Pierre-François-Léonard Fontaine

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Pierre-François-Léonard Fontaine
Image illustrative de l'article Pierre-François-Léonard Fontaine
Fontaine par Louis Léopold Boilly ca. 1805.
Présentation
Naissance 10 septembre 1762
Pontoise
Décès 13 octobre 1853 (à 91 ans)
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Mouvement(s) Architecture néoclassique
Formation Marie-Joseph Peyre
Œuvre
Réalisations Arc de triomphe du Carrousel
Château de Malmaison
Chapelle expiatoire
Distinctions Second prix de Rome (1785)
Académie des beaux-arts (1811)
Compléments
Associé à Charles Percier

Pierre-François-Léonard Fontaine (Pontoise, 10 septembre 1762 - Paris, 13 octobre 1853) est un architecte néoclassique et décorateur français.

Avec son camarade d'études Charles Percier, Fontaine est l'un des inventeurs et principaux représentants du style Empire.

Formation et carrière[modifier | modifier le code]

Outre l'intérêt de son architecture, Pierre-François-Léonard Fontaine est remarquable par sa capacité à mener une carrière inégalée et à traverser les changements de Régimes : il est resté aux affaires du Consulat au Second Empire sans avoir à subir de « traversée du désert ».

Ancien Régime[modifier | modifier le code]

En 1778 et 1779, sous la direction de l'architecte André, le jeune Pierre-François-Léonard participe, avec son père Pierre Fontaine (1735-1807), architecte-fontainier, aux travaux d’adduction d’eau au château de L'Isle-Adam, qui appartient à Louis-François-Joseph de Bourbon, comte de la Marche et prince de Conti.

En 1779, il arrive à Paris, où il suit l'enseignement de Antoine-François Peyre. C'est à cette période qu'il rencontre Charles Percier.

Il obtient le second prix de Rome en 1785 pour un projet dont le sujet est : Un monument sépulcral pour les souverains d'un grand empire[1], dans lequel l'influence de Étienne-Louis Boullée est assez marquée (voir illustrations). N'ayant pas obtenu la bourse d'études attribuée avec le premier prix, il se rend à ses frais à Rome, où Charles Percier le rejoint l'année suivante. En 1787, une place se libère à l'Académie de France à Rome, alors hébergée dans le palais Mancini, et Fontaine devient pensionnaire.

Élévation

Coupe

Un monument sépulcral pour les souverains d'un grand empire.

Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1790, Fontaine revient à Paris, il commence par « gratter » pour Claude Nicolas Ledoux sur les barrières d'octroi du mur des Fermiers généraux. Entre septembre et décembre 1792, afin de s'éloigner de la Révolution, il part pour l'Angleterre où il fait de la décoration (papiers-peints, éventails, etc.). À son retour à Paris, il est nommé, avec Percier, directeur des décors du théâtre de l'Opéra. Ils occupent ce poste jusqu'en 1796.

Consulat[modifier | modifier le code]

En 1799, grâce au peintre Jacques-Louis David, il fait la connaissance de Joséphine de Beauharnais, puis du Premier Consul. Il est nommé architecte des Invalides en 1800, puis architecte du gouvernement en 1801, conjointement avec Charles Percier.

Premier Empire[modifier | modifier le code]

Le 13 décembre 1804, Fontaine est architecte du palais des Tuileries, du Louvre et dépendances, des manufactures impériales des tapisseries des Gobelins et des tapis de la Savonnerie, des magasins de marbre, et de tous les bâtiments de la couronne situés dans l'enceinte de la Ville de Paris[2]. À cette époque, Charles Percier met fin à sa carrière officielle.

En 1810, Percier et Fontaine gagnent le grand prix d'Architecture pour l'arc de triomphe du Carrousel. La même année, Napoléon Ier confie à Percier et Fontaine la mission de préparer les plans d'une cité impériale dont le centre eut été le Palais du Roi de Rome édifié sur la colline de Chaillot, mais que la chute de l'Empire empêchera de réaliser. Il travaille également avec Alexandre Dufour à un projet de reconstruction du château de Versailles qui doit accueillir Napoléon et sa famille[3].

Le 9 mars 1811, il est élu membre de l'Académie des beaux-arts et, le 5 juillet, il est décoré de la Légion d'honneur. Entre 1811 et 1812, il est élu membre correspondant de plusieurs académies en Europe : Amsterdam, Anvers, Munich, Rome.

En 1811, à la mort de Jean-François-Thérèse Chalgrin, le chantier de l'Arc de triomphe est confié à Louis-Robert Goust, sous la surveillance d'une commission de quatre architectes, Pierre-François-Léonard Fontaine, François Debret, Jacques-Pierre de Gisors et Éloi Labarre. On a attribué à Fontaine l'idée des voûtes à caissons (référence au Panthéon de Rome).

Le 25 avril 1813, il est nommé premier architecte de l'Empereur.

Restauration[modifier | modifier le code]

Louis XVIII[modifier | modifier le code]

Pierre-François-Léonard Fontaine est maintenu premier architecte, à la suite de l'abdication de Napoléon et de la Charte constitutionnelle du 4 juin 1814 qui met Louis XVIII sur le trône de France.

Le 24 décembre 1814, le titre de premier architecte de l'Empereur est supprimé. Fontaine devient alors architecte de Paris, architecte du Roi et architecte du duc d'Orléans.

Charles X[modifier | modifier le code]

À partir du 25 mai 1826 à février 1828, Fontaine dirige une commission d'architectes pour les travaux de l'arc de Triomphe. En août 1828, il devient membre de la Société des arts de Genève. Le 21 novembre 1827, il marie sa fille Aimée-Sophie Dupuis à l'architecte Symphorien Meunié. En 1828, il reçoit le cordon de l'ordre de Saint-Michel.

Monarchie de Juillet[modifier | modifier le code]

En 1833, à la demande de Louis-Philippe, Fontaine conseille l'architecte Dubreuil pour les travaux que ce dernier a entrepris en 1831.

Charles Percier meurt le 5 septembre 1838. Il est inhumé au cimetière du Père-Lachaise (28e division)[4].

L'église Notre-Dame-de-Compassion (Paris), anciennement dénommée Chapelle Saint-Ferdinand, est construite en 1843 sur les plans de Fontaine, près de la porte des Ternes, sur l'emplacement de la maison où était mort le prince Ferdinand-Philippe d'Orléans, fils de Louis-Philippe, à la suite de l'accident de voiture du 13 juillet 1842.

Le 25 février 1848, Pierre-François-Léonard Fontaine est maintenu (à 86 ans) dans ses fonctions d'architecte des Bâtiments de l'ancienne liste civile à Paris. Cependant, le 20 septembre, il démissionne de sa charge d'architecte du Louvre et des Tuileries et Bâtiments de l'ancienne liste civile de Paris. Le mois suivant, il est nommé président honoraire du Conseil des bâtiments civils.

Second Empire[modifier | modifier le code]

Le 20 septembre 1853, Fontaine préside pour la dernière fois le Conseil des bâtiments civils.

Réalisations[modifier | modifier le code]

De 1830 à 1833, le nouveau roi lui confie la transformation du château de Maulmont, domaine voisin acquis par sa sœur en 1829, en un rendez-vous de chasse pour lui et sa Cour (source : site du château-hôtel-restaurant de Maulmont, 22/01/2007, qui indique également que Fontaine a dessiné l'aile de la "Galerie des Batailles" de Versailles, créée par le roi).

Publications[modifier | modifier le code]

Ensemble, Percier et Fontaine publient :

  • 1798 : Palais, maisons et autres édifices modernes dessinés à Rome.
  • 1811 : Description des cérémonies et des fêtes qui ont eu lieu pour le mariage de Napoléon Ier avec l'archiduchesse Marie-Louise.
  • 1812 : Recueil de décoration intérieure concernant tout ce qui rapporte à l'ameublement.
  • 1833 : Résidences des souverains de France, d'Allemagne, de Russie, etc.

Quelques élèves[modifier | modifier le code]

Voici quelques élèves de Charles Percier à qui Fontaine enseignait la perspective :

Iconographie

En plus du portrait par Boilly en 1805 reproduit plus haut, Fontaine âgé fut représenté en habit, appuyé sur une canne, par Court pour les "Galeries historiques" du château de Versailles, musée créé par Louis-Philippe Ier (cf. reproduction au domaine royal de Randan).

Divers[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Cet intitulé est rétrospectivement assez ironique, quand on sait que Fontaine survivra à l'Empire après l'avoir servi.
  2. Les Archives nationales conservent, sous la cote 439AP/, ses dossiers de travail relatifs à ces bâtiments ainsi qu'une partie de sa correspondance (voir la notice relative à ces archives dans la Salle des inventaires virtuelle des Archives nationales.
  3. Jérémie Benoît, Napoléon et Versailles, éd. de la Réunion des musées nationaux, 2005, p. 25.
  4. Jules Moiroux, Le cimetière du Père Lachaise, Paris, S. Mercadier,‎ 1908 (lire en ligne), p. 159

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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