Culture du Rwanda

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La culture traditionnelle[modifier | modifier le code]

Danseur Intore.
Igiseke, vannerie traditionnelle.

La culture traditionnelle rwandaise est liée à celle des populations de l'Afrique des grands lacs. La structure de la royauté ancestrale a impressionné les premiers colons par son organisation sophistiquée, qu'ils n'arrivaient pas à attribuer à un peuple africain. La croyance traditionnelle en un Dieu unique, Imana, sensible à leur condition, les récits oraux, la langue (le Kinyarwanda) et les proverbes, les chants, les tambours et la danse tiennent une grande place dans cette culture fortement imprégnée des combats des guerriers et des activités agricoles : élevage, agriculture, chasse et pêche.

La vache et le lait, la lance avec des fers aux géométries diverses, la houe, l'arc, le vin de banane et la bière de sorgho, les paniers tissés sont des symboles de la tradition rwandaise.

L'artisanat du fer est probablement l'un des plus anciens au monde. Les objets en bois, en terre, ou en végétaux caractérisaient la vie courante. Aujourd'hui les importations en métal et plastique ont pris le dessus. Jusqu'à la fin du XIXe siècle, les vêtements étaient fait d'écorce d'arbre à la texture très proche des tissus. Depuis la colonisation les vêtements occidentaux se sont répandus, mais le pagne en coton reste un lien très important pour les femmes entre la tradition et la modernité.

La population est répartie dans une vingtaine de clans familiaux d'une part et d'autre part, sur un autre plan, dans des subdivisions socio-professionnelles (Hutu, Tutsi, Twa) qui ont donné lieu à une surévaluation de leur importance pendant la colonisation et des instrumentalisations politiques, dont les retournements ont été à l'origine du génocide de 1994. On parle à ce sujet d'Ethnisme au Rwanda.

Les mariages sont évidemment l'occasion d'entretenir les traditions. La dot, payée par le fiancé aux parents de la fiancée (une vache, une houe,… selon le milieu socio-professionnel et la richesse), était le résultat d'une négociation longue et parfois épique entre les familles. Il en reste une sorte de jeu de rôle très ritualisé, en plusieurs étapes, parfois d'un humour irrésistible, où chaque famille transmet quelque chose de sa connaissance de la vie à ses enfants, et très concrètement de quoi faire vivre le jeune ménage.

La médecine rwandaise basée sur les plantes est toujours vivante, malgré l'intégration de la médecine occidentale.

L'influence coloniale[modifier | modifier le code]

La culture traditionnelle rwandaise a été fortement marquée par la colonisation (1884-1962), allemande puis belge à partir de la première guerre mondiale, par les églises chrétiennes, plus particulièrement l'Église catholique, et par le génocide de 1994. Aujourd'hui, cette culture est en pleine interrogation quant à ses traditions, ses pratiques. Les références historiques balancent entre les versions introduites par les colons, celles de la tradition, et les nécessaires adaptations au monde moderne et au développement de la citoyenneté dans un pays qui se veut démocratique.

L'impact du génocide[modifier | modifier le code]

La contrainte pour les rescapés de vivre au milieu des tueurs de leurs familles, est inimaginable hors du Rwanda. La réintroduction des Gacaca, justice villageoise, pour juger ces innombrables criminels du génocide, est caractéristique de cette originalité rwandaise qui n'oublie pas complètement sa tradition quand elle s'avère utile. Mais ce n'est pas toujours bien perçu en Occident y compris par de grandes ONG qui y voient une justice au rabais. De même en ce qui concerne l'instauration d'un Forum de concertation des partis politiques dans la constitution, ce qui ne se voit pas dans les démocraties occidentales.

Depuis le génocide de nombreux mémoriaux ont été aménagés. Ils témoignent de la volonté de donner une sépulture digne aux victimes du génocide et de cultiver le « devoir de mémoire ». Les plus célèbres sont les églises de Ntarama et Nyamata à l'est de Kigali, le collège de Murambi au sud ouest du Rwanda près de Gikongoro, le mémorial inachevé de Bisesero près de Kibuye à l'ouest au bord du lac Kivu et celui de Gisozi à Kigali.

L'influence de la mondialisation[modifier | modifier le code]

Le christianisme, l'écrit et la radio, l'automobile et le football avaient accompagné le Rwanda vers les « indépendances » et même dans le génocide. La télévision, le cinéma, l'informatique, le téléphone commencent à bouleverser profondément les attitudes, mais sans précipitation. Les femmes ont le record du monde de participation aux pouvoirs politiques (49 % des députés sont des femmes), mais les hommes craignent l'évolution occidentale de l'indépendance de la femme qu'ils perçoivent comme une menace. La morale chrétienne, tout en combattant la polygamie qui a disparu de la pensée dominante, vient apporter un recours contre cette crainte.

Une population majoritairement chrétienne[modifier | modifier le code]

Les chrétiens représentent 90 % de la population rwandaise, dont environ 60 % de catholiques. On trouve quelques musulmans, surtout à Kigali dans le quartier Nyamirambo. Depuis le génocide, les Églises chrétiennes, protestantes et des sectes américaines ont pris de nombreux chrétiens à l'Église catholique. Elle est parfois mal perçue, car pendant la guerre, les prêtres ont pris parti selon l'ethnie dans laquelle ils appartenaient. On remarque de très timides affirmations d'athéisme depuis le génocide. La pression religieuse au Rwanda est si forte que les rares athées gardent le plus souvent secrète leur conviction, malgré la grave cassure de confiance religieuse qu'a pu parfois engendrer le génocide.

Une population jeune[modifier | modifier le code]

Les moins de vingt ans forment plus de 50 % de la population. Il existe encore de nombreux enfants des rues notamment à Kigali, comme souvent en Afrique, mais aggravé par le génocide.

Le déséquilibre entre la capitale et la campagne[modifier | modifier le code]

Mais ce qui frappe l'étranger au Rwanda est le contraste entre Kigali et la campagne rwandaise. Dans une même famille, on peut passer d'une belle villa, équipée à l'occidentale, à Kigali et aller visiter des cousins qui vivent dans une grande misère dans une petite maison au murs de terre, plantée au milieu d'un jardinet propre et clôturé. Pas d'eau courante, pas d'électricité, deux fauteuils et un canapé en bois délabré ayant perdus leurs coussins pour tout mobilier dans la salle commune, aux murs chaulés avec un sol en terre battue.

Littérature[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Littérature du Rwanda.

Il est généralement reconnu que l'ancien royaume du Rwanda avait élaboré une littérature orale d'une grande originalité et d'une extraordinaire richesse. Cette littérature tombe en deux catégories principales:

  • La tradition royale, qui se caractérise par un certain degré de codification et de contrôle officiel de la part des rois du Rwanda;
  • La tradition populaire, qui comporte des textes comme ceux que l'on retrouve dans toutes les traditions orales, notamment africaines.

Le génocide a provoqué l'éclosion d'une littérature de témoignages, d'essais historiques et romans tel que de l'écrivain Benjamin Sehene.

Médias[modifier | modifier le code]

En 2009, le classement mondial sur la liberté de la presse établi chaque année par Reporters sans frontières situe le Rwanda au 157e rang sur 175 pays[1]. Une « situation difficile » y a été observée[2].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Reporters sans frontières  : Classement mondial 2009 [1]
  2. Reporters sans frontières [2]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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