Claudette Colbert

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Claudette Colbert
Description de l'image Claudette colbert.jpg.
Nom de naissance Émilie Claudette Chauchoin
Naissance
Saint-Mandé (France)
Nationalité Drapeau de la France Française avant 1912
Drapeau des États-Unis Américaine après 1912
Décès (à 92 ans)
Speightstown (Barbade)
Profession Actrice
Films notables Cléopâtre
New York-Miami
Images de la vie
La Huitième Femme de Barbe-Bleue
Madame et ses flirts

Claudette Colbert est une actrice américaine d'origine française, née Émilie Claudette Chauchoin[1],[2],[3] le à Saint-Mandé (Val-de-Marne), et morte le à Speightstown à la Barbade. L’American Film Institute a classé Claudette Colbert douzième actrice de légende[4].

Biographie[modifier | modifier le code]

Une Française à Hollywood[modifier | modifier le code]

Claudette Colbert dans Le Signe de la croix (1932).

Claudette Colbert est née Émilie Claudette Chauchoin le au 5 rue Armand Carrel (aujourd'hui l'avenue du Général de Gaulle) de Saint-Mandé où ses parents, George Chauchoin (1867–1925) et Jeanne Marie Loew (1877–1970), tiennent une pâtisserie[5]. Elle a trois ans lorsque ses parents émigrent à New York aux États-Unis en 1906[6],[7]. Sa mère est née en Grande-Bretagne ainsi que son frère aîné[8]. Elle poursuit ses études dans les écoles de New York, notamment à la Washington Irving School (en) où elle étudie le stylisme et les beaux-arts en projetant une carrière de styliste. Claudette Colbert s'inscrit également à la ligue des étudiants d'art dramatique de son collège, et en même temps travaille dans un magasin de mode. Elle donne parallèlement des leçons de français[9].

Elle débute au théâtre en amateur par de la figuration. En 1923, un de ses élèves lui présente l'auteur de théâtre Anne Morrison qui la fait auditionner pour sa pièce. C'est ainsi qu'elle fait ses débuts à Broadway[10] en 1924 dans la pièce The Wild Wescotts[11]. Elle joue dans une dizaine de spectacles jusqu’en 1929, interprétant essentiellement des ingénues[12]. Ayant adopté le nom de scène de « Claudette Colbert » (elle se faisait appeler « Claudette », féminisation du deuxième prénom de son père, depuis le lycée), elle est remarquée par Frank Capra, avec qui elle tourne son premier rôle d’actrice dans Pour l'amour de Mike (For the Love of Mike) en 1927[13], qui est un désastre pour elle et le box office[14]. Déçue, elle ne retourne au cinéma qu’à l’avènement du parlant[13].

Puis la Paramount Pictures la remarque à son tour et lui fait signer un contrat de sept ans[12]. Dès lors Claudette Colbert tourne énormément. En 1928, elle épouse un acteur de théâtre, Norman Foster, qui devient plus tard réalisateur. Après avoir été partenaires dans une pièce, Tin Pan Alley[11], ils tournent ensemble dans Young Man of Manhattan. Sa faculté d’être parfaitement bilingue la désigne pour tourner plusieurs films en deux versions simultanées, américaine et française[12]. L'anglais étant devenu sa langue quotidienne, son français est teinté d'un léger accent américain. Elle rencontre le premier Français de Hollywood, Maurice Chevalier, dans La Grande Mare (The Big Pond) et le retrouve un an plus tard dans une comédie musicale réalisée par Ernst Lubitsch, Le Lieutenant souriant. Dans un autre film musical, Chanteuse de cabaret, elle interprète elle-même plusieurs chansons[15].

La route du succès[modifier | modifier le code]

Son premier grand succès est tourné en 1932 avec Cecil B. DeMille, Le Signe de la croix, dans lequel elle est très remarquée pour sa beauté et sa sensuelle silhouette s'introduisant dans un bain de lait d’ânesse, scène qui déjoue habilement les interdits du Code Hays. Frank Capra lui propose New York-Miami (1934), qui est immédiatement un succès et qui lui permet d’obtenir l'Oscar de la meilleure actrice. Toujours avec DeMille, elle interprète la fatale et célèbre Cléopâtre (1934). Les succès sont au rendez-vous tout au long de sa carrière cinématographique et les récompenses se succèdent durant sa vie d’actrice, avec, pour ne mentionner que des films projetés sur les écrans français, La Baronne de minuit (Midnight) (1939) de Mitchell Leisen. Saluée comme interprète au même titre que Joan Crawford et Barbara Stanwyck, Claudette Colbert se paye le luxe d'éclipser la grande star Hedy Lamarr dans La Fièvre du pétrole (Boom Town, 1940) de Jack Conway dnas lequel joue également Clark Gable.

Claudette Colbert dans les années quarante

Outre les films de Frank Capra, Ernst Lubitsch et Cecil B. DeMille, Claudette Colbert, qui a fort à faire avec ses rivales de la Paramount (Marlene Dietrich, Carole Lombard, Sylvia Sidney, Mae West, etc.), tourne aussi avec Gregory La Cava, Wesley Ruggles, Frank Lloyd et W. S. Van Dyke. Elle a pour partenaires tous les séducteurs de l'époque, de son studio et des studios rivaux : Melvyn Douglas, Herbert Marshall, son compatriote Charles Boyer (dans l'adaptation d'une pièce de Jacques Deval notamment), Ray Milland, Gary Cooper, Clark Gable, Robert Young ou James Stewart.

La star s'impose autant comme actrice de mélodrame que de comédie, avec Images de la vie (1934) de John Stahl[16], ou Depuis ton départ de John Cromwell (1944). Elle s'expose aussi au scandale dans Zaza de George Cukor en 1939. La même année, elle se rachète une conduite face à Henry Fonda dans le film historique Sur la piste des Mohawks de John Ford, l'un des plus grands succès commerciaux de l'année 1939. C’est aussi son premier film en couleur ; cependant, toujours très préoccupée par son apparence à l'écran, elle n’aime pas ce nouveau procédé qu'est le Technicolor de crainte qu'il ne la rende moins photogénique. C'est pourquoi elle préférera toujours être filmée en noir et blanc[17]. Elle est d'ailleurs connue pour ne jamais montrer son profil droit à l'écran et sur les photos, le jugeant moins esthétique que son autre profil[18].

À la fin de la décennie, Claudette Colbert a définitivement abandonné son image de femme sensuelle de ses débuts pour endosser celle de femme plus sage et rangée.

Les années 1940 et 50[modifier | modifier le code]

Elle confirme son statut de reine de la comédie. Au faîte de sa gloire, elle joue plusieurs scénarios de Billy Wilder dans Madame et ses flirts de Preston Sturges (1942). Avec Fred MacMurray, elle formera un couple populaire dans les sept comédies qu'ils tourneront ensemble (1935 à 1949).

Quand les États-Unis entrent en guerre, elle participe, avec d’autres stars du cinéma, au Hollywood Victory Caravan, une tournée en train de deux semaines à travers les États-Unis, destinée à récolter des fonds pour le soutien à l'effort de guerre.

Elle tourne encore pour Henry King, Mervyn LeRoy et Delmer Daves. Ailleurs, elle rivalise avec Paulette Goddard et Veronica Lake. Elle est la partenaire de prestige d'Orson Welles et de John Wayne. Surtout, elle tourne deux films avec Douglas Sirk, en 1948 et 1951. Entretemps, elle était pressentie pour le rôle de Margo Channing dans Ève, le film à succès de Joseph L. Mankiewicz mais, en raison d'un mal de dos, elle fut remplacée par Bette Davis.

Colbert tourne en Grande-Bretagne La Femme du planteur (1952) ; un sketch de l'Italien Pagliero dans Destinées (1954, où elle rivalise avec Martine Carol et Michèle Morgan), et surtout, elle incarne Madame de Montespan dans Si Versailles m'était conté de Sacha Guitry (1954). À cette époque, elle travaille déjà pour la télévision : elle y est dirigée par Richard Donner, Arthur Hiller, John Frankenheimer… Dans The Dark Dark Hours (1954), elle a pour partenaires Ronald Reagan et James Dean ; ailleurs avec Franchot Tone dans l'adaptation d'une pièce de Ferenc Molnar, ou Fredric March et Helen Hayes dans The Royal Family d'après Edna Ferber, ou encore dans le téléfilm de 1956 Blithe Spirit, d'après la pièce de Noel Coward, au côté de Lauren Bacall et Coward.

Fin de carrière[modifier | modifier le code]

Elle a soixante ans quand elle annonce sa retraite en 1962, date à partir de laquelle elle va partager son temps entre son appartement de New York et une ancienne maison de plantation à Speightstown, à la Barbade, où elle invite de célèbres amis tels que Frank Sinatra et Ronald Reagan. En 1987, elle revient à la télévision pour un téléfilm, The Two Mrs. Grenvilles avec Ann-Margret.

Vie privée[modifier | modifier le code]

Mariée deux fois, elle n'a pas eu d'enfant. Elle a divorcé de l'acteur Norman Foster en 1935, et a épousé la même année en secondes noces le chirurgien Joël Pressman, mort en 1968. Claudette Colbert fait partie des très rares artistes français honorés par une étoile au Hollywood Walk of Fame (trottoir des célébrités) à Los Angeles.

Filmographie[modifier | modifier le code]

(Liste non exhaustive)

Années 1920[modifier | modifier le code]

Années 1930[modifier | modifier le code]

Années 1940[modifier | modifier le code]

Années 1950[modifier | modifier le code]

Années 1960 à 1980[modifier | modifier le code]

Récompenses[modifier | modifier le code]

Oscars[modifier | modifier le code]

Autres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

ouvrages en anglais
  • Joel W. Finler, The Hollywood Story: Everything You Always Wanted to Know About the American Film Industry But Didn't Know Where to Look, Pyramid Books, (ISBN 1-85510-009-6)
  • Ronald Haver, David O. Selznick's Hollywood, New York, Bonanza Books, (ISBN 0-517-47665-7)
  • The RKO Story, Octopus Books, (ISBN 0-7064-1285-0)
  • Lawrence J. Quirk, Claudette Colbert An Illustrated Biography, Crown Publishers, (ISBN 0-517-55678-2)
  • David Shipman, The Great Movie Stars: The Golden Years, London/Boston, Mass, Macdonald/Little, Brown, (ISBN 0-356-18146-4)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Acte de naissance no 171 (vue 48/188) d'Émilie Chauchoin du registre des naissances de la période 1903-1905 coté 4E 3393 1 de la commune de Saint-Mandé, en ligne sur le site web des archives départementales du Val-de-Marne.
  2. lesgensducinema.com.
  3. Certaines sources indiquent, de manière erronée, son surnom de « Lily » comme étant son véritable prénom.
  4. « AFI's 100 Years...100 Stars », sur www.afi.com (consulté le 12 novembre 2019).
  5. (en) Bernard F. Dick, Claudette Colbert. She Walked in Beauty, Univ. Press of Mississippi, , p. 1.
  6. (en) Lawrence J. Quirk, Claudette Colbert : An Illustrated Biography, Crown Publishers., , 212 p. (ISBN 978-0-517-55678-8, OCLC 11344224), p. 5.
  7. « Ellis Island National Monument: Destined For Fame », American Park Network (consulté le 25 février 2013).
  8. (en) Bernard F. Dick, Claudette Colbert : She Walked in Beauty, Jackson, Miss., University Press of Mississippi, , 329 p. (ISBN 978-1-60473-087-6, OCLC 317403502), chap. 1 (« Lily of Saint-Mandé »).
  9. Martine Allain, Roger Favre et Emili Teixidor, Encyclopédie Alpha du cinéma, vol. 11 : Les Grands acteurs, Lausanne Paris, Grammont Alpha éd. etc, , 280 p. (ISBN 978-2-8270-0491-1, OCLC 490908220).
  10. Jacques Lourcelles, Dictionnaire du cinéma, vol. 3 : Les films, Paris, R. Laffont, coll. « Bouquins », , 1725 p. (ISBN 978-2-221-09112-8 et 978-2-2210-5465-9, OCLC 489661851).
  11. a et b Internet Broadway Database.
  12. a b et c Dominique Lebrun et Chantal Mermet (avec la participation de), Paris-Hollywood : les Français dans le cinéma américain, Paris, Hazan, , 334 p. (ISBN 978-2-85025-136-8, OCLC 18599196).
  13. a et b Bifi.fr
  14. Imdb.
  15. Jean-Pierre Coursodon et Bertrand Tavernier, 50 ans de cinéma américain, Paris, Nathan, coll. « Omnibus », (1re éd. 1991), 1268 p. (ISBN 978-2-258-04027-4, OCLC 34035146).
  16. Douglas Sirk en fera un remake avec Lana Turner.
  17. Cf. page 24 de Joel W. Finler, The Hollywood Story: Everything You Always Wanted to Know About the American Film Industry But Didn't Know Where to Look, Pyramid Books, (ISBN 1-85510-009-6)
  18. (en) Helen Dudar, "Claudette Colbert Revels in a Happy, Starry Past", The New York Times, October 27, 1991, p. A-1

Liens externes[modifier | modifier le code]

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