Bataille de Laon

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Bataille de Laon
Carte de la bataille
Carte de la bataille
Informations générales
Date 9 et 10 mars 1814
Lieu Laon
Issue Victoire prussienne
Belligérants
Drapeau de l'Empire français Empire français drapeau du Royaume de Prusse en 1803 Royaume de Prusse
Drapeau de la Russie Impériale Empire russe
Commandants
Napoléon Ier Gebhard Leberecht von Blücher
Forces en présence
37 000 hommes 90 000 hommes
Pertes
6 500 morts ou blessés 4 000 morts ou blessés
Sixième coalition
Batailles
Campagne de Russie (1812)

Mir — Moguilev — Ostrovno — Kliastitsy — Smolensk — 1re Polotsk — Valoutino — Moskova — Moscou — Winkowo — Maloyaroslavets — 2e Polotsk — Czaśniki — Viazma — Smoliani — Krasnoï — Bérézina


Campagne d'Allemagne (1813)
Dantzig — Lützen — Bautzen — Hoyerswerda  — Goldberg — Gross Beeren — Katzbach — Dresde — Kulm — Dennewitz — Leipzig — Hanau — Sehested — Torgau — Hambourg


Campagne de France (1814)
Metz — Brienne — La Rothière

Campagne des Six-Jours : Champaubert — Montmirail — Château-Thierry — Vauchamps
Mormant — Montereau — Bar-sur-Aube — Craonne — Laon — Reims — Arcis-sur-Aube — Fère-Champenoise —Claye — Villeparisis — Paris
Front italien : Trieste — Mincio
Coordonnées 49° 33′ 57″ N 3° 37′ 14″ E / 49.565779, 3.620574 ()49° 33′ 57″ Nord 3° 37′ 14″ Est / 49.565779, 3.620574 ()  

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
 Différences entre dessin et blasonnement : Bataille de Laon.

La bataille de Laon eut lieu les 9 et 10 mars 1814, entre l'armée française commandée par Napoléon et l'armée prussienne commandée par Gebhard Leberecht von Blücher.

Contexte[modifier | modifier le code]

Les Français sont vaincus en Russie en 1812 et en Europe centrale en 1813. En 1814, les Alliés décident de mettre fin aux guerres de la Sixième coalition en envahissant la France. L'Empire français lutte désormais pour sa survie.

Au cours de la dernière semaine de février 1814, environ un mois après le début de l'invasion alliée, Blücher prend l'initiative et avance sur Paris. Les maréchaux Édouard Mortier et Auguste Marmont protègent la capitale avec deux détachements, mais avec seulement 10 000 hommes, ils ne pèsent pas lourds face aux forces de Blücher bien supérieures en nombre. Napoléon se précipite vers l'ouest à leur secours avec près de 30 000 hommes, dans l'espoir de piéger Blücher contre la Marne.

Fin février, début mars, Blücher attaque sans succès Marmont et Mortier le long de l'Ourcq et ordonne la retraite vers le nord pour regrouper ses forces quand il entend parler de l'avance de Napoléon. Les troupes prussiennes traversent l'Aisne en crue et arrivent à Soissons le 4 mars. Des renforts du général Woronsof les y rejoignent, portant les forces de Blücher à 100 000 hommes.

Le 7 mars, Napoléon attaque le long du Chemin des Dames. C'est là qu'a lieu la bataille de Craonne. Les Français sont victorieux, mais les Alliés parviennent à se retirer vers Laon.

Champ de bataille[modifier | modifier le code]

Laon est un important carrefour qui offre une superbe position défensive. Blücher choisit d'y livrer bataille. En effet le plateau de Laon, qui domine la plaine d'une centaine de mètres est défendu par des pentes abruptes. Vers le nord le paysage est plat et découvert. Au sud, le relief accidenté et boisé complique les manœuvres militaires. Au pied du plateau les villages d'Ardon et de Semilly sont comme des bastions pour les armées russes et prussiennes.

Prélude[modifier | modifier le code]

Blücher a maintenant environ 90 000 soldats et 176 canons. Le corps prussien de Bülow est affecté à la défense même de Laon. L'aile ouest des Prussiens est couverte par le corps russe de Winzingerode, tandis que l'aile, située à l'est, est défendue par les corps des généraux prussiens Yorck et Kleist. Les corps des généraux Andrault et Osten-Sacken constituent la réserve.

Après la bataille de Craonne, Napoléon a envoyé le gros de ses forces vers le nord-est, détachant environ 10 000 hommes sous les ordres de Marmont vers Laon via la route venant de Berry-au-Bac.

La bataille[modifier | modifier le code]

Dans la soirée du 8 mars, des escarmouches ont lieu à Urcel sur la route de Soissons. L'avant-garde française chasse du village un petit détachement russe.

Aux premières heures du 9 mars, les Français continuent leur avance le long de la route. À 5 heures 30, les dragons français arrivent en face de Laon, mais ils ont perdu l'effet de surprise et se retirent sous un feu nourri. À partir de 7 heures, les Français attaquent à maintes reprises les positions d'Ardon et de Semilly. Certains éléments de la Jeune Garde atteignent même le sommet de la colline, avant d'être refoulés.

Blücher souffre d'une fièvre qui l'empêche de suivre de près les évènements. De mauvais renseignements lui laissent à penser que les Français disposent d'au moins 90 000 hommes et il est réticent à lancer une attaque. Contre les 30 000 Français, la victoire eut été déterminante, mais dans l'incertitude réelle de la situation Blücher se contente de lancer contre le flanc gauche de Napoléon, le corps de Ferdinand von Wintzingerode qui est facilement repoussé. Vers 11 heures le brouillard se lève, et le commandement allié a enfin une vision plus claire du champ de bataille.

Blücher décide d'isoler les forces de Napoléon à l'ouest de la colonne de Marmont à l'est. Une attaque alliée très déterminée permet de reprendre le village d'Ardon, mais la brigade d'infanterie prussienne reçoit l'ordre de stopper car Blücher craint que les forces françaises ne les encerclent. Tard dans la soirée du 9 mars, une attaque des Français conduit à la prise de Clacy-et-Thierret, un village dans le flanc ouest des Prussiens. Toutefois, à la fin de la première journée de combats, Laon reste aux mains des Alliés.

Le lendemain dans l'après-midi, vers 17 heures, les troupes de Marmont ont attaqué le village d'Athies-sous-Laon et chassé les Prussiens de leur poste avancé. Aux bruits du combats, Blücher et August von Gneisenau ordonnent une puissante contre-attaque avec deux corps. Le colonel Charles Nicolas Fabvier que Marmont a envoyé avec 1 000 hommes pour établir un contact avec l'armée principale de Napoléon a l'heureuse initiative de faire demi-tour et, avec l'aide de 125 anciens de la Vieille Garde, repousse la cavalerie prussienne. Marmont parvient in-extrémis à s'échapper, mais perd dans cette affaire 3 500 hommes et 45 canons.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Peinture de Meissonier : 1814, Campagne de France : Retraite après la bataille de Laon; Napoléon et son état-major derrière lui; de gauche à droite, Ney (capote sur les épaules), Berthier, Flahaut (fils de Talleyrand); derrière Ney, un inconnu tombant de fatigue, puis Drouot et, derrière Flahaut, peut-être Gourgaud[1],[2],[3].

Napoléon se retire et sans être poursuivi, se replie sur Reims où il remporte une dernière mais inutile victoire sur le général russe, Guillaume Emmanuel Guignard de Saint-Priest, fils d'émigré d'origine française[4].

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Jean Louis Ernest Meissonier. Ses Souvenirs - Ses Entretiens, précédés d'une étude sur sa vie et son œuvre, par M. O. Gréard. Librairie Hachette et cie - Paris, 1897.
  2. Site du ministère de la Culture - JOCONDE : Catalogue des collections des musées de France
  3. Juliette Glikman, Ernest Meissonier, 1814. Campagne de France, Cahiers de la Méditerranée, "Dossier : XVe - XXe siècles - De la tourmente révolutionnaire au traumatisme de 1870 : la fin du Guerrier et l'émergence du soldat", n°83 : "Guerres et guerriers dans l'iconographie et les arts plastiques", 2011, p. 175-186.
  4. Guillaume Emmanuel Guignard de Saint-Priest, premier fils de François-Emmanuel Guignard de Saint-Priest, diplomate et homme d'État français, émigré en 1795

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Battle of Laon » (voir la liste des auteurs) dans sa version du 20 novembre 2007
  • Histoire de la restauration - Alphonse de Lamartine - 1854 - (Page 91)