Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty

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Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty
Image illustrative de l'article Étienne Marie Antoine Champion de Nansouty

Naissance 30 mai 1768
Bordeaux (Gironde)
Décès 12 février 1815 (à 46 ans)
Paris
Origine Drapeau de la France France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Royaume de France
Drapeau français République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau français Empire français (Cent-Jours)
Arme Cavalerie
Grade Général de brigade :29 août 1799
Général de division :24 mars 1803
Années de service 17821815
Conflits Guerres de la Révolution
Guerres napoléoniennes
Commandement 9e régiment de cuirassiers
Distinctions Légion d'honneur
(Grand aigle) :11 juillet 1807
Ordre royal et militaire de Saint-Louis
(Chevalier) :1er juin 1814
Comte d'Empire :27 juillet 1808
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile :16ème colonne

Étienne Marie Antoine Champion30 mai 1768, Bordeaux - † 12 février 1815, Paris), 1er comte de Nansouty et de l'Empire, était un général de division du Premier Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il fut admis à l'École militaire de Paris le 21 octobre 1782.

Cadet-gentilhomme avec rang de sous-lieutenant le 30 mai 1783, il passa sous-lieutenant au régiment de Bourgogne le 26 mars 1785, capitaine de remplacement au régiment de Franche-Comté-Cavalerie le 6 avril 1788, et, le 24 mai, au régiment de hussards de Lauzun, devenu 6e régiment.

Nommé lieutenant-colonel du 9e régiment de cavalerie le 4 avril 1792, il fit les campagnes de 1792, 1793, et de l'an II à l'an VII aux armées sur le Rhin.

Nansouty se fit bientôt remarquer de ses chefs par sa bravoure, ses heureuses dispositions et ses talents. Il sut se rendre utile dans chacun des grades qu'il obtenait, et conserva dans son régiment la discipline qu'il était si difficile de maintenir alors.

Nommé chef de brigade le 19 frimaire an II, il justifia l'opinion que le général en chef Jean Victor Marie Moreau avait conçue de sa prudence et de sa valeur ; mais, aussi modeste que brave, il refusa plusieurs fois le grade de général de brigade, qu'il n'accepta que le 12 fructidor an VII (29 août 1799).

Employé à l'armée de réserve le 15 ventôse an VIII (6 mars 1800), il rentra bientôt dans l'armée du Rhin.

Appelé sur un plus vaste théâtre, le général Nansouty rendit des services plus efficaces et contribua puissamment aux succès de l'armée du Rhin. Il seconda le général en chef Ney dans les différentes attaques qu'il fit faire, depuis Seltz jusqu'à Mayence.

Nansouty surprit, à Sundhoffen, une compagnie de uhlans, qu'il ramena prisonnière de guerre sans avoir perdu un seul homme.

Le 3 mai 1800, à la bataille de Stockack, il commandait une brigade de grosse cavalerie, et ses habiles manœuvres préparèrent le succès de cette affaire. Lecourbe, dont il commandait la réserve, déclara qu'il devait une partie du succès de cette bataille aux sages mesures et à l'intrépidité de Nansouty. Le 5, à la bataille de Moesskirch, il rompit souvent l'ennemi par des charges brillantes et réitérées à la tête de sa cavalerie. Lorsque le général Lecourbe reçut l'ordre de marcher pour s'emparer d'un des ponts sur le Danube, depuis Dillingen jusqu'à Donauworth, Nansouty assura les arrières de l'armée française contre le prince de Reuss, dont le corps était stationné dans le Tyrol, et le battit chaque fois qu'il voulut déboucher. Dans la journée du 24 prairial, le général ayant été attaqué par le prince de Reuss, il le repoussa vigoureusement jusqu'à Füssen.

Ce général prit la part la plus glorieuse à toutes les affaires qui terminèrent la dernière campagne de cette guerre, et acquit la réputation d'un de nos bons généraux de cavalerie. À la tête de son régiment, il chargeait avec la valeur d'un soldat ; commandant d'une brigade, il la dirigeait avec la prudence, la précision et le coup d'œil qui, dans les moments critiques, décident la victoire.

Le 12 prairial an IX, employé près le corps d'observation de la Gironde, et mis à la disposition du gouvernement le 12 nivôse an X, Nansouty fut attaché à la 22e division militaire le 28 ventôse suivant.

Promu général de division le 3 germinal an XI (24 mars 1803), il commanda, le 5, le département de Seine-et-Oise, et, le 8 floréal, il fit partie du camp de Nimègue.

Membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, il passa à l'armée des côtes de l'Océan, et reçut la croix de commandeur de l'Ordre le 25 prairial suivant.

Le général Nansouty prit ensuite le commandement de la 1re division de grosse cavalerie de la Grande Armée, et fit les campagnes des ans XIV, 1806 et 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne.

À la tête d'un corps de cuirassiers, il décida le succès du combat de Wertingen, se distingua à Ulm, et contribua puissamment à la victoire de la bataille d'Austerlitz. Nansouty fit des prodiges de valeur à Eylau et à Friedland. Le maréchal Lannes lui ayant commandé d'aller au-devant de l'armée française, il passa avec sa division de cavalerie sous un feu terrible, et contint jusqu'à six heures du soir les efforts d'une masse d'ennemis. Les Russes, trompés par ses habiles manœuvres, n'osèrent avancer, et Napoléon Ier eut le temps d'arriver avec son armée.

Grand officier de la Légion d'honneur le 4 nivôse an XIV, Nansouty fut, en récompense de sa belle conduite dans cette campagne, fait Grand aigle de la Légion d'honneur le 11 juillet 1807, et le titre de premier écuyer de l'Empereur l'année suivante. En cette qualité, il accompagna Napoléon en Espagne.

Il fit la campagne de Portugal avec Jean-Andoche Junot. Il prit part à la conquête du Hanovre sous Mortier.

Il accompagna Napoléon à Erfurt, reçut des souverains l'accueil le plus honorable, et fut créé comte de l'Empire le 27 juillet 1808.

En 1809, le général Nansouty prit le commandement de la division de réserve de grosse cavalerie à la grande armée en Allemagne, et mit le comble à sa réputation en exécutant, à Essling et à Wagram, ces belles charges qui achevèrent de fixer la victoire sous les drapeaux français. L'Empereur lui accorda une dotation de 10 000 francs sur le domaine de Zeven, situé en Hanovre. Nansouty reprit, près de Napoléon, ses fonctions de premier écuyer, employa une partie de 1811 à faire des inspections générales de cavalerie, et passa, le 25 décembre, au corps d'observation de l'Elbe.

En avril 1812, il commanda en Russie le 1er corps de réserve de cavalerie de la grande armée, se trouva à la bataille de la Moskowa, où il rendit les plus grands services et reçut une balle au genou.

Nommé colonel général des dragons le 16 janvier 1813, il redoubla de courage à mesure que les dangers devenaient plus éminents ; Nansouty prit glorieusement parts aux affaires de Dresde, de Wachau, de Leipzig et de Hanau, où il versa de nouveau son sang pour la patrie. Le 29 juillet, il prit le commandement de la Garde impériale et mérita d'être cité honorablement dans les bulletins de la grande armée en Saxe.

Dans la Campagne de France, il fit des prodiges de valeur à Champ-Aubert, à Montmirail le 11 février 1814, à Craonne, et fut blessé dans ces deux dernières affaires.

Il se rallia aux Bourbons en 1814.

Le 20 avril suivant, membre de la commission des officiers généraux pour la Garde, il passa dans la 18e division militaire le 22 comme commissaire extraordinaire du Roi.

Créé chevalier de Saint-Louis le 1er juin, inspecteur général des dragons le 14 juillet, il devint ensuite capitaine-lieutenant de la 1re compagnie des mousquetaires.

Le général Nansouty mourut à Paris, des suites de ses blessures et des fatigues de la guerre, le 12 février 1815. Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise (division 27)[1].

Son nom est inscrit sur l'arc de triomphe de l'Étoile, côté Est.


Vie familiale[modifier | modifier le code]

Fils de Jean-Baptiste Champion (né en 1730), seigneur de Nan-sous-Thil, Capitaine des grenadiers au régiment de Bourgogne, puis major du Château Trompette à Bordeaux et Antoinette Hélène Harpailler, il se marie en 1801 avec Jeanne Françoise Adélaïde Gravier de Vergennes (17811849), petite-nièce du ministre d'État de Louis XVI, Charles Gravier de Vergennes. Ensemble, ils eurent :

État de service[modifier | modifier le code]

Blessures[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Hommage, Honneurs, Mentions…[modifier | modifier le code]

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

Pensions, rentes[modifier | modifier le code]

  • L'Empereur lui accorda une dotation de 10 000 francs sur le domaine de Zeven, situé en Hanovre.

Règlement d'armoiries[modifier | modifier le code]

« Armes de la famille sous l'Ancien Régime : D'azur, à un homme courant, armé et cuirassé de toutes pièces d'or, tenant une épée et un bouclier du même. Supports: deux licornes. Devise: TEGIT HAEC NECAT ALTERA.[2] »

« Sous le Premier Empire : Ecartelé : au I du quartier des comtes militaies de l'Empire ; au II, de gueules à trois merlettes d'argent 2 et 1, celle en chef à dextre contournée ; au III de gueules à une à une croix d'argent chargée en cœur d'un écusson de sable à une vigne feuillée et terrassée de sinople, fruitée de gueules, au chef d'azur chargée d'une étoile rayonnante d'or ; au IV, d'azur au sauvage d'or tenant sa massue sur l'épaule dextre.[3] »

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents,‎ 2006 (ISBN 978-2914611480), p. 589-590
  2. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments
  3. Source : www.heraldique-europeenne.org