Agostino Steffani

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Portrait supposé d'Agostino Steffani d'après un original disparu, (1816)

Agostino Steffani (né le à Castelfranco Veneto[1], dans la province de Trévise, en Vénétie – mort le à Francfort-sur-le-Main[1]) est un compositeur, diplomate et évêque auxiliaire italien.

Biographie[modifier | modifier le code]

Munich[modifier | modifier le code]

Steffani a passé son enfance à Padoue, où il était au lycée. Il fut admis comme choriste à la Basilique Saint-Marc à Venise. Il y rencontra un couple princier bavarois (le Comte Tattenbach) qu'il accompagna en 1667 à Munich pour rester finalement 21 ans à leur service. C'est là qu'il a appris à jouer de l'orgue avec Johann Kaspar Kerll. En 1672 Steffani est parti pour Rome approfondir son éducation musicale avec Ercole Bernabei pendant deux ans. Parallèlement il a entrepris des études théologiques. C'est en 1674 qu'il a publié sa première œuvre la Psalmodia vespertina. Il a composé ensuite des œuvres vocales; Steffani fit des voyages d'études en France et en Italie du nord, qui avaient aussi peut-être pour but l'accomplissement de missions diplomatiques. À Paris, il se produisit devant Louis XIV au clavecin.

L'entrée en fonction de Maximilien-Emmanuel de Bavière en 1680 est aussi un tournant dans la vie de Steffani qui, la même année, à l'issue de ses études de théologie, est ordonné prêtre[1]. Steffani est chargé de missions diplomatiques qui souvent sont en lien avec des projets de mariages princiers. En 1681 est donné son premier opéra Marco Aurelio, dans lequel on peut reconnaitre l'influence de Lully. Le seul exemplaire manuscrit connu de la partition est conservé à la bibliothèque royale de Buckingham Palace.

Hanovre et Düsseldorf[modifier | modifier le code]

Manuscrit d'un duo pour instruments à cordes

En mai 1688 Steffani est honorablement congédié par le prince. Après un court séjour en Italie, il devient fin juin kapellmeister pour l'opéra à la cour du duc Ernest-Auguste, prince électeur d'Hanovre. Il compose alors jusqu'en 1696 presque un opéra par an[1].

Cette série a commencé par la composition, à l'occasion de l'inauguration du nouvel opéra d'Hanovre en 1689 de Enrico il Leone qui fut donné dans un grand faste et lui valut un grand succès. Il composa également La Lolta d'Ercole con Achilleo en 1689, La Superbia d'Alessandro en 1690, Orlando generoso en 1691, Le Rivali concordi en 1692, La Liberia contenta en 1693, I Trionfi del Job et I Baccanali en 1695 et Briseide en 1696.

Le livret de Briseide est de Palmieri. La plupart des autres sont de Abbate Mauro. Les partitions sont conservées à Buckingham Palace, où, avec cinq volumes de chant et cinq de duos, ils constituent une partie de la collection apportée en Angleterre par l'Électeur de Hanovre en 1714.

En 1696 il déménage à Bruxelles, où il est en contact avec les opéras de Lully. En 1702 Steffani réduit ses activités diplomatiques et se concentre davantage sur sa création musicale.

La même année il est appelé à Düsseldorf par le prince électeur Jean-Guillaume de Neubourg-Wittelsbach et est nommé président du conseil spirituel puis rapidement reconnu comme conseiller. Une année plus tard, il devient conseiller secret et mène des tractations politiques dans plusieurs villes. Pendant un temps il est Rector magnificus et curateur à l'Université de Heidelberg pour être finalement nommé, en septembre 1706 évêque de Spiga in partibus infidelium.

Les dernières années[modifier | modifier le code]

En 1708, Steffani est envoyé à Rome comme intermédiaire dans le différend entre l'empereur et le pape. L'année suivante il est nommé vicaire apostolique pour la Haute et Basse Saxe. C'est avec le projet de regagner à l'église catholique quelques familles princières allemandes qu'il rentre en Allemagne. Après la mort de quelques-uns de ses nobles bienfaiteurs, Steffani connait des difficultés financières. Il meurt en 1728 d'une attaque d'apoplexie à Francfort-sur le Main, alors qu'il cherchait à vendre quelques-unes de ses compositions ramenées d'Italie.

Création musicale[modifier | modifier le code]

Steffani a intégré des éléments de la musique française et aussi allemande dans la musique italienne. Outre des opéras, Steffani a publié avant tout des duos, qui sont restés très populaires jusqu'au XVIIIe siècle. En témoignent le grand nombre de copies de ses travaux aussi bien que les mentions élogieuses de la part de musiciens et de poètes.

Discographie[modifier | modifier le code]

Cantatas, Duets & Sonatas, Monique Zanetti, Pascal Bertin, Fons Musicae, Yasunori Imamura (dir), éditions Pan Classics (2001)

Orlando Generoso, Bernward Lohr (dir), Musica Alta Ripa, Daniel Lager, Franz Vitzthum, Kai Wessel, Jorg Waschinski, Roberta Invernizzi, Susanne Ryden, édition MDG records, 2009

Duetti da camera, Alan Curtis, (dir), Daniela Mazzucato, Carolyn Watkinson, Paul Esswood, John Elwes, édition Archiv Produktion, 1982, réédition 2012

Mission, Diego Fasolis, I Barocchisti, Cecilia Bartoli, Philippe Jaroussky, éditions Decca, 2012

Stabat Mater, Diego Fasolis, I Barocchisti, Cecilia Bartoli, Daniel Behle, Franco Fagioli, Julian Prégardien, Salvo Vitale, Coro della Radiotelevisione Svizzera, éditions Decca, 2013

Agostino Steffani dans la fiction[modifier | modifier le code]

La romancière américaine Donna Leon, installée à Venise, a utilisé, pour son premier roman sans le commissaire Guido Brunetti, la vie et l'œuvre d'Agostino Steffani comme toile de fond à un roman policier contemporain[2], Les Joyaux du paradis, publié en octobre 2012. Selon le site officiel français de Donna Leon[3], c'est à la demande de son amie Cecilia Bartoli que la romancière a écrit cette intrigue sur fond d'histoire de la musique baroque.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Marc Honegger, Dictionnaire de la musique : Tome 2, Les Hommes et leurs œuvres. L-Z, Bordas,‎ 1979, 1232 p. (ISBN 2-04-010726-6), p. 1063
  2. Fiche « Les Joyaux du paradis », sur le site des éditions Calmann-Lévy, consultée le 6 février 2013.
  3. Page « La collaboration de Donna Leon et Cecilia Bartoli », sur le site donnaleon.fr, consultée le 6 février 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]