Marie François Auguste de Caffarelli du Falga

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Auguste de Caffarelli
Marie François Auguste Caffarelli du Falga
Naissance 7 octobre 1766
Château du Falga
Décès 23 janvier 1849 (à 82 ans)
Château de Leschelle
Origine Drapeau du Royaume de France Royaume de France (Languedoc)
Allégeance Drapeau du Royaume de Sardaigne Royaume de Sardaigne
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Arme Cavalerie
Grade Général de division
Années de service 17831815
Conflits Guerres révolutionnaires
Guerres napoléoniennes
Commandement
Faits d'armes Austerlitz
Distinctions Légion d'honneur
(Grand aigle)
Ordre de la Couronne de Fer
(Commandeur[1])
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
(21e colonne)
Autres fonctions Aide de camp de l'empereur Napoléon Ier
Famille Famille Caffarelli

Liste des généraux du Premier Empire
Noms gravés sous l'arc de triomphe de l'Étoile

Marie François Auguste, comte Caffarelli du Falga (né au château du Falga le 7 octobre 1766 et mort au château de Leschelle[2] (Aisne) le 23 janvier 1849), est un militaire et homme politique français des XVIIIe et XIXe siècles.

Biographie[modifier | modifier le code]

Septième fils et dernier des dix enfants de Maximilien Caffarelli (1725-1766), seigneur du Falga et de Marguerite Louise Félicité d'Anceau (1732-1786), Auguste Caffarelli naquit au château du Falga (Languedoc, auj. en Haute-Garonne), le 7 octobre 1766. Il était le frère puîné du général Caffarelli du Falga, mort au siège de Saint-Jean d'Acre le 8 floréal an VII.

Destiné dès sa jeunesse à la carrière des armes[3], Auguste fit de « bonnes études[4] » à l'abbaye-école de Sorèze comme ses frères Maximilien, Charles-Ambroise, Joseph et Jean-Baptiste[5], et gagna, par exemple, le prix de fortifications[4] lors des exercices de 1775[4].

Il servait, depuis 1783[6], comme sous-lieutenant dans les troupes sardes lorsqu’il quitta ce service, en 1791, au moment où la guerre était imminente entrre le Piémont et la France[3]. Il y aurait vraisemblablement obtenu un avancement rapide, si les événements ne l'avaient déterminé à rentrer dans sa patrie[7].

Guerres révolutionnaires[modifier | modifier le code]

Lorsqu'en 1793 les Espagnols envahirent le Roussillon, il s’enrôla comme simple dragon du 15e régiment[6] (ci-devant « Noailles-Dragons[4] »), dans l'armée qui leur était opposée[3] : il y servit de 1793 à 1795.

Devenu aide de camp du général de Nucé[4], puis du général Dagobert[6], Caffarelli fut blessé au combat de Trouillas le 22 septembre 1793[4], il gagna successivement, « après plusieurs actions d'éclat[3] », les grades de lieutenant et de capitaine et fut élevé provisoirement, en l'an II (28 mars 1794), à celui d'adjudant-général chef de brigade. Le général Pérignon le notait alors comme « un officier distingué[4] ».

Confirmé dans son grade par le Comité de salut public[4] le 13 juin 1795, Caffarelli passa à l'armée de Sambre-et-Meuse, où il prit le commandement d'une demi-brigade d’infanterie légère, surnommée l'Incomparable[6], à la tête de laquelle fit plusieurs campagnes « avec distinction[7] ». Chef de brigade de la 9e légère (4 juin 1797), il fut affecté à l'armée d'Allemagne puis à celle du Rhin.

Il aurait fait la campagne d'Égypte[réf. à confirmer][6].

Adjudant-général dans la garde consulaire depuis le 4 janvier 1800, Caffarelli combat à Marengo, bataille à la suite de laquelle il fut promu général de brigade (16 mars 1802). Il accompagna à Bruxelles « le magistrat suprême de la République française[7] », lorsqu'il se rendit, en l'an XI, dans cette ville pour y recevoir l'hommage de la Belgique.

À l'armée des Côtes de 1803 à 1805[4], créé membre et commandant de la Légion d'honneur les 19 frimaire et 25 prairial an XII, le général Caffarelli se vit ensuite chargé d'une importante mission : il reçut l'ordre d'aller à Rome pour déterminer le souverain pontife à venir en France sacrer le nouvel Empereur. Il s'acquitta de cette mission délicate « avec autant de dignité que d'intelligence[7] », et fut nommé, en l'an XIV, gouverneur du palais des Tuileries, général de division, et président du collège électoral du département du Calvados, dont un de ses frères était préfet[3].

Guerres napoléoniennes[modifier | modifier le code]

Vers la fin de cette année, il servit à la grande armée d'Allemagne, où l'Empereur lui confia le commandement provisoire de la division Bisson, au moment où ce général, dangereusement blessé à Linz, faisait ses dispositions pour passer la Traun. Le général Caffarelli combattit avec cette division à la bataille d'Austerlitz, et obtint, le 8 février 1806, « en récompense de ses talens et de sa bravoure[7] », la décoration de grand-officier, puis celle de grand aigle de la Légion d'honneur.

Appelé le mois suivant au ministère de la Guerre (it) du royaume d'Italie, il en conserva le portefeuille jusqu'en mai 1810[4], époque à laquelle il rentra en France. Il reçut l'ordre de se rendre à l'armée d'Espagne. De là, il passa à Trieste[4], retourna en Espagne où on lui confia le commandement des troupes du 4e gouvernement (provinces de Biscaye et de Santander[4]). Le 23 décembre 1807, l'Empereur l'avait nommé chevalier de l'ordre de la Couronne-de-Fer, et en 1809, il avait reçu de ce prince le titre de comte de l'Empire avec une dotation de 25 000 francs sur les domaines d'Altkloster, situés en Hanovre[7].

Il servit trois ans dans la péninsule Ibérique, « luttant tantôt contre les anglais, tantôt contre les guérillas[4] », occupant différents postes importants, notamment celui de commandant en chef de l'armée du Nord. Le 23 octobre 1810, une escadre anglaise de 27 voiles ayant voulu tenter un débarquement à Santoña, sur la côte de Santander (ou à Luredo selon Mullié[8]), le comte Caffarelli fit échouer la tentative de l'ennemi, et le força « à chercher son salut dans la fuite[7] ». Gouverneur de la Biscaye en 1811, il attaqua les bandes de Mina dans la vallée d'Ultzama, les mit dans une déroute complète, leur fit plus de 600 prisonniers, et dispersa le reste dans les montagnes[7]. Le 22 octobre 1812, il contribua avec le général Souham, commandant l'armée du Portugal, à faire lever le siège de Burgos, où les Anglais avaient infructueusement sacrifié plus de 3 000 hommes ; il défit les généraux espagnols Renovales (es) et le « Marquesito », près de Bilbao, dont il s'empara, et remporta en 1813, à Villadiego, une nouvelle victoire sur les troupes britanniques.

Rappelé en France en 1813, il reprit ses fonctions d'aide de camp, puis en avril, il fut placé à la tête du corps de la Garde impériale stationné à Paris.

1814-1815[modifier | modifier le code]

Lors des événements de 1814, le comte Caffarelli « fut assez heureux pour donner des témoignages de sa reconnaissance à son ancien souverain[7] », alors abandonné par la plupart de ses serviteurs. Il accompagna même jusqu'à Vienne (Autriche) l'impératrice Marie-Louise et le jeune roi de Rome.

Revenu en France an mois de janvier 1815, il sollicita sa mise en non-activité[8], mais Louis XVIII lui envoya pour réponse les insignes de chevalier de Saint-Louis et lui confia le commandement de la 1re subdivision de la 13e division militaire[8]. À peine était-il arrivé à Rennes, que Napoléon reparut en France. Le duc de Bourbon, qui se trouvait alors à Angers pour y organiser des moyens de résistance, appela auprès de lui le comte Caffarelli, et lui donna seulement l'ordre de « retourner à Rennes pour y faire tout le bien, et empêcher tout le mal qu'il pourrait[9] ». Ce général ayant pris toutes « les mesures propres à maintenir la tranquillité publique[9] », suivit le mouvement de l'année. Il adressa ensuite des dépêches à l'Empereur, dans lesquelles il annonçait que la Bretagne était animée des meilleurs sentiments, donna des ordres pour qu'aucun agent d'insurrection ne pût être reçu dans les places de sa division, puis applaudit au patriotisme des habitants qui faisaient partie de la fédération bretonne[9].

Napoléon, satisfait du zèle[9] que le comte Caffarelli avait déployé dans des circonstances difficiles le fit rentrer dans ses fonctions d'aide-de-camp (22 avril)[8] et le nomma, par décret du 2 juin, commandant de la 1re division militaire. Ce général veilla avec le plus grand soin à la sûreté de la capitale, où le bon ordre ne cessa de régner, et assista le 1er juillet au conseil de guerre, assemblé à l'Hôtel-de-Ville, dans lequel il fut résolu que Paris n'opposerait aucune résistance à l'ennemi.

Le maréchal Davout, ministre de la guerre, le chargea presque aussitôt d'une mission pour Metz, où il ne fit que paraître à cause de l'arrivée des Russes. Il se rendit alors à l'armée de la Loire, fut licencié comme tous ses compagnons d'armes, mis en disponibilité, et peu de temps après à la retraite[3] (1er janvier 1816).

Pair de France[modifier | modifier le code]

Auguste de Caffarelli
Fonctions
Ministère de la Guerre (it)
mars 1806mai 1810
Vice-président Eugène de Beauharnais, vice-roi
Monarque Napoléon Ier, roi d'Italie
Gouvernement Drapeau du Royaume d'Italie Royaume d'Italie
Prédécesseur Domenico Pino
Successeur Sebastiano Giuseppe Danna
Membre de la Chambre des pairs
19 novembre 1831février 1848
Monarque Louis-Philippe Ier, roi des Français
Gouvernement Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Biographie
Nom de naissance Marie François Auguste de Caffarelli du Falga
Nationalité Française
Enfant(s) Eugène Auguste de Caffarelli
Diplômé de Abbaye-école de Sorèze
Profession Officier général
Résidence Hôtel de Cassini
Château de Leschelle
Liste des ministres italiens de la Guerre et de la Marine (1800-1815) (it)

En 1819, une ordonnance royale le nomma vice-président du collège électoral du département de l'Aisne. En 1830, le comte Caffarelli présida le collège du 3e arrondissement du même département.

Après la révolution de Juillet 1830, Caffarelli fut nommé pair de France (19 novembre 1831) et fut élu en 1832 secrétaire de la Chambre haute en remplacement de M. le maréchal-duc de Trévise, nommé ambassadeur à Saint-Pétersbourg[3].

Devenu, en 1840[3], rapporteur de la commission chargée de l'examen du projet de loi relatif à la translation des dépouilles mortelles de l'Empereur Napoléon[9], le comte Caffarelli s'exprima en ces termes :

« La demande des fonds qui vous est présentée ne saurait être considérée comme une question d'argent. Nous n'hésitons pas à vous proposer l'adoption pure et simple du chiffre demandé, et nous ne doutons pas qu'en cas d'insuffisance, la Chambre des pairs ne fût prête à voter des crédits supplémentaires qui pourraient encore vous être soumis. En vous proposant, à l'unanimité, de vous associer au projet du gouvernement, nous avons pensé qu'il était superflu de rappeler ici tout ce que fit l'empereur Napoléon pour le bonheur et la gloire du peuple français. Le souvenir en est vivant encore dans cette enceinte où siègent tant de témoins de sa gloire et de compagnons de ses travaux.[9] »

Le général Caffarelli rentra dans la vie privée à la révolution de Février 1848[3]. Resté depuis cette époque étranger aux grands débats politiques, il mourut, « après une maladie longue et cruelle[8] », le 23 janvier 1849 château de Leschelle[4], près de de Guise (Aisne), âgé de 83 ans, « laissant le deuil chez tous ceux qui le connurent[4] ». Il laissait une veuve, « digne fille[8] » du comte d'Hervilly qui avait « su résister aux avances de l'Empereur, tout en demeurant son amie sincère[4] », deux filles et un fils que le gouvernement impérial restauré nomma au conseil d'État à la préfecture d'Ille-et-Vilaine.

Le nom d’Auguste Caffarelli est inscrit sous l'Arc de triomphe de l'Étoile, coté Sud.

Récapitulatifs[modifier | modifier le code]

Carrière[modifier | modifier le code]

Titres[modifier | modifier le code]

Décorations[modifier | modifier le code]

Grand aigle de la Légion d'honneur Commandeur de l'ordre de la Couronne-de-Fer Commandeur de Saint-Louis

Armoiries[modifier | modifier le code]

Image Armoiries
Armes de la famille Caffarelli

Parti: au 1, d'azur, au lion d'or; au 2, coupé: a. taillé d'or sur gueules; b. tranché d'or sur gueules. Au chef de l'écu d'or, brochant sur le parti et ch. d'une aigle de sable, couronnée d'or.[16]

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Blason Marie-François-Auguste Caffarelli (1766-1849).svg
Armes du 1er comte Caffarelli et de l'Empire

Écartelé ; le premier des comtes militaires ; le deuxième taillé d'argent et de gueules, le troisième d'argent au lion rampant de sable ; le quatrième tranché d'argent et de gueules.[11],[16],[1]

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Blason fam fr Caffarelli du Falga.svg
Armes du comte Caffarelli du Falga, pair de France

Parti, au premier d'argent, au lion rampant de sable; au deuxième coupé, le premier taillé d'argent et de gueules, le second tranché d'argent et de gueules.[1],[16]

Hommage, honneurs, mentions,...[modifier | modifier le code]

21e colonne de l’Arc de Triomphe de l’Etoile.

Ascendance et postérité[modifier | modifier le code]

Auguste Caffarelli était le septième fils et dernier des dix enfants de Maximilien Caffarelli (1725-1766), seigneur du Falga et de Marguerite Louise Félicité d'Anceau (1732-1786).

Il épousa, le 26 avril 1799, Julienne Blanche Louise Le Cat (vers 1784/1785 - 1854). Julienne était la fille du comte d'Hervilly qui avait fait campagne en Amérique et commanda les gardes à cheval de la Garde constitutionnelle du roi Louis XVI avant d'émigrer. Il participa à l'expédition de Quiberon, comme Philippe de Caffarelli, frère de son futur gendre (fait prisonnier et fusillé).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c et d Brémond 1863, p. 157.
  2. « Notice no IA02000107 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  3. a, b, c, d, e, f, g, h et i Robert et Cougny 1889, p. 546.
  4. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q, r et s Sorèze 2012.
  5. Roglo 2012.
  6. a, b, c, d, e et f Mullié 1852, p. 255.
  7. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Fastes 1844, p. 110.
  8. a, b, c, d, e, f et g Mullié 1852, p. 256.
  9. a, b, c, d, e et f Fastes 1844, p. 111.
  10. a, b et c S.H.A.T. 7 Yd 400.
  11. a, b et c Archives nationales BB/29/966, p. 299.
  12. a et b Noblesse impériale, p. n°53.
  13. Circolo Giovanile 2002, p. Conti.
  14. Léonore LH/403/39.
  15. Testu, Almanach impérial pour l'année 1810 : présenté à S.M. l'Empereur et Roi par Testu, Paris, Testu,‎ 1810 (lire en ligne)
  16. a, b et c Rietstap 1884.
  17. « Casernes Compans-Cafarelli », Archives municipales de Toulouse (consulté le 3 décembre 2010)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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