République de Genève

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République de Genève

1541 – 1798
1813 – 1814/1815

Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
La République de Genève, à l'ouest, alliée des cantons protestants de la Confédération suisse (en vert).
Informations générales
Statut République
Capitale Genève
Histoire et événements
Proclamation
Annexion par la France
Restauration
Adhésion à la Confédération suisse en tant que République et Canton de Genève

La République de Genève est un ancien État européen ayant existé entre 1541, date de sa proclamation par Jean Calvin, et 1798, date de son annexion par la France, puis de décembre 1813, date de sa restauration, à mai 1815, l'État genevois devenant alors un canton de la Confédération suisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Création[modifier | modifier le code]

En 1306, vingt-quatre chefs de famille et quelques individus se constituent hommes liges du comte Amédée V de Savoie en échange d'avantages substantiels. Conséquence de ce soutien, en 1309, l'évêque Aymon de Quart reconnaît aux citoyens le droit de constituer des syndics ou procureurs pour traiter leurs affaires communes, à condition qu'ils n'empiètent pas sur la juridiction épiscopale[1]. 1309 constitue ainsi la date de création du Conseil général, appelé aussi « ancienne République de Genève ». Celui-ci a le droit de nommer ses représentants, munis de pleins pouvoirs pour agir dans l'intérêt de la communauté. Ces quatre représentants, ou syndics, sont chargés d'exercer au nom des citoyens les compétences que l'évêque leur a accordées : la police, la justice criminelle, la défense de la ville et les affaires militaires, la surveillance des hôpitaux et de l'école, les travaux publics et, ce qui coule de source, les finances de la communauté[2].

République calviniste[modifier | modifier le code]

Dès 1526, des marchands allemands propagent à Genève les idées de la réforme luthérienne parmi les commerçants. Le , la population chasse le dernier évêque de la cité, Pierre de la Baume, prélat de la ville depuis 1522. En 1541, Jean Calvin élabore les ordonnances ecclésiastiques, négociées ensuite avec les conseils de la ville. Il s'agit de défendre contre l’excès inverse, le contrôle de l’État sur l’Église. La ville hérite des droits régaliens et du pouvoir seigneurial de l'évêque sur les habitants de la plupart de ses possessions rurales. Les Édits civils rédigés à nouveau par Calvin en 1543 serviront de constitution à la nouvelle république[3]

La République renforce son alliance avec les cantons protestants de la Confédération suisse et devient un « allié éternel » en 1584.

Annexion française[modifier | modifier le code]

La Révolution française atteint Genève en 1792 et, en février 1794, la République se dote d'une nouvelle constitution révolutionnaire qui proclame l'égalité de tous les citoyens.[4] Après la mort de Robespierre en juillet de la même année, une contre-révolution a lieu, laquelle l'emporta en 1796[réf. nécessaire]. Cela précipita l'invasion française de 1798 et l'annexion de Genève comme partie du département du Léman. Le traité d'annexion de Genève à la France est daté du [5].

Restauration et adhésion à la Confédération suisse[modifier | modifier le code]

La République de Genève est restaurée le et rejoint finalement la Confédération suisse en 1815 en tant que 22e canton — d'où le nom de Confédération des XXII cantons donné à la Suisse à partir de cette époque — élargie de quelques territoires français et savoyard lors du congrès de Vienne afin d'assurer une continuité territoriale à la Confédération.

La transition se fait en plusieurs étapes. Le négociateur de Genève, Charles Pictet de Rochemont obtient la reconnaissance de l'indépendance de Genève lors du premier Traité de Paris du 30 mai 1814. Deux protocoles additionnels du 29 mars 1815 donnent des garanties territoriales permettant le rattachement de Genève à la Suisse, ils sont confirmés par l'Acte final du Congrès de Vienne du 9 juin 1815. Le Traité de réunion de Genève à la Suisse est signé le 19 mai 1815. Le député de Genève prête serment au Pacte fédéral le 7 août 1815, avec les députés des vingt-et-un autres cantons[6],[7].

Personnalités[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Genève - émancipation des citoyens - page 5 », sur Dictionnaire historique de la Suisse (consulté le 14 juin 2016)
  2. « Le gouvernement et l'administration », sur Encyclopédie de Genève (consulté le 14 juin 2016)
  3. Louis Binz, Brève histoire de Genève, p. 28, Genève, Chancellerie d'Etat, , 78 p.
  4. « Genève République souveraine », sur Encyclopédie de Genève (consulté le 10 mai 2018)
  5. Jacques Barrelet (commissaire de l'exposition), « L'annexion à la France en 1798 », Exposition 2014-2015 : Genève et les Suisses, sur ge.ch, Archives d'État de Genève, (consulté le 12 juin 2018).
  6. Jacques Barrelet (commissaire de l'exposition), « Traité de réunion de Genève à la Suisse », Exposition 2014-2015 : Genève et les Suisses, sur ge.ch, Archives d'État de Genève, (consulté le 12 juin 2018).
  7. Bibliothèque de Genève, « Comment le rattachement de Genève à la Suisse (19 mai 1815) a-t-il pu avoir lieu avant la cession des Communes réunies (20 novembre 1815 et 16 mars 1816) ? », Archives InterroGE, sur www.ville-geneve.ch, Ville de Genève, (consulté le 12 juin 2018).

Source[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]