Alfred Deller

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Alfred Deller

Naissance
Margate, Angleterre
Drapeau : Royaume-Uni Royaume-Uni
Décès (à 67 ans)
Bologne, Émilie-Romagne
Drapeau de l'Italie Italie
Activité principale Chanteur d’opéra, Chef d'orchestre
Années actives 1943-1979
Labels Vanguard, Harmonia Mundi

Alfred Deller est un chanteur et musicologue britannique, né le à Margate dans le Kent en Angleterre, décédé à Bologne en Italie le . Il a remis à l’honneur la voix de contreténor.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lorsqu’Alfred Deller s'aperçut, au sortir de l'enfance que, s'il perdait sa voix de soprano, celle-ci gardait un timbre étrangement aigu et une étonnante élasticité, il se forgea seul une technique de contreténor. Personne ne put se charger de sa formation vocale, cette tessiture ayant disparu depuis deux siècles.

Le compositeur Michael Tippett le remarqua dans les chœurs de la Cathédrale de Canterbury et lui fit faire ses débuts à Londres en 1943 dans une interprétation de Purcell où il confondit public et musicologues grâce à son timbre magnifique, ses libertés avec le rythme et ses modulations raffinées, légères et naturelles qui contribuèrent grandement à repenser la musique ancienne avec intuition, instinct et spontanéité.

Alfred Deller intégra de 1947 à 1961 les chœurs de la Cathédrale Saint-Paul de Londres, fonda le Deller Consort en 1948 et enregistra son premier disque avec Walter Bergmann en 1949. Interprète magistral et inégalé de la musique élisabéthaine et baroque, il s’intéressa aussi à la musique contemporaine. Ainsi Benjamin Britten écrivit-il pour lui le rôle d’Oberon dans Le Songe d'une nuit d’été, qu’il créa en 1960.

Le luthiste Desmond Dupré et le claveciniste Harold Lester ont participé à ses enregistrements. Mais il contribua en priorité à la vocation et à la formation de nombreux contre-ténors, dont son fils Mark Deller. Parmi ses disciples, il faudrait encore citer, sans exhaustivité, James Bowman, René Jacobs, Henri Ledroit ou Gérard Lesne, ces grandes voix, chacune singulière au possible, qui, néanmoins, lui doivent tant.

Nikolaus Harnoncourt se rappelle avec admiration « l’assurance imperturbable du chanteur le plus significatif de cette musique ancienne en train d’éclore ». Gustav Leonhardt décrit avec une grande précision l'art et la manière de ce « musicien, c'est-à-dire un cran au-dessus [d’un chanteur], et qui plus est, d'un chanteur-musicien exceptionnel », débordant de vitalité et d'humour. Quant à lui, René Jacobs évoque le « chanteur-poète »... Tous s’accordent à mettre en évidence l’art intuitif de ses intonations fines, l’expressivité des sons filés, dont il refusait de privilégier la beauté pour demeurer en accord avec le texte.

Alfred Deller s’abstenait des vocalises quotidiennes, détestait les répétitions et préférait la spontanéité du concert.

En 1970, il est promu commandeur dans l’Ordre de l'Empire britannique.

Monographies[modifier | modifier le code]

  • Michael et Mollie Hardwick, Alfred Deller, A singularity of a voice, Proteus, Londres, 1980
  • Jean-Luc Tingaud, Alfred Deller, Le contre-ténor, Josette Lyon, Paris, 1996

Discographie sélective[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]