Juniperus oxycedrus

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Le Cade ou Genévrier cade (Juniperus oxycedrus), est un petit arbre ou un arbrisseau fréquent en région côtière méditerranéenne (du Maroc à l'Iran), où il est l'une des plantes caractéristiques des garrigues et des maquis. Les cônes, comestibles frais, sont bruns à orange. L'arbre est appelé parfois Cèdre piquant, Oxycèdre ou Petit Cèdre et plus rarement Genévrier oxycèdre.

On distingue couramment deux sous-espèces :

  • J. oxycedrus subsp. oxycedrus, à port érigé, à feuilles très étroites, à fruits petits ;
  • J. oxycedrus subsp. macrocarpa, plus buissonnant et à gros fruits.

Cependant dans une monographie consacrée au genre Juniperus (Junipers of the World, 2004), R.-P. Adams propose de faire de macrocarpa une espèce à part entière (J. macrocarpa) et de diviser la sous-espèce oxycedrus en deux : J. oxycedrus (ouest du bassin méditerranéen) et J. deltoides (est du bassin).

Description[modifier | modifier le code]

Écologie et habitat[modifier | modifier le code]

Le genévrier cade est le plus courant des genévriers méditerranéens, on le rencontre dans l'ensemble du bassin et sur les hauts plateaux et vallées du Massif central. Il apprécie les lieux arides, rocailleux, sur calcaire ou sur sols acides, où il est fréquemment associé au chêne vert et au chêne kermès.

Morphologie générale et végétative[modifier | modifier le code]

Planche.

Arbre pouvant atteindre 14 mètres, mais dont les dimensions sont en général beaucoup plus modestes (1 à 2 mètres, parfois moins). Écorce grise ou rougeâtre, plutôt rugueuse. Feuillage persistant se présentant sous forme d'aiguilles. Ces aiguilles, à pointe fine et piquante, sont disposées en verticilles de 3 sur 6 rangs. Leur face inférieure porte deux bandes blanches, ce qui permet de faire la distinction avec le genévrier commun (aiguilles à une seule bande blanche).

Morphologie florale[modifier | modifier le code]

Le genévrier cade est un arbrisseau dioïque (fleurs mâles et femelles ne poussant pas sur la même plante). Les fleurs mâles et femelles forment des petits cônes.

Fruit et graines[modifier | modifier le code]

Baies de genévrier cade.

Les cônes femelles prennent peu à peu l'apparence de baies, les écailles se soudant les unes aux autres. Ces cônes arrivent à maturité au bout de deux ans environ. Ils forment des baies brun-rouge.

Utilisation[modifier | modifier le code]

L'arbre complet[modifier | modifier le code]

Dans le Massif central, en Aveyron, le cade sert comme arbre de mariage et de Noël.

Le bois[modifier | modifier le code]

Sculpture en bois de genévrier.

Le bois est l'ennemi des tronçonneuses de par sa dureté, et le bois de cœur est quasiment imputrescible. Le bois peut être utilisé dans la statuaire ; on en a fait aussi des linteaux de portes et des plaques ou objets anti-insectes et anti-mites à glisser dans les penderies.
Il est également recherché en tournerie pour son odeur agréable et la beauté de ses cernes.

En élevage, sous forme de piquets de clôture, avec le défaut d'être très cassant.

L'huile[modifier | modifier le code]

Du bois, on extrait l'huile de cade, utilisée autrefois pour ses vertus cicatrisantes, toujours très appréciée comme antiseptique et désinfectant. Elle est fréquemment associée à divers produits tels que les shampooings. Elle constitue un traitement local d'appoint du psoriasis et des dermites séborrhéiques. Elle sert aussi à soigner les sabots des chevaux (entre dans la composition de l'onguent de maréchal). Frédéric Mistral y fait allusion dans le Trésor du Félibrige en parlant d'une huile âpre dont les bergers se servent contre la gale. Elle est très efficace dans l'éloignement des rongeurs, ainsi que comme répulsif d'insectes. Cependant elle ne sent pas très bon et il faut éviter de l'employer « pure » sur la peau. Les facteurs de flûte à bec s'en servent afin de fabriquer le bouchon du bec de la flûte. C'est aussi un excellent anti-mites. On l'utilisait autrefois dans le Gers pour éviter que les canards ne s'attaquent entre eux en mettant quelques gouttes sur leur croupion.

Les baies[modifier | modifier le code]

Les baies sont utilisée aussi pour la fabrication d'alcools. Utilisées en macération, elles complètent les baies et agrumes utilisés pour la fabrication de gin[1].

Les fours à cade[modifier | modifier le code]

Four à cade restauré à Cuges-les-Pins.

Les fours à cade qu'on trouve encore dans la garrigue en Provence (notamment à Cuges-les-Pins) rappellent l'époque où cette huile était produite directement dans les champs : là où poussait le genévrier cade, on construisait de grands fours cylindriques en pierre, le bois y était lentement consumé et on récupérait l'huile dans la partie basse du four. Leur utilisation a cessé pendant la Seconde Guerre mondiale. Les distilleries modernes ont supplanté cette méthode artisanale.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Laurent Gaspard, « Méditerranée: L’Ille-sur-Têt / Saint-Jean de Minervois, entre agrumes et baies », Distillerie du Petit grain,‎ 7 mars 2014 (consulté le 16 juillet 2014)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]