Claude Jacques Lecourbe

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Claude Jacques Lecourbe
Le général Claude-Jacques Lecourbe (gravure pour l'« Album du Centenaire »).
Le général Claude-Jacques Lecourbe (gravure pour l'« Album du Centenaire »).

Naissance
Besançon (Doubs)
Décès (à 56 ans)
Belfort (Territoire de Belfort)
Origine Drapeau de la France France
Arme Infanterie
Grade Général de division
Années de service 17801815
Distinctions Comte de l'Empire
grand officier de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Arc de triomphe de l'Etoile, 14e colonne.

Claude-Jacques Lecourbe (1759-1815) est un général français, né à Besançon le d'un père officier.

Naissance[modifier | modifier le code]

L'état-civil de Claude-Jacques Lecourbe est complexe : comme l'explique le chanoine Rossignot dans sa communication de 1909[1] « La future dame Courbe, après avoir dissimulé sa grossesse à Ruffey, est venue faire ses couches à Besançon ». L'enfant naît donc à Besançon le , il est baptisé le 23 février comme « enfant illégitime » à l'église de la Madeleine sans mention du père. En 1761 les parents s'étant mariés souhaitent la modification de l'état-civil de l'enfant qu'ils reconnaissent « Ils demandent que les mots : fils naturel de Tiennette Villemot soient raturés et remplacés par les suivants: fils du sieur Claude-Guillaume Courbe, ancien officier d'infanterie et de demoiselle Marie Valette ». Ils obtiennent satisfaction et sont désormais installés à Ruffey-sur-Seille. Le même auteur continue à donner des précisions : « Reste à expliquer la particule Le plus rare que le De. M. Castan rappelle que les Courbe avaient des prétentions nobiliaires. L'un d'eux, en 1730, se donnait le titre de comte Palatin et de chevalier de Saint-Jean de Latran. Le général, sans s'inquiéter des majuscules, ni des droits de ses ancêtres, a simplement réuni la particule à son nom. » C'est sous ce nom de Claude-Jacques Lecourbe qu'il se fera connaître en conservant ses attaches à Ruffey où il a passé son enfance et fait construire en 1810-1812 un château devenu la mairie-école du village. Il y sera également enterré. On a donc pu écrire que Ruffey-sur-Seille était la patrie du général Lecourbe, sans qu'il y soit né.

Débuts dans la vie[modifier | modifier le code]

Claude-Jacques Lecourbe en uniforme des volontaires du Haut-Jura (peinture du XIXe siècle).

Après avoir suivi des études au collège de Poligny et Lons-le-Saunier, il laissa ses études incomplètes pour s'engager dans le régiment d'Aquitaine, où il servit pendant huit ans comme fusilier. Caporal congédié à la veille de la Révolution française, entré au sein de sa famille au commencement de la Révolution, il fut appelé au commandant de la garde nationale de Ruffey-sur-Seille dans le Jura en 1789.

Carrière militaire sous la Révolution[modifier | modifier le code]

Il devint chef du 7e bataillon de volontaires du Jura, se distingua aux armées du Haut-Rhin et du Nord, obtint le grade de chef de brigade en 1791. Promu général de brigade le 12 juin 1794, à la bataille de Fleurus soutint avec trois bataillons, pendant sept heures, l'attaque d'une colonne ennemie forte de 5 000 hommes. Nommé général de division le 5 février 1799, il attaque les troupes russes du général Alexandre Vassilievitch Souvarov au pont du Diable, dans les gorges du massif du Saint-Gothard, et facilite la victoire d'André Masséna à Zurich les 25 et 26 septembre 1799. Lecourbe continua de se signaler éminemment pendant les campagnes suivantes, et déploya surtout dans la campagne de Suisse, en 1799, les talents qui le placent au rang des plus habiles généraux de l'époque.

Disgracié par Napoléon et réhabilité par Louis XVIII[modifier | modifier le code]

Ami du général Jean-Victor Moreau, Lecourbe se déclara hautement pour lui, lors du procès Cadoudal. S'étant attiré ainsi la disgrâce de Napoléon, il passa plusieurs années dans l'exil et ne fut remis en activité qu'à la Restauration. Son amitié avec Moreau lui vaut d'être destitué par Napoléon Bonaparte et exilé dans le Jura le 10 septembre 1805. Le roi Louis XVIII le nomma grand officier de la Légion d'honneur et comte. Le 15 avril 1814, quelques jours après l'abdication de Napoléon Ier, le comte d'Artois le rappelle et le 3 janvier 1815 il redevient inspecteur général d’infanterie dans la 6e division militaire de Besançon.

Cent-Jours et Seconde Restauration[modifier | modifier le code]

Toutefois, lors du retour de l'île d'Elbe, pendant les Cent-Jours, il propose ses services à Napoléon qui lui donne le commandement du 8e corps basé dans le Jura et le nomme pair à la « Chambre impériale » et comte de l'Empire le 2 juin 1815. Il soutint plusieurs engagements contre le corps d'armée de l'archiduc Ferdinand et se maintint dans le camp retranché qu'il avait établi sous les remparts de Belfort. Lors du troisième siège de Belfort, il réussit à bloquer pendant plusieurs semaines les armées coalisées avec des troupes très inférieures en nombre en s'opposant aux armées autrichiennes dans les combats de Foussemagne le 30 juin, Bourogne le 2 juillet et Chèvremont le 8 juillet.

Monument au général Lecourbe sur la Place de la République à Belfort

Louis XVIII prononça sa réadmission à la retraite le 4 septembre 1815. Accablé par les fatigues qu'il eut à supporter pendant sa dernière campagne, Lecourbe atteint depuis longtemps d'une maladie douloureuse, mourut le à Belfort, où il avait établi son quartier général pendant les Cent-Jours. Son tombeau se trouve à Ruffey-sur-Seille, près de Lons-le-Saunier. Son nom est inscrit sur le côté est de l'arc de triomphe de l'Étoile.


Noms gravés sous l'Arc de Triomphe de l'Étoile : pilier Est, 13e et 14e colonnes.

Mémoire[modifier | modifier le code]

Un monument à sa mémoire fut érigée à Lons-le-Saunier, place de la Liberté, en 1857 (date de l'inauguration), par dotation de l'empereur [2]. La statue en pied par Antoine Étex est accompagnée de deux bas reliefs, commandés par la ville de Lons également à Étex, représentant la bataille du pont de Seefeld (1799) et la défense de Belfort en 1815 [3].

Dans le 15e arrondissement de Paris et à Besançon, une rue a été nommée en son honneur (cf. rue Lecourbe, 15e).

De la correspondance du général Lecourbe est conservée aux Archives nationales sous la cote 202AP[2].

Sources partielles[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La naissance du général Lecourbe M. le chanoine Rossignot Séance du 24 novembre 1909 in MÉMOIRES DE LA SOCIÉTÉ D'ÉMULATION DU DOUBS page 346 [1]
  2. Archives nationales