Survie (association)

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Survie

Logo de l’association
Cadre
Forme juridique Association loi de 1901
Zone d’influence France
Fondation
Fondation 1984
Identité
Siège Survie
107, boulevard de Magenta
75010 Paris
Drapeau de la France France
Personnages clés François-Xavier Verschave, Odile Biyidi Awala
Président Fabrice Tarrit
Financement indépendance
Membres 1 478
Employés 4
Slogan Donner valeur de loi au devoir de sauver les vivants
Site web survie.org

Survie est une association française créée en 1984, elle a été présidée notamment par François-Xavier Verschave, Odile Tobner et aujourd'hui par Fabrice Tarrit. À l'origine composée d'une association unique, on distingue aujourd'hui Survie France des différentes associations locales (régionales ou départementales) telles que Survie Rhône, Survie Isère, Survie Paris-Île de France, Survie Bas-Rhin, etc.

Le thème privilégié de Survie est la « Françafrique », terme tiré du titre d'un des livres de François-Xavier Verschave, La Françafrique, le plus long scandale de la République, paru en 1998. Mais, s'il l'a popularisée sous forme d'un jeu de mot (la France à fric), François-Xavier Verschave a repris cette expression de Félix Houphouët-Boigny, qui désignait alors dans sa bouche les relations cordiales entre la France et ses anciennes colonies[1].

Survie est membre fondateur de plusieurs associations : Biens Publics à l’Échelle Mondiale et l'Observatoire de la coopération française (groupe de recherche qui n'a plus d'activité), d'ATTAC notamment. Elle est aussi membre d'autres associations comme le Centre de recherche et d’information pour le développement, de plusieurs collectifs ayant des objectifs politiques, comme la commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda ou la coalition des ONG pour la Cour pénale internationale.

L'association déclare 1 750 adhérents et quatre salariés.

Objectifs statutaires[modifier | modifier le code]

Les objectifs officiels de l'association sont :

  • Promouvoir l'accès de tous aux biens publics mondiaux
  • Ramener à la raison la politique africaine de la France
  • Combattre la banalisation du génocide

Inspiration et actions[modifier | modifier le code]

L'origine[modifier | modifier le code]

Le déclencheur de la fondation de cette association fut l'appel de prix Nobel, qui en 1981 ont rappelé les souffrances des populations du tiers-monde. Voir historique sur le site de Survie.

Au cours de son évolution, Survie a trouvé dans la culture française des références philosophiques, comme cette phrase de Montesquieu mise en entête du livre La Françafrique : « Si je savais quelque chose qui fût utile à ma patrie et qui fût préjudiciable au genre humain, je la regarderais comme un crime ». Survie se définit elle-même comme une « campagne de citoyens » qui doit interpeller les pouvoirs publics sur les responsabilités présumées de la France, ou tout le moins de réseaux politico-affairistes, dans la conduite de sa politique en Afrique. À l'origine l'association avait pour objectif de promouvoir une action étatique ferme contre la faim et pour le développement.

La loi pour la survie et le développement[modifier | modifier le code]

Ayant obtenu le soutien de 8 500 maires de France, Survie obtint l'engagement écrit de plus des deux tiers des députés de deux législatures consécutives pour un projet de loi pour la Survie et le développement, préparé finalement par cinq groupes parlementaires. En mai 1988, 330 députés et 136 sénateurs ont signé cet engagement. Au cours de la législature suivante, Survie annonce en juillet-août 1989 annonce 353 députés signataires et le texte de 4 propositions de lois identiques pour la survie et le développement (PCF, RPR, UDC, et UDF). Les propositions de loi sont enregistrées ensemble à l'Assemblée nationale française le par les députés Jean-Pierre Delalande (RPR), Denis Jacquat (UDF), Jean Paul Fuchs (UDC) et Théo Vial-Massat (PC).

En octobre 1991, le bulletin de Survie annonce que Jean-Marie Daillet (NI) a déposé une cinquième proposition de loi identique, et qu'une sixième est en cours de dépôt par MM Jean-Michel Belorgey, Jean-Pierre Luppi et Mme Marie-Noelle Lienemann. Le 14 octobre 1992, 26 députés sont présents à un rassemblement organisé par Survie à l'Assemblée nationale et animé par Bruno Masure.

Ce projet n'a jamais abouti. D'après l'association, qui affirme que 80 % des députés étaient favorables au projet de loi, la Cellule africaine de l'Élysée serait à l'origine du blocage de ce projet. Elle en a conclu que le pouvoir législatif se laissait déborder par le pouvoir exécutif (alors représenté par François Mitterrand), ce qui, selon elle, pose problème pour la démocratie en France. Depuis, selon les propres termes de l'association, sa perspective s'est renouvelée, et elle "estime que le concept d'aide est disqualifié, qu'il faut désormais parler de l'universalité des droits de l'homme, montrer l'immense avantage d'une dilatation des biens publics à l'échelle mondiale"[2].

Le tournant de 1993-1994 à propos du Rwanda[modifier | modifier le code]

Début 1993, un an avant le génocide au Rwanda, Jean Carbonare, alors Président de Survie, avait été enquêteur de la commission parrainée par la Fédération internationale des droits de l'homme, Africa Watch, l'UIDH (Ouagadougou) et le CIDPDD/ICHRDD (Montréal). Cette commission avait enquêté au Rwanda, puis publié un rapport dénonçant les prémisses d'un génocide. Jean Carbonare intervint au journal de 20 heures avec Bruno Masure pour alerter les Français sur ce risque[3] (voir la 4e partie de l'article sur les critiques formulées contre cette commission), sur la base d'une enquête sur le terrain en janvier 1993[4].

Début 1998, à la suite d'articles de Patrick de Saint-Exupéry parus dans Le Figaro, la mission d'information parlementaire sur le Rwanda est créée. Survie demande une commission d'enquête (aux pouvoirs plus étendus) plutôt qu'une mission d'information.

En 2004, Survie invite plusieurs associations et personnalités à créer une commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda. Après avoir fait une enquête documentaire et sur le terrain pendant plusieurs mois, cette commission entend pendant une semaine des témoins, des experts, des journalistes et l'un des rapporteurs de la mission parlementaire. Tous les responsables français, civils et militaires, que l'association pense liés à la politique de la France au Rwanda ont reçu une invitation à témoigner devant cette commission par lettre recommandée.

La lutte contre la Françafrique[modifier | modifier le code]

Le génocide au Rwanda marque un tournant pour l'association qui veut dorénavant démontrer jusqu’à quels désastres la politique de la « Françafrique » peut conduire.

En 1998, François-Xavier Verschave publie La Françafrique, le plus long scandale de la République créant le concept de Françafrique dans le débat public. Reprenant une citation, alors connotée positivement, par l'ancien président ivoirien Houphouët-Boigny, l'association va faire de ce mot l'étiquette principale de ce qu'elle dénonce : la perpétuation de la domination française sur ses anciennes colonies par le biais de réseaux occultes mais aussi de mécanismes institutionnels : François-Xavier Verschave parle des « 3 E » (Élysée, État-major, entreprises françaises). C'est le travail de l'association qui va mener à l'acceptation du terme dans sa connotation négative admise aujourd'hui.

Tant Nicolas Sarkozy que François Hollande feront de la rupture avec la Françafrique une promesse de campagne.

La dénonciation des fraudes électorales dans le « pré-carré français »[modifier | modifier le code]

Le Togo[modifier | modifier le code]

En 2005, Survie publie un rapport Le choix volé des Togolais. Rapport sur un coup d’État électoral perpétré avec la complicité de la France et de la communauté internationale (ISBN 2747587398) en coordination avec plusieurs associations de droits humains. L'ouvrage dénonce les fraudes qui ont été constatées lors de l'élection présidentielle au Togo et l'acceptation du résultat par les autorités françaises.

Le Tchad[modifier | modifier le code]

Le Cameroun[modifier | modifier le code]

Positionnement sur la départementalisation de Mayotte[modifier | modifier le code]

Survie, comme l'Union africaine, dénonce[5] également la départementalisation de Mayotte, qui selon le droit international, fait partie de l'Union des Comores[6].

L'assemblée générale de l'ONU a de nombreuses fois condamné la présence française à Mayotte. S'en faisant l'écho, l'association juge en effet que les référendums par lesquels les Mahorais ont choisi de rester français ne sont pas légaux.

L'association demande aussi, faute d'obtenir la cession de Mayotte aux Comores, la suppression du visa entre les Comores et Mayotte, qu'elle prétend illégal puisque selon Survie, les Comoriens ne franchissent aucune frontière en se rendant à Mayotte.

L'association a également affirmé que l’expulsion des clandestins comoriens devrait être qualifiée de « crimes contre l'humanité » devant la Cour pénale internationale.

Elle dénonce également l'implication française dans les coups d'états répétés en République des Comores (qui ont été notamment le fait de Bob Denard).

Autres positions de l'association[modifier | modifier le code]

  • Solidarité envers les luttes contre les expulsions des «sans papiers», phénomène que l'association considère comme le reflet d'un désordre politique et économique ;
  • Établissement de liens avec les organisations non-gouvernementales qui militent pour l'établissement d'une organisation politique, sociale et économique de l'humanité, renforçant les droit des pays pauvres face à la mondialisation, ce qui implique une participation au mouvement altermondialiste ;
  • Collecte de témoignages concernant la politique de la France en Afrique, et les dictatures françafricaines.
  • Information des citoyens français sur l'action menée par leur État en Afrique.

Les principaux événements de l'histoire de Survie[modifier | modifier le code]

  • 1984 : Création de Survie-France
  • 1987-1992 Travail avec les parlementaires français sur un projet de loi pour la survie et le développement qui redéfinissait la coopération française. Publication du Point sur la loi pour la Survie et le développement.
  • 1994 : Création de l'Observatoire permanent de la Coopération française (OPCF) par Survie. Dénonciation de la « complicité » supposée de la France dans le génocide au Rwanda. Organisation à Biarritz d'un contre-sommet à l'occasion du XVIIIe sommet franco-africain.
  • 1995 : Survie et Agir ici publient 6 « Dossiers noirs » (à voir sur le site). Rédaction d'une nouvelle charte de Survie.
  • 1998 : Survie organise une manifestation au Trocadéro (peu d'échos dans la presse - il en reste des images vidéo) .
  • 2000 : Création de l'association « Biens publics à l'échelle mondiale ».
  • 2002 : La Cour d'Appel de Paris déclare FX. Verschave et L. Beccaria non coupables du délit d'offense à chefs d'État.
  • 2003 : Survie organise avec Agir Ici « Un autre Sommet pour l'Afrique ».
  • 2005 : Survie envoie des observateurs lors de l'élection présidentielle du Togo. Publication de Négrophobie par trois militants. Décès de son président François-Xavier Verschave. Contre-sommet de Bamako organisé avec la société civile du Mali et des participations de celles de plusieurs pays de l'Afrique de l'Ouest.
  • 2006 : Restructuration interne de l'association et redéfinition de sa stratégie dans le cadre de ses objectifs statutaires.
  • 2007 : Survie organise avec une dizaine d'associations le « sommet citoyen France Afrique » et publie avec la Plate forme citoyenne France Afrique "Le Livre Blanc pour une politique de la France en Afrique responsable et transparente

Fonctionnement et organisation de l'association[modifier | modifier le code]

Adhésion[modifier | modifier le code]

L'adhésion est libre, le conseil d'administration a néanmoins la possibilité d'exclure des adhérents à la majorité pendant les six premiers mois d'adhésion puis par une majorité des deux tiers.

Conseil d'administration[modifier | modifier le code]

Les membres du conseil d'administration sont élus par les adhérents lors de l'assemblée générale. Les groupes locaux désignent leurs responsables indépendamment.

Ressources[modifier | modifier le code]

L'association vit des cotisations de ses adhérents, des droits d'auteur des ouvrages, de ventes de petites publications pédagogiques réalisées notamment par ses salariés et de produits dérivés (CD Africa wants to be free et Décolonisons ! compilés par une quinzaine de groupes de musiques français et africains, tee shirts), et de dons de particuliers.

L'association déclare un budget de 254 000 euros en 2009 dont les sources se répartissent comme suit:

  • 57 % de dons et cotisations
  • 24 % de la vente d'ouvrages, produits dérivés et du mensuel Billets d'Afrique et d'ailleurs
  • 14 % de subventions aux salaires (contrats aidés)
  • 5 % de prestations et droits d'auteurs

L'association déclare ne pas recevoir de subvention (en dehors des contrats aidés) ni de l'État ni d'entreprises, comme garantie de son indépendance[7].

Les procès[modifier | modifier le code]

Plusieurs procès ont été conduits contre son président ou des militants.

  • Un procès a été gagné par Charles Pasqua en 1999. François-Xavier Verschave fut condamné à payer un franc symbolique. La cour ayant argumenté que l'accusation portée contre Charles Pasqua dans son livre La Françafrique, concernant l'affaire Carlos, était de la responsabilité de l'ensemble du gouvernement dont il faisait partie et non de Pasqua seulement. Le tribunal nota simplement que Verschave « a manqué à son obligation de prudence » en personnalisant « la responsabilité politique de la France et présentant monsieur Pasqua, ministre de l'Intérieur, comme complice des crimes les plus abominables »[8].
  • Le procès le plus connu, lié au livre Noir silence et relaté dans Noir procès, a été intenté en 2001 par trois chefs d'États africains « amis de la France », Omar Bongo (Gabon), Idriss Déby (Tchad), Denis Sassou-Nguesso (Congo), pour offense à chef d'État étranger contre François-Xavier Verschave et Laurent Beccaria, directeur de la maison d'édition les Arènes[9]. Défendus par maître Jacques Vergès, les trois chefs d'État se sont inclinés devant la justice française en première instance et ont été déboutés en appel sur le fond et sur la forme. En effet, la cour a disposé que pour se conformer à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, le délit d'offense à chef d'État étranger doit être constitué d'une intention délictueuse, qui n'a pas été démontrée. Néanmoins, si la cour est restée prudente sur la véracité des faits rapportées par la défense, elle a reconnu le « sérieux des investigations effectuées », rappelant qu'il s'agissait d'« un ouvrage militant » dont « les allégations [...] doivent être accueillies avec prudence ». Les avocats William Bourdon, Antoine Comte, Francis N’Thepe ont défendu François-Xavier Verschave, qui a rappelé la proximité du délit d'offense à chef d'État étranger avec le crime de lèse-majesté en vigueur sous l'Ancien Régime. Laurent Beccaria était défendu par Vincent Toledano. Les chefs d'État déboutés ont préféré ne pas porter l'affaire en cassation[10].
  • Jean Paul Gouteux, militant de Survie depuis 1994 et auteur du livre Un génocide secret d'État, fut poursuivi en justice par Jean-Marie Colombani directeur du journal Le Monde et Jacques Isnard journaliste spécialisé dans les questions militaires au même journal. Il les avait qualifiés dans son œuvre d'« honorables correspondants des services français » à propos de la façon dont ils avaient traité le génocide au Rwanda dans les colonnes du journal. L'accusation sera déboutée en première instance et en appel par le tribunal de Paris en 2000. La cour de cassation a cassé le jugement d'appel en janvier 2004 et renvoyé à nouveau l'affaire devant la cour d'appel qui a statué le 29 mars 2006 en déboutant à nouveau les plaignants[11].

Bibliographie[modifier | modifier le code]

La publication est une part importante de l'activité de l'association.

Les dossiers noirs sont des publications de l'association Survie en collaboration initialement chez l'Harmattan, avec Oxfam France-Agir ici, puis chez Agone. Le premier volume a pour thème le génocide des Tutsi au Rwanda. Plus d'une vingtaine de dossiers suivront, tous sur des problèmes africains où l'association estime que la France est impliquée d'une manière ou d'une autre. Ils seront repris et développés dans divers ouvrages de François-Xavier Verschave. D'autres ouvrages ont été édités par l'association ou par ses membres au titre de leur participation à Survie, dans d'autres maisons d'édition, reversant alors leurs droits d'auteurs à l'association.

Les dossiers noirs de la politique de la France en Afrique[modifier | modifier le code]

  • Survie et Agir ici, Dossiers noirs de la politique africaine de la France, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 1-5),‎ 1996, 382 p. (ISBN 2-7384-3703-6, lire en ligne, présentation en ligne), regroupant Dossier Noir n°1 - Rwanda : depuis le 7 avril 1994, la France choisit le camp du génocide, décembre 1994, Dossier Noir n°2 - Les liaisons mafieuses de la Françafrique, 1995, Dossier Noir n°3 - France, Tchad, Soudan, au gré des clans, 1995, Dossier Noir n°4 - Présence militaire française en Afrique, dérives..., 1995, Dossier Noir n°5 - Les candidats à la présidentielle de 1995 et l'Afrique : le dire et le faire, 1996
  • Survie et Agir ici, Jacques Chirac et la Françafrique : Retour à la case Foccart?, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 6),‎ 1995, 112 p. (ISBN 2-7384-3702-8, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, France-Cameroun, croisement dangereux, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 7),‎ juin 1996, 94 p. (ISBN 2-7384-4458-X, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, Tchad, Niger, escroqueries à la démocratie, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 8),‎ novembre 1996, 112 p. (ISBN 2-7384-4698-1, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, France-Zaïre-Congo (1960-1997) : échec aux mercenaires, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 9),‎ 1997, 175 p. (ISBN 2-7384-5632-4, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, France-Sénégal : une vitrine craquelée, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 10),‎ 1997, 80 p. (ISBN 2-7384-5955-2, présentation en ligne)
  • Survie, Agir ici et Godwin Tété, La traite et l’esclavage négriers : 1848 : abolition de l’esclavage, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 11),‎ septembre 1998, 64 p. (ISBN 2-7384-6729-6, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, Sommet Franco-Africain au Louvre : La sécurité au sommet, l’insécurité à la base, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 12),‎ novembre 1998, 256 p. (ISBN 2-7384-7101-3, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, Projet pétrolier Tchad-Cameroun : Dés pipés sur le pipe-line, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 13),‎ 1999, 64 p. (ISBN 2-7384-7900-6, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, Le silence de la forêt : Réseaux, mafias et filière bois au Cameroun, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 14),‎ 1999, 92 p. (ISBN 2-7384-9631-8, présentation en ligne)
  • Survie et Agir ici, Bolloré : monopoles, services compris : Tentacules africains, L'Harmattan, coll. « Les dossiers noirs » (no 15),‎ novembre 2000, 80 p. (ISBN 2-7384-9632-6, présentation en ligne)
  • François-Xavier Verschave, L’Envers de la dette : Criminalité politique et économique au Congo-Brazza et en Angola, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 16),‎ janvier 2002, 228 p. (ISBN 2910846830, lire en ligne, présentation en ligne)
  • Arnaud Labrousse et François-Xavier Verschave, Les pillards de la forêt : Exploitations criminelles en Afrique, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 17),‎ 2002, 192 p. (ISBN 2748900103, présentation en ligne)
  • Global Witness, Les affaires sous la guerre : Armes, pétrole & argent sale en Angola, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 18),‎ 2003, 240 p. (ISBN 2910846903, présentation en ligne)
  • Xavier Renou, Philippe Chapleau, Wayne Madsen et François-Xavier Verschave, La privatisation de la violence : Mercenaires & sociétés militaires privées au service du marché, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 21),‎ 2006 (ISBN 2-7489-0059-6, présentation en ligne)
  • Gilles Labarthe, L’or africain : Pillages, trafics & commerce international, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 22),‎ 2007, 224 p. (ISBN 9782748900750, présentation en ligne)
  • Raphaël Granvaud, Que fait l’armée française en Afrique ?, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 23),‎ octobre 2009 (ISBN 9782748901122, présentation en ligne)
  • Pierre Caminade, Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 19),‎ octobre 2010, 2e éd. (1re éd. 2006), 224 p. (ISBN 9782748901337, présentation en ligne)
  • Raphaël Granvaud, Areva en Afrique : Une face cachée du nucléaire français, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 24),‎ 2011 (ISBN 9782748901566, présentation en ligne)
  • Xavier Montanyà, L’Or noir du Nigeria, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 25),‎ septembre 2012, 256 p. (ISBN 9782748901634, présentation en ligne)
  • Gilles Labarthe, Le Togo, de l’esclavage au libéralisme mafieux, Agone, coll. « Les dossiers noirs » (no 20),‎ mai 2013, 2e éd. (1re éd. 2005), 256 p. (ISBN 9782748901849, présentation en ligne)

Autres livres[modifier | modifier le code]

Billets d'Afrique et d'ailleurs[modifier | modifier le code]

Créé en 1993, Billets d'Afrique et d'ailleurs est le bulletin mensuel d'information de l'association sur la politique africaine de la France et l'actualité des relations franco-africaines. Il est diffusé sur abonnement payant et mis en ligne gratuitement après un délai de deux mois sur le site de l'association. L'ensemble de ses contributions sont bénévoles.

La perception de Survie dans la société française[modifier | modifier le code]

Les associations et personnalités qui soutiennent ou coopèrent avec Survie[modifier | modifier le code]

  • Le chanteur Tiken Jah Fakoly, ayant nommé son album Françafrique en hommage au livre de François-Xavier Verschave.
  • Le parti des Verts est généralement favorable aux idées de Survie. Plusieurs élus Verts sont membres de l'association, et le parti a régulièrement réclamé un éclaircissement sur la politique africaine de la France.
  • Le groupe Dub Incorporation ayant un titre nommé "Survie" dédié à l'association.

Le thème traité par Survie concernant la fin de la « Françafrique » est repris par des partis politiques, de droite comme de gauche. À Cotonou, en 2006 le candidat puis président de la République Nicolas Sarkozy déclare souhaiter en finir avec « les réseaux d'un autre temps »[12]. Le 15 janvier 2008, Jean-Marie Bockel alors ministre de la Coopération déclare vouloir « signer l'acte de décès de la Françafrique ». Il quittera ce poste lors du remaniement ministériel du 18 mars 2008 sous pression des présidents Omar Bongo et Denis Sassou-Nguesso mécontents de ses positions au sujet de la Françafrique selon plusieurs journalistes[13],[14],[15].

Le positionnement politique[modifier | modifier le code]

L'association affirme n'avoir d'exclusive à l'égard d'aucun groupe politique, sauf avec l'extrême droite. Elle a d'ailleurs interpellé l'ensemble du paysage politique français sur la Françafrique et la complicité française dans le génocide des Tutsi au Rwanda en 1994[16].

Les responsables de l'association affirment que c'est avec le mouvement alter-mondialiste, les Verts, le parti communiste et le Mouvement des jeunes socialistes, que les relations sont les plus actives actuellement dans les faits[réf. nécessaire]. Lors de son combat pour promouvoir une autre politique de coopération, entre 1984 et 1993, des maires et des députés centristes et de droite ont aussi participé à ses travaux. Survie a organisé plusieurs colloques à l'Assemblée nationale française et au Sénat français. L'association affirme n'avoir pour ambition que de faire évoluer la classe politique sur les questions relatives à la politique de la France en Afrique.

Les critiques contre Survie[modifier | modifier le code]

Les critiques contre Survie portent aussi bien sur des points précis tels qu'une éventuelle imagination de complots, ou une éventuelle défense du FPR, mais aussi sur des critiques plus évasives (« Tintin au Congo[17] »).

En demandant un débat et un contrôle parlementaire sur la politique étrangère française et a fortiori sur l'action de la France en Afrique, Survie ne suscite pas l'unanimité. Si des hommes politiques lui font des procès, des journalistes et des spécialistes de l'Afrique critiquent sa vision des faits, et une partie d'entre eux parlent de désinformation (voir plus loin). Son engagement, ses dénonciations de ce qu'elle perçoit comme des dérives de l'exécutif français, de la discrète "cellule africaine de l'Élysée" et des dictateurs de la « Françafrique » suscitent des critiques parfois vives dans la presse en marge des procès. Une autre critique consiste à affirmer que la façon dont Survie stigmatise la politique française reviendrait à exonérer les Africains de leurs propres responsabilités.

Stephen Smith, Filip Reyntjens, Pierre Péan, Charles Onana, Claudine Vidal, André Guichaoua et le colonel Jacques Hogard figurent parmi les détracteurs de Survie.

Pierre Péan et Survie[modifier | modifier le code]

Pierre Péan reproche à Survie de raisonner avec des concepts hérités des années 1960 : le concept de néocolonialisme, « s'il est séduisant de premier abord, ne décrit pas les réalités par essence mouvantes ; surtout, il ne tient aucun compte de l'évolution des rapports entre la France et ses anciennes colonies. Car Jacques Foccart est mort, Pasqua n'est plus aux manettes, et l'affaire Elf appartient au passé. Qui connaît aujourd'hui le nom du Monsieur Afrique de l'Élysée ?[réf. nécessaire] ».

Cette personnification de la « Françafrique » n'émane que de Pierre Péan : Survie de son côté a cessé depuis plusieurs années de voir la marque d'un seul et unique homme dans les relations franco-africaines.


L'engagement de Survie vis-à-vis du génocide rwandais[modifier | modifier le code]

Survie estime que toutes ces critiques concernent particulièrement son engagement sur le Rwanda. Ainsi Stephen Smith qui avait des relations cordiales avec François-Xavier Verschave jusqu'en juillet 1994, l'a violemment combattu à partir de la publication son livre Complicité de génocide en particulier dans un article de Libération du 7 novembre 1994[18]

Stephen Smith écrit en 1994 un article dénonçant l'association Survie, après le génocide du Rwanda[19].

En 1995, Jean Carbonare, en désaccord avec un article du journaliste sur les événements de Kibeho[20] au Rwanda, l'interpella : « Monsieur Smith, vous n'êtes pas un journaliste honnête. [...] Pour qui travaillez-vous, monsieur Smith, et où voulez-vous en venir ? Grave question[21]. »

Après la publication par Stephen Smith de Négrologie : pourquoi l'Afrique meurt[22], dans lequel il affirme que le rôle des pays occidentaux dans le dénuement de l'Afrique est exagéré, et que les caractéristiques sociologiques africaines seraient les principales responsables de ce sous-développement, Boubacar Boris Diop, Odile Tobner et François-Xavier Verschave présentent en juin 2005 un livre-réponse à Négrologie : Négrophobie - Réponse aux « négrologues », journalistes françafricains et autres falsificateurs de l'information [23]. Dans ce livre les auteurs dénoncent « les mensonges de la françafrique » et ses acteurs médiatiques français qui étoufferaient la conscience politique française. Stephen Smith, qui entre temps a écrit Comment la France a perdu l'Afrique, serait l'un des « ingénieurs de l'âme » qui réveillent les vieux clichés coloniaux, et il est accusé de mépris raciste à l'égard des Africains.[réf. nécessaire]

Jean Carbonare fut président de Survie jusqu'en 1995. Ayant trente ans d'expérience comme responsable de projets de développement en Afrique, il quittera la présidence de l'association après le génocide au Rwanda pour partir au Rwanda, se mettre au service de Pasteur Bizimungu, premier président de la République du régime FPR[24], pour construire des logements selon Survie[25]. Les détracteurs de Survie y voient, pour leur part, un signe de proximité de l'association avec le régime de Kagamé. Durant sa présidence chez Survie et après le génocide, Jean Carbonare n'aura de cesse d'affirmer la responsabilité de la France dans le génocide.

D'après M. Péan, Jean Barahinyuta, commissaire du FPR à l’Information et à la Documentation pour l’Europe en 1990 et 1991 lui a déclaré que « Carbonare était la personne clé du FPR en France, qui travaillait en liaison avec Immaculée Mukakimanuka »[réf. nécessaire] et Jean-Marie Vianney Ndagijimana, ministre des Affaires étrangères du Rwanda entre juillet et octobre 1994, a confirmé et précisé : « Carbonare a été l’œil de Kagame auprès de Bizimungu et des membres du gouvernement qui ne faisaient pas partie du premier cercle de Kagame.[26] ». L'association dément ces accusations qu'elle considère comme faisant partie d'une entreprise négationniste visant à discréditer ses travaux montrant les responsabilités françaises dans le génocide des Tutsi en 1994[27].

Ces critiques accusent Survie d'être proches ou mêmes d'œuvrer directement pour le régime de Paul Kagamé. Ainsi, dans son dernier ouvrage[28], Pierre Péan qualifie l'association Survie de « plateforme de désinformation » qui aurait agi directement pour le compte du FPR de Paul Kagame.

L'association condamne pourtant publiquement les crimes commis par le FPR, parlant notamment du récent rapprochement diplomatique comme pouvant « s’assimiler à une amnistie mutuelle pour des crimes imprescriptibles»[29]. Cette position n'est pas nouvelle, François-Xavier Verschave écrivait : « On peut et on doit dénoncer les crimes de guerre commis par l’Armée patriotique rwandaise (APR) lors des conflits où elle a été successivement impliquée, au Rwanda (1990-1994, 1995 à Kibeho, 1997-1998) ou au Congo-Zaïre (1996-1997 et 1998-1999). En 1997, le massacre au Zaïre de dizaines de milliers de réfugiés hutus relève du crime contre l’humanité, imprescriptible. »[30]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. François-Xavier Verschave utilisait déjà le concept de Françafrique dans un livre publié en 1994 : Complicité de génocide.
  2. Billets d’Afrique et d’ailleurs N° 86 Novembre 2000.
  3. http://www.dailymotion.com/video/x1ed31_rwanda-quand-survie-alertait-le-mon_events Jean Carbonare au journal de 20 heures avec Bruno Masure 24 janvier 1993
  4. Selon ses détracteurs, sur la base de témoignages qui lui auraient été fournis directement par des proches de Kagame[réf. nécessaire], comme Janvier Africa (Cf. rapport de la Commission internationale d'enquête p 37), qui aurait avoué des années plus tard avoir menti sur ordre du FPR[réf. nécessaire]
  5. Communiqué de Survie de mars 2009 qui présente la position officielle de l'association sur la départementalisation de Mayotte
  6. Dossier noir n°19 : Comores-Mayotte : une histoire néocoloniale, Pierre Caminade, Agir ici et Survie, éditions Agone
  7. Luttez contre la Françafrique ! Soutenez Survie !, site de l'association Survie
  8. Compte rendu du procès de Charles Pasqua contre F-X. Veschave
  9. Extraits des lettres d'accusation des chefs d'État offensés
  10. Les arrêtés complets de la décision de la Cour d'Appel de Paris dans le procès pour offenses à chef d'Etat
  11. Le procès du journal Le Monde contre Jean-Paul Gouteux
  12. « Sarkozy défend la «rupture» en Afrique », Le Figaro, 20 mai 2006
  13. « Bockel victime de ses positions sur la Françafrique ? », Le Figaro, 20 mars 2008
  14. « Le piteux lâchage de Jean-Marie Bockel », Vincent Hugeux, L'Express', le 19 mars 2008
  15. François Bonnet, « La politique étrangère de la France : c’est n’importe quoi ! », in Marianne, no 577, du 10 au 16 mai 2008, p 19-20
  16. Les candidats à la présidentielle de 1995 et l’Afrique : le dire et le faire, Dossier Noir n°5, Agir ici et Survie, L'Harmattan, 1995
  17. L'association est notamment soumise aux quolibets suivants : "sorte de Tintin au Congo" (A Paris, le procès d'« une sorte de Tintin au Congo », article de Stephen Smith, Le Monde, 2 mars 2001 ; le « jusqu'au boutisme », le « disque dur » à propos de son ancien président François-Xavier Verschave.
  18. Voir le chapitre Le tournant de l'été 1994 dans Négrophobie (page 105 édition Les Arènes), FXV cite Laurent Bijard journaliste au Nouvel Observateur : « J'étais avec Smith au Rwanda, nous avions les mêmes opinions, et il ne se gênait pas pour les exprimer. Aujourd'hui il a complètement changé de discours, je ne me l'explique toujours pas... ». Depuis, à la suite de la Commission d'enquête citoyenne sur l'implication de la France au Rwanda en 2004 et des procès pour complicité de génocide engagés par des rwandais en France, quelques spécialistes du Rwanda se sont mobilisés après la publication du livre de Pierre Péan en 2005 pour porter la critique contre Survie.
  19. Premiers reproches de Stephen Smith commentés dans Billets d'Afrique N°17 de décembre 1994« On aura alors beaucoup de mal à comprendre comment, dans la même page de Libération, Stephen Smith qualifie notre démarche d'« autoflagellation » et reproche à notre « mise en examen » de « faire passer tout responsable de la politique africaine de la France de ces dix dernières années pour soit un affairiste, soit un criminel de guerre...» ».
  20. Photos et commentaires sur Kibeho
  21. cité dans Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, éd. Fayard/Mille et une nuits, 2005, p. 399.
  22. éditions Calmann-Levy
  23. aux éditions les Arènes
  24. Pasteur Bizimungu est un ancien membre de l'Akazu ayant rejoint le FPR après s'être enfui du Rwanda en été 1990
  25. Fonctions de Carbonare au Rwanda selon Survie
  26. Pierre Péan, Noires fureurs, blancs menteurs, p. 145
  27. Génocide des Tutsi et négationnisme, communiqué de presse de l'association Survie du 5 mars 2006
  28. Pierre Péan, Carnages. Les guerres secrètes des grandes puissances en Afrique, édition Fayard, 570 p., 2010
  29. France-Rwanda : les dessous d’un rapprochement, communiqué de presse de l'association Survie du 22 février 2010
  30. Noir Silence, avril 2000, Les Arênes

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Collectifs et associations auxquels Survie participe[modifier | modifier le code]

Liens internes qui concernent les objectifs de Survie[modifier | modifier le code]

Membres connus de l'association[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]