

Extrait d’un article de réflexion sur la place de la publicité à la télévision, “Le rêve de Big Brother” (1989) :

“La télévision est victime de son succès. Si elle n’avait pas à ce point la faveur du public, si elle n’avait pas pénétré chaque foyer, elle n’aurait pas attiré politiques et publicitaires, et basculé parmi les produits de consommation. Elle aurait peut-être même été prise au sérieux par nos élites culturelles.”
“N’est-il pas temps de promouvoir et créer les dispositifs qui rétablissent, établissent une relation normale entre auteur et public, entre le public et les œuvres. Créer des pôles de décision qui constituent un contre-pouvoir face aux impératifs commerciaux et complémentairement rendre sélectifs tous fonds d’aide ou de soutien, donner droit de cité au public et aux professionnels. Et aussi armer nos contemporains d’un solide esprit critique devant les images qu’on lui propose, créant dès l’âge scolaire les conditions d’un nouveau savoir-voir. Une question de santé publique.”

Sources[modifier | modifier le code]

  • Christian Bosséno, 200 Téléastes français, hors série Cinémaction (1989)
  • Jacqueline Beaulieu, La Télévision des réalisateurs, avec filmographies établies par Jean-Marc Doniak, coll. Audiovisuel et Communication, Éd. La Documentation française (1984)
  • Les Vingt ans de la SRF, éd. Société des réalisateurs français (1989)

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]