Claude Fleury

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Claude Fleury
Image illustrative de l'article Claude Fleury
Claude Fleury (Gravure par Dominique Sornique).
Biographie
Naissance
Paris (Royaume de France)
Décès (à 82 ans)
Paris (Royaume de France)
Abbé de l'Église catholique
Abbé de Loc-Dieu
Précédent François de Fontanges de Maumont François de Carbonnel de Canisy Suivant
Autres fonctions
Fonction laïque
Membre de l'Académie française

Claude Fleury, né le à Paris où il est mort le , est un avocat et homme d'Église français, historien de l'Église.

Sa vie et son œuvre[modifier | modifier le code]

Fils d'avocat, il fait ses études au collège de Clermont et devient avocat au parlement de Paris en 1658. Il exerce ce métier pendant 9 ans, période pendant laquelle il devient un protégé de Bossuet[1], évêque de Meaux.

Il entreprend ensuite des études de théologie et est ordonné prêtre en 1669[2].

Il devient précepteur des princes de Conti en 1672. Louis XIV le nomme ensuite précepteur de son fils naturel le comte de Vermandois (1667-1683), fonction qu'il conserve jusqu’à la mort de ce dernier en 1683. En témoignage de sa reconnaissance, Louis XIV lui octroie le bénéfice de l'abbaye de Loc-Dieu dans le diocèse de Rodez.

En 1689, il devient sous-précepteur des ducs de Bourgogne, d'Anjou et de Berry, petits-fils de Louis XIV, dont Fénelon est le précepteur.

Il est élu membre de l'académie française le 2 juillet 1696 au fauteuil n° 36 où il remplace La Bruyère. Il est l’un des quatre académiciens qui déclarent vouloir entendre les explications de l’abbé de Saint-Pierre avant de prononcer son exclusion[2].

Louis XIV lui octroie le prieuré d'Argenteuil en 1706 avant de le nommer son confesseur.

Son œuvre majeure, à laquelle il travailla 30 ans, est une Histoire ecclésiastique qui paraît pour la première fois en 20 volumes en 1691. Elle connaîtra de nombreuses éditions et sera traduite en latin, en allemand et en italien. Elle couvre la période allant de l'établissement du christianisme jusqu’à l'année 1414 et sera plus tard complétée par une édition en 36 volumes allant jusqu’à l'année 1595.
Plusieurs de ses autres ouvrages seront eux aussi souvent réédités ; certains, que l'Église de Rome juge teintés de jansénisme, y compris son très populaire Catéchisme, seront également mis à l'Index. Le plus curieux, dans le contexte de la Déclaration des Quatre articles de Bossuet qui plaît tant à Louis XIV, est que Fleury réussit malgré tout à faire s'accorder au moins sur un point - lui-même - les deux ennemis Bossuet et Fénelon qui s'affrontent en regard du quiétisme : les deux le déclarent modeste, pieux, loyal et désintéressé[3].

Voltaire a dit de lui qu'il « vécut à la cour dans la solitude et dans le travail. Son Histoire de l’Église est la meilleure qu’on ait jamais faite, et les discours préliminaires sont fort au-dessus de l’histoire. Ils sont presque d’un philosophe, mais l’histoire n’en est pas[4] ».

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Histoire du droit français (1674)
  • Catéchisme historique, contenant en abrégé l'histoire sainte et la doctrine chrétienne (1679). Ouvrage mis à l'Index.
  • Les Mœurs des Israelites (1681)
  • Les Mœurs des Chrétiens (1682)
  • La Vie de la vénérable mère Marguerite d'Arbouze (1684)
  • Traité du choix et de la méthode des études (2 volumes, 1686)
  • Institution du droit ecclésiastique (1687). Ouvrage mis à l'index.
  • Les Devoirs des maîtres et des domestiques (1688)
  • Histoire ecclésiastique, précédée du Discours sur cette histoire (20 volumes, premier volume publié en 1691[5])
  • Histoire ecclésiastique, pour servir de continuation à celle de M. l'abbé Fleury (36 volumes, 1691-1738). Continuation par Jean-Claude Fabre et Claude-Pierre Goujet.
  • Neuvième discours de M. l'abbé Fleury, sur les libertés de l'Église gallicane (1725). Ouvrage mis à l'index.
  • Maximes et libertés gallicanes, rassemblées et mises en ordre, avec leurs preuves. Mémoire sur les libertés de l'Église gallicane, trouvé parmi les papiers d'un grand prince (1755)
  • Table générale des matières contenues dans les XXXVI volumes de l'Histoire ecclésiastique de M. Fleury et du P. Fabre (1758)
  • Droit public de France, ouvrage posthume de M. l'abbé Fleury, composé pour l'éducation des princes (1769)
  • Le Soldat chrétien, ouvrage posthume de M. l'abbé Fleury (1772)
  • Opuscules (5 volumes, 1780-81)
  • Nouveaux Opuscules (1807)
  • Œuvres de l'abbé Fleury, contenant : Traité du choix et de la méthode des études. Mœurs des Israélites et des chrétiens, Discours sur l'histoire ecclésiastique, Grand catéchisme historique, Histoire du droit français, etc., pour faire suite aux œuvres de Fénelon : précédées d'un Essai sur la vie et les ouvrages de l'abbé Fleury (1837)
  • Écrits de jeunesse : tradition humaniste et liberté de l'esprit, Champion, Paris, 2003
  • Vie de la mère d'Arbouse, réformatrice de l'abbaye du Val-de-Grâce, dans Opuscules de M. l'abbé Fleury, prieur d'Argenteuil, tome 3, Nismes, 1780.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Claude Fleury sur global.britannica.com (Encyclopædia Britannica).
  2. a et b Claude Fleury sur academie-francaise.fr.
  3. Marcel Louis. Abbé Gaston Dartigue - Le traité des études de l'abbé Claude Fleury (1686). Examen historique et critique (compte rendu). Dans Revue d'histoire de l'Église de France, 1922, Volume 8, n° 40, pp. 336-339.
  4. Voltaire, Le siècle de Louis XIV. Catalogue de la plupart des écrivains français qui ont paru dans le siècle de Louis XIV, pour servir à l’histoire littéraire de ce temps (1751).
  5. Hyacinthe Robillard D'Avrigny, Memoires pour servir à l'histoire universelle de l'Europe depuis 1600 jusqu'en 1716, 1783, p. 539 : "collection complète des œuvres de Mr l'abbé Fleury".

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]