Bon-Adrien Jeannot de Moncey

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Bon-Adrien Jeannot de Moncey
Image illustrative de l'article Bon-Adrien Jeannot de Moncey

Surnom Fabius
Naissance 31 juillet 1754
Moncey, paroisse de Palise[1]
Décès 20 avril 1842 (à 87 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royal Standard of King Louis XIV.svg Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Arme Infanterie
Grade Maréchal d'Empire
Années de service 17701830
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Expédition d'Espagne
Commandement Inspecteur-général de la gendarmerie
Gouverneur des Invalides
Distinctions Duc de Conegliano
Légion d'honneur
(Grand aigle)
Ordre royal et militaire de Saint-Louis
(Grand-croix)
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 33e colonne
Hommes illustres (Louvre)
Autres fonctions Pair des Cent-Jours
Pair de France
Famille Frère puîné de Claude-Marie Jeannot, baron de Moncey

Bon-Adrien Jeannot de Moncey né à Moncey, paroisse de Palise[1] près de Besançon dans le Doubs, le 31 juillet 1754 (baptisé le 1er août) et mort à Paris le 20 avril 1842, était un maréchal d'Empire et duc de Conegliano.

Le nom Moncey vient d'un hameau que la famille acheta en 1789 au marquis de Cheylard. Au sein de la Grande Armée, le maréchal Moncey reçut le surnom de « Fabius ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils cadet d'un avocat au parlement de Besançon, Bon Adrien passera sa petite enfance dans la propriété familiale à Moncey puis commence des études au collège de Besançon. Moncey était doté d'un caractère bouillant et d'une imagination guerrière. Son père prit grand soin de son éducation, mais ne put dompter son caractère ardent et indocile.

Premiers engagements[modifier | modifier le code]

Après des études incomplètes le jeune Moncey, bravant les préventions alors attachées aux jeunes gens qui s'enrôlaient comme simples soldats, s'échappa, en 1770, du collège pour s'engager dans le régiment de Conti-Infanterie, sans l’accord de son père, annonçant au sergent recruteur qu’il a 16 ans. Au bout de six mois, son père acheta son congé. Le jeune homme eut à peine passé un an dans sa famille, que le 15 septembre 1769, il s'engagea dans le régiment de Champagne où sa belle taille le fit aussitôt admettre au nombre des grenadiers. Ce fut en cette qualité qu'il fit la « campagne des côtes de Bretagne » en 1773, campagne mise en œuvre dans le but de les protéger contre les entreprises des Anglais. Cette espèce de campagne fournit à Moncey diverses occasions de donner des preuves de son intelligence et surtout de son amour pour la discipline.

Tous ses goûts l'entraînaient irrésistiblement vers les armes (ses oncles et cousins étaient officiers du roi et firent naitre en lui la vocation militaire), mais cette carrière ne pouvait mener à rien un simple roturier. Son père « le racheta » une seconde fois. Revenu à Besançon, Moncey parut enfin vouloir se conformer aux vues de son père, et se livra pendant quelques mois à l'étude du droit. Mais ce zèle dura peu. Il fallait à cette âme ardente une vie d'émotion et d'activité que les luttes paisibles du barreau ne pouvaient lui offrir.

Dès la fin de l'année 1774, sa vocation l'emporta encore : il s'engagea dans le corps privilégié de gendarmerie de la Garde de Lunéville, troupe d'élite, où les simples soldats avaient rang de sous-lieutenants.

Après quatre ans de service, il passa, le 20 août 1778, avec son grade de sous-lieutenant de dragons dans la légion des volontaires de Nassau-Siegen, ainsi appelés du nom de leur colonel. Allant d’unité en unité, prenant des congés, il sera alors qualifié d’« inconscient et léger » (jugement de 1779). Il devint lieutenant en second en 1782, puis lieutenant en premier en 1785. Ce régiment, au commencement de la Révolution, devint le 5e bataillon d'infanterie légère, et fut, dès la fin de l'année 1792, envoyé à l'armée des Pyrénées.

Commandant en chef de l'armée des Pyrénées-Occidentales[modifier | modifier le code]

Pierre-Joseph Dedreux-Dorcy, « Bon-Adrien Jeannot de Moncey, capitaine au 7e de ligne en 1792 », 1834.

Moncey se montra partisan de la Révolution française. Nommé capitaine le 12 avril 1791, il commandait, au mois de juin 1793, le 5e bataillon d'infanterie légère devant Saint-Jean-Pied-de-Port. Depuis la malheureuse issue du combat de Château-Pignon, fatale journée qui ne fut point sans quelque gloire, grâce à la bravoure du capitaine Moncey, les troupes françaises, accablées par le nombre, attendaient sous le canon de cette place l'occasion de se venger.

Le 5 février 1794, le général espagnol Caro, enivré du succès éphémère de son coup de main sur Château-Pignon, ayant rassemblé ses divisions, leur ordonna d'attaquer les Français dans leur camp d'Hendaye. Les deux partis firent des prodiges de valeur : la victoire flottait, indécise. Sur ces entrefaites, l'impétueux Moncey, investi depuis peu du grade de chef de bataillon à la tête de la 5e demi-brigade légère de première formation (26 juin 1793), qui, au bruit du canon et de la mousqueterie, avait quitté le lit de douleur où il était retenu, vola au secours de ses frères d'armes. Sa rare intrépidité ne contribua pas médiocrement à l'heureuse issue de la bataille. Dans la position où se trouvait la France à cette époque, la prise du camp d'Hendaye dit aussi « des sans-culottes », aurait pu avoir les plus funestes conséquences. Sa conservation, au contraire, maintenait les Français aux portes de l'Espagne.

Pour le récompenser de sa belle conduite dans cette journée, les représentants en mission auprès de l'armée des Pyrénées-Orientales le nommèrent chef de brigade. Le Comité de salut public ne se contenta pas de confirmer sa promotion à ce grade élevé ; peu de temps après, il lui conféra celui de général de brigade le 18 février 1794), du fait du manque d'officiers supérieurs. Il est ainsi l'un des quatre futurs maréchaux d'Empire à avoir sauté le grade de colonel institué par le décret du 21 février 1793. Peu de temps après, il fut promu au grade de général de division le 9 juin 1794.

Montrant au conseil de guerre tenu en juillet 1794 plus de confiance que le général Muller, commandant en chef, il préconisa l'offensive, vit ses idées en partie adoptées, et fut placé à la tête de l'aile gauche. Moncey exécuta très heureusement les mouvements qu'il avait conçus.

Moncey se distingua également à la prise de la Montagne de Louis XIV, à l'affaire des Aldudes, au siège de Tolosa.

Jannot de Moncey, informé que les représentants le proposaient à la Convention nationale pour remplacer le général Muller au commandement supérieur de l'armée des Pyrénées, s'empressa de décliner un tel honneur, dans une lettre qu'il leur écrivit, et dans laquelle il déclarait, avec une rare modestie, que, n'ayant point les qualités nécessaires à un général en chef, il était résolu à ne point accepter ce commandement. Les représentants n'en persistèrent pas moins dans leur projet ; car, pour en finir avec l'Espagne, il fallait un second Dugommier, et Moncey fut définitivement choisi. Voici en quels termes ils s'étaient exprimés dans leur rapport au gouvernement, sur la prise de Pasaia et de Saint-Sébastien : « Ce général a déployé, dans cette occasion, non seulement le courage, les talents, la prudence et la sagesse dont il a déjà donné des preuves réitérées, mais encore toute la grandeur, la majesté et la fierté républicaines. Ses propositions et ses réponses aux demandes qui lui étaient faites sont dignes de la cause qu'il défend, de l'armée qu'il commande et du peuple pour lequel il combat. »

Moncey céda lorsque les représentants lui remirent le décret de sa nomination, datée du mois de fructidor (9 août 1794). Dès lors, jaloux de justifier la confiance du gouvernement, il s'appliqua à terminer la lutte par un coup décisif.

Moncey pénétra le 24 juillet 1794, dans la vallée de Baztan, à la tête de quatre colonnes. Cette vallée, d'environ six lieues de longueur, est entourée de hautes montagnes qui la resserrent dans une longueur très inégale. Il s'empara du col d'Amaiur, puis il se dirigea vers la montagne des Quatre-Couronnes, en passant par Lesaka, pour tourner le camp retranché des Espagnols établi à Saint-Martial (Irun), dont l'artillerie formidable défendait le passage de la Bidassoa.

On s'imagine difficilement ce qu'il fallut de courage à ses soldats pour gravir cette terrible montagne des Quatre-Couronnes. Obligés de former une seule file sur une pente raide, coupée de précipices, ils se soulevaient, se poussaient l'un l'autre, s'accrochaient aux rochers avec les pieds et les mains. Enfin, cette espèce de manœuvre dura pendant six heures sous le feu de l'ennemi, qui, étonné de tant d'audace, finit par abandonner ses camps, près de 150 tentes, et se retira du côté d'Oiartzun.

Frégeville, à la tête de sa colonne, rivalisant de hardiesse, traversait en même temps le Bidassoa, ayant de l'eau jusqu'à la ceinture, sous le feu croisé de deux batteries ennemies. Tout-à-coup, Moncey, soutenu par Delaborde, apparut aux yeux des Espagnols sur le sommet des Quatre-Couronnes. À cette vue, ils comprirent qu'ils allaient être tournés, et, saisis d'épouvante, ils quittèrent leurs retranchements, dont ils firent sauter une partie, abandonnant leur artillerie, leurs munitions, leurs magasins, et s'enfuirent du côté d'Hernani.

Après avoir fait sa jonction avec Frégeville à Oiartzun, Moncey marcha sur Fontarabie, s'empara de cette ville (où il trouva d'immenses provisions) (1er août 1794), se dirigea ensuite vers le port de Pasaia (2 août 1794) et se rendit maître des hauteurs de Saint-Sébastien. 3 000 hommes de l'armée espagnole s'étaient enfermés dans cette place. Latour-d'Auvergne, à la tête des grenadiers qui formaient l'avant-garde, eut mission de négocier la capitulation qui eut lieu en effet le même jour (4 août 1794). Après un combat à Billabona, Tolosa fut occupée à son tour (9 août 1794). Moncey établit son quartier-général à Elizondo, dans la vallée du Baztan.

Cette campagne, qui avait duré moins de cinq jours, le mit en possession de 200 bouches à feu, 12 000 fusils, plusieurs drapeaux, 20 000 tentes, 2 000 prisonniers, 30 navires chargés d'objets précieux et de munitions de guerre. 3 000 morts environ étaient restés sur le champ de bataille.

Légèrement blessé à Roncevaux, le général y fait détruire la pyramide élevée par les Espagnols dans la plaine, en mémoire de la défaite essuyée par Charlemagne.

Dès le 17 octobre 1794, Moncey est de nouveau à la hauteur de sa récente promotion en battant encore les Espagnols à Orbaitzeta[2]. La victoire, maîtrisée par la force des choses, mit néanmoins l'armée révolutionnaire en possession de la Navarre espagnole, hors la place de Pampelune ; en outre, 2 500 prisonniers, 50 canons, 2 drapeaux, différents magasins, les fonderies d'Orbaitzeta et d'Eugui, évaluées à 30 millions, furent le fruit des habiles combinaisons de Moncey. Le 28 novembre de la même année, un corps d'armée de 4 à 5 000 hommes, commandé par le général Ruby, fut mis en pleine déroute, et laissa 200 prisonniers, 4 drapeaux, 1 pièce de canon en bronze, l'unique de l'armée espagnole, 5 000 fusils ou carabines, 38 caissons, la caisse militaire, les magasins du quartier-général de Bergara et des munitions considérables. La prise des deux jolies villes d'Azkoitia et d'Azpeitia vint ajouter encore aux avantages obtenus à Bergara.

Vers la fin du même mois, Moncey avait donné l'ordre d'occuper Gaztelu, village à une lieue et demie, à la gauche de Tolosa, plongeant le chemin de Lekunberri ; mais l'ennemi avait eu le temps de s'emparer de cette position, où il était en force. Cependant il fallait l'en déloger à tout prix. Le 1er bataillon des chasseurs basques, le 2e du Tarn et le 7e du Gers attaquèrent Gaztelu. Après un combat assez vif, les Espagnols se mirent en retraite, pendant laquelle ils éprouvèrent d'assez grandes pertes. On retrouva parmi les morts le colonel des Catalans. Moncey écrivit à la Convention pour lui annoncer le succès qu'il venait de remporter dans cette journée, et terminait sa lettre par ces mots : « J'espère que ce choc dégoûtera l'ennemi d'établir ses cantonnemens trop près des nôtres ; s'il s'y obstinait, nous l'en ferions repartir derechef. »

La neige qui couvrait les montagnes mit fin momentanément à la guerre. Durant cette trêve obligée, la cour d'Espagne, excitée par l'Angleterre, ordonnait de nouvelles levées, appelait la nation à une espèce de guerre sainte, changeait ses ministres et ses généraux, pendait les hommes qui lui étaient suspects, recevait de la Grande-Bretagne des promesses, et de la cour de Lisbonne l'assurance que 5 000 soldats portugais marcheraient incessamment vers les frontières de France.

L'armée des Pyrénées-Occidentales, sous les ordres du général en chef Moncey, jouissait de l'admirable position qu'elle avait su conquérir ; composée de 76 bataillons, elle formait, au mois de février 1795, une ligne dont la droite, appuyée à la mer, se prolongeait jusqu'à la vallée d'Azpeitia ; le centre s'étendait dans les vallées de Lerin et de Baztan ; l'aile gauche rentrait ainsi sur le territoire de la République et s'adossait à la place de Villefranche. L'armée française occupait donc activement vingt lieues dans le pays ennemi, qui la pourvoyait des denrées de première nécessité. D'autre part, les postes de Pasaia et de Getaria assuraient la navigation de tout le golfe de Gascogne, tandis que les corsaires français interceptaient le commerce de la péninsule Ibérique par de fréquentes captures.

Moncey vainquit le général Crespo près d'Urretxu[3], à Arrasate et à Eibar. Cependant Crespo, forcé de fuir et redoutant que les Français ne marchent sur Pancorbo et ne s'emparent de ce boulevard de la Castille, chercha à les attirer sur un autre point. En conséquence il se porta vers Bilbao à marches forcées ; mais ce ne fut que pour l'abandonner au plus vite et courir définitivement au secours de Pancorbo, car l'invasion de l'armée républicaine s'étendit si rapidement qu'il craignit tout pour cette importante forteresse. Le 19 juillet 1794, les Français prirent possession de Bilbao, et se rendirent entièrement maîtres de la province de Biscaye. Ils trouvèrent dans Bilbao des magasins immenses en provisions de toute espèce.

Moncey conclut à Saint-Sébastien un armistice, préliminaire du traité de Bâle, signé le 22 juillet 1795, par les délégués français et espagnols. Il revint alors en France pour y goûter quelque repos.

Le 31 août 1795, il fut appelé au commandement en chef de l'armée des côtes de Brest. Ce poste était important : en même temps qu'il fallait surveiller les tentatives incessamment renouvelées sur nos côtes par les Anglais et les émigrés, il fallait mener à bien, en Bretagne, l'œuvre de pacification que Hoche venait de terminer dans la Vendée. L'esprit de modération et la générosité de cœur qui ont toujours distingué Moncey lui facilitèrent l'accomplissement de sa tâche. Il consacra tous ses soins à faire disparaître les traces que les discordes politiques avaient laissées dans cette province.

Après un an de séjour, il fut envoyé à Bayonne pour commander la 11e division militaire le 1er septembre 1796. Il resta là dans une inaction qui dut lui être d'autant plus pénible qu'il voyait nos armées cueillir de nouveaux lauriers sur le Rhin, au-delà des Alpes et sur les bords de Nil. Moncey était peu solliciteur : il avait commandé en chef et avec éclat une armée qui n'existait plus, celle des Pyrénées ; avec elle il avait forcé l'Espagne à la paix ; il eût, désiré sans doute une position analogue dans une autre armée. Le Directoire l'oubliait, il ne fit rien pour se rappeler à son souvenir.

Après le coup d'État du 18 fructidor an V, des rapports de police le signalèrent comme royaliste ; les agents des Bourbons le traitaient du moins comme tel et le désignaient, dans leurs rapports, sous le surnom « Laurens 1262 ». Bien qu'il fût étranger à ces menées, le Directoire le destitua le 26 octobre 1797. Il vécut deux ans dans une obscure retraite, vint à Paris solliciter la justice qui lui était due, et, à force d'instances, fut rappelé à l'activité le 2 septembre 1799. Dans une lettre du 15 novembre suivant, à Berthier, il se plaignait de n'avoir encore reçu ni destination, ni traitement. Cette disgrâce lui fut comptée par les Bourbons en 1814, qui lui en surent autant de gré que s'il l'avait méritée.

Campagne d'Italie (1799-1800)[modifier | modifier le code]

Lors du coup d'État du 18 brumaire, s'étant trouvé dans la capitale, il seconda le général Bonaparte de tout son pouvoir. On sait que de pareils services ne furent jamais oubliés de celui-ci. Aussitôt après son triomphe, il donna à Moncey le commandement de la 15e division militaire, à Lyon. Moncey, par l'aménité de son caractère, la modération de son autorité, la prudence des mesures et des actes de son administration, s'y concilia l'amitié, l'estime de tout le monde.

Au moment de la campagne d'Italie (1799-1800), Moncey fut envoyé commander un corps d'armée issu de l'aile droite de l'armée du Rhin. Tandis que l'armée principale gravissait le col du Grand-Saint-Bernard, on lui avait ordonné d'amener, à petites journées, ces 20 000 hommes depuis la frontière de la Suisse par le Saint-Gothard. Le 17 mai 1800, à la tête de ses hommes, Moncey, rivalisant de courage avec le plus simple de ses soldats, s'élança sur les escarpements du terrible col.

Débouchant par les vallées du Tyrol, ce corps prit part à l'invasion de la Lombardie. Le 22 mai, il s'était emparé de Bellinzona ; la veille, Monzambano lui avait ouvert ses portes ; le lendemain, il occupait Locarno et Lugano par des postes avancés. Le 28, il était à Milan.

Au mois de juillet, alors que l'armée allait prendre position à Marengo, le général Moncey fut chargé d'occuper Plaisance, d'où il devait observer Bobbio, garder le Tessin, la Sesia et l'Oglio, depuis le confluent de cette rivière jusqu'au , pousser en outre des reconnaissances sur Peschiera et Mantoue. Ces mouvements, combinés avec ceux des divisions Chabran, Lapoype et un détachement laissé à Ivrée, avaient pour but d'empêcher l'ennemi soit de pénétrer en Toscane pour se porter sur Gênes, soit de tenter le passage du Pô et du Tessin pour gagner Mantoue ou se faire jour par la rive droite du Pô, en combattant notre armée, soit enfin de se renfermer dans Turin.

Lors de l'armistice qui suivit l'immortelle journée de Marengo, l'armée de gauche, aux ordres du général Moncey, occupa la Valteline.

À Roveredo, il fit un grand nombre de prisonniers, après avoir battu les Autrichiens à la Chiusa, à la Corona, à Serravalle. En dépit des généraux du Tyrol italien et quelques efforts qu'ils fissent, il parvint à opérer sa jonction avec Macdonald et l'armée des Grisons. Cette opération, d'une grande importance, fut même si rapidement exécutée, que l'ennemi continua de manœuvrer pendant cinq jours, tant il était loin d'en supposer le succès.

Dans la campagne suivante, en 1801, chargé du commandement de l'aile gauche de l'armée sous la direction de Brune, il se porte sur le village de Monzambano, dont il s'empare après une action très vive, où il eut un cheval tué sous lui. Ce succès était important en ce qu'il ouvrait à l'armée entière le passage du Mincio. L'ennemi, battu à Pozzuolo, à Valleggio, à Salionzo, se replia sur l'Adige. L'armée française l'y suivit en passant l'Adige à Bussolengo. Le général en chef autrichien Bellegarde se porte sur Vicence, pour attendre l'arrivée des généraux Laudon (de) et Vukasović (de), qui descendaient du Tyrol avec des renforts. Brune ordonna à Moncey de se porter sur Trente pour y faire sa jonction avec Macdonald : le résultat de cette manœuvre devait être d'isoler le corps autrichien de Laudon, de le cerner et de le tailler en pièces. Ce résultat allait être obtenu quand Laudon se tira du mauvais pas à l'aide d'une supercherie indigne d'un soldat. Il envoya au général français un officier de son état-major pour lui annoncer qu'il venait de recevoir la nouvelle certaine d'un armistice conclu entre leurs chefs respectifs Brune et Bellegarde, et pour demander de conclure une convention semblable. Le loyal Moncey, ne soupçonnant pas que cet avis fût un piège, accorda la suspension d'armes demandée, et Laudon lui échappa en défilant pendant la nuit sur la passe étroite de Caldonazzo, où il eût été écrasé.

Brune, informé de cette nouvelle, se hâta de démentir l'assertion du général autrichien, mais il était trop tard. Furieux de voir manquer son plan, il enlèva le commandement à Moncey, et envoya Davout pour le remplacer, mais ce dernier, par respect pour son collègue, se contenta de prendre le commandement de la cavalerie, et l'armée entière, indignée de la mauvaise foi de Laudon, précipita sa marche pour en tirer vengeance. Elle allait l'atteindre quand les plénipotentiaires autrichiens se présentèrent à Brune en proposant un armistice aux conditions imposées par Bonaparte.

Après la paix de Lunéville (1801), il eut le commandement militaire des provinces de l'Oglio et de l'Adda, converties en départements français. Commandement qu'il garda jusqu'au 3 décembre 1801, époque à laquelle le premier consul l'appela à Paris pour lui confier les fonctions d'inspecteur général de la gendarmerie.

Inspecteur-général de la gendarmerie[modifier | modifier le code]

En 1801, il fut rappelé à Paris pour y exercer les fonctions d'inspecteur de la gendarmerie. Ce nouvel emploi l'ayant amené dans la capitale, son crédit auprès du Premier Consul augmenta beaucoup. Dès lors il fut chargé de diriger une de ses nombreuses polices, ce qui lui était très facile par le moyen de la gendarmerie. Dans cette nouvelle position, Moncey se montra ce qu'il avait été sur les champs de bataille, intelligent, honnête, laborieux, dévoué.

Moncey accompagna en 1803 Bonaparte dans son voyage des Pays-Bas. C'est à partir de cette époque que Jannot de Moncey occupa le château de Baillon à Asnières-sur-Oise ; lequel lui avait été donné par Napoléon Ier : auprès des armes de Moncey encore visibles au frontispice, on peut lire ces mots : « Le château de Baillon a été donné par l'empereur Napoléon au maréchal duc de Conegliano. »

En 1804 il présida le collège électoral du département du Doubs, et fut élu candidat au sénat conservateur par le département des Basses-Pyrénées, qui avait gardé souvenir de sa belle campagne de 1794.

Le 19 mai 1804, Napoléon, devenu empereur, le comprit parmi les dix-huit généraux élevés au rang de maréchaux de l'empire. Le 2 décembre 1804, lors du sacre de Napoléon Ier, au milieu des autres maréchaux, debout sur les marches de l'autel, Moncey portait la corbeille du manteau de l’Impératrice Joséphine.

Il fut créé grand-cordon le 2 février 1805) et chef de la 11e cohorte de la Légion d'honneur.

Duc de Conegliano depuis le 2 juillet 1808, Moncey restait chargé alors de commandements militaires de seconde ligne.

Durant les campagnes d'Allemagne, Napoléon, désireux de conserver pendant son absence à l'intérieur quelques chefs sûrs et dévoués, laissa Moncey à Paris pour y continuer ses fonctions d'inspecteur général de la gendarmerie.

Campagne d'Espagne (1808-1809)[modifier | modifier le code]

Moncey prit cependant une part active à la campagne d'Espagne en 1808 et 1809.

En 1808, lorsque l'Empereur voulut faire occuper le trône d'Espagne par un membre de sa famille, le maréchal Moncey, à la tête de 24 000 hommes, passa de nouveau la Bidassoa et alla avec le gros de son armée établir son quartier-général à Burgos ; une de ses divisions gagna la Navarre et un certain nombre de bataillons se portèrent en Biscaye.

On sait par quel coup de main les généraux français se rendirent maîtres de la citadelle de Pampelune, de Barcelone, de Cadix, de Madrid, du fort San Fernando et de la place de Saint-Sébastien.

L'abdication de Charles IV et de son fils l'infant Ferdinand causèrent un mouvement insurrectionnel général en Espagne. La guerre commença par des massacres. Aux premiers symptômes du soulèvement, les troupes françaises qui stationnaient sur les différents points de la Biscaye, de la Navarre, de la Catalogne, du royaume de Léon, de la vieille et de la nouvelle Castille et de l'Aragon, se mirent en mesure d'en comprimer le développement. Le corps d'observation des côtes de l'Océan, composé de 24 650 hommes, fut mis aux ordres du maréchal Moncey.

L'émeute de Madrid du 2 mai avait été comme un signal auquel toutes les provinces s'étaient empressées de répondre ; le royaume de Valence était en armes au mois de juin.

Le général Caro y avait pris le commandement en chef de l'insurrection et n'avait rien négligé de tout ce qui pouvait lui donner une attitude formidable ; il se trouvait à la tête d'un corps de 25 000 hommes bien équipés et parfaitement disciplinés.

Joachim Murat chargea le maréchal Moncey de dissiper cet attroupement. Le maréchal, s'étant mis en mouvement dans la province de Tolède, où ses troupes étaient alors cantonnées, s'avança, par la province de Cuenca, sur le bourg de la Pesquera, situé dans cette même province, et où l'avant-garde du général Caro occupait une belle position, couvrant avec 4 pièces d'artillerie le pont de la rivière de Cabriel, à l'entrée d'un défilé. Malgré tous ces avantages, les Espagnols furent forcés à la baïonnette : le pont, le défilé, les canons, tout appartint aux Français. Un bataillon suisse et quelques gardes wallonnes passèrent du côté français. L'avant-garde ennemie se replia sur un autre corps intermédiaire, posté à Las Cabrillas, en avant du village de Siete Aguas, dans la province de Valence, sur la grande route de la ville de ce nom.

Cette position, déjà très forte par elle-même, fut soigneusement retranchée, et les Espagnols semblaient y défier le courage et l'audace des Français. Après une vigoureuse défense, l'ennemi, culbuté, battit en retraite, reculant de mamelon en mamelon, mais se défendant toujours ; il fut mis enfin en déroute, avec perte de 1 500 hommes, de 12 pièces de canon, et d'une quantité considérable de munitions et de bagages.

L'armée française continua sa marche sur Valence, suivant la trace des fuyards. Ceux-ci se réunirent au gros des leurs, que le général Caro avait posté en avant de la ville, à deux lieues environ, derrière un canal, avec une batterie de 5 pièces de canon, qui défendaient le pont jeté sur le Guadalaviar, dont le feu croisait la grande route au village de Quarte. Les Espagnols avaient même coupé le pont pour plus de sûreté. Le maréchal fit avancer son artillerie, qui démonta leurs pièces ; il forma plusieurs colonnes d'attaques qui, frappant sur plusieurs points le front de l'armée ennemie, y jeta le désordre et la terreur. La batterie fut enlevée, et la déroute des Espagnols si complète, qu'ils ne purent se rallier. Le maréchal Moncey fit rétablir le pont pendant la nuit pour y faire passer ses troupes, et dès le lendemain, 28 juin, il se porta sur Valence.

L'attaque de cette ville offrait de grandes difficultés, défendue qu'elle était par la population entière, qui avait fait serment de l'incendier plutôt que de la rendre aux Français, et abritée d'ailleurs par de bonnes murailles, dont une multilude de canons rendaient l'abord très difficile. Pour rendre la résistance plus vigoureuse, les habitants avaient retranché les faubourgs qui s'étendent jusqu'à ses portes.

Moncey fit lui-même la reconnaissance de cette ville et en ordonna l'attaque. Tous les obstacles furent franchis, les faubourgs enlevés et jonchés de morts ; 20 pièces de canon tombèrent au pouvoir des Français : mais ses remparts, entourés de fossés pleins d'eau, la mettaient à couvert d'un coup de main. Le maréchal fut obligé d'attendre l'arrivée de quelques pièces de grosse artillerie ; il cantonna ses troupes dans les faubourgs et aux environs de la place.

Deux jours après, il fut informé qu'un rassemblement de 5 à 6 000 insurgés se montrait sur la rive droite du Xuxar pour soulager Valence au moyen d'une diversion. Moncey prit aussitôt cette direction, et rencontra l'ennemi qui s'était retranché sur des hauteurs, le culbuta et le poussa jusqu'au col d'Almansa, sur la frontière du royaume de Murcie. Le 3 juillet, il le chassa de cette position et lui fit éprouver de grandes pertes.

Après cette expédition, le maréchal reprit le chemin de Valence. L'artillerie prise a l'ennemi venant renforcer la sienne, le mettait à même de réduire la place de Valence, mais il en fut empêché par les événements qui survinrent en Andalousie. 5 000 morts, 50 canons et 3 drapeaux furent le brillant résultat de cette courte campagne.

Vainqueurs d'une partie des insurgés du royaume de Valence au défilé d'Almanza, les troupes françaises furent attaquées à l'improviste en retour par le général Caro. Saisies d'une frayeur panique, elles ne combattirent point avec leur résolution accoutumée. Vainement les généraux firent-ils les plus grands efforts pour ramener l'ordre dans les rangs désorganisés, il leur fut impossible de rétablir le combat : plus de 1 000 hommes de toutes les armes perdirent la vie dans ce fâcheux désordre. La populace de Valence, qui avait suivi le général Caro dans son mouvement, exerça les plus cruelles indignités sur les cadavres des malheureux soldats. À son retour à Valence, elle continua ses excès en assassinant non seulement tous les Français qui s'y trouvèrent prisonniers, mais encore tous ceux des Espagnols que leur conduite antérieure rendait suspects aux chefs de l'insurrection.

Le maréchal Moncey ayant rallié ses troupes dans la position de San Clémente, se préparait à prendre une revanche terrible, lorsqu'il reçut ordre de se rapprocher de Madrid.

Au mois d'août il repassa l'Èbre, et vint se joindre aux différents corps qui s'étaient repliés sur ce point lors de la défection du général La Romana. Ses troupes, formant la gauche de la ligne d'opération, bordaient la rive droite de l'Aragon ; il avait établi son quartier-général à Tafalla.

Deux succès récents avaient relevé le courage des Espagnols et ranimé leur enthousiasme, de toutes parts ils prenaient l'initiative, et la fortune semblait les conduire.

Le 25 octobre, des détachements de l'armée du général Castaños occupèrent Viana et Lerín. Le maréchal Moncey, voyant quelques-unes de ses positions menacées, fit avancer les brigades aux ordres des généraux Mabert et Razout, et celle de cavalerie du général Wathier, pour arrêter les Espagnols dans ce mouvement offensif et reprendre les postes occupés. L'ennemi, attaqué vigoureusement, fut culbuté et mis en déroute : 1 200 hommes, entourés dans Lérin, furent forcés de mettre bas les armes : 1 colonel, 2 lieutenants-colonels, 40 officiers et 1 200 vieux soldats, appartenant aux troupes de ligne qui avaient été tirées du camp de Saint-Roch, tombèrent au pouvoir des Français.

Resté sous les murs de Valence, il ne fut pas plus heureux dans son attaque contre Saragosse, défendue par le brave Palafox. Il se distingua néanmoins d'une manière particulière lors de ce siège où il faillit être tué par un moine :

Assaut des troupes françaises contre le Monastère de Santa Engracia le 8 février 1809, Louis-François Lejeune.

Après la bataille de Tudela, si fatale aux Espagnols, le maréchal Moncey commanda le 3e corps d'armée employé au second siège et à la prise de la ville de Saragosse, défendue alors par le général espagnol Palafox, 35 à 40 000 hommes de troupes réglées, environ 15 000 paysans bien armés et la totalité de la population. Tous les jours que Moncey passa devant les murs de cette place furent marqués par une victoire. Toutes les positions favorables au siège avaient été prises, les tranchées ouvertes, lorsque le maréchal, rappelé en France, dut remettre son commandement au duc d'Abrantès le 2 janvier 1809.

En août de la même année 1809, l'Angleterre ayant porté la guerre sur les côtes de la Hollande, Moncey fut envoyé en Flandre pour prendre le commandement de l'armée d'observation qui établit ses cantonnements dans le pays d'Hulst, d'Axel et de Cadzand. Il y fit face aux Anglais qui débarquaient à Walcheren.

Après le désastre de cette expédition, Moncey rentra en France en 1811 où il eut à organiser des divisions de réserve destinées à l'armée du Nord. Napoléon ne lui confia plus que des commandements de réserve, avec la direction de la gendarmerie, ce qui fut toujours considéré comme l'un des plus grands moyens de son gouvernement. Moncey avait pour cela des pouvoirs très étendus ; il disposait de sommes considérables et ne rendait compte qu'à l'empereur lui-même. C'était en quelque façon le contrôleur, le surveillant de la police de Fouché et de celle de tous les départements, de tous les préfets, qui le surveillaient à leur tour. Il fut ainsi initié aux secrets les plus importants, et la confiance que le maître eut en lui dut être absolue.

Barrière de Clichy[modifier | modifier le code]

Quand fut résolue la fatale campagne de Russie (1812), il fut un des généraux qui manifestèrent le plus ouvertement leur improbation. Napoléon, qui n'aimait pas être contredit, ne l'appela point à prendre part à cette campagne. On sait quelle suite de revers marquèrent les années 1812 et 1813.

Toutefois l'Empereur nomma Moncey, le 11 janvier 1814, major-général, commandant en second de la garde nationale de Paris. Napoléon Ier lui dit en partant pour sa campagne d'hiver : « C'est à vous et au courage de la garde nationale que je confie l'impératrice et le roi de Rome… » En réponse à ce témoignage de confiance, Moncey remit à l'empereur une adresse, au nom de la garde nationale, qui ne fut pas une vaine déclamation, mais des promesses et des protestations de dévouement, auxquelles on ne peut nier qu'il ne soit pas resté fidèle, autant que les évènements le lui permirent.

La Barrière de Clichy : le maréchal Moncey donne ses ordres à l'orfèvre Claude Odiot, colonel de la garde nationale, Horace Vernet, 1820.

Il organisa avec beaucoup de zèle la garde nationale. Le jour décisif arriva le 30 mars 1814. Il disposait de quelque mille hommes. Il les disposa sur les hauteurs de Belleville et des Batignolles. Il tint aussi longtemps qu'il put contre l'écrasante supériorité numérique des alliés, et combattit avec une bravoure héroïque sur la place Clichy, où se dresse aujourd'hui sa statue (édifiée en 1870). On le vit à la tête des plus braves donner l'exemple du courage et ne cesser de combattre que quand la capitulation, qui fut préparée et signée par le duc de Raguse, eut forcé tout le monde à déposer les armes.

Un ordre impératif obligea Moncey de suivre l'armée : il remit au duc de Montmorency le commandement de la garde nationale, et, réunissant aux Champs-Élysées les débris des troupes de ligne restées sans chefs, il se retira avec elles à Fontainebleau pour les mettre sous les ordres de l'empereur. On sait quelles furent bientôt les conséquences de la défection de Marmont, puis la déchéance et l'abdication de Napoléon.

Le 11 avril, de retour à Paris, il fit connaître au gouvernement provisoire l'adhésion du corps de la gendarmerie, qu'il avait reçue la veille, et donna également la sienne dans une lettre adressée au prince de Bénévent.

Trois jours après il revint à Paris, se présenta à Monsieur, comte d'Artois, et fut bientôt nommé par le gouvernement royal, ministre d'État (13 mai 1814), chevalier de Saint-Louis (2 juin 1814), pair de France (4 du même mois), et maintenu dans ses fonctions de premier inspecteur-général de la gendarmerie. Il alla, ainsi que les autres maréchaux qui se trouvaient à Paris, au-devant de Louis XVIII, dans les premiers jours du mois de mai, et fut particulièrement distingué par ce prince, qui lui dit les choses les plus flatteuses[4]

Moncey parut dès lors s'être soumis aux Bourbons avec autant de franchise que de loyauté. Le 9 mars 1815, informé que Napoléon revenait de l'île d'Elbe et débarquait au golfe Juan, Moncey s'empressa d'adresser aux gendarmes une proclamation leur rappelant simplement le serment qu'ils avaient prêté au roi. Il n'en fut pas moins nommé Pair à la « Chambre impériale », le 2 juin 1815, accepta cette dignité, mais ne prit aucune part à la campagne de Belgique (1815) et n'exerça aucun commandement actif.

Au retour de Gand, Louis XVIII, pour le punir de cette condescendance, le priva de ses droits à la pairie par l'ordonnance du 24 juillet 1815.

Nommé, en août 1815, président du conseil de guerre chargé de juger le maréchal Ney, il refusa cette fonction par une lettre[5], adressée au roi, pleine de noblesse et restée célèbre :

« Sire,

Votre Majesté daignera-t-elle me permettre d'élever ma faible voix jusqu'à elle ? Sera-t-il permis à celui qui ne dévia jamais du sentier de l'honneur d'appeler l'attention de son souverain sur les dangers qui menacent sa personne et le repos de l'État ?

Placé dans la cruelle alternative de désobéir à Votre Majesté ou de manquer à ma conscience, j'ai dû m'expliquer à Votre Majesté ; je n'entre pas dans la question de savoir si le maréchal Ney est innocent ou coupable ; votre justice et l'équité de ses juges en répondront à la postérité, qui pèse dans la même balance les rois et les sujets… Sont-ce les alliés qui exigent que la France immole ses citoyens les plus illustres ? Mais Sire, n'y a-t-il aucun danger pour votre personne et votre dynastie à leur accorder ce sacrifice ?

D'abord ils se sont présentés en alliés ; mais les habitants de l'Alsace, de la Lorraine et de votre capitale même, quels noms doivent-ils leur donner ? Ils ont demandé la remise des armes. Dans les pays qu'ils occupent maintenant et dans les deux tiers de votre royaume, il ne reste pas même un fusil de chasse ! Ils ont voulu que l'armée française fût licenciée, et il ne reste plus un seul homme sous les drapeaux, pas un caisson attelé ! Il semble qu'un tel excès de condescendance a dû assouvir leur vengeance. Mais non ; ils veulent vous rendre odieux à vos sujets en faisant tomber, soit parmi les maréchaux, soit dans les armées, les têtes de ceux dont ils ne peuvent prononcer le nom sans rappeler leur humiliation.
Ma vie, ma fortune, tout ce que j'ai de plus cher est à mon pays et à mon roi ; mais mon honneur est à moi ; aucune puissance humaine ne peut me le ravir.
Qui, moi ! j'irais prononcer sur le sort du maréchal Ney ! Mais, Sire, permettez-moi de le demander à Votre Majesté, où étaient les accusateurs tandis que Ney parcourait les champs de bataille ? Ah ! si la Russie et les alliés ne peuvent pardonner au vainqueur de la Moskowa, la France peut-elle oublier le héros de la Bérésina ?
Et j'enverrais à la mort celui auquel tant de Français doivent la vie, tant de familles leurs fils, leurs époux, leurs parents ! Réfléchissez-y, Sire ; c'est peut-être pour la dernière fois que la vérité parvient jusqu'à votre trône ; il est bien dangereux, bien impolitique, de pousser des braves au désespoir.
Ah ! peut-être si le malheureux Ney avait fait à Waterloo ce qu'il fit tant de fois ailleurs, peut-être ne serait-il point traîné devant une commission militaire. Peut-être ceux qui demandent aujourd'hui sa mort imploreraient sa protection […] »

Ce refus le fit destituer de sa dignité de maréchal, par ordonnance royale du 29 août de la même année, et il fut en même temps envoyé pour trois mois aux arrêts à la forteresse de Ham. Là, la tragédie tourne à la farce. Le commandant prussien du fort de Ham refuse d’emprisonner un maréchal d’Empire. Qu’à cela ne tienne, Moncey loue une chambre à l’auberge située en face de la citadelle. Et chaque soir, sur ordre des officiers prussiens, la troupe… lui donnait l’aubade !

Éloigné du pouvoir, rejeté par les royalistes, il reste sans emploi. Il vit dans son château de Baillon près de Luzarches. D'après la Biographie universelle ancienne et moderne, la volonté royale n'avait eu aucune part à la condamnation de Ney, car aussitôt que le mouvement de réaction et d'orage fut passé, le roi se hâta de rendre toute sa faveur à Moncey.

Remis en grâce auprès du roi, le 5 mars 1816, il fut réintégré dans le titre de son duché[6]. Moncey prêta serment entre les mains du roi, en qualité de maréchal de France, le 14 juillet 1816.

Éliminé de la Chambre haute après le second retour du roi, il n'y rentra qu'à la grande promotion, dite fournée des 60, le 5 mars 1819, par suite de la « proposition Barthélemy »

On se rappelle qu'il fut, en 1819, l'un des fondateurs de la société pour l'amélioration des prisons.

L'année suivante (5 avril 1820), Moncey devint en outre gouverneur de la 9e division militaire, et le 30 septembre chevalier de l'ordre du Saint-Esprit.

Expédition d'Espagne (1823)[modifier | modifier le code]

En 1823, lorsque la guerre en Espagne eut été déclarée, Louis XVIII confia à Moncey un des postes les plus importants, celui de commandant en chef du 4e corps de l'armée expéditionnaire, destiné à l'invasion de la Catalogne. Réuni dans le département des Pyrénées-Orientales, le quatrième corps d'armée formait en quelque sorte une armée séparée. Il se composait de trois divisions commandées par le comte Curial, par le baron de Damas et par le général Donnadieu. Il avait pour auxiliaire et pour avant-garde un corps de 9 000 Espagnols commandés par le baron d'Éroles (es).

Le maréchal partit le 11 mars, et fit son entrée à Perpignan le 20, à neuf heures du soir. Mais rien n'allait, autour de lui, au gré de cette activité qu'il devait à sa nature et à l'éducation militaire qu'il avait reçue dans les camps de la République et de l'Empire.

Passé en revue le 30 mars, près de Perpignan, par le duc d'Angoulême, le 4e corps ne fut complètement organisé que le 15 avril. Au milieu des embarras sans cesse renaissants, il y en avait un qui le préoccupait par-dessus tous les autres : comment emploierait-on les 5 ou 6 000 Espagnols de l'« armée dite de la Foi » ? Après bien des incertitudes, les opérations commencèrent le 18 du même mois. La 5e division du 4e corps d'armée entra en Espagne par le col du Perthus, prit possession de Peralda et de La Jonquière (La Jonquera), où le maréchal établit son quartier-général. Peu de jours après, Camoni se rendait sans même essayer une résistance.

À voir le bon accueil que recevaient les soldats français des gens de la campagne, ils durent se croire souvent en garnison dans une ville de France. Cependant, le chemin n'était pas également facile partout : Puigcerdà ne se rendit qu'emportée de vive force.

Le 22 fut un jour d'occupation sans victoire : Roses et sa citadelle ouvrirent leurs portes aux premières sommations ; le lendemain, ce fut le tour de Figuières, qui ne fit un peu de résistance que par mauvaise honte.

Le maréchal Moncey ayant appris que les généraux de l'armée constitutionnelle, Francisco Milans del Bosch, Llobera, et la division de Mina s'étaient établis en réserve à Castel-Follit, résolut de les y attaquer en personne, et partit à la tête d'une forte colonne, le 27 avril. Le général Donnadieu devait pendant ce temps réunir les troupes qui se trouvaient dans la Cerdagne pour les porter en Catalogne, tandis que Maringoni occuperait Figuières. Deux ponts furent jetés devant Crespia. Le 29, le général Vasserot reçut l'ordre d'y faire passer sa brigade et de commencer l'attaque.

Toutes ces opérations préliminaires avaient eu lieu par une pluie battante qui redoubla pendant la nuit du 30 avec une violence telle que les bivouacs furent submergés, les chemins, les gués rendus impraticables, et les armes mises hors d'état de faire feu. Pour comble de malheur, le 1er mai, à sept heures du matin, les eaux entraînèrent les deux ponts au moment même où le maréchal se disposait à passer. Cet accident, qui ne fut réparé que le 2, permit aux constitutionnels d'effectuer leur retraite. À défaut d'un champ de bataille, il restait à notre armée une position très importante qu'elle occupa immédiatement.

De là, le duc de Conegliano poussa jusqu'à Hostalric, qu'il fit investir, et donna l'ordre aux généraux Curial et Donadieu de poursuivre les constitutionnels. Ceux-ci s'étaient déjà retranchés à Moyá (es) et à Castel-Tersel, qu'ils évacuèrent après avoir essuyé de notables perles.

Le 25 mai, le maréchal partit de Gironne ; le lendemain, il faisait la reconnaissance du fort d'Hostalric, et les jours suivants celles de Mataró et de Granolles. Le 30, il se rendit à Vic ; 600 hommes environ de l'armée française, qui tenaient garnison dans cette ville, venaient de s'y couvrir de gloire par une résistance opiniâtre contre les troupes aguerries de Mina. Cette action n'avait pas duré moins de sept heures. Après avoir passé une partie du mois de juin à observer les mouvements de Mina en Cerdagne, Moncey quitta Vic pour établir son quartier - général à Gironne. En partant, il avait donné ordre au comte Curial de pousser des reconnaissances jusqu'à Barcelone.

Les 8 et 9 juin, Moncey commença les premières opérations du blocus de cette place. Les ennemis ayant fait deux sorties vigoureuses, furent repoussés par les conservateurs après avoir essuyé de grandes pertes. Dans les journées des 10 et 16 juin, les Espagnols essayèrent deux nouvelles sorties non moins courageuses, mais aussi fatales pour eux que les précédentes.

Le 23 juin, le maréchal s'empara de la redoutable position de Jorba, défendue par Milans avec une rare intrépidité.

Le 27 août, l'armée des constitutionnels, forte environ de 41 000 hommes, marche sur trois colonnes dans la direction de Tarragone, afin de couper la ligne d'opération du maréchal Moncey ; mais ayant prévu le but de ce mouvement, il se porta en personne à leur rencontre, les attaqua près de la chapelle Saint-Jean, et les mit en déroute.

Cependant quelques jours plus tard, l'ennemi attaquait la position d'Altafala ; déjà même il s'était avancé jusqu'auprès du Catllar. Opérer une diversion sur le flanc gauche de l'ennemi parut au maréchal le seul moyen de contenir les constitutionnels. Sur-le-champ, il ordonna au baron d'Éroles (es) et au général-comte de Tromelin de marcher, le premier par Archelarga, le second par La Secuita. Lui-même partit de Valls pour se mettre à leur tête ; mais à peine a-t-il fait trois lieues qu'il apprend que les colonnes ennemies avaient été enfoncées. À cette nouvelle, il retourne avec la division de gauche àTorredembarra. Pour tirer bon parti de cette dernière victoire, il ordonna une reconnaissance générale, à la suite de quoi les constitutionnels, réunis le 28 août vers Tarragone, furent culbutés et rejetés de toutes leurs positions.

Au commencement du mois de septembre, il transporta son quartier-général à Sarrià pour surveiller le blocus de Barcelone. La ville bloquée essaya un coup de main hardi pour rompre le réseau formidable qui la tenait enlacée : le 12 septembre, 6 000 hommes environ d'infanterie, 100 chevaux et 6 pièces de canon se portèrent sur les retranchemens français. Vains efforts ! 200 des leurs tombèrent sur le champ de bataille, et le reste se replia en désordre derrière les murailles. Le 16 du même mois, une colonne débarquée à Mongat (es) tombait prisonnière aux mains des Français après une lutte de deux heures. Vers la fin de septembre, le fort de San Fernando de Figuières (ca) capitula. Les troupes du maréchal Moncey y trouvèrent une quantité considérable de munitions de guerre et 139 pièces d'artillerie en bronze de tous les calibres. La garnison fut conduite prisonnière en France.

Le maréchal Moncey venait de recevoir le décret du roi d'Espagne portant que toutes les places devaient être remises aux troupes françaises ou aux troupes espagnoles qui se trouveraient le plus à leur portée. Le 11 octobre, de son quartier-général de Sarria, il en fit faire la signification aux généraux constitutionnels qui commandaient à Barcelone. Mais ils n'en firent aucun cas, attendu que cette pièce n'étant qu'une copie sans date et sans signature, ne leur parut point suffisamment authentique. En outre, leur ignorance des derniers événements de Cadix entretenait leur doute à cet égard.

Dans l'intervalle du 11 au 14 octobre, des dépêches venues par la voie de Tarragone leur apportèrent la nouvelle de la mise en liberté du roi, avec des détails circonstanciés sur tout ce qui avait précédé et suivi. À cette dernière date, c'est-à-dire le 14 octobre, le maréchal Moncey leur fit parvenir une ampliation du décret royal revêtu de tous les caractères officiels. Ils se déterminèrent des lors à entendre des propositions. Enfin Barcelone capitula.

Couronnement de Charles X

À la suite de cette campagne, et pour le récompenser de ses services, Louis XVIII lui conféra la grand-croix de l'ordre royal et militaire de Saint-Louis. L'empereur Alexandre Ier de Russie lui envoya, au mois de février 1824, le grand-cordon de l'ordre de Saint-Wladimir de première classe.

Il continua à jouir d'une faveur qui ne fit qu'augmenter sous le règne de Charles X. Lors du sacre de Charles X[7], Moncey faisant fonction de connétable, tenant à la main son épée nue, et encadré de deux huissiers de la chambre du roi, portant leur masse.

Moncey vint siéger à la Chambre des pairs, où il se plaça dans les rangs de cette majorité constitutionnelle contre laquelle vinrent échouer les mauvaises lois du ministère Villèle.

Il exerça ensuite les fonctions d'inspecteur général.

Gouverneur des Invalides[modifier | modifier le code]

La révolution de Juillet, qui détrôna la branche aînée des Bourbons, n'étonna pas le maréchal. Confiné dans la retraite par son âge, ses goûts et le souvenir ineffaçable du malheur qui l'avait privé de son fils[8] ; dégagé de toute ambition politique, étranger aux fautes qui ont conduit la Restauration à sa perte, il la vit tomber sans regrets, et reprit avec joie sa vieille cocarde de 1792.

Moncey, qui se trouvait absent lors de l'ouverture de la Chambre des pairs, eut hâte de revenir à Paris, et prêta son serment de fidélité à la charte et au roi Louis-Philippe Ier, dans la séance du 20 août.

Le duc de Conegliano, après ses nombreuses et pénibles campagnes, fut affecté, en 1830, d'une hydrocèle énorme (par épanchement). Appelé par ce guerrier illustre à lui donner ses soins, Dominique Jean Larrey pratiqua, d'après sa méthode, l'opération indiquée, qui fut suivie de la cure radicale de cette maladie.

Par ordonnance du 15 janvier 1831, le maréchal fut appelé à faire partie du conseil général du Doubs.

Propriété du Maréchal à Moncey.

Ce fut pendant son séjour à Vaivre (Doubs) que, convaincu des bienfaits de la loi du 28 juin 1833, dite Loi Guizot, sur l'instruction primaire, il assura à perpétuité, par une donation irrévocable, les revenus d'une somme de 12 000 francs aux besoins de l'instruction primaire dans la commune de Moncey, où il possédait un château. Il lui céda en outre la propriété d'un bâtiment destiné à la tenue de l'école, au logement de l'instituteur et à celui de l'institutrice. Il donna de plus une somme de 600 francs pour concourir aux dépenses que les réparations jugées convenables pourraient exiger ; et, afin de compléter son bienfait, il voulut se charger seul des frais d'acte et d'enregistrement.

Se trouvant, à l'époque de la mort du maréchal Jourdan, doyen des maréchaux de France, il fut nommé, le 17 décembre 1833, gouverneur des Invalides. Il occupa ce poste jusqu'à sa mort.

C'était un emploi qui convenait parfaitement à son esprit d'ordre et de discipline ; mais ce fut en vain qu'il essaya d'y réformer quelques abus dans l'administration. Le ministre de la Guerre Maison étant intervenu, le vieux maréchal lui répondit avec une force et une énergie dont on ne le croyait plus capable. Il fallut pour le calmer recourir à l'intervention la plus puissante et la plus élevée.

Le successeur du vainqueur de Fleurus n'avait pas eu le temps de recueillir son héritage, que déjà la nouvelle de sa propre mort s'était répandue dans plusieurs journaux. Le duc de Conegliano, lors de sa promotion, était en effet retenu à son château de la Vaivre, souffrant des suites d'une attaque de paralysie qui tint longtemps sa vie en péril. Moncey jouit d'une santé parfaite jusqu'en 1836, époque où il fut frappé d'apoplexie et d'hémiplégie étant dans son domaine en Franche-Comté : il fut envoyé aux eaux thermales de Bourbonne, d'où il revint peu de semaines après atteint d'une angine bronchique pulmonaire portée au plus haut degré. Il était près de suffoquer lorsqu'il arriva à l'hôtel des Invalides (fin octobre 1836), où Larrey était encore chirurgien en chef. Ce dernier fut assez heureux pour dissiper le danger, « ramener Moncey à la vie » et à son état de santé primitive.

Le char funèbre de Napoléon se dirige vers les Invalides. Estampe d'après Adolphe Jean-Baptiste Bayot et Eugène Charles François Guérard. Paris, musée de l'Armée.

Lors de la cérémonie funéraire du retour des cendres de Napoléon Ier, qui eut lieu dans l'église Saint-Louis-des-Invalides le 15 décembre 1840, Moncey, quoique malade, pouvant à peine se mouvoir, et malgré la rigueur d'un froid excessif, voulut rendre un dernier hommage à son bienfaiteur, à celui qu'il avait servi avec tant de zèle, de loyauté. Déjà gravement malade avant l'arrivée du cercueil, il aurait déclaré à son médecin : « docteur, faites-moi vivre encore un peu, je veux recevoir l'Empereur. »

On le portait dans un fauteuil, il fut placé dans le chœur, à gauche de l'autel, auprès du catafalque et là, immobile, muet, ce fantôme de soldat, en grande tenue militaire, attendit l'arrivée du cadavre de Napoléon. Lorsque l'illustre corps fit son entrée dans l'église, le vieillard voulut se lever, les forces lui manquèrent, il retomba sur son fauteuil. Un éclair d'émotion passa sur ce visage déjà marqué de l'empreinte de la mort. Il se fit transporter jusqu'au cercueil, embrassa la poignée de l'épée de Napoléon et déclara : « à présent rentrons mourir ».

Il vécut encore quelque temps après ce jour solennel, et mourut à l'hôtel des Invalides, le 20 avril 1842, à onze heures du soir[9]. Soult prononça son discours funèbre, le maréchal Oudinot lui succéda aux Invalides.

État de service[modifier | modifier le code]

Campagnes[modifier | modifier le code]

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

Blessures[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Hommages[modifier | modifier le code]

Œuvres à son effigie[modifier | modifier le code]

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils cadet de François-Antoine Jannot († 1775), avocat au parlement de Besançon et de Marie-Élisabeth Guillaume, Bon-Adrien était le frère puîné de Claude-Marie-Joseph. La famille se compose de 14 enfants : 8 garçons et 6 filles.

Appartenant à la petite bourgeoisie, son père a une charge d’avocat au parlement de Besançon. Il exerce peu, s’occupant de l’exploitation du domaine dont il espère voir Bon Adrien prendre la succession.

Bon-Adrien épousa, le 30 septembre 1790 en la paroisse Saint-Pierre de Besançon, Charlotte Remillet (1761- 13 mai 1842, Besançon). Ensemble, ils eurent :

  • Anne-Françoise (18 juillet 1791, Moncey - 31 décembre 1842, inhumée au cimetière des Chaprais à Besançon), mariée en 1818 avec François-Louis Bourlon de Chevigné de Moncey (1780 - 1835), chef de bataillon, aide de camp du maréchal Moncey, autorisé à ajouter Moncey à son nom (ordonnance du 23 mars 1819), dont postérité ;
  • Bon-Marie (9 novembre 1792, Moncey - 25 décembre 1817, Valence (Drôme)), « comte » de Moncey, page de l'Empereur, Bon Marie compta les seuls officier auxquels l'Empereur accorda l'insigne honneur de les nommer colonels à 21 ans et demi (M. de Lascours, Moncey fils du duc de Conegliano et Oudinot de Reggio). Colonel du 3e hussards (1814), sans union ni postérité, ce jeune homme, dont toute l'armée avait admiré l'intelligence et le courage, se tua en décembre 1817 de la manière la plus déplorable : en sautant un fossé, la secousse fit partir la détente, et le coup lui fracassa la tête. Voici dans quels termes Le Moniteur universel du 30 décembre 1817 fit l'éloge de ce jeune guerrier : « Le colonel Moncey, quoiqu'à la fleur de l'âge, comptait de longs et glorieux services, attestes par de nombreuses blessures. Sa bravoure et ses talens militaires l'avaient rendu digne du nom qu'il portait. Sa perte est vivement sentie par ses compagnons d'armes et par les amis de la gloire française. » ;
  • Bon-Louis-Napoléon (31 juillet 1802, Moncey - 22 novembre 1805, Moncey) ;
  • Jeanne-Françoise-Hélène (12 août 1807, Moncey - octobre 1852), mariée le 30 octobre 1824 avec Alphonse-Auguste Duchesne de Gillevoisin, 2e duc de Conegliano (30 décembre 1798, Paris - 19 février 1878, Paris), 2e Baron de Gillevoisin, baron de Gillevoisin, dit de Conegliano (ordonnance du 21 décembre 1825), 2e duc de Conegliano (5 juillet 1842), Pair de France (transmission de son beau-père par ordonnance du 21 décembre 1825 : ne siège pas à la Chambre des pairs), dont postérité.

Il resta au duc de Conegliano une fille mariée à M. Duchesne de Gillevoisin, lequel fut autorisé par le roi Charles X à hériter du titre de son beau-père.

Source 
« Bon-Adrien Jannot de Moncey », sur roglo.eu (consulté le 10 mai 2011)

Armoiries[modifier | modifier le code]

Figure Blasonnement
Blason fam fr Jannot de Moncey (Ancien Régime).svg Armes de la Famille Jeannot de Moncey

D'argent, à deux écots, passés en sautoir, accompagnés en chef de trois étoiles et en pointe d'un croissant, le tout de gueules.[14]

Orn ext Maréchal-Duc de l'Empire GCLH.svg
Blason Adrien Jannot de Moncey (1754-1842).svg
Armes du Duc de Conegliano et de l'Empire :

Sous le chef des Ducs de l'Empire : d'azur, à une main d'or, aillée d'argent, tenant une épée du même en pal..[14],[15],[16]

Orn ext maréchal-Duc et pair de France (Restauration) OSE.svg
Blason Ducs de Conegliano.svg
Armes du Duc de Conegliano, Pair de France :

D'azur à une main d'or, mouvante d'une aile d'argent et tenant une épée du même.[17]

Sous l'écu, de gauche à droite 
ordre de Saint-Louis, ordre du Saint-Esprit, croix de la Légion d'honneur.
Armoiries MONCEY.JPG

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b En effet, à cette époque, Moncey faisait partie de la paroisse de Palise ainsi que Venise, Aulx-les-Cromary et Thurey le Mont. Les offices étaient, en principe, célébrés à Palise, mais il existait également une église à Moncey, contenant deux chapelles, dont la Chapelle Saint-Claude. Cette église menaçant ruines, fut remise en état aux environs de 1745 (…). Claude François Jannot avait acheté, en 1715, pour 40 livres, un banc dans la nef, et un banc dans la Chapelle Saint-Claude, avec « le droit pour lui et ses héritiers de posséder les dites places, d'y entretenir des bancs et de se faire enterrer dans la dite place de la nef en payant à la fabrique, six livres pour chaque corps de chef de famille qui y sera enterré. » Sans être paroissiale, l'église de Moncey, alors communément appelée chapelle, servait à la célébration de certaines cérémonies, dont les sépultures, sans que les registres paroissiaux ne sortent jamais de la maison curiale de Palise où les fidèles avaient obligation d'aller signer les actes de baptême, de mariage, de décès. Ce fait expliquera la méprise de certains qui firent naître le futur Maréchal à Palise et non à Moncey.
    Source : Fiche de Bon-Adrien Jannot de Moncey sur roglo.eu
  2. Il avait fait se placer ses colonnes depuis plusieurs jours à des distances de plus de cinquante lieues, et de manière a former autour de l'ennemi un cercle d'où pas un homme ne puisse s'échapper. À chacune d'elles le général en chef avait assigné un jour fixe pour se rendre au poste désigné. Par une merveilleuse prévoyance, et bien que ce fût une difficulté immense d'occuper entièrement un terrain hérissé de montagnes escarpées, coupé par des précipices impraticables, le plan conçu par Moncey ne laissait aux Espagnols aucun moyen de retraite. Cependant il n'en fut pas ainsi : la colonne infernale, venant par Lantz, devait se trouver à Burguete le 26 vendémiaire, elle n'y arriva que le 27 (16 octobre 1794), au matin : victime de l'ignorance de ses guides, elle s'était égarée dans un bois. L'ennemi, attaqué la veille sur douze points différents, fut averti assez à temps de cette fausse manœuvre, et, profitant de la nuit rendue plus obscure par un brouillard épais et une pluie abondante, il fit sa retraite par San Gonesa
  3. Combats d'Urretxu (mai - juillet 1795) : Moncey profita de l'inactivité à laquelle la rigueur de la saison condamnait l'armée pour faire ruiner les fortifications de Fontarabie, qui, par sa proximité de nos frontières, lui inspiraient de l'ombrage, et en même temps pour réparer celles de Saint-Sébastien, où son quartier-général était établi. Cependant les chemins deviennent praticables, et l'on se prépare à la guerre. Le 9 mai, à cinq heures du matin, Moncey attaqua à la baïonnette. D'abord les Espagnols firent bonne contenance ; mais obligés de céder, ils prirent la fuite, laissent tous leurs effets de campement, 40 morts et 50 prisonniers ; le 28 juin 1795, l'armée ennemie, effrayée de la marche hardie et rapide des républicains, chercha à se rallier, parti vers la droite, dans les positions qui couvrent Arrasate et les salines de Leintz, partie vers la gauche dans celles qui couvrent la place de Pampelune. La première division, aux ordres du général de brigade Willot, commença le mouvement par le passage de Deba, devant une armée espagnole de 12 000 hommes, commandée par le général Crespo, en attaquant les retranchemens placés en avant de cette rivière et le camp qui les protégeait. La demi-brigade du général Montrera s'engagea dans un gué en colonne serrée, et malgré le feu de plusieurs batteries, croisant sur elle, on la vit en peu d'instants gagner le milieu de la rivière. En cet endroit, le gué formé de sable mouvant avait disparu. Les hommes composant la colonne avaient de l'eau jusqu'au cou ; on rebroussa chemin, mais toujours en ordre, toujours en masse serrée : un nouveau gué fut essayé avec la même audace et un plein succès. Les retranchements furent enlevés de vive force : 9 pièces de canon dont ils étaient armés, 200 prisonniers environ et 1 drapeau tombèrent au pouvoir des assaillants. Le champ de bataille resta jonché de morts. Tel fut le résultat de cette première journée ; la seconde ne fut pas moins glorieuse. L'armée française força l'aile gauche des Espagnols, et continua sa marche afin de cerner ennemi dans son quartier-général, à Bergara tandis que des colonnes de front et de flanc se portaient, les premières, sur le camp de la fameuse position d'Elorrio, les secondes, sur Urretxu. Ces dernières, aux ordres du chef de brigade Lefranc, devaient favoriser le mouvement de l'armée, en se portant sur les hauteurs qui dominaient les cantonnemens ennemis, ce qu'elles exécutèrent avec autant de courage que de précision. De là elles attaquèrent les partis espagnols qui s'étaient portés dans ces parages et les continrent toute la journée. Moncey avait dirigé en même temps le général Willot vers Lekunberri, avec ordre d'attaquer l'ennemi qui s'était retiré sur les hauteurs d'Irurtzun, position importante, et très bien fortifiée, couvrant à la fois la place de Pampelune et la route de Madrid. En occupant ce poste, le projet formé par Moncey était d'environner l'armée du général espagnol Crespo, ou du moins de la contraindre à évacuer les dernières positions qu'elle avait prises, et qui lui portaient ombrage. Après une vive résistance, Irurtzun fut enlevé à la baïonnette. Moncey y rétablit le centre de son armée ; la droite au pied du col d'Arakil, et la gauche partie à Aizcorbe, partie sur les hauteurs qui environnent ce village. De cette manière, il tenait la division de Crespo séparée de l'armée de Navarre. Le 12 juillet, une division des troupes d'Azpeitia, réunie à celles qui avaient passé la Deba, et formant ensemble un corps de 4 500 hommes, partit d'Elgoibar, ayant 2 petits canons pour toute artillerie. Le lendemain, à une heure de marche d'Elgoibar, où elle avait couché, cette division rencontra la gauche de l'armée de Crespo, qui défendait l'approche du village d'Ermua ; le passage fut ouvert assez facilemant, et les Français s'emparèrent de toute l'artillerie espagnole, composée de 13 pièces de canon. Dans la nuit du 13 au 14 juillet, la division prit position à Durango, où étaient déposés les approvisionnemens. On y trouva, entre autres objets, 12 pièces de canon et 16 milliers de poudre. Tout ce qui ne put être emporté fut détruit ou jeté à la rivière. Le 15, la colonne avait gagné Urretxu ; le 16, à dix heures du matin, une partie de l'armée de Crespo parut sur une montagne, à la gauche d'Urbina. Une vive fusillade s'engagea. Quelques tirailleurs ayant gagné le flanc gauche de l'ennemi, tandis qu'un bataillon posté dans un bois attaquait sa droite, le général Crespo battit en retraite vers les montagnes à l'ouest, et les montagnes d'Urbina en arrière des salines de Leintz. Le soir de cette même journée, la colonne victorieuse s'empara des villages d'Arroiabe et de Mendibil, où elle attendit l'arrivée de la seconde division.
    Source 
    • A. Liévyns, Jean Maurice Verdot et Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 1, Bureau de l'administration,‎ 1842, 2e éd. (lire en ligne) ;
  4. André Castelot, Madame Royale, Perrin 1962, rééd 1999, p.169
  5. Cette lettre, qui n'était pas destinée à voir le jour, fut publiée, pour la première fois, en 1819, par les journaux américains ; la Bibliothèque historique la reproduisit. Le maréchal, alors rentré en grâce, se crut obligé par convenance de la désavouer, comme n'étant point parfaitement exacte ; mais les termes mêmes du désaveu indiquent suffisamment qu'elle l'est. Cette lettre fut largement diffusée et répandue par l’opposition. Les bonapartistes ne pouvaient qu’approuver une telle initiative et soutenir la position du maréchal Moncey. Ce document, servant de propagande par l'opposition fut même interdit par le gouvernement.
  6. Voici le texte assez singulier de l'acte de réintégration du maréchal :

    « Les ministres ont décidé, le 5 mars 1816, que le maréchal-duc de Conegliano maintient ce titre. »

    Cette rédaction est tellement vicieuse qu'en voyant le vieux guerrier recevoir de nouveau son bâton de maréchal, le 14 juillet, on a dû supposer que la décision du 5 mars 1816 ne concernait que le titre de duc de Conegliano. Il a fallu recourir aux renseignements authentiques, et l'on a appris qu'en effet la décision intéressait le titre.
  7. Edmé François Antoine Marie Miel, Histoire du sacre de Charles X, dans ses rapports avec les beaux-arts et les libertés publiques de la France, C.L.F. Panckoucke,‎ 1825, 364 p. (lire en ligne)
  8. La mort de son fils unique, le colonel Moncey, brillant officier, enlevé bien jeune encore, en 1818, par un accident déplorable : se trouvant à la chasse, il voulut franchir un fossé en s'appuyant sur son fusil ; la secousse fit partir la détente, et le coup lui fracassa la tête. Il reste au duc de Conegliano une fille mariée à M. Duchesne de Gillevoisin, lequel fut autorisé par Charles X à hériter du titre de son beau-père.
  9. La Phalange : journal de la science sociale découverte et constituée par Charles Fournier. Industrie, politique, sciences, arts et literature, vol. 5 (lire en ligne)
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    On voit, sur le tableau (ci-contre) de Jacques-Luc Barbier-Walbonne, l'écharpe bleue de l'Ordre de la Réunion sous celle de la Légion d'honneur : néanmoins, il y a incohérence entre la date de l'œuvre (1806) et celle de la création de l'ordre (1811).
  11. Testu, Almanach impérial pour l'année 1810 : présenté à S.M. l'Empereur et Roi par Testu, Paris, Testu,‎ 1810 (lire en ligne)
  12. A. Liévyns, Jean-Maurice Verdot et Pierre Bégat, Fastes de la Légion-d'honneur : biographie de tous les décorés accompagnée de l'histoire législative et réglementaire de l'ordre, vol. 1, Bureau de l'administration,‎ 1842, 2e éd. (lire en ligne)
  13. Simon Philippe Dupin, Discours prononcé par Philippe Dupin le 25 avril 1842, aux obsèques de M. le Maréchal Moncey, Clamecy,‎ 1846 (lire en ligne)
  14. a et b Source : www.heraldique-europeenne.org
  15. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  16. Nicolas-Jules-Henri Gourdon de Genouillac, Recueil d'armoiries des maisons nobles de France, t. 1830, E. Dentu, 450 p. (lire en ligne)
  17. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, vol. 15, Bureau de la publication,‎ 1858 (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]