Maison militaire du roi de France

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Garde du corps
Chevau-léger de la Garde
Gendarmerie de la Garde
Garde de la Porte
Garde française, 1630, sergent, piquier et mousquetaire
Garde française
Garde Suisse
Cent Suisse
Garde de la prévôté de l'hôtel

La Maison militaire du roi de France est le nom donné à la partie militaire de la Maison du roi dans la France d'Ancien Régime.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les rois de France ont toujours entretenu plusieurs gardes pour veiller à la sureté de leur personne. Gontran, roi de Bourgogne et de Paris, serait le premier à avoir pris des précautions afin de se mettre à l'abri de toutes attaques de la part de factions opposées ou d'hommes seuls. Le nombre de gardes a successivement augmenté sous le règne de Charlemagne, de Philippe Ier et de Louis VI, et en particulier à l'âge d'or, sous Louis XII et François Ier, où les gardes royaux brillent de magnificence et d'éclat.
Louis XIV y introduit une milice plus nombreuse, plus brillante et mieux choisie, et l'on peut dire que depuis cette période la Maison militaire des rois de France ne fut plus composée que de l'élite de la noblesse du royaume, de vieux soldats appelées par leur bravoure, à l'honneur de défendre le trône. Cette garde a toujours eu la priorité sur les autres troupes et les postes d'honneur.

La Maison militaire du roi de France rassemblait un grand nombre d'unités, tant de cavalerie que d'infanterie, servant autant de garde personnelle au souverain que de troupes d'élites lors des conflits. Le terme même de "maison militaire" n'apparait qu'en 1671.
La Maison militaire était, comme le reste de la maison du roi, sous l'autorité du secrétaire d'État de la Maison du roi, mais elle dépendait pour son budget de l'ordinaire des guerres contrôlé par le secrétaire d'État de la Guerre.
La Maison du roi contenait des unités composées majoritairement de gentilshommes, comme les gardes du corps et les mousquetaires, et des unités tirées de l'élite de l'armée, composées de roturiers. Il était toutefois pratiquement impossible à un roturier de parvenir au grade d'officier dans la maison du roi.
"Les gardes de la prévôté de l'hôtel constituent plutôt une force de police qu'une unité militaire."[1]

Depuis le commencement de la monarchie jusqu'à Philippe Auguste la garde du roi était composée d'hommes choisis, que l'on appelait ostiarii ou custodes, c'est-à-dire portiers. Ils sont l'origine des compagnies des gardes de la porte.

Article détaillé : Garde de la porte.

La maison militaire du roi se divisait en compagnies à cheval et en compagnies à pied ainsi qu'en garde du dedans et en garde du dehors du Louvre.

Composition sociologique de la Maison militaire du roi de France[modifier | modifier le code]

Benoît Defauconpret dans son ouvrage Les preuves de noblesse au XVIIIe siècle dit ceci : "À la tête des différentes unités militaires on trouve généralement des grands (souvent des ducs). Quant aux officiers de ces corps de prestige, ils sont toujours ou presque choisis dans la noblesse. On peut à cet égard distinguer :

- les corps de troupes "nobles" : dans ces troupes, on considère que les hommes du rang doivent être nobles, ou du moins proches, par leur origine et leur mode de vie, de la noblesse. Ce sont les gardes du corps, les chevau-légers, les mousquetaires, les gendarmes de la garde. Leurs officiers peuvent donc difficilement ne pas être nobles ; pour la principale de ces unités (gardes du corps), ils font d'ailleurs, depuis au moins 1775, des preuves sur titres devant le généalogiste des ordres du roi.

- les corps non nobles, pour lesquels la noblesse n'est pas, même en théorie, requise des hommes du rang. Ce sont : les gardes de la porte du roi, les grenadiers à cheval et surtout les gardes françaises. À ces corps on joint traditionnellement celui de la gendarmerie, même s'il ne fait pas réellement partie de la maison militaire. (...). La gendarmerie recrute surtout dans la bourgeoisie, mais aussi dans la noblesse (en 1788 on compte environ un tiers de nobles parmi les hommes du rang). Dans ces corps de prestige, on peut là aussi raisonnablement présumer que les officiers sont toujours des nobles (avec cependant quelques exceptions chez les gardes de la porte). (...)"[1]

"Les chevau-légers sont le seul corps de la maison du roi où, pendant presque tout le XVIIIe siècle, les hommes du rang doivent impérativement être nobles."[2] rapporte également Benoit Defauconpret.

La Maison du roi sous François Ier[modifier | modifier le code]

C'est sous le règne de François Ier que les troupes chargées de la garde du roi commencent à se structurer. Toutefois dès la fin du Moyen Âge, certains souverains ont rassemblé autour d'eux des unités de gardes, comme la célèbre garde écossaise de Charles VII.

La maison se compose sous François Ier des

  • Gardes du corps, unité de cavalerie organisée en quatre compagnies, une écossaise - descendante de la garde de Charles VII - et trois françaises.
  • Gentilhomme à bec de corbin, unité de cavalerie qui tire son nom de l'arme qu'elle utilise, une sorte de hallebarde terminée par un fer en forme de bec de corbeau ou corbin
  • Cent-Suisses, unité d'infanterie composée comme son nom l'indique de soldats suisses.

En temps de guerre, les gentilshommes désireux de combattre aux côtés du roi sont rassemblés dans la Cornette du Roi ou Cornette blanche. La compagnie des gendarmes écossais, qui fait partie de la gendarmerie d'ordonnance, assume les fonctions d'un corps de la maison du roi, mais elle n'en fait pas officiellement partie.

Deux unités furent, peut-être, créées à cette époque, les gardes de la porte, chargés de la garde des portes intérieures du palais pendant la journée, et les gardes de la prévôté, aux ordres du grand prévôt de France et chargés de la police à la Cour.

On peut remarquer le grand nombre d'unités étrangères dans la maison du roi. Les étrangers sont réputés être indifférents aux intrigues de cour et partant plus dignes de confiance que les troupes françaises.

Des rois François Ier à Louis XIII[modifier | modifier le code]

Le nombre d'unités de la maison militaire s'accroît dès le XVIe siècle. Sous le règne des derniers Valois et des deux premiers Bourbons, on observe la création des :

C'est sans doute sous le règne de Louis XIII que les troupes de la maison militaire furent divisées en garde du dedans du Louvre, rassemblant les gardes du corps, les cent-Suisses, les gardes de la Porte et les gardes de la prévôté et garde du dehors du Louvre rassemblant les autres unités.

Le règne du roi Louis XIV[modifier | modifier le code]

Louis XIV transforme la maison militaire en un corps d'élite, chargé non seulement de la protection de la personne du souverain, mais également des attaques les plus difficiles. On connait notamment l'action des mousquetaires à Maastricht en 1673, où d'Artagnan trouve la mort, celle des gardes du corps à Leuze en 1691 et celle des gardes françaises à Steinkerque en 1692. Le nombre de troupes de la maison du roi fut augmenté de manière très importante lors du règne du roi-Soleil.

Elle comprend divers corps créés au fil des années, dont :

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Les charges sont plus onéreuses au sein de la Maison militaire du roi que dans l'armée régulière : "Il faut débourser 75 000 livres pour devenir colonel propriétaire dans l'infanterie, 100 000 à 120 000 livres dans la cavalerie. Dans la Maison du roi les charges sont plus onéreuses : en 1743 un guidon de gendarmes (grade équivalent à celui de maréchal de camp dans les troupes réglées) coûte 100 000 francs, un capitaine des mousquetaires paie sa compagnie 350 000 livres."[3]

La fin du règne de Louis XIV et celui de ses successeurs virent se succéder les critiques contre la maison militaire du roi. Le rôle de police joué par certains corps, comme les gardes françaises à Port-Royal en 1709 où les mousquetaires, chargés de l'arrestation des parlementaires, n'y est pas étranger[pas clair]. Le déclin de leur importance militaire, visible à la bataille de Dettingen ou à celle de Fontenoy en est une autre cause. Le calme politique de la période, exempte de tout soulèvement armé d'importance ne rendait pas nécessaire le maintien d'une garde personnelle pléthorique. Enfin le coût de ces unités, dont certaines n'avaient plus qu'un rôle cérémoniel, fut très relevé dans une période d'endettement de la royauté.

Les gardes françaises, accusées de plus perturber l'ordre public que de le maintenir, furent reprises en main et encasernées à partir de 1764. Le comte de Saint-Germain, secrétaire d'État de la Guerre, tailla dans les dépenses de la maison et supprima en 1775-1776 les mousquetaires et les grenadiers à cheval. Il réduisit également les effectifs des chevau-légers, des gendarmes et des gardes du corps. "Après les réformes de Saint-Germain, la défense de la Cour n'est assurée que par une compagnie de cent-Suisses, les gardes de la porte et les gardes du corps."[3]

Les chevau-légers, les gendarmes de la garde, les gardes de la porte et ceux de la prévôté furent supprimés en 1787, la gendarmerie de France en 1788.

Les mousquetaires connurent une éphémère renaissance en 1789.

Lors de la Révolution, les gardes françaises prirent le parti du peuple et participèrent aux évènements révolutionnaires de 1789. Ils furent peu après versés dans la garde nationale de Paris. La maison militaire du roi fut supprimée en 1791, à l'exception des gardes suisses qui luttèrent jusqu'à la mort pour défendre le palais des Tuileries en 1792.

La Restauration[modifier | modifier le code]

Première restauration[modifier | modifier le code]

Lorsque Louis XVIII rentre en France en 1814, un grand travail de reconstruction monarchique s'impose à lui. Il entend redonner de l'éclat à sa Maison et crée un Ministère de la Maison du Roi dont il nomme Blacas ministre. Le Roi confie l'administration et la réorganisation de sa Maison militaire au baron Denniée qui fait les plus grands efforts pour hâter sa reconstruction, secondé dans ce travail par M. de Blacas. L'Ordonnance de la reconstruction de la Maison militaire est datée du 25 mai 1814. La Maison militaire proprement dite est ainsi formée de 378 hommes à pieds et de 4 629 cavaliers, à laquelle on peut joindre, pour la garde du roi, six régiments de Corps royaux (2 758 fantassins et 2 574 cavaliers).

Seconde Restauration[modifier | modifier le code]

Au second retour de Louis XVIII, après les Cent-jours, sa Maison militaire est rétablie par l'Ordonnance du 1er septembre 1815. On y supprime les compagnies de gendarmes de chevaux-légers, de mousquetaires, de grenadiers à cheval et de gardes de la porte. La Maison militaire n'est plus composée que de quatre compagnies de Gardes-du-Corps, d'une compagnie des Cent-Suisses et d'une compagnie des Gardes de la Prévôté, soit une force d'environ 2 000 hommes. La même Ordonnance décide que les Compagnies supprimées sont remplacées par une Garde royale chargée de veiller, avec la Maison militaire, à la sûreté et à la conservation de la personne du souverain. D'après l'Ordonnance du 27 février 1825, l'effectif de la Garde, y compris la Maison militaire du roi, doit être de 25 000 sur le pied de paix et de 33 925 sur le pied de guerre.

Après la Révolution de juillet 1830 et l'expulsion de la branche aînée des Bourbons, le principe d'une garde privilégiée s'avère incompatible avec les idées libérales qui ont élevé les barricades. Aussi une Ordonnance du 11 août 1830 s'empresse de dissoudre la Maison militaire et la Garde royale de Charles X.

Combats et batailles[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Benoît Defauconpret, Les preuves de noblesse au XVIIIe siècle, page 113.
  2. Benoit Defauconpret, Les preuves de noblesse au XVIIIe siècle, ICC, 1999, page 120.
  3. a et b Jean-François Solnon, La Cour de France, pages 496 et 513.

Sources et Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Barbiche, Bernard, Les Institutions de la monarchie française à l'époque moderne, Paris, PUF, 1999
  • Chagniot, Jean, "Maison militaire du roi", Dictionnaire de l'Ancien régime, Lucien Bély dir., Paris, PUF, 1996
  • Drévillon, Hervé, L'Impôt du sang, Paris, Tallandier, 2005
  • Étienne Titeux, Histoire de la maison militaire du roi de 1814 à 1830, Ed. Baudry (Paris), 1890
  • Histoire de la maison militaire du roi de 1814 à 1830, E. Titeux, Ed. Baudry (Paris), 1890
  • Encyclopédie théologique, Tome I, Vol. 2, Jacques-Paul Migne, Paris, 1859
  • Dictionnaire de la conversation et de la lecture, Volume 29, Bellin-Mandar, Paris, 1836

Sur les autres projets Wikimedia :