Vies parallèles des hommes illustres

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Une page des Vies parallèles imprimée à Rome en 1470, collection de l'Université de Leeds.

Les Vies parallèles des hommes illustres ou Vies parallèles (grec ancien : Βίοι Παράλληλοι / Bíoi Parállêloi) forment l'œuvre la plus connue de Plutarque, composée entre 100 et 120. Il s'agit d'une série de biographies d'hommes illustres du monde gréco-romain, organisées par paires, chaque paire mettant en parallèle un Grec et un Romain.

Élaboration de l'œuvre[modifier | modifier le code]

Structure des Vies parallèles[modifier | modifier le code]

Dans leur état actuel, les Vies parallèles rassemblent 46 biographies présentées par paires, mettant en parallèle un Grec et un Romain célèbres (par exemple Alexandre le Grand et Jules César). À la fin de certaines paires de biographies, un bref texte (la σύγκρισις / súnkrisis, « comparaison ») compare les deux personnages.

Vingt-deux paires de Vies (dont certaines sont suivies d'une sunkrisis entre les deux personnages) nous sont parvenues :

La paire constituée de la Vie de Scipion l'Africain et de la Vie d'Épaminondas, qui figurait parmi les premières dans les manuscrits médiévaux, est aujourd'hui perdue.[1]

Les Vies suivantes, qui ne faisaient probablement pas partie des Vies parallèles, nous sont parvenues seules :

Les deux Vies suivantes ne faisaient pas partie des Vies parallèles, car elles ne comparent pas un Grec et un Romain, mais probablement d'une série de biographies d'empereurs romains[2] :

Analyse[modifier | modifier le code]

Postérité[modifier | modifier le code]

La traduction en français des Vies parallèles par Jacques Amyot au milieu du XVIe siècle, constamment rééditée jusqu'à aujourd'hui, a renforcé la diffusion de cette œuvre et a fait de Plutarque un passeur de l'Antiquité à l'époque moderne ; c'est aussi un monument de la littérature française en prose[3]. En 1579, l'Anglais Thomas North en donne une traduction[4] qui servira de source à certaines tragédies historiques de William Shakespeare, notamment Jules César, Antoine et Cléopâtre, Coriolan ou Timon d'Athènes. Parmi ses admirateurs anglophones figurent aussi Ben Jonson, Sir Francis Bacon, John Milton, John Dryden, et plus tard Robert Browning. Les œuvres de Rabelais, d'Érasme, de La Boétie, les Essais de Montaigne, plus tard l'œuvre de Jean-Jacques Rousseau et de Joseph de Maistre sont profondément inspirés de ses Œuvres morales et des Vies Parallèles. Par ailleurs, dans les romans de Maurice Leblanc, les Vies parallèles sont le livre de chevet du héros Arsène Lupin, ce qui est révélateur des ambitions tant du personnage principal que de son auteur.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Françoise Frazier, article « Manuscrits » du Dictionnaire Plutarque, in François Hartog (dir.), Plutarque, Vies parallèles, Gallimard, 2001, p.2044-2045.
  2. Introduction de Robert Sablayrolles aux Vies de Galba et d'Othon, in François Hartog (dir.), Plutarque, Vies parallèles, Gallimard, 2001, p.1900.
  3. Voir notamment Marc Fumaroli, in Exercices de lecture, Paris, Gallimard, 2005.
  4. François Laroque, Alain Morvan, Frédéric Regard, Histoire de la littérature anglaise, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Premier Cycle », (ISBN 2130481426), p. 2.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Éditions complètes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Plutarque, Vies, texte établi et traduit par Robert Flacelière, Émile Chambry (avec le concours de M. Juneaux pour les tomes I et II), Paris, Les Belles Lettres, Collection des Universités de France, 1957-1993, 16 volumes dont un volume d'index par Édouard Simon. (Texte grec et traduction française.)
  • (fr) Plutarque, Vies parallèles, traduction par Robert Flacelière et Émile Chambry, introduction de Jean Sirinelli, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins », 2 volumes, 2001. (Traduction française seule.)
  • (fr) Plutarque, Vies parallèles, traduction d'Anne-Marie Ozanam (édition publiée sous la direction de François Hartog, annotée par Claude Mossé, Jean-Marie Pailler et Robert Sablayrolles, suivie d'un « Dictionnaire Plutarque » sous la direction de Pascal Payen), Paris, Gallimard, coll. Quarto, 2001. (Traduction française seule.)
  • (en) Plutarch's Lives, avec une traduction anglaise de B. Perrin, Cambridge (Ma), Harvard University Press et Londres, W. Heinemann, Loeb Classical Library, 1914-1926 et 1954-1962, 11 volumes. (Texte grec et traduction anglaise.)
  • (grc) Plutarchi vitae parallelae, éd. K. Ziegler et H. Gärtner, Leipzig, B. G. Teubner, 1960-1972, 8 volumes (1e édition 1914-1939). (Texte grec seul.)

Éditions partielles[modifier | modifier le code]

  • (fr) Plutarque, Les Vies parallèles : Alcibiade - Coriolan, traduction de Robert Flacelière et Émile Chambry, introduction de Claude Mossé, Paris, Belles Lettres, coll. Classiques en poche, 1999. (texte grec et traduction)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Textes en ligne[modifier | modifier le code]