Melchior Ndadaye

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Melchior Ndadaye, né le 28 mars 1953 à Murama, dans la commune de Nyabihanga, de la province de Muramvya au Burundi et mort assassiné au cours d'un coup d'État le 21 octobre 1993 à Bujumbura, est un homme politique burundais appartenant au groupe ethnique des Hutus. Premier président démocratiquement élu au Burundi, investi le 10 juillet 1993, il fut assassiné après 102 jours de pouvoir.

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Fils de Pie Ndadaye et Thérèse Bandushubwenge, Melchior Ndadaye était l'aîné de dix enfants, dont sept étaient encore en vie au jour de son assassinat (trois frères et quatre sœurs). Il était marié à Laurence Nininahazwe, avec laquelle il a eu trois enfants : Guéva, Tika et Libertas.

De 1966 à 1972, il a fréquenté l'École normale de Gitega, qu'il a dû quitter en 1972 suite aux événements dramatiques qui secouaient son pays natal, pour se réfugier au Rwanda, où il a parachevé ses études secondaires à Butare, jusqu'en 1975, avant de fréquenter la Faculté des Sciences de l'Éducation de l'Université Nationale du Rwanda, toujours à Butare.

De 1987 à 1992, alors qu'il était en pleine activité professionnelle, Melchior Ndadaye a suivi une formation bancaire à l'Institut des Techniques de Banque du Conservatoire national des arts et métiers, en France.

Itinéraire politique[modifier | modifier le code]

Melchior Ndadaye a participé à la création, le 3 janvier 1976, du Mouvement des Étudiants Progressistes Barundi au Rwanda (BAMPERE), dont il a été président jusqu'en 1979.

En août 1979, il participe à la fondation du Parti des Travailleurs du Burundi (UBU), qu'il quittera en 1983, suite à des divergences de vue sur les stratégies à adopter pour renforcer le mouvement démocratique au Burundi.

En 1986, Melchior Ndadaye fut l'un des principaux membres fondateurs, du Front pour la démocratie du Burundi (FRODEBU) (Sahwanya-Frodebu), parti à l'origine clandestin, officialisé en 1991, qu'il présida jusqu'à sa victoire électorale aux élections présidentielle et législatives des 1er et 29 juin 1993.

Premier Secrétaire de l'Union des Travailleurs du Burundi (UTB) dans la province de Gitega, il est emprisonné, pour des motifs politiques, du 28 octobre au 28 décembre 1988, à la suite de son intervention au cours d'une réunion convoquée par le gouverneur de Gitega, le 23 octobre 1988, au sujet des troubles de Ntega et Marangara.

Désigné le 18 avril 1993, lors d'un Congrès extraordinaire comme candidat de son parti à l'élection présidentielle, Melchior Ndadaye sera soutenu par trois autres partis : le PP, le RPB et le PL.

Le 1er juin 1993, Melchior Ndadaye (FRODEBU) remporte, dès le premier tour, la première élection présidentielle au suffrage universel de l'histoire du Burundi, en ayant obtenu 64,79 % des suffrages, contre 32,47 % au candidat de l'UPRONA l'Union pour le progrès national, Pierre Buyoya et seulement 1,44 % au candidat du PRP, Pierre-Claver Sendegeya, arrivé en troisième position.

Présidence du 1er juin au 20 octobre 1993[modifier | modifier le code]

Premier président élu du Burundi, Melchior Ndadaye était de l'ethnie Hutu, alors que le pays était dominé de longue date par la minorité Tutsi. Dépossédés de leurs pouvoirs, les Tutsi avaient gardé le contrôle de l'armée. Cependant, Ndadaye a nommé une Tutsi Sylvie Kinigi comme premier ministre de son gouvernement qui a pris très à cœur sa mission de mettre en place l'unité entre les deux groupes ethniques qu'elle considérait comme prioritaire. C'était la première femme à accéder aux fonctions de premier ministre au Burundi, et elle reste toujours la seule, aujourd'hui en 2007.

Début de la guerre civile[modifier | modifier le code]

Melchior Ndadaye est assassiné au cours d'un coup d'État sanglant dans la nuit du 20 au 21 octobre 1993, au cours duquel Pontien Karibwami, Président de l'Assemblée Nationale, Gilles Bimazubute, Vice-Président de l'Assemblée Nationale, Juvénal Ndayikeza, Ministre de l'Administration du Territoire et du Développement communal, trouvèrent également la mort. Ce coup de force va déchaîner des violences inter-ethniques dans tout le pays, déclenchant une guerre civile, qui fera, selon les estimations, entre 50 000 (chiffre avancé par la Commission internationale d'enquête des ONG) et 100 000 (chiffre avancé par les délégués du Haut commissariat aux Réfugiés) voire 200 000 morts (chiffre avancé par certains rescapés burundais). (Voir Histoire du Burundi)

Articles connexes[modifier | modifier le code]