Forces démocratiques de libération du Rwanda

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Forces démocratiques de libération du Rwanda
Idéologie Hutu Power
Objectifs Supériorité politique des Hutus au Rwanda
Statut actif
Fondation
Date de formation 2000
Pays d'origine Rwanda Rwanda
Actions
Zone d'opération Drapeau de la République démocratique du Congo République démocratique du Congo
Période d'activité 2000-aujourd'hui
Organisation
Chefs principaux Ignace Murwanashyaka (branche politique)
Paul Rwarakabidje (branche armée, les Forces combattantes Abacunguzi)
Membres Entre 6 000 et 22 000 combattants en RDC[1]
Groupe relié Armée de libération du Rwanda, Rastas
Guerre du Kivu
Deuxième Guerre du Congo

Les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR, en kinyarwanda : Urugaga Ruharanira Demokarasi No Kubohoza U Rwanda) sont un groupe armé formé en République démocratique du Congo en 2000. Défendant les intérêts des Hutus rwandais réfugiés en RDC et opposé à la présidence de Paul Kagame, il aurait pris la suite de l'Armée de libération du Rwanda et compterait dans ses rangs des responsables du génocide rwandais, ce qu'il nie. Jusqu'au milieu des années 2000, les autorités congolaises utilisent les FDLR comme supplétifs à l'armée régulière, malgré leurs nombreuses accusations de violences et de prédations contre les populations civiles.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les FDLR sont issues du Comité de coordination de la résistance, un groupe d'exilés rwandais hutus dissident de l'Armée de libération du Rwanda qui se transforme en FDLR en mai 2000. La première apparition des Forces démocratiques de libération du Rwanda date de juillet 2000. Prétendant représenter les intérêts des Hutus rwandais des camps de réfugiés en RDC créés en 1994, les FDLR seraient formées d'anciens membres des Forces armées rwandaises et des milices Interahamwe, prenant la suite selon les observateurs de l'Armée de libération du Rwanda, rassemblant des responsables du génocide au Rwanda et active dans la deuxième partie des années 1990. L'apparition des FDLR se fait sous l'influence du président Laurent-Désiré Kabila, cherchant à créer des groupes paramilitaires contre le Rassemblement congolais pour la démocratie dans le cadre de la Deuxième Guerre du Congo. Si la branche politique est essentiellement basée en Europe, la branche militaire de l'organisation, les Forces combattantes Abacunguzi (Foca) sont actives dans le Maniema, le Nord-Kivu et le Sud-Kivu[2],[3].


Tentant de s'implanter politiquement au Rwanda, il fonde l'Alliance démocratique pour la réconciliation nationale avec les partis tutsis exilés Alliance pour la renaissance de la nation et Nation Imbaga y'Inyabutatu Nyarwanda en 2002. Au début de l'été 2003, le président congolais Joseph Kabila suspend totalement son soutien aux FDLR, quelques mois plus tard, une partie des Foca, dont Paul Rwarakabidje, dépose les armes[3]. Alors que de nombreux membres de l'organisation sont recherchés pour leur participation dans le génocide au Rwanda, selon Amnesty International et les Réseaux d'information régionaux intégrés, les FDLR seraient responsables de pillages, viols, tueries, enlèvements et d'utilisation d'enfants soldats et seraient principalement « responsables de l'insécurité et de l'instabilité » dans l'est de la RDC selon l'ONU[1].

En 2005, les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) mènent une première offensive contre les FDLR. Le 31 mars, elles déclarent condamner le génocide des Tutsis de 1994, être prêts à se démobiliser et à rentrer pacifiquement au Rwanda, mais les observateurs comme Amnesty International et Conseil de sécurité des Nations unies considèrent comme fausses ces déclarations d'intention, même si autour de 1 500 combattants des FDLR rendent leurs armes l'année suivante. En 2007, les FARDC cessent leur opérations contre les FDRL[1], mais le 5 décembre 2008, un accord est conclu entre les gouvernements rwandais et congolais pour lutter contre la rébellion, prévoyant des opérations coordonnées de la Mission de l'Organisation des Nations unies en République démocratique du Congo et des FARDC, épaulées logistiquement par le Rwanda[4]

Le 17 novembre 2009, le chef des FDLR, Ignace Murwanashyaka, est arrêté en Allemagne, où il était réfugié politique depuis 2000, dans le cadre d'une enquête pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité[5].

La Commission d'enquête citoyenne française et la journaliste Colette Braeckman, du journal belge Le Soir, ont eu des informations selon lesquelles la France aurait contribué à leur armement.[réf. nécessaire]

Le , la CPI délivre un mandat d'arrêt contre le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura pour des crimes de guerre commis dans les Kivus[6] et aussi contre Bosco Ntaganda[7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b et c Immigration and Refugee Board of Canada, « Rwanda : information sur les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) », sur unhcr.org,‎ octobre 2007 (consulté le 6 mars 2011)
  2. Tshitenge Lubabu M.K., « Qui sont les FDLR ? », sur jeuneafrique.com,‎ décembre 2007 (consulté le 6 mars 2011)
  3. a et b Jean-Marc Balencie et Arnaud de La Grange, Les Nouveaux Mondes rebelles, Paris, Éditions Michalon,‎ 2005, 500 p. (ISBN 2841862488), p. 237-238
  4. « Accord pour désarmer les rebelles hutus rwandais en RDC », sur lexpress.fr,‎ décembre 2008 (consulté le 6 mars 2011)
  5. Tshitenge Lubabu M.K., « Le parcours d'un jusqu'au-boutiste », sur jeuneafrique.com,‎ novembre 2009 (consulté le 6 mars 2011)
  6. CPI : mandat d'arrêt contre Mudacumura, Le Figaro, 13 juillet 2012.
  7. 2e mandat d'arrêt contre Ntaganda, Le Figaro, 13 juillet 2012.

Liens externes[modifier | modifier le code]