Jacques II de Chabannes de La Palice

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Jacques II de Chabannes de La Palice
Image illustrative de l'article Jacques II de Chabannes de La Palice

Naissance 1470
La Palice
Décès (à 55 ans)
Pavie
Mort au combat
Origine Flag of Royalist France.svg France
Dignité d'État Maréchal de France
Conflits Guerres d'Italie
Faits d'armes 1495 : Bataille de Fornoue
1509 : Bataille d'Agnadel
1512 : Bataille de Ravenne
1513 : Bataille de Guinegatte
1515 : Bataille de Marignan
1522 : Bataille de la Bicoque
1525 : Bataille de Pavie
Autres fonctions Seigneur de La Palice
Grand Maître de France
Chambellan du roi
Famille Famille de Chabannes
Petit-fils de Jacques de Chabannes de La Palice

Jacques II de Chabannes dit Jacques de La Palice (ou de La Palisse), né en 1470 à Lapalisse dans le Bourbonnais est mort le à Pavie en Italie, était un noble et militaire français, seigneur de La Palisse, de Pacy, de Chastel-Perron ,de Chezelles, de Dompierre, de Chaveroche, de Montaigu-le-Blin en Bourbonnais, de Vandenesse en Nivernais, de Céron, de Bourg-le-Comte et du Château de Semur-en-Brionnais , de Les Hayes en Vendômois, de Famechon en Picardie etc... qui fut fait maréchal de France. Il servit sous trois rois de France (Charles VIII, Louis XII et François Ier) et participa à toutes les guerres d'Italie de son temps.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous Charles VIII, les premiers faits d'armes[modifier | modifier le code]

Fils de Geoffroy de Chabannes et de son épouse Charlotte de Prie, petit-fils de Jacques Ier de Chabannes qui fut compagnon d'armes de Jeanne d'Arc, il entre à l'âge de quinze ans au service du roi de France Charles VIII qui est du même âge. Ses premiers faits d'armes sont, le , sa participation à la Bataille de Saint-Aubin-du-Cormier, au sein de l'ost français commandé par La Trémoille, qui aura un destin similaire au sien. Cette victoire française sur les bretons marquera la fin de la Guerre Folle.

Il épouse en première noces en janvier 1492 Jeanne de Montberon, fille du chambellan Eustache de Montberon, vicomte d'Aulnay, seigneur de Montbron, baron de Matha, et de Marguerite d'Estuer-Saint-Maigrin.

En 1494, il suit le roi en Italie pour conquérir le Royaume de Naples. Il combat d'abord dans le duché d'Asti à Valenza, Tortona et Alexandrie. En octobre, il est dans le Milanais dont le duc Ludovic Sforza est allié du roi de France. En février 1495, il participe à la prise de Naples. Le 6 juillet, pendant le retour de l'armée en France, celle-ci se heurte aux forces de la ligue de Venise. C'est la bataille de Fornoue où La Palice s'illustre également.

Sous Louis XII, le commandant[modifier | modifier le code]

Charles VIII mort en 1498, La Palice accompagne le nouveau roi Louis XII à Milan. Celui-ci a en effet des prétentions sur le duché, et avait déjà attaqué Novare pendant que son prédécesseur et cousin, allié du duc de Milan, était à Naples. Milan est pris en octobre 1499 et Sforza est battu et capturé à Novare en avril 1500. La Palice s’empare en 1501 de plusieurs places dans les Abruzzes et les Pouilles, et est fait vice-roi des Abruzzes en 1502. Cette même année 1502, le seigneur de La Palice fut juge de camp dans un duel entre Don Alonso de Sotomayor et le Chevalier Bayard ; désigné par celui-ci pour être son parrain. L'année suivante il est battu au siège de Ruvo di Puglia (bataille de Ruvo) et est fait prisonnier par Gonzalve de Cordoue, avant d'être libéré en 1504, année de la mort de sa femme.

De retour en service, il commande en 1507 l'avant-garde de l'ost français au siège de Gênes, au cours duquel il est grièvement blessé. À la guerre de la Ligue de Cambrai contre la République de Venise, Il participe en 1509 au siège de Treviglio et à la bataille d'Agnadel. Ce fut lors de cette mémorable bataille que Jean de Chabannes seigneur de Vandenenesse surnommé Le Petit Lion frère de La Palice , captura le fameux condottière Bartolomeo d'Alviano grand chef militaire au service de la République de Venise . Cette même année La Palice devient commandant en chef des troupes françaises en Lombardie. Envoyé au secours de l'empereur Maximilien Ier, il dirige en 1509 le siège de Padoue, sans résultat. En 1511, pendant le conflit contre les espagnols et le pape Jules II, il succède au défunt Chaumont d'Amboise à la tête des troupes françaises en Italie. Il obtient également la prestigieuse charge de Grand maître de France.

Quand le jeune Gaston de Foix-Nemours arrive en Italie pour prendre le commandement de l'armée française, La Palice le seconde. Sous ses ordres, il se porte aux secours des bolonais assiégés par les troupes espagnoles. Il réussit à faire lever le siège, puis le , participe à la bataille de Ravenne. Cette victoire française sur les espagnols voit aussi la mort de Nemours, et La Palice lui succède comme commandant en chef des armées d'Italie. Il s'attarde trop à Ravenne, et les troupes de ses adversaires se ressaisissent et chassent les français de Lombardie.

Rentré en France à l'automne, il est envoyé dans les Pyrénées au secours de Jean d'Albret, roi de Navarre, puis, sans avoir le temps de conclure, il est envoyé à Thérouanne, seule possession française en Artois depuis la paix d'Arras de 1482, faire face aux forces anglaises d'Henri VIII. Le , les français sont battus à la bataille de Guinegatte. La Palice est blessé et fait prisonnier. Thérouanne est finalement prise par les Anglais, Jean d'Albret de Navarre a déjà perdu ses territoires au-delà des Pyrénées au profit de l'Espagne, qui achève ainsi son unité, et le traité de Dijon du scelle la défaite française et la fin du rêve italien de Louis XII. La Palice s'échappe peu après la conclusion de la paix et se retire sur ses terres, au château de La Palice. En février 1514, il épouse au château de La Fère en Picardie en présence de Marie de Luxembourg (1462-1546) et du Duc de Suffolk ( Richard de la Pole ) Marie de Melun descendante de la Maison de Luxembourg-Saint-Pol ( Jacques de Luxembourg-Ligny) veuve en 1512 de Jean V de Bruges baronne de Montmirail (Sarthe) en Perche-Gouet, de qui il aura quatre enfants.

Sous François I er, le vétéran[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1515 meurt le roi Louis XII. Le fils de son cousin François Ier lui succède. Soucieux d'accorder des faveurs à ses proches, celui-ci destitue La Palice de sa charge de Grand maître, au profit d'Artus Gouffier de Boissy. Cependant, il connaît la valeur des personnages marquants du règne précédent. Comme d'autres, La Palice est récompensé, élevé à la dignité de Maréchal de France dès le 7 janvier.

François Ier affichant à son tour ses prétentions sur le Milanais, la guerre reprend. L'armée française entre en Piémont à travers les Alpes. L'avant-garde, commandée par La Palice, passe par le col de l'Argentière, surprenant Suisses et Italiens, et enlève Villefranche, où le général italien Prospero Colonna est vaincu et capturé. Il poursuit jusque dans le Milanais et est un des conseillers de François Ier lors de la bataille de Marignan. La victoire française est assurée par Charles III de Bourbon, duc de Bourbonnais et d'Auvergne, Prince des Dombes, comte de Forez etc., celui--ci alors connétable de France, c'est-à-dire commandant en chef, scelle le Traité de Noyon. La Palice rentre en France. De retour dans ses domaines , le Maréchal de La Palice assista le 16 Juillet 1516 , au mariage de sa nièce Françoise de Chabannes avec Jean de Poitier, seigneur de Saint-Vallier, père en Ière noce de la célèbre favorite Diane de Poitiers. Après un court répit , La Palice reprit promptement le chemin de l'Italie où comme ambassadeur plénipotentiaire du roi de France il fut auprès du Chancelier Antoine Duprat un des signataires du Concordat de Bologne imposé au Pape Léon X. En récompense de ses inestimables talents militaires ayant grandement servis au recouvrement de son Duché du Milanais, François Ier fit don par Lettres Patentes du 9 Octobre 1516, au Maréchal de La Palice du Château et de la seigneurie de Compiègne, et de tous ses droits et revenus , procurés par ces domaines , jouissance dont le Maréchal de Chabannes eut en usufruit sa vie durant. Il est ensuite à Calais pour traiter la paix avec les envoyés de l’empereur Charles Quint (entrevue du Camp du Drap d'Or). La négociation n'ayant pas abouti, il retourne en Italie et commande, sous les ordres du maréchal de Lautrec, la ligne principale de l'armée française lors de la bataille de la Bicoque en 1522, qui voit les Français battus par Colonna.

Il est peu après de retour dans les Pyrénées, envoyé au secours de Fontarabie qu’il parvient à ravitailler. Il oblige ensuite le connétable de Bourbon à lever le siège de Marseille, s’empare d’Avignon, puis dirige l'armée française vers Milan abandonnée par les Espagnols. En 1523 après avoir confisqué la Principauté des Dombes au Connétable de Bourbon, le roi François Ier , la donna au Maréchal de La Palice qui fut nommé gouverneur et Ier Président du Parlement de Dombes.

Le , il commence avec son roi le siège de Pavie, défendue par les Espagnols d'Antonio de Leiva. L'armée impériale est commandée par Fernando de Àvalos et Charles de Lannoy. Charles III de Bourbon, connétable de France passé sous la bannière de Charles Quint, son autre suzerain pour la principauté des Dombes, en raison d'un mauvais procès que lui faisait François 1er afin de le dépouiller de ses titres et possessions et réunir le Bourbonnais et l'Auvergne à la couronne de France, arrive bientôt en renfort décisif des Espagnols. La Palice est tué et François 1er fait prisonnier de Charles III de Bourbon le , lors de la bataille de Pavie sous les murs de la ville. La Palice, en sa qualité de vétéran des guerres d'Italie, fait partie des proches conseillers du roi. Il ne parvient pas à empêcher le roi de sonner la charge des chevaliers. La charge de cavalerie réduit à néant le travail des artilleurs de Galiot de Genouillac. Comme beaucoup d'autres, lancé à cheval, il est mis à terre par des arquebusiers et doit combattre à terre dans une lourde armure, face à de légers lansquenets. Après avoir combattu courageusement, il est fait prisonnier par le capitaine italien Castaldi ; un officier espagnol nommé Buzarto, qui avait lui-même espéré faire prisonnier La Palice, et furieux que l'Italien refuse de partager la rançon escomptée, appuie son arquebuse sur le front du maréchal et lui fait éclater la tête.[réf. nécessaire]

Les nombreux exploits militaires du preux Maréchal de La Palice, furent relatés dans l'œuvre de plusieurs chroniqueurs ou poëtes du temps : Phillipe de Commynes, Jean Bouchet, Marillac, Gringore, Hugues de Colonges, Jean de La Vigne, Jean Marot (poète), Jean Molinet, Barrillon, Varillas, Du Bellay, Ronsard, Guichardin, Antoine du Saix , Thevet etc...ou de Symphorien Champier qui ne le compara pas moins dans son ouvrage édité en 1524 sur Les Gestes, ensemble de la vie du Preulx chevalier Bayard comme véritablement un second Bayard, compagnon dont il fut à ses côtés dans tout les combats la digne doublure et le brillant frère d'armes , à une époque pourtant fertile en gloires et en prouesses militaires. La bravoure légendaire et la disparition tragique ( assassinat) de cet autre Chevalier sans peur et sans reproche incarné par le preux maréchal , inspira un poëte de la Cour Guillaume Dubois (Crétin) qui versifia en 1525 dans une sorte de longue déploration , le trépas glorieux du feu Maréchal de La Palice, dans un ouvrage qu'il intitula : " L'Apparition du Mareschal sans reproche, feu Messire Jacques de Chabannes , en son vivant Mareschal de France".

Son tombeau[modifier | modifier le code]

Sa veuve, Marie de Melun, fait construire en 1530 dans la chapelle du château de La Palice, un magnifique tombeau qui sera saccagé pendant la Révolution. Les concepteurs de ce monument appartenaient probablement à l'atelier des Giusti, des Florentins coauteurs du tombeau de Louis XII à Saint Denis. Quelques éléments du tombeau étaient abandonnés dans une cour d'auberge. Le baron de Montfaucon, ancien maire d'Avignon vit ces précieux débris en 1830 et les acheta pour une somme de 60 francs de l'époque soit environ 300 euros[1] ; il les lègue au musée Calvet d'Avignon où ils sont toujours exposés.

La partie conservée du tombeau est en albâtre et correspond à la base d'une composition qui devait être beaucoup plus importante. Elle représente trois des vertus cardinales :

  • la Prudence devait tenir dans sa main droite un miroir ; sa main gauche est posée sur un crâne symbole de la vanité.
  • La Force extirpe d'une tour, symbole de l'âme chrétienne, le péché représenté par un dragon auquel il manque la tête.
  • La Justice tient le long de son bras une épée ; elle devait tenir dans sa main gauche la balance traditionnelle.
  • La Tempérance figurée traditionnellement avec un mors de cheval est perdue.
Tombeau de Jacques II de Chabannes de La Palice
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Lapalissade[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Lapalissade.

Définition : affirmation ou réflexion par laquelle on exprime une évidence ou qui cherche à démontrer quelque chose qui se démontre par soi-même.

Terme dérivé du nom de Jacques de Chabannes, seigneur de La Palice (ou La Palisse) sur le tombeau duquel on trouve inscrit l'épitaphe : « Hélas s'il n'était pas mort/Il ferait encore envie. » Une lecture erronée de la seconde ligne l'a transformée en « Il serait encore en vie », ce qui fait de la phrase une évidence par soi-même.

Bien plus tard, on fit sur lui une chanson populaire remplie de vérités évidentes, dites vérités de La Palisse. Les paroles, écrites par Bernard de La Monnoye, comprennent entre autres les deux vers suivants : « Un quart d'heure avant sa mort, il était encore en vie ». Depuis, lorsque vous dites quelque chose de la plus extrême évidence, votre interlocuteur vous répond (à tort[2]) : « La Palice en aurait dit autant ! ».

Armoiries[modifier | modifier le code]

Armes de la famille de Chabannes.

De gueules au lion d'hermine, armé, lampassé et couronné d'or. Supports : deux lévriers. Devise : NULLI CEDO ou JE NE LE CEDE À NUL AUTRE[3].

Parenté[modifier | modifier le code]

De la maison de Chabannes, issue [réf. nécessaire] du côté paternel des barons de Matha, branche aînée des comtes d'Angoulême, et du côté maternel des sires de Chabanais et de Confolens.

Unions et descendance[modifier | modifier le code]

  • Marié en janvier 1492 à Jeanne de Montberon, fille du chambellan Eustache de Montberon, chevalier, vicomte d’Aulnay, baron de Maulevrier et de Matha, conseiller et chambellan du roi, et de Marguerite d'Estuer-Saint-Maigrin, sans postérité.
  • Marié le à Marie de Melun, dame de Montmirail et de Montricourt, fille de Jean III de Melun (vers 1460), seigneur d'Épinoy et d'Antoing et d'Isabelle de Luxembourg, dame héritière de Richebourg, dont :
    • Charles de Chabannes, seigneur de La Palice, mort en 1551, père d'Antoine de Chabannes, sans postérité et de Suzanne de Chabannes, qui épouse en 1567 Jean Olivier, fils de François Olivier.
    • 4 filles
    • Le maire de Lapalisse aujourd'hui, Jacques de Chabannes, est son descendant direct. Il est également conseiller général du canton (PRG) et vice-président du conseil général de l'Allier, chargé de la Culture, du Patrimoine et de la Mémoire.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il s'agit de francs or, donc cela correspond à la valeur de trois pièces d'or de 20 francs de Napoléon III, le cours variant autour de cent euros la pièce
  2. Il faudrait dire "La Monnoye en aurait dit autant".
  3. Armorial de J.B. RIETSTAP - et ses Compléments

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Charles Varennes, Le Maréchal de La Palice ou le dernier des chevaliers français, Paris, Librairie académique Perrin, 1989, 214 p., ill. (ISBN 2-262-00709-8)
  • Dante Zanetti, Vie, mort et transfiguration du Seigneur de La Palice, éditions Il Mulino, Bologne, 1992
  • Hélène Germa-Romann , Du Bel Mourir au Bien Mourir . Le sentiment de la mort chez les gentilhommes français. 1515-1643 . Librairie Droz 2001
  • Jean Vatout, Le Château de Compiègne, son histoire et sa description. Didier Editeur- Paris 1852 (ISBN 88-15-03747-0)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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