Gustav Leonhardt

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Gustav Leonhardt

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Gustav Leonhardt à la Cité de la musique (Paris)
en septembre 2008.
Naissance 30 mai 1928
's-Graveland (Pays-Bas)
Décès 16 janvier 2012 (à 83 ans)
Amsterdam (Pays-Bas)
Lieux de résidence Drapeau des Pays-Bas Pays-Bas
Activité principale Claveciniste, organiste,
chef d'orchestre
Style baroque, classique
Activités annexes musicologue
Années d'activité 1950 - 2011
Collaborations Alfred Deller, Nikolaus Harnoncourt, Philippe Herreweghe, Lars Frydén, Sigiswald Kuijken, Sara Kuijken, Wieland Kuijken, Frans Brüggen, …
Maîtres Eduard Müller
Élèves voir Élèves illustres
Récompenses voir Honneurs

Gustav Leonhardt (né le 30 mai 1928 à 's-Graveland, et mort le 16 janvier 2012 à Amsterdam[1]) est un claveciniste, organiste, chef de chœur et chef d'orchestre néerlandais.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gustav Leonhardt naît le 30 mai 1928 à 's-Graveland et fait des études musicales dans son pays natal puis se perfectionne entre 1947 et 1950 à la Schola Cantorum Basiliensis de Bâle auprès d'Eduard Müller. Il débute professionnellement à Vienne en 1950 où il joue L'Art de la fugue de Bach et enregistre ses premiers disques. Il est nommé en 1952 professeur à l'Académie Nationale de Musique. En 1955, à Amsterdam, il enseigne au Conservatoire national. Il est aussi organiste titulaire à la Nieuwe Kerk de la ville après avoir longtemps été celui de la Waalse Kerk. Il fonde cette même année le Leonhardt-Consort (en), qui fit beaucoup pour le renouveau de la musique baroque. Il collabore également avec de nombreux musiciens comme Alfred Deller, Nikolaus Harnoncourt, enregistrant avec lui l'intégrale des cantates de Bach, Philippe Herreweghe, Lars Frydén, Sigiswald Kuijken, Sara Kuijken, Wieland Kuijken, Frans Brüggen, et autres.

En 1967, il tient le rôle de Jean-Sébastien Bach dans le film de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, Chronique d'Anna Magdalena Bach[2]. En 1970-71, il fonde, sur proposition de la Deutsche Harmonia Mundi, l'Orchestre de la Petite Bande, avec pour chef permanent attitré le violoniste Sigiswald Kuijken. En 1969, il obtient une chaire à l'université Harvard. Il donne environ une centaine de concerts par an la plupart comme soliste (orgue, clavecin, clavicorde et claviorganum), et dirige des orchestres baroques. Depuis 1965 Leonhardt fait partie du jury du concours triennal international pour clavecin de Bruges, qui en 2010 a connu sa seizième édition.

Gustav Leonhardt est considéré comme une autorité intellectuelle et artistique sur la musique ancienne. En tant que musicologue, il a publié une étude sur L'Art de la fugue de Bach (1952/85), et édité les œuvres pour claviers de Sweelinck.

Le 12 décembre 2011[3], Gustav Leonhardt met fin à sa carrière en raison de problèmes de santé, après un concert au Théâtre des Bouffes du Nord à Paris[4]. Il meurt, des suites d'un cancer[3], le 16 janvier 2012 à Amsterdam[1], « la ville où il résidait avec son épouse, la violoniste Marie Leonhardt, dans une maison splendide de 1617, sur le Herengracht, où rien n'avait été modifié depuis 1750 et où trônait, dans une grande pièce donnant sur un jardin, sa collection d'instruments anciens[3] ».

Honneurs[modifier | modifier le code]

Élèves illustres[modifier | modifier le code]

Gustav Leonhardt a formé des générations de clavecinistes et organistes tels que Bob van Asperen, Christopher Hogwood, Ton Koopman, Alan Curtis, Diane Bish, Pierre Hantaï, Eduardo López Banzo, Léon Berben, Geneviève Soly, Colin Tilney, Martha Cook, Denis Bédard, Dom André Laberge O.S.B., Carole Cerasi (master class), Jan Willem Jansen, Skip Sempé, Siebe Henstra, Menno van Delft, Élisabeth Joyé, Bernard Foccroulle, Ketil Haugsand, Michel Kiener, et autres.

Discographie[modifier | modifier le code]

Gustav Leonhardt a beaucoup enregistré, tour à tour en tant qu'organiste, claveciniste et chef d'orchestre. Sa discographie compte plus de 200 références, partagées entre les labels Vanguard, Das alte Werk (Teldec/Warner), Deutsche Harmonia Mundi (DHM), Seon (repris par Sony), puis Philips et aujourd'hui Alpha. Citons aussi un récital Forqueray sur le clavecin Hemsch 1751 du Château de Flawinne, enregistré en juin 2005 pour le label russe Early Music Records (EMR), republié (2015) en France par le magazine Diapason (Les indispensables no 67).

Clavecin solo : Compositeurs[modifier | modifier le code]

Clavecin solo : Récitals[modifier | modifier le code]

Orgue[modifier | modifier le code]

Musique de chambre[modifier | modifier le code]

Orchestre et direction[modifier | modifier le code]

Cinéma[modifier | modifier le code]

  • Chronique d'Anna Magdalena Bach : film de Jean-Marie Straub et Danièle Huillet, N et B, 1967, durée 1H30. Gustav Leonhardt joue le rôle du compositeur et interprète sa musique[2]. Éditions Montparnasse 2009 (Harmonia Mundi distribution)
  • Gustav Leonhardt - pionnier (2010) film. Au programme : Froberger, Kuhnau, Bach : récital Gustav Leonhardt, clavecin (Prod. : NOS, 33 min.) ; Bach : L'Art de la fugue (Emission « Musique en 33 tours » Gustav Leonhardt, clavecin Prod. : Ina, 1970, 10 min.) ; Bach : Variations Goldberg (Pierre Hantaï, clavecin Prod. : Morgane prod., 2000, 15 min.) ; Sweelinck: Variations sur « Engelsche Fortuyn » Buxtehude : Preludium en sol mineur (Cathédrale de Poitiers Emission « Histoire de l'orgue » Gustav Leonhardt, orgue Prod. : Ina, 1991, 15 min.) ; Bach : Cantate BWV 106 « Actus Tragicus » (Leonhardt Consort, Collegium Vocale de Gand, dir. : Gustav Leonhardt. Avec René Jacobs, Marius van Altena.)

Écrits[modifier | modifier le code]

  • L'Art de la fugue, dernière œuvre de Bach pour le clavecin (1952), trad. Jacques Drillon (Van de Velde, 1985)
  • In Praise of Flemish Two-manual Harpsichord (in Keyboard instruments, par Edwin Ripin et all., Edinburgh University Press, 1971)
  • Amsterdams Onvoltooid Verleden [Le passé inachevé d’Amsterdam], Architectura & Natura P., Pays-Bas, novembre 1996
  • « Glanz des alten Klavierklanges » (Texte d’accompagnement de la version vinyle du récital BMG « Gustav Leonhardt an historischen Cembali »)
  • Sur L'Art de la fugue (texte d'accompagnement de l'édition vinyle Deutsche Harmonia Mundi, 1969)
  • « Introduction », in Early Music, vol. 7, No. 4, Keyboard Issue 1 (oct. 1979)
  • « Points d’interrogation dans Froberger », in Hommage à F.L. Tagliavini (Patrone Editore, Bologna, 1995), publié dans Symphonia (Paris), trad. Dennis Collins
  • Het huis Bartolotti en zijn bewoners [La Maison Bartolotti et ses habitants], (Amsterdam, Meulenhoff, 1979)

Instruments joués[modifier | modifier le code]

Il est intéressant de retrouver, d'enregistrement en enregistrement, les mêmes instruments.

Clavecins[modifier | modifier le code]

Gustav Leonhardt possède chez lui une collection d'instruments[1],[7] : 7 clavecins de factures et d'écoles diverses dont un seul ancien, un virginal, un clavicorde, un orgue Ch. Muller 1730 (jusqu'en 1998, un autre orgue de Ch. Muller disparu dans un incendie lors de sa restauration[1]) et divers instruments variés très nombreux : violes, violoncelles, violons (un Jakobus Stainer de 1676 à Marie Leonhardt), diverses flûtes anciennes...[réf. nécessaire]

Allemands
  • August Gräbner, Dresde 1782 (DHM)
  • Reinhard von Nagel, Paris 1984 d'après M. Mietke, Berlin 1717/18(Philips)
  • Christian Zell, Hambourg 1728 (Bach) (Sony/Seon)
  • Anthony Sidey 1995 - école G. Silbermann 1735 (Bach) (Alpha)
  • Bruce Kennedy, Amsterdam, 1986 d'après M. Mietke, Berlin, 1717/18 (Boehm/Sony)
Anglais
  • Malcolm Rose d'après Lodewijk Theewes 1579 (W. Byrd) (Alpha)
    photo : clavecin Tibaut
    Vincent Tibaut, Toulouse 1679.
Français
Italiens
Flamands
  • Andreas Ruckers, Anvers 1637 (actuellement au musée de Copenhague) (ancienne collection G. Leonhardt) (DHM, Sony/Seon, Teldec)
  • Andreas Ruckers, Anvers 1640 (château de Velen [Allemagne] collection Baron von Landsberg-Velen) -(recital virginalistes 1969 et Froberger 1962) (DHM)
  • Joel Katzman, Amsterdam, 1987 (Fantasia, Pavans and Galliards/Philips ; Récital Bach, Couperin Purcell, Scarlatti/Philips) Le livret Philips contient une photographie
  • Geert Karman, Amsterdam, 1994 d'après Johannes Ruckers, 1624 (Weckman/Froberger/ Sony)
  • Martin Skowroneck, Brème 1962 - d'après Jean-Daniel Dulcken (instrument très souvent utilisé durant 15 ans par G. Leonhardt, actuellement chez Glenn Wilson)
  • Rainer Schutze 1961, Heidelberg, d'après J.D. Dulcken (Sony/Seon, DHM, Teldec...)
Autres
  • Clavecin industriel 1932 (pour les premiers disques Vanguard) Il appartenait aux parents de G. Leonhardt.

Clavicorde, virginal, claviorganum[modifier | modifier le code]

  • Virginal Martin Skowroneck, Brème, 1970 (Fantasia, Pavans and Galliards/Philips) - Le livret Philips contient une photographie-
  • Clavicorde Martin Skowroneck 1967, d'après Hass -Hambourg- (Récital Bach, Ritter, WF Bach & CPE Bach/Philips et G Boehm - Sony)
  • Claviorganum Matthias Greewisch 2001, d'après un modèle italien de Friedrich Lieb (Alpha)

Pianoforte[modifier | modifier le code]

  • 3 piano-forte à queue, Walter, Vienne 1781, 1785 et 1787 (Sony/Seon: Mozart) Ancienne collection G. Leonhardt - revendus à un élève.

Orgues[modifier | modifier le code]

photo : orgue de Rysum
L'orgue de Rysum.
Allemagne
Autriche
Belgique
Danemark
France
Italie
Pays-Bas
  • Orgue Hagerbeer/Arp Schnitger de Alkmaar (3e partie de la Clavier-Übung) (DHM)
  • Orgue Hagerbeer de la Nieuwe Kerk à Amsterdam (1635-1640) (G. Leonhardt : titulaire) (DHM Teldec et Sony/Seon)
  • 2 cabinets d'orgues Christian Muller à Amsterdam (c. 1730) (J. Kuhnau) (collection G. Leonhardt). L'un d'eux, détruit dans un incendie chez le facteur d'orgue en 1998)(Teldec)
  • Orgue de l'Oude Kerk à Amsterdam (Teldec, DHM, Sony/Seon)
  • Orgue de la Waalse Kerk à Amsterdam (Teldec, DHM, Sony/seon) G. Leonhardt a été titulaire de l'orgue.
  • Orgue de la Buitenkerk, Kampen (Sony/Seon)
  • Orgue de la Grote Kerk à Edam (Blow/Purcell) 1995 (Philips)
Suisse

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Jacques Drillon, « Avec Gustav Leonhardt, le «grand style» s'est éteint », Le Nouvel Observateur, 17 janvier 2012. (Lire en ligne).
  2. a et b (Leonhardt 1999), entretien avec G. Leonhardt sur J.-S. Bach. Il dit, au sujet de sa rencontre exceptionnelle avec Straub : «… enfin un réalisateur qui avait la même approche de Bach et le même respect que moi. »
  3. a, b et c Renaud Machart, « Gustav Leonhardt rejoint Bach au paradis » (avec une vidéo de son dernier concert), lemonde.fr, 18 janvier 2012. (Lire en ligne).
  4. Jacques Drillon, « Gustav Leonhardt met fin à sa carrière », nouvelobs.com, 13 décembre 2011. (Lire en ligne).
  5. Louis Couperin, « Déclaration de G. Leonhardt lors de la remise du prix Érasme en 1980 », sur www.clavecin-en-france.org. (Lire en ligne).
  6. (nl) « Koningin reikt Eremedaille in de Huisorde van Oranje uit aan Gustav Leonhardt, 22 mei 2009 » (Remise de la médaille d'honneur d'Orange par la Reine à G. Leonhardt, 22 mai 2009). (Lire en ligne).
  7. « Douze, quinze, pas plus. J’ai aussi fait des échanges ; Je gardais les meilleurs. »
  8. « Nous avons monté un petit canular, inventé qu’un facteur d’orgue et de clavecins de Rouen, Lefebvre, avait fait cet instrument [...] Et un jour, j’ai organisé un grand dîner avec d’anciens élèves, des spécialistes, des connaisseurs, et j’ai levé mon verre, et j’ai dit que ce n’était pas un ancien, mais un Skowronek. »
  9. nl:Orgels van de Nieuwe Kerk (Amsterdam)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]