Nicolaus Bruhns

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Nicolaus Bruhns

Description de cette image, également commentée ci-après

Manuscrits des petits préludes en mi bémol.

Naissance
Schwabstedt, Duché de Schleswig/Drapeau du Danemark Danemark
Décès
Husum, Duché de Schleswig/Drapeau du Danemark Danemark
Activité principale Compositeur
Maîtres Dietrich Buxtehude

Nicolaus Bruhns[1] est un compositeur de Duché de Schleswig/Danemark né en décembre 1665 à Schwabstedt et mort le à Husum[2].

Biographie[modifier | modifier le code]

Nicolaus Bruhns naît dans une famille de musiciens (luthistes, organistes, gambistes, violonistes) installée dans la région de Husum, au nord de Hambourg. Il apprend la musique avec son père, Paul Bruhns (1640-1689)[2], organiste à Schwabstedt (en danois: Svavsted) et peut-être élève de Franz Tunder. Puis il étudie le violon et la viole avec son oncle ; l'orgue et la composition avec Dietrich Buxtehude[3]. Il acquiert une grande virtuosité sur tous ces instruments et Buxtehude, espèrant le voir lui succéder, le recommande auprès de la cour royale de Copenhague au Danemark. Il y passe quelque temps, en contact avec de nombreux musiciens étrangers et revient vers 1689 à Husum en tant qu'organiste[3]. Il y meurt très jeune, à 31 ans.

Bruhns laisse une œuvre réduite, les sources étant perdues, mais de qualité exceptionnelle. Sous de nombreux rapports elle annonce celle de Jean-Sébastien Bach. Selon Forkel, le premier biographe de Bach, on sait que ce dernier admirait beaucoup les œuvres de Bruhns.

Ce destin rappelle beaucoup celui, en France, de son contemporain Nicolas de Grigny. Une anecdote rapporte qu'il aurait été capable de jouer du violon tout en chantant et en s'accompagnant au pédalier de l'orgue.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Un certain nombre d'œuvres attestées par les documents d'époque (surtout pour instruments à cordes), sont perdues. Seules subsistent :

Cantates[modifier | modifier le code]

Douze cantates pour voix et instruments.

  • Die Zeit meines Abschieds ist vorhanden (chœur à quatre voix, cordes et basse continue - texte : 2. Timothée, 4, 6–8)
  • Der Herr hat seinem Stuhl im Himmel bereitet (basse, 2 violon, 2 violes de gambes, violon, hautbois et basse continue - texte : Psaume 103, 19–22)
  • Jauchzet dem Herren, alle Welt (ténor, 2 violons et basse continue - texte : Psaume 100)
  • De profundis (basse, 2 violons et basse continue - texte : Psaume 130, 1–8)
  • Mein Herz ist bereit (basse et violon obligé - texte Psaume 57, 8–12)
  • Wohl dem, der den Herren fürchtet (2 sopranos, basse, cordes et basse continue - texte : Psaume 128. 1–6)
  • Paratum cor meum (2 ténor, basse, violon, 2 violes de gambe, basse continue - texte : Psaume 57. 8–12 en latin)
  • Ich liege und schlafe (chœur à quatre voix, quatre solistes, cordes et basse continue - texte : Psaume 4, 9 ; mouvement central : Ich hab Gott Lob das Mein vollbracht, Georg Werner)
  • Muss nicht der Mensch (chœur à quatre voix, quatre solistes, 2 trompettes, cordes et basse continue - texte : Job 7, 1:1)
  • O werter heil’ger Geist (chœur à quatre voix, quatre solistes, 2 trompettes, cordes et basse continue - texte : paraphrase du choral de Luther Komm heiliger Geist)
  • Hemmt eure Tränenflut (chœur à quatre voix - texte : auteur inconnu)
  • Erstanden ist der heilige Christ, cantate de chorals (2 ténors, 2 violons et basse continue)

Œuvres pour orgue[modifier | modifier le code]

Les quatre « préludes et fugues » pour orgue marquent une étape entre Buxtehude et Bach : trois d'entre eux sont, comme chez le premier, une succession d'épisodes de toccatas dans le « stylus phantasticus » si prisé en Allemagne du Nord, et d'épisodes fugués ; le dernier tend vers la structure en deux parties qui caractérisera souvent l'art de Bach.

  • Praeludium und fuge en sol majeur
  • Praeludium und fuge en mi mineur (grand)
  • Praeludium und fuge en mi mineur (petit)
  • Praeludium und fuge en sol mineur (découvert en 1968)
  • La monumentale fantaisie pour orgue sur le choral Nun Komm der Heiden Heiland
  • Fragment d'un Prélude en ré majeur (section Adagio)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Martial Leroux: Nicolaus Bruhns. In : Edmond Lemaître : Guide de la musique sacrée et chorale profane – L’âge baroque (1600–1750). Éditions Fayard, Paris 1992, ISBN 2-213-02606-8
  • Michel Roubinet: Nicolaus Bruhns. In : Gilles Cantagrel : Guide de la musique d’orgue. Éditions Fayard, Paris 1991, ISBN 2-213-02772-2
  • Heinz Kölsch: Nicolaus Bruhns. Schriften des Landesinstituts für Musikforschung. Bärenreiter, Kassel 1958 (Wiederveröffentlichung einer Dissertation von 1938, Kiel).
  • Nicolaus Bruhns : Leben und Werk par Martin Geck. - Köln : Musikverlag H. Gerig, 1968. - 90 p. - Collection TB ; 261
  • Fructus, Michel : L'oeuvre d'orgue de Nicolaus Bruhns (1665-1697), Essai sur la persuasion musicale dans l'Allemagne baroque du XVIIe siècle, DEA de Musicologie, Lyon, 1999, 2 vol.
  • Fructus, Michel : Les cantates de Nicolaus Bruhns (1665-1697), Thèse de Doctorat de Musicologie, Lyon, 2009, 3 vol.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Partitions gratuites[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La graphie est parfois différente : Nikolaus pour le prénom, Bruns pour le nom
  2. a et b Guide de la musique d'orgue : sous la direction de Gilles Cantagrel, Fayard,‎ 2012, 1062 p. (ISBN 978-2-213-67139-0), p. 236
  3. a et b Dictionnaire de la musique : sous la direction de Marc Vignal, Larousse,‎ 2011, 1516 p. (ISBN 978-2-0358-6059-0), p. 182