Forêt de Compiègne

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Forêt de Compiègne
Le poteau indicateur au carrefour des Dryades sur le plateau du Voliard
Le poteau indicateur au carrefour des Dryades sur le plateau du Voliard
Localisation
Coordonnées 49° 23′ 53″ N 2° 52′ 23″ E / 49.39796, 2.87301 ()49° 23′ 53″ Nord 2° 52′ 23″ Est / 49.39796, 2.87301 ()  [1]
Pays Drapeau de la France France
Région Picardie
Département Oise
Géographie
Superficie 14 417 ha
Altitudes mini. 30 m — maxi. 148 m
Compléments
Protection Réseau Natura 2000, ZNIEFF
Statut Forêt domaniale
Administration Office national des forêts
Essences chêne ; hêtre européen

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Forêt de Compiègne

La forêt de Compiègne est une forêt domaniale de Picardie proche de Compiègne. D'une superficie de 14 417 hectares, elle constitue un des grands massifs forestiers de France et la troisième forêt domaniale de France métropolitaine par sa taille. Elle est riche autant en production de bois (chêne et hêtre) qu'en gibier.

Géographie[modifier | modifier le code]

La forêt de Compiègne s'étend au nord jusqu'à la vallée de l'Aisne, à l'ouest jusqu'à celles de l'Oise et de l'Automne, à l'est jusqu'aux rus de Berne et de Vandy ; au sud (Champlieu, Morienval) la forêt s'étend sur le plateau, la limite est conventionnelle.

De manière géométrique, le contour de la forêt forme un cercle de 14 km de diamètre et de 43 km de périmètre, sa superficie est de 14 417 ha.

Le point culminant de la forêt est la plaine du haut Palesne dans le Sud-Est à 145 m d'altitude.

L'Aisne la sépare de la forêt de Laigue au nord. Au sud-est, la forêt de Compiègne est séparée de la forêt de Retz par 2,5 km de cultures (au niveau de Brassoir).

Histoire[modifier | modifier le code]

Les lieux au XIe siècle occupés par la forêt étaient à l'époque gauloise un vaste marécage, qui sera partiellement cultivé à l'époque romaine comme le montrent les nombreux vestiges de fermes ou d'habitats gallo-romains.

La forêt proprement dite, autrefois appelée forêt de Cuise, s'étendait plus à l'est, probablement proche du village de Cuise. L'actuel bois de Cuise en faisait partie.

C'est là qu'en 561 selon Grégoire de Tours[2], le roi franc Clotaire Ier « s’en étant allé, comme il était, durant la cinquante et unième année de son règne, dans la forêt de Cuise (la forêt de Compiègne), occupé à la chasse, il fut saisi de la fièvre, et se rendit à Compiègne. Là, cruellement tourmenté de la fièvre, il disait : « Hélas ! Qui pensez-vous que soit ce roi du ciel qui fait mourir ainsi de si puissants rois ? ». Et il rendit l’esprit dans cette tristesse ».

Ce n'est que tardivement au Moyen Âge que les arbres colonisent ou recolonisent les marais, alors délaissés pour composer la forêt actuelle.

De nombreux souverains de France vont aimer y chasser. François Ier est le premier à la faire aménager en traçant 8 routes[3]. Louis XIV fait tracer le grand octogone et 54 routes[3], Louis XV et Louis XVI en feront percer d'autres, jusqu'à 200. Napoléon Ier fait amorcer la percée des Beaux-Monts[3]. La forêt présente un relief varié se pretant bien à la chasse : plateaux entaillés de vallons et de gorges, petites collines appelée les monts, ruisseaux et étangs.

Clairière de l'Armistice[modifier | modifier le code]

La clairière de Rethondes ou clairière de l'Armistice, où le Maréchal Foch a reçu les plénipotentiaires allemands le 11 novembre 1918, se trouve non loin du village de Rethondes, dans la forêt de Compiègne, mais sur le territoire de la commune de Compiègne. Son nom dérive du nom de l'ancienne gare de Rethondes, gare située dans la forêt sur la commune de Compiègne nommée alors ainsi pour la différencier de la gare principale de la ville. C'est de cette gare que partait la voie menant à deux épis ferroviaires qui s'enfonçaient dans une futaie et qui étaient utilisés en 1918 pour le tir longue portée sur les lignes allemandes. En novembre 1918, recherchant un endroit calme et isolé, ni trop éloigné du quartier général allié de Senlis, ni du front, le train du maréchal Foch et le train pour la délégation allemande y seront acheminés. Le wagon-salon du maréchal Foch servira de lieu de négociations et de signature de l'armistice de la Première Guerre mondiale le 11 novembre 1918. Sur ce site, aménagé entretemps en clairière avec monument, et dans ce même wagon, sera également signé l'armistice du 22 juin 1940 à la suite de la bataille de France au début de la Seconde Guerre mondiale.

Autres lieux historiques[modifier | modifier le code]

  • Le château de Compiègne, en lisière de la forêt avec un grand parc s'ouvrant sur celle-ci. Ce château qui servit de lieu de villégiature et de chasse aux rois de France Louis XIV, Louis XV et Louis XVI ainsi qu'aux deux empereurs Napoléon Ier et Napoléon III, abritent entre autres des tapisseries des Gobelins représentant des scènes de chasse de Louis XV dans la forêt de Compiègne.
  • Le château de Pierrefonds, château fort reconstruit par Viollet-le-Duc sous Napoléon III.
  • Village de Saint-Jean-aux-Bois avec son abbatiale, la salle capitulaire attenante et quelques constructions encore visibles d'une ancienne abbaye de bénédictines fondée au XIIe siècle par la reine Adélaide[3].

Chemins et routes[modifier | modifier le code]

La forêt de Compiègne compte aujourd'hui 1 200 km de routes et 311 carrefours baptisés. La forêt est aménagée depuis le Moyen Âge pour la pratique de la chasse à courre. En 1521, à l'époque de François Ier, on trace quatre axes principaux (8 routes) qui se coupent au carrefour du Puits du Roi[4]. Sous Louis XIV, 54 nouvelles routes sont dessinées ; sous Louis XV 229.

Ces routes de chasse délimitent des triangles. Les routes autour du carrefour du Puits du Roi, lieu privilégié de chasse, forment des octogones.

En 1669, on commence à installer des poteaux indicateurs à chaque carrefour et le long des routes en forêt. Les carrefours principaux reçoivent un poteau indicateur caractéristique dessiné sous Charles X. Le nom du carrefour est à mi-hauteur du poteau, c'est-à-dire à hauteur des yeux d'un cavalier. Une marque rouge indique la direction du château de Compiègne, à l'initiative de Napoléon III, l'impératrice Eugénie s'étant égarée avec sa suite, un soir en forêt.

Flore et faune[modifier | modifier le code]

La forêt est essentiellement constituée de futaies de hêtres et de chênes. De manière plus générale, on compte pas moins de 5 600 espèces végétales et de 6 600 espèces animales, dont une importante population de cerfs, de chevreuils et de sangliers.

Arbres remarquables[modifier | modifier le code]

Le plus vieil arbre de la forêt de Compiègne est un if d'environ huit cent cinquante ans (en 2010) planté dans l'enclos de Saint Pierre en Chastres. Le plus vieux chêne est le « chêne Saint-Jean ». Il a entre sept cent cinquante et huit cents ans (en 2010). C'est un chêne rouvre ou sessile planté sous saint Louis entre Saint-Jean-aux-Bois et le carrefour du Boquet Colin. Son tronc mesure 2,5 m de diamètre à 1,50 m du sol[5]. C'est l'un des plus vieux et des plus gros arbres forestiers de France. La forêt de Compiègne a de nombreux arbres remarquables : chênes de deux cents à quatre cent cinquante ans, hêtres (dont un fau de Verzy ou hêtre tortillard), ormes lisses, cèdres, pins laricio de Corse greffés, notamment « le Veilleur »[6]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Coordonnées du carrefour de la Faisanderie, relevée sur Google Maps
  2. Grégoire de Tours, Histoires, Livre IV
  3. a, b, c et d La Picardie, p 111, de René Gast, Itinéraires de découvertes, éditions Ouest-France, 2003.
  4. Jérôme Buridant, "La forêt et la chasse au XVIe siècle", in : Claude d'Anthenaise, Monique Chatenet (éd.), Chasses princières dans l'Europe de la Renaissance, Paris : Actes sud, 2007, p. 159-178.
  5. Le diamètre des arbres se mesure à hauteur de poitrine d'un homme
  6. François Beauvy, Le Veilleur du mont Saint-Mard et autres arbres remarquables de la forêt de Compiègne, Cuise-la-Motte, Ed. du trotteur ailé, 2010, 48 p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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