Armand Lebrun de La Houssaye

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Armand Lebrun de La Houssaye
Image illustrative de l'article Armand Lebrun de La Houssaye

Naissance 20 octobre 1768
Paris
Décès 19 juin 1846 (à 77 ans)
Paris
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Arme Infanterie, puis
Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17921833
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Commandement 4e division de dragons
3e corps d'armée
14e division militaire (Caen)
Distinctions Commandant de la Légion d'honneur
Chevalier de Saint-Louis
Hommages Nom gravé sous l'arc de triomphe de l'Étoile, 6e colonne).
Autres fonctions Province de Tolède
Province de Cuenca

Liste des généraux de la Révolution et du Premier Empire

Armand Lebrun, baron, puis comte de La Houssaye, né à Paris le 20 octobre 1768, mort le 19 juin 1846, est un général français de la Révolution et de l’Empire.

Biographie[modifier | modifier le code]

Guerres révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Armand Lebrun entra comme sous-lieutenant dans le 82e régiment d'infanterie le 15 septembre 1791, passa en la même qualité au 5e régiment de dragons le 10 mars 1792, et fut nommé capitaine à la légion de la Moselle et aide de camp du général en chef Beurnonville le 6 novembre suivant.

Il fit « avec distinction[1] » la campagne de 1792 à l'an IV aux armées du Nord et de la Moselle, fut nommé chef d'escadron le 27 février 1793, et cessa ses fonctions d'aide de camp le 15 mars suivant pour passer avec son grade dans le 3e régiment de hussards. Il se fit remarquer[1] aux combats de Carlsberg et de Kaiserslautern en l'an II. Le 2 nivôse de cette même année, à Frecheviller, il commandait le régiment et entra le premier à sa tête dans une redoute ennemie. À cette même affaire, il fit mettre bas les armes à 1 500 grenadiers hongrois, prit 28 pièces de canon et fut blessé d'un coup de biscaïen au pied droit[1].

Le 1er germinal an II, il fut élevé au grade de chef de brigade dans le même corps. Passé en l'an V à l'armée de Sambre-et-Meuse, il servit en l'an VI à celle d'Angleterre, fit partie en l'an VII de l'expédition contre les révoltés de la Belgique[précision nécessaire] et de l'armée d'observation du Rhin, et prit part aux campagnes des ans VIII et IX avec les armées du Rhin et du Danube. Le 13 vendémiaire an VIII, à Hœscht, près de Francfort, il fut blessé d'un coup de feu qui lui traversa le talon.

De l'an X à l'an XI, il fut employé dans 1re division militaire, et le 12 vendémiaire an XII nommé commandant et inspecteur des côtes de la Manche et du Calvados.

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Créé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire suivant, il fut promu, le 11 pluviôse, (1er février 1804) au grade de général de brigade, en conservant ses fonctions, et reçut la décoration de commandant de la Légion d'honneur le 25 prairial de la même année.

Désigné, le 9 floréal an XIII, pour présider une commission chargé d'un projet de règlement pour la cavalerie légère, il fut employé le 25 messidor à la division de cavalerie de réserve, devenue 1re division de grosse cavalerie de la Grande Armée. Il en commanda la 2e brigade pendant les guerres de l'an XIV à 1807, en Autriche, en Prusse et en Pologne, prit part à toutes les affaires qui eurent lieu à cette époque, et obtint le grade de général de division par décret du 14 mai 1807.

L'Empereur lui confia, le 1er juin suivant, le commandement de la 4e division de dragons, avec laquelle il continua la campagne jusqu'au traité de Tilsitt.

Créé baron de La Houssaye et de l'Empire en 1808, il reçut plus tard (1819[2]) le titre de comte[1].

Campagne d'Espagne[modifier | modifier le code]

Au mois d'octobre 1808, il faisait partie de l'armée d'Espagne avec sa division de dragons ; il contribua à la prise de Madrid, le 4 décembre suivant, et s'empara de vive force de l'Escurial le lendemain 5 décembre.

Passé au 2e corps de l'armée d'Espagne le 1er janvier 1809, il servit avec distinction sous les ordres du maréchal-duc de Dalmatie. Le 5 janvier, à Ferreira, par une charge habilement conduite et vigoureusement exécutée, il empêcha l'arrière-garde ennemie, qui se retirait, de faire sauter le pont jeté sur la petite rivière qui coule en avant du village.

Le 21 avril 1810, à l'affaire de la Rocca, il chargea à la tête des 17e et 27e régiments de dragons, et fit perdre à l'ennemi 800 hommes tués et 600 prisonniers[3].

Vers cette époque, plusieurs bandes d'insurgés s'étant réunies dans la province de Cuenca, sous les ordres d'un chef appelé don Juan Martin, le général La Houssaye marcha sur elles avec une colonne d'environ 1 500 hommes tant infanterie que cavalerie. Son avant-garde surprit à Villa del Arnaud la bande dite de Guttières, et la détruisit presque en entier[3]. Guttières et son lieutenant Ximenès furent fait prisonniers.

Le même jour, à quatre heures de l'après midi, la cavalerie française rencontra en avant de Cuenca les avant-postes de la masse des bandes réunies et les culbuta. Les guerillas, au nombre de 3 000 hommes d'infanterie et de 400 chevaux, occupaient une hauteur garnie de retranchements. Le général La Houssaye fit porter son artillerie sur un mamelon, à gauche, d'où elle battait d'écharpe la position ennemie, pendant que l'infanterie l'attaquait de front à la baïonnette et que la cavalerie se dirigeait sur la route de Priego pour couper toute retraite aux Espagnols. « Le champ de bataille fut bientôt jonché de cadavres ennemis[3] » ; un bataillon entier mit bas les armes. Le reste ayant, voulu traverser le Júcar fut acculé à cette rivière par la cavalerie : plus de 500 hommes s'y noyèrent. L'obscurité seule de la nuit permit à quelques-uns de s'échapper. 600 prisonniers, dont 20 officiers, ainsi que tous les bagages, les subsitances et les munitions, tombèrent au pouvoir La Houssaye.

La 4e division de dragons étant passée à l'armée du Centre, il joignit à son commandement le titre de gouverneur de la province de Tolède, au mois d'août de la même année.

Le 21 octobre suivant, il battit et dispersa à Tarancón et à Veler 1 200 guérilleros qui, ayant voulu attaquer l'escorte d'un convoi destiné pour Torija, avaient été mis en déroute par le général Hugo au Val de Sas, cinq jours auparavant. Ils perdirent dans ces deux rencontres près de 400 hommes tués, et le général La Houssaye leur fit en outre une centaine de prisonniers[3].

Gouverneur de la province de Cuenca en avril 1811, il y maintint l'ordre et la tranquillité. La junte de Valence ayant ordonné au général Zayas de se mettre à la tête de tous les partis réunis de la province de Cuenca, ce général fit le 3 juillet un mouvement sur Jadraque. Le général Hugo, informé de ce mouvement, se mit en mesure de le chasser de ses positions et de le rejeter sur la rive gauche du Tage, pendant que le général La Houssaye se portait avant pour couper la retraite aux Espagnols. Mais Zayas ne les attendit pas : il évacua ses positions avec la totalité de son corps, fort d'environ 7 000 hommes. Le général Hugo le poursuivit dans la direction du Tage. Parti le 10 juillet de Guadalaxara, le général La Houssaye s'avança de son coté à marches forcées sur le pont d'Auton, dans l'intention de fermer le passage aux Espagnols, mais ceux-ci qui avaient déjà passé le Tage, étaient en position à Val de Olivar. Le général La Houssaye passa le fleuve le 11 juillet, et au débouché du pont son avant-garde tomba sur la cavalerie commandée par « el Manco » ((en français : « « le Manchot » »)), et la poursuivit jusqu'à Sacedón. Les Français et le gros des troupes de Zayas se rencontrèrent entre Alcober et Val de Olivar. 3 bataillons et 2 escadrons espagnols qui occupaient une position avantageuse opposèrent d'abord une vive et longue résistance, mais la cavalerie française parvint à les enfoncer. Tout ce qui ne fut pas sabré sur la place fut pris : 600 morts, 1 000 prisonniers, un drapeau, tous les bagages, un parc considérable de bestiaux, 209 chevaux et l'ambulance, tombés au pouvoir des Français, furent les résultats de « cette brillante affaire[3] ». Zayas, avec les débris de son corps, se retira en desordre sur Valence et fui vivement poursuivi par le général La Houssaye, qui lui fit encore éprouver quelques pertes[3].

Déclin de l'Empire[modifier | modifier le code]

Appelé au commandement de la 6e division du 3e corps de cavalerie de la réserve le 9 janvier 1812, il commanda momentanément le 3e corps pendant l'expédition de Russie.

Le 7 septembre, à la Moskowa, il fut grièvement blessé. Le 10 décembre suivant, l'armée française évacuait Wilna, abandonnant dans cette ville plus de 10 000 isolés, malades ou blessés, dont un grand nombre d'officiers de tous grades, parmi lesquels se trouvait le général La Houssaye. Tous furent faits prisonniers à l'entrée des Russes dans Wilna[3].

Restauration française[modifier | modifier le code]

Rentré en France après la paix de Paris (1814), La Houssaye fut nommé chevalier de Saint-Louis le 19 juillet de cette même année et mis en non-activité le 1er septembre suivant.

Commandant la 2e division de cavalerie du 1er corps le 6 avril 1815, et disponible le 5 juin suivant, il fut de nouveau mis en non-activité à la seconde Restauration.

Il figura comme disponible dans le cadre d'organisation de l'état-major général de l'armée, le 30 décembre 1818, et le gouvernement royal lui confia le commandement de la 14e division militaire (Caen) le 13 janvier 1819.

Depuis le 30 mars 1820 jusqu'au 23 juillet 1823, il demeura sans fonctions, et à cette dernière époque il fui nommé inspecteur-général de gendarmerie.

Disponible de nouveau le 1er janvier 1824, il fut membre de la commission d'examen des armes à percussion depuis le 1er janvier jusqu'au 1er avril 1828.

Compris dans le cadre d'activité de l'état-major général le 7 février 1831, le général La Houssaye fut admis dans le cadre de réserve le 25 mai 1832, mais il fut replacé dans le cadre d'activité comme disponible le 3 janvier 1833, et enfin admis à la retraite à compter du 1er novembre suivant.

Son nom est inscrit sur le coté Nord de l'arc de triomphe de l'Étoile.

Récapitulatifs[modifier | modifier le code]

Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile : pilier Nord, 5e et 6e colonnes.

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Rubans des décorations
Commandant de la Légion d'Honneur Chevalier de Saint-Louis Décoration du Lys

Hommages[modifier | modifier le code]

Armoiries[modifier | modifier le code]

Image Armoiries
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Blason Armand Lebrun de La Houssaye.svg
Armes du baron de La Houssaye et de l'Empire

D'azur; au chevron d'or, surmonté de deux têtes de cheval d'or, et en pointe d'un sabre de hussard d'argent à poignée d'or, accompagné de trois étoiles d'argent une et deux; quartier des barons militaires, brochant sur le tout.[4]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Fastes 1844, p. 305.
  2. S.H.A.T. 7 Yd 454.
  3. a, b, c, d, e, f et g Fastes 1844, p. 306.
  4. a et b Archives nationales BB/29/966, p. 243.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]