Piano-pédalier

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Erard 1853 - Paris, Musée de la Musique

Un piano-pédalier est un piano équipé d'un pédalier comme celui de l'orgue, dont les marches actionnaient les notes les plus graves du clavier par un système de tirasse ou bien des cordes propres, le plus souvent placées dans une caisse de résonance spécifique . En vogue à la fin du XIXe siècle, Liszt, Alkan, Charles Gounod, Schumann et Camille Saint-Saëns (2e concerto pour piano) ont composé pour cet instrument tombé peu à peu dans l'oubli au cours du XXe siècle, malgré un récent regain d'intérêt à son égard, d'ailleurs parallèle à celui accordé au clavecin à pédalier, ainsi que, plus marginalement, au clavicorde à pédalier. Ce sont effectivement de ces instruments plus anciens et moins complexes dont dérive le piano à pédalier, instruments qui ont autrefois beaucoup servi aux organistes pour travailler sans mobiliser un souffleur (avant l'électricité qui a mécanisé les souffleries) mais qui ont également donné lieu à des pièces propres, aujourd'hui souvent joués à l'orgue : les fameuses sonates en trio de J.S. Bach en sont un exemple particulièrement remarquable.

En 2001, le facteur de pianos Luigi Borgato conçoit un nouveau type de piano-pédalier, le « Double Borgato ». Ce piano-pédalier ne consiste pas en un instrument à une seule caisse de résonance muni d'un pédalier en tirasse 16 ou 8 pieds: il est constitué de deux pianos superposés, l'un, piano à queue normal avec un clavier manuel de 88 touches, l'autre placé au ras du sol se joue avec les pieds et, à la différence du pédalier d'orgue qui ne comporte au maximum que 32 notes de Do-1 à Sol-3, offre une plus grande étendue de 37 notes, du La-0 au La-3.

C'est le compositeur, organiste et pianiste Jean Guillou qui a inauguré ce nouveau piano-pédalier en 2002 et a réalisé le premier enregistrement mondial, réhabilitant les œuvres écrite pour cet instrument au XIXe.

En 2011, à son tour, Olivier Latry, organiste à la cathédrale Notre-Dame de Paris et professeur au CNSMP, enregistre un disque sur le piano-pédalier Erard de 1853 du musée de la musique (photo ci-contre). En 2012, le jeune pianiste Jean Dubé enregistre également un disque sur piano-pédalier ancien comprenant des oeuvres de Schuman, César Franck, Alkan et Liszt. Parallèlement, le pianiste Roberto Prosseda donne depuis 2011 une série de concerts sur piano pédalier moderne. Ce dernier musicien utilise actuellement un système mis au point par le facteur d'orgue italien Pinchi, permettant de former, à partir de deux pianos à queue quelconque, un piano-pédalier par action directe d'un pédalier sur les touches du clavier du second piano auquel on aura préalablement ôté les pieds. Ce système astucieux, aisément transportable et rapide à installer permet au pianiste de se produire dans toute salle de concert pourvue de deux pianos aux sonorités mutuellement compatibles. Il permet - au choix - au pianiste de disposer de sons de 16, 8 et 4 pieds combinables entre eux.

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Description et photo du piano-pédalier Double Borgato