Pavane

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Thoinot Arbeau, description de la Pavane d’Espagne

La pavane est une danse de cour lente du XVIe siècle, dansée près du sol par des trios disposés en cortège.

Son nom évoque la ville de Padoue dont elle serait originaire ou, selon d'autres sources, elle dériverait de l’espagnol pava qui signifie « paon ». Si la danse disparaît avec le XVIe siècle, la forme musicale subsiste jusque vers 1660. Associée à la saltarelle et surtout à la gaillarde, elle est décrite par Thoinot Arbeau dans son Orchésographie (1589) comme une danse binaire formée d'une longue et de deux brèves. Il y décrit la pavane Belle qui tiens ma vie et une Pavane d'Espagne qu'on danse « en marchant en avant pour le premier passage », puis en reculant.

La pavane consiste en deux simples et un double en avant (marche), suivis des mêmes en arrière (démarche). On peut également continuer à avancer sur la deuxième partie, parcourant ainsi la salle en cortège de couples.

Les pavanes les plus marquantes du XVIe siècle sont celles de William Byrd. Elles sont suivies par une danse rapide, la gaillarde.

Parmi les pavanes « modernes » les plus célèbres, sont celle de Fauré et la Pavane pour une infante défunte de Maurice Ravel.

Pavane Belle qui tiens ma vie[modifier | modifier le code]

Paroles tirées de l'Orchésographie (1589) de Jehan Tabourot (1520-1595), dit Thoinot Arbeau.

Belle qui tiens ma vie
Captive dans tes yeux,
Qui m’as l’âme ravie
D’un sourire gracieux,
Viens tôt me secourir
Ou me faudra mourir.

Pourquoi fuis-tu mignarde
Si je suis près de toi,
Quand tes yeux je regarde
Je me perds dedans moi
Car tes perfections
Changent mes actions.

Tes beautés et ta grâce
Et tes divins propos
Ont échauffé la glace
Qui me gelait les os,
Et ont rempli mon cœur
D’une amoureuse ardeur.

Mon âme voulait être
Libre de passions,
Mais amour s’est fait maître
De mes affections,
Et a mis sous sa loi
Et mon cœur et ma foi.

Approche donc ma belle
Approche-toi mon bien,
Ne me sois plus rebelle
Puisque mon cœur est tien
Pour mon mal apaiser,
Donne-moi un baiser.

Je meurs mon Angelette
Je meurs en te baisant,
Ta bouche tant doucette
Va mon bien ravissant
À ce coup mes esprits
Sont tous d’amour épris.

Plutôt on verra l’onde
Contre mont reculer
Et plutôt l’œil du monde
Cessera de brûler,
Que l’amour qui m’époint
Décroisse d’un seul point.