Comité d'instruction publique

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant la Révolution française
Cet article est une ébauche concernant la Révolution française.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Le Comité d'instruction publique est un comité d'assemblée créé par la Législative en 1791, avant de devenir l'un des comités de gouvernement de la Convention nationale.

Histoire[modifier | modifier le code]

Institué par la Législative le , le comité d'instruction publique était composé de 24 membres[1]. Après l'élection de la Convention, un nouveau comité de 24 membres fut mis en place le . Il eut 515 séances jusqu'à sa disparition, le , et compta parmi ses membres une centaine de députés, au gré des renouvellements (par moitié tous les deux mois) et épurations, dont 80 siégèrent effectivement et 28 participèrent au moins neuf mois à ses travaux[2].

Le , la Convention créa, sur proposition de Maximilien de Robespierre, une Commission d'instruction publique de six membres (Philippe Rühl, Joseph Lakanal, Henri Grégoire, Jacques-Michel Coupé, Louis Antoine de Saint-Just et André Jeanbon Saint André — ces deux derniers remplacés le 10 juillet par Léonard Bourdon et Robespierre). Élargie à dix membres, elle s'intitula Commission d'Éducation nationale. Le 13 juillet, Robespierre présenta le plan d'éducation nationale rédigé par Louis-Michel Lepeletier de Saint-Fargeau. En octobre 1793, elle fut réunie au Comité d'instruction publique, à l'initiative de Gilbert Romme[2].

Gilbert Romme présenta le projet du calendrier républicain à la Convention en qualité de rapporteur le  ; Fabre d'Églantine était à l'origine de la nomenclature des mois.

Après le 9-Thermidor, il fut réorganisé comme l'ensemble des comités de gouvernement par le décret du 7 fructidor an II () et son effectif fut porté à 16 membres[2]. Il reçut la faculté de prendre sous forme d'« arrêtés exécutoires », toutes les mesures d'exécution relatives aux objets dont la surveillance lui était attribuée. De plus, la Commission exécutive de l'instruction publique, l'une des douze Commissions exécutives créées le 12 germinal an II (), dut dorénavant lui rendre compte de ses actes.

Depuis le 29 prairial an II (7 juin 1794), René-François Plaichard Choltière est secrétaire du Comité d'instruction publique et en signe à ce titre les arrêtés et procès-verbaux[3]; il en est réélu membre le 17 frimaire an III, le 18 germinal et le 17 thermidor an III ; il n'y fait pas grand tapage, sommeillant dans les vastes appartements de la Maison Elbeuf[4], du commencement à la fin des séances[5]. Néanmoins, il travaille et sous son influence, le comité permet de relever de ses ruines l'enseignement public à tous les degrés et le rétablir sur de nouvelles bases.

Le comité comprenait en l'an III : Boissy d'Anglas, René-François Plaichard Choltière, Joseph Lakanal, Petit, Henri Grégoire, Massieu, Noël-Gabriel-Luce Villar, Antoine Claire Thibaudeau, Bonet, Louis François Antoine Arbogast, Coupé, Louis-Bernard Guyton-Morveau, Léonard Bourdon, Lindet, Marie-Joseph Chénier et Lequinio.

Sous l'influence de Lakanal, il fut à l'origine des décrets de l'automne 1794 sur les écoles primaires, centrales et normale[2].

La suppression de l'antique Faculté de médecine en septembre 1793 a suspendu le recrutement médical, et l'on manque d'officiers de santé[6] ; il faut y pourvoir : trois médecins, Fourcroy, Duhem et Plaichard, au nom du Comité d'instruction publique, se concertent avec A. Prieur, Treilhard et Thuriot du Comité de Salut public ; c'est de ces conférences que sortit trois mois après, le 7 frimaire an III (27 novembre 1794), le rapport de Fourcroy : il créait à Paris une École de santé. Le projet est voté le 14 frimaire avec une simple modification adjoignant à Paris deux autres écoles, Strasbourg et Montpellier[7].

Sous l'influence de Plaichard[8]; l’École des Enfants de l’armée est réorganisée. Cette école est à l'origine de l'actuelle école d'ingénieurs Arts et Métiers ParisTech et de toute l'histoire de ses élèves, les gadzarts.

Au printemps 1795, le Comité fut concurrencé par la création de la Commission des Onze, chargée de la réforme constitutionnelle ; Daunou, l'un de ses membres, rédigea le projet de loi organique relatif à l'instruction publique, qu'il présenta à la Convention le 23 vendémiaire an IV ()[2].

Sections du comité[modifier | modifier le code]

Il était divisé en treize sections :

  1. Organisation générale de l'enseignement, composition et examen d'ouvrages destinés à l'instruction publique ;
  2. Éducation morale, régime intérieur des différents établissements particuliers d'éducation et des pensionnats ;
  3. Éducation sportive ;
  4. Éducation des femmes ;
  5. Instruction des aveugles, sourds-muets et orphelins ;
  6. Écoles professionnelles ;
  7. Tourisme, bibliothèque et musées, modes d'enseignement dans les localités où la langue française est peu usitée ;
  8. Examens, prix et concours ;
  9. Fêtes nationales ;
  10. Élections aux places vacantes dans le corps d'enseignement ;
  11. Traitements, pensions de retraite, bourses d'études ;
  12. Bibliographie, rédaction de catalogues des bibliothèques ;
  13. Estimation de la valeur des biens dépendant des établissements d'instruction publique et leur exploitation.

Membres[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Bronisław Baczko, Une éducation pour la démocratie : textes et projets de l'époque révolutionnaire, Librairie Droz, , 526 p. (lire en ligne), p. 177.
  2. a, b, c, d et e René Grevet, L'Avènement de l'école contemporaine en France, 1789-1835 : laïcisation et confessionnalisation de la culture scolaire, Presses universitaires du Septentrion, , 358 p. (lire en ligne), p. 28-30.
  3. Il y retrouve l'évêque Noël-Gabriel-Luce Villar, que son mandat législatif a éloigné de Laval.
  4. Maison Elbeuf, place Marat et rue Saint-Nicaise, tout contre l'ancien hôtel de Longueville, sur l'emplacement actuel de la place du Carrousel.
  5. Plaichard-Choltière, bon et brave homme qui dormait depuis le commencement jusqu'à la fln des séances, probablement le plus sage et sans contredit le plus heureux de nous tous.. (Mémoires sur la Convention et le Directoire, par A.-C. Thibaudeau, 2è éd., Paris, 1827, p. 76.)
  6. En 18 mois, plus de 600 sont morts aux armées de la République.
  7. Celle de Paris devait compter trois cents étudiants ; dans chaque district de la République un élève de 17 à 26 ans devait être choisi par deux officiers de santé du chef-lieu de district et par un citoyen notoirement républicain, après examen de son civisme et de ses connaissances scientifiques élémentaires. Ces élèves, qu'on appelle Elèves de la Patrie, recevaient pendant trois ans un traitement annuel égal à celui des élèves de l’École centrale; au cas d'envoi d'un élève aux armées, son district fournissait son successeur à l’École. Ce mode de recrutement des élèves dura trois ans. A. Préyost, La Faculté de médecine de Paris... de 1794 à 1900. Parti, 1900, p. 6.
  8. Rapport fait à la Convention nationale au fin des Comités réunis d'instruction publique et des finances, sur la question de savoir s'il est utile ou non de conserver l'Institut des Jeunes Français établi dans le ci-devant prieuré Martin, sous la direction de Léonard Bourdon par le citoyen Plaichard-Choltiëre, député du département de la Mayenne. Imprimé par ordre de la Convention nationale. Paris, s. d. Imprimerie Nationale, in-8, 8 p.