Akazu

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L'Akazu (maisonnée en kinyarwanda) désigne un ensemble de personnalités proches du Président du Rwanda, Juvénal Habyarimana et de son épouse Agathe Habyarimana[1] [2].

Selon le régime de Paul Kagame, ses membres auraient participé à la planification et à l'exécution du génocide de 1994. Cette idée, médiatisée par la journaliste belge Colette Braeckman, puis par différentes associations[Lesquelles ?], a été réfutée[réf. nécessaire] par le Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) en 2008 et 2009

Accusation et verdict final[modifier | modifier le code]

L’Akazu serait formé des proches parents et de Habyarimana, qui détenaient les principaux postes ministériels et économiques du pays. En verrouillant strictement le pouvoir et grâce au contrôle étroit exercé à tous les échelons de l'administration, jusqu'au niveau communal, le régime mis en place par État aurait grandement facilité le génocide puisque tous les éléments susceptibles de s'opposer au pouvoir central auraient été systématiquement écartés.

On note pourtant que les seuls proches du président Habyarimana qui avaient un poste officiel sont :

  • Protais Zigiranyirazo, frère d’Agathe Habyarimana et ancien préfet de Ruhengeri jusqu’en 1998. Il a été acquitté le 16 novembre 2009 des charges de génocide et d’assassinat qui pesaient sur lui au TPIR. N’ayant pas été en mesure de prouver ni l’existence de l’Akazu ni l’entente en vue de commettre le génocide, les juges de première instance avaient retenu les accusations de participation aux massacres du 8 avril 1994 sur la colline de Kesho dans la préfecture de Gisenyi et celle d'avoir aidé et encouragé le génocide les 12 et 17 avril 1994 à l'occasion des tueries perpétrées au barrage routier Kiyovu de Kigali", pour le condamner à 20 ans de prison.

Cette condamnation a été annulée par les juges d'appel le 16 novembre 2009. Ils ont estimé que les juges de première instance s'étaient gravement fourvoyés dans leur enquête et que les condamnations portées contre Zigiranyirazo dans ces deux affaires violaient les principes élémentaires et fondamentaux de la justice[3].

  • Élie Sagatwa, cousin d'Agathe Habyarimana et secrétaire particulier du président Habyarimana n’avait pas un poste de décision. Il a été assassiné en même temps que le président dans l’attentat du 6 avril 1994[4].

° Séraphin Rwabukumba, cousin d'Agathe Habyarimana, était commerçant à Kigali en 1994.

° Agathe Habyarimana quant à elle, n'a jamais été fonctionnaire de l’État et l’organisation de génocide dont elle est accusée notamment par le collectif des parties civiles d’Alain Gauthier n’a jamais été prouvée et a de moins en moins de chance de l’être vu l’acquittement de son frère Protais Zigirangirazo.

Pour l'historien Bernard Lugan, le verdict du TPIR fait disparaître ce qu'il nomme le « mythe de l’Akazu »[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. HRW, FIDH, Aucun témoin ne doit survivre, Karthala (1999), p.58-59
  2. Filip Reyntjes, L'Afrique des grands lacs en crise, Rwanda et Burundi (1988-1994), Karthala (1994), p.189-190
  3. Le tribunal n'avait pas tenu compte dans son verdict des principes juridiques qui gouvernent la répartition du poids de la preuve face aux alibis de la défense, et a sérieusement erré dans sa façon de prouver la culpabilité hirondellenews.com
  4. Un autre membre de la famille d'Agathe Habyarimana est Élie Sagatwa. Il est le cousin d'Agathe Kanziga. En effet, Magera père d'Agathe Kanziga et Semapfa, le père d'Élie Sagatwa sont des frères Militaire de formation, Élie Sagatwa était secrétaire particulier du président du président Juvénal Habyarimana. Il est mort avec lui dans l'avion dans l'attentat du 6 avril 1994, books.google.fr
  5. Nouvelle défaite pour SOS Racisme, bernardlugan.blogspot.cz, 11 novembre 2011

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Samuel Totten, Paul Robert Bartrop et Steven L. Jacobs, « Akazu », in Dictionary of Genocide: A-L, ABC-CLIO, 2008, p. 7 (ISBN 9780313346422)
  • (fr) Gaspard Musabyimana, Rwanda, le mythe des mots : recherche sur le concept « akazu » et ses corollaires, L'Harmattan, 2008, 245 p. (ISBN 9782296052666)

Liens externes[modifier | modifier le code]