Régiment Para-Commando (Belgique)

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Le régiment Para-Commando est l'unité d'élite de l'armée Belge qui a été constituée dès 1952 à partir des unités parachutiste et commando créées, dix ans auparavant, en Grande-Bretagne, durant la Seconde Guerre mondiale. Le 1er novembre 1991, le régiment Para-Commando se voit attribuer diverses unités d'appui (génie, artillerie antiaérienne, logistique, médicale) et change son appellation en brigade.

Historique[modifier | modifier le code]

  • 1952 : création du Régiment Para-Commando.
  • 1991 : le Régiment devient Brigade Para-Commando.
  • 2000 : dissolution de la Brigade Para-Commando.

Composition[modifier | modifier le code]

À son origine, le régiment comprend un état-major, deux bataillons (1 Para, 2 Commando), deux centres d'entraînement (parachutiste et commando) et un centre d'instruction où sont incorporées les nouvelles recrues.

Dans le cadre de ses missions, le régiment doit, entre autres, opérer au Congo belge. En avril 1953, un détachement de reconnaissance est envoyé sur place. Il en résultera une organisation en détachements successifs de miliciens (appelés du contingent) qui serviront une grande partie de leur service militaire à la colonie. L'immensité du territoire impose pour tous les membres du nouveau régiment la formation au saut en parachute. Pour des raisons d'homogénéité, il est décidé que dorénavant tout le monde recevra les deux formations : para et commando. C'est dans cet esprit qu'est créé, en 1955, un troisième bataillon qui s'appellera 3 Bataillon Para-Commando. En 1959 est créé un quatrième bataillon auquel est donné le nom de 4 Commando et, pour l'équilibre, le nom du troisième bataillon est simplifié en 3 Para. Les paras et commandos ne se différencient que par la couleur du béret (rouge ou vert) car tous reçoivent désormais les deux formations. Les événements de 1960 au Congo amènent les autorités belges à mobiliser deux bataillons de réserve : le 5 Para-commando et le 6 Commando.

Après le retour d'Afrique, l'organisation du régiment Para-Commando se simplifie. Le régiment comprend :

  • un état-major et compagnie QG
  • trois bataillons de combat d'active : 1Para, 2Cdo, 3Para
  • un bataillon de combat de réserve : 4Cdo
  • un centre d'entraînement au parachutage
  • un peloton de ravitaillement par air (intégré au centre d'entraînement au parachutage)
  • un centre d'entraînement commando
  • une compagnie école (intégrée ultérieurement au centre d'entraînement commando)
  • une compagnie antichar (avec missiles ENTAC) créée en 1963
  • une batterie d'artillerie (avec obusiers 105 mm tractés) créée en 1974
  • un escadron de reconnaissance (sur chenillés légers CVRT) créé en 1975
  • un détachement frogmen (nageurs de combat, officialisé en 1971, intégrés ultérieurement au centre d'entraînement commando)
  • un noyau mobilisateur
  • un centre médical

Les commandants[modifier | modifier le code]

remarque : BEM signifie breveté d'état-major (brevet délivré par l'École de Guerre)
1951 – 53 : Lieutenant-colonel Danloy
1953 – 56 : Lieutenant-colonel BEM Vivario
1956 – 60 : Lieutenant-colonel BEM Delperdange
1960 – 63 : Lieutenant-colonel BEM Van der Heyden
1963 – 65 : Colonel Laurent
1965 – 68 : Colonel BEM P. Roman
1968 – 71 : Lieutenant-colonel Lemasson
1971 – 73 : Lieutenant-colonel BEM Segers
1973 – 76 : Colonel BEM Rousseaux
1976 – 78 : Colonel BEM Depoorter
1978 – 80 : Colonel BEM Wilmotte
1980 – 82 : Colonel BEM Kesteloot
1982 – 84 : Colonel BEM Verstraeten
1984 – 87 : Colonel BEM De Clerck
1987 – 90 : Colonel BEM Malherbe
1990 – 93 : Colonel BEM De Smet

Les chefs d'état-major[modifier | modifier le code]

1952 – 195? : Major Laurent
195? – 1962 : Major Lessire
1962 – 1966 : Lieutenant-colonel Janssens
1966 – 1968 : Lieutenant-colonel BEM Segers
1968 – 1970 : Lieutenant-colonel BEM Rousseaux
1970 – 1973 : Lieutenant-colonel BEM / BAM Evraert
1973 – 1974 : Lieutenant-colonel BEM Depoorter
1974 – 1975 : Major du Bois de Vroylande
1975 – 1978 : Lieutenant-colonel BEM Kesteloot
1978 – 1980 : Lieutenant-colonel Verbeke
1980 – 1982 : Lieutenant-colonel BEM Jeunehomme
1982 – 1985 : Lieutenant-colonel Uyttersprot
1985 – 1988 : Lieutenant-colonel BEM Ix
1988 – 1990 : Lieutenant-colonel Ghesquiere
1990 – 1993 : Lieutenant-colonel Brijs

Le personnel[modifier | modifier le code]

Les para-commandos ont toujours été recrutés sur base volontaire y compris les miliciens qui devaient y effectuer un service militaire plus long mais … plus exaltant !
Pour pallier un manque de personnel d'active, des volontaires féminins sont incorporés en 1975. Comme le but est de leur assigner des fonctions non combattantes (employées, plieuses et réparatrices de parachutes …), les critères physiques pour l'obtention du béret et du brevet commando sont adaptés. On constata que dans ce type d'unité, l'expérience n'était guère concluante et en 1988, il ne restait plus que 5 para-commandos féminins au régiment.
En 1988, le régiment comprenait 160 officiers, 450 sous-officiers et 1600 caporaux et soldats; le nombre de miliciens avait drastiquement chuté à 300 suite aux impératifs de "professionnalisation" imposés par les "hautes autorités".

L'instruction et l'entraînement[modifier | modifier le code]

La formation para-commando a, d'une manière générale, toujours compris une instruction de base d'une durée de 3 à 4 mois suivie du camp commando et du stage parachutiste. L'instruction de base comprend une formation de fusilier accompagnée d'une formation physique (marche rapide de 16 km avec arme et équipement de base en moins de 100 minutes, pistes d'obstacles et de corde chronométrées...). Auparavant, le béret rouge ou vert était remis à l'issue de tests en fin de cette période. Par la suite, il a été décidé de le remettre après le camp commando en même temps que le brevet du même nom.

Brevet Cdo be.jpg

Le camp commando comprend les activités suivantes : rocher, techniques amphibies, close combat, techniques commando... La durée est de un mois. Le camp se termine par un raid d'une semaine (le plus connu étant le raid de Corse partant de la base de Solenzara en direction de l'Incudine et des aiguilles de Bavella). Les candidats ayant réussi les épreuves obtiennent le brevet A Commando dont l'insigne est un triangle noir, pointe en bas, avec un poignard blanc porté sur la manche droite à hauteur de l'épaule.

Brevet Para be.jpg

Le stage parachutiste d'une durée d'un mois forme le candidat au saut à ouverture automatique de jour comme de nuit et avec l'équipement opérationnel (arme, sac, gaine). On y apprend également la constitution de colis parachutables (mitrailleuse, mortier, radio...) et certaines activités tactiques à l'atterrissage. À l'issue du stage qui comprend 8 sauts, est remis le brevet A Para dont l'insigne, appelé "wings" consiste en deux ailes bleues encadrant un parachute blanc. L'insigne se porte sur la poitrine au-dessus de la poche droite.

L'entraînement para-commando se déroule en Belgique mais aussi à l'étranger.

Avant 1960, les appelés accomplissaient une période de 6 mois d'activités au Congo belge. Le commandant Militis et ses instructeurs y avaient mis au point un exercice de survie dont la réputation déborda du cadre belge. Le Congo permettait, bien entendu, de nombreux autres exercices et sauts en parachute.
Après 1960, la Belgique participe à la Force Mobile de l'OTAN avec un bataillon renforcé. Cela permet aux unités de se déployer en Turquie, en Grèce, en Italie, au Danemark et même en Norvège septentrionale. Chaque année, les unités se rendent en Grande-Bretagne au camp d'Otterburn dans les Cheviots hills. Ce camp est particulièrement conçu pour permettre des attaques à feux réels jusqu'au niveau compagnie et des tirs défensifs jusqu'au niveau bataillon. En plus des exercices extrêmement réalistes, le climat et le relief de la région laissent à tous les para-commandos des souvenirs inoubliables. Le programme d'entraînement ne s'arrête toutefois pas là; il comprend également des exercices et des sauts avec les unités d'élite françaises, espagnoles, portugaises, allemandes, hollandaises, britanniques, américaines.

Défilé du Pl TS du 3 Para à Courtrai en 1970 après remise des bérets lie-de-vin;

Les opérations et missions[modifier | modifier le code]

Novembre 1964, Crise congolaise : Parachutiste belges partant de Kamina pour secourir les otages de Stanleyville.
Soldat belge couché devant des cadavres d’otages, en novembre 1964 à Stanleyville.
Actions diverses suite à l'indépendance.
Sauts opérationnels sur Stanleyville et Paulis.
Sauvetage et sécurisation de plus de 2 375 otages.
Acheminement de vivres pour les populations touchées par la famine au Sahel.
  • Mai 1978 : opération de secours Red Bean au Zaïre (ex-Congo Belge, actuellement Rép. Dém. du Congo).
Atterrissage d'assaut sur Kolwezi.
Sauvetage et sécurisation de populations et expatriées occidentaux au Shaba (ex-Katanga).
  • Février 1979 : mission de coopération militaire Green Apple au Zaïre (ex-Congo Belge, actuellement Rép. Dém. du Congo).
Instruction des Forces Armées Zaïroises à Kitona.
Une équipe de tir MILAN à bord d'un navire de la Force Navale belge.
  • Novembre 1990 : opération de secours Green Beam au Rwanda.
Sauvetage et sécurisation des expatriés.
  • Mai à juin 1991 : mission d'aide humanitaire Blue Lodge en Irak.
Participation à l'action d’aide internationale Provide Comfort mise sur pied par les États-Unis dans le nord de l’Irak
  • Sept. à nov. 1991 : opération de sécurisation Blue Beam au Zaïre.
  • Janvier à février 1993 : opération Sunny Winter au Congo-Brazzaville.
Déploiement préventif en cas de sauvetage nécessaire au Zaïre.
  • 1993 : opération Restore Hope et missions ONU UNOSOM II & III en Somalie.
  • 1994 : mission ONU UNAMIR et opération de rapatriement Silver Back au Rwanda.
  • Avril à juin 1997 : opération Green Stream au Congo-Brazzaville.
Déploiement préventif en cas de sauvetage nécessaire au Zaïre suite aux troubles causés par le changement de régime.
  • Avril à juin 1999 : missions AFOR, Allied Harbour, BELLSSAGROUP en Albanie.
Sécurisation et escorte des populations exilées du Kosovo.
  • Novembre 2002 - avril 2003 : mission OTAN de maintien de la paix au Kosovo.
Instruction des forces armées au techniques de maintien de la paix.
  • 2005 : mission OTAN ISAF en Afghanistan.
  • 2007 : mission OTAN " BELKOS " au Kosovo.
  • 2008 : mission OTAN ISAF 16 en Afghanistan.
  • octobre2009 - février 2010:mission ONU "BELUFIL 10" au LIBAN
  • 2009 - 2010 : mission OTAN "ISAF XXI " en Afghanistan.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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