Pierre Daru

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Pierre Daru
Pierre Daru
Pierre Daru.
Portrait par Antoine-Jean Gros.

Naissance
à Montpellier, France
Décès (à 62 ans)
à Les Mureaux, France
Origine Drapeau du royaume de France Royaume de France
Allégeance Drapeau du royaume de France Royaume de France
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Drapeau de la France République française
Drapeau de l'Empire français Empire français
Royaume de France Royaume de France
Drapeau de l'Empire français pendant les Cent-Jours Empire français (Cent-Jours)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Grade Général honoraire
Années de service 1783-1815
Conflits Guerres de la Révolution et de l'Empire
Distinctions Comte d'Empire
Pair de France
Chevalier de Saint-Louis
Membre de l'Académie française
Membre de l'Académie des sciences
Hommages Nom gravé sous l'Arc de triomphe de l'Étoile
Un des pavillons du musée du Louvre porte son nom
Rue Daru dans le 8e arrondissement de Paris
Autres fonctions Ministre d'État (1815)
Famille Napoléon Daru
(Son fils)

Pierre-Antoine-Noël-Mathieu Bruno Daru, né à Montpellier le et mort aux Mureaux au Château de Bescheville le , est un homme d'État et homme de lettres français. Comte d'Empire, il est l'homme dont Napoléon Ier à Sainte-Hélène résumait l'éloge en ces termes : « Il joint le travail du bœuf au courage du lion[1]. »

Biographie[modifier | modifier le code]

Jeunesse[modifier | modifier le code]

Né sous l'Ancien Régime, en 1769, dans une famille anoblie l'année de sa naissance grâce à la charge de capitoul de Toulouse de son père Noël Daru, avocat, premier secrétaire de l'intendance de Languedoc — Monsieur de Saint-Priest — et époux de Suzanne Périés. Le couple aura après Pierre quatre autres enfants qui atteindront l'âge adulte, dont trois filles. À l'âge de 10 ans, Pierre Daru est envoyé au collège oratorien de Tournon avant de revenir en août 1782 à Montpellier où il restera jusqu'en 1791. Il appartient très tôt à une des sociétés littéraires de la ville et intègre, grâce à son père, le bureau militaire de l'intendance en tant que commis. Tout en assurant cette mission, il intègre la faculté de droit.

Le 10 avril 1784, à la suite des démarches de Noël Daru auprès du secrétaire d'État de la Guerre, le soutien de Monsieur de Saint-Priest, et l'achat — possiblement avec l'aide de Louis XVI de la charge pour 87 495 livres, Pierre Daru devient commissaire provincial des guerres et sous-lieutenant dans une compagnie de canonniers-gardes-côtes, compte-tenu alors de l'obligation d'être officier pour être commissaire. Rapidement, il obtient de travailler auprès de Monsieur de Causan, le commissaire ordonnateur du Languedoc. En 1785, tout en continuant ses études juridiques, il assure l'intérim du commissariat des guerres à Tournon. Dans le même temps, il s'est affilié à une nouvelle société littéraire et écrit beaucoup — une comédie, un opéra, un vaudeville, des poèmes, des traductions —, mais pas forcément bien d'après la critique.

En 1787, il rédige un mémoire intitulé Travail général sur les étapes dans la province du Languedoc dont les propositions sont approuvées par le Conseil de la Guerre après rapport du comte de Guibert. À la suite d'une réforme par ordonnance du corps de l'intendance, Pierre Daru devient, le 27 juin 1789, premier-élève.

Service sous la Révolution française[modifier | modifier le code]

L'année suivante, il fonde une « société populaire » et intègre la Garde nationale. À la mi-1791, il profite d'une cure de sa mère à Sylvanès pour quitter Montpellier, se rendre ensuite à Narbonne où il obtient un passeport pour Paris.

Rapidement, il est affecté, par passe-droit, à un poste de commissaire ordinaire des guerres pour la 13e région militaire dont le siège est à Rennes où il sera sous les ordres de Claude-Louis Petiet, commissaire ordonnateur et grand juge militaire. Dès le mois de juin, il remplace Petiet, muté, et ce jusqu'au début de l'année 1793 qui voit le retour de celui-ci. Pendant cette période, il doit faire face à de grandes difficultés du fait des perturbations de la logistique par les chouans. Du fait de l'inflation des effectifs et la valeur limitée de nombreux commissaires, il propose la rédaction d'un manuel.

Le , il est arrêté et incarcéré quelques jours pour avoir commis une imprudence dans un échange épistolaire. Son père est également arrêté et incarcéré jusqu'en octobre. Pierre Daru est finalement réintégré dans ses fonctions, toujours au côté de Petiet, au début de l'année 1795, puis remplace celui-ci en avril en tant que commissaire ordonnateur en chef pour les armées du général Lazare Hoche.

Fin septembre 1795, avec l'avènement du Directoire, le général Aubert du Bayet est nommé ministre de la Guerre. Il nomme le Pierre Daru à la tête de la 2e division du ministère dont les missions recouvrent celle d'un cabinet ministériel et d'un secrétariat général. Sous l'autorité d'Aubert du Bayet puis, très rapidement, de Petiet, il fait réaliser une revue générale des troupes pour ne payer que ce qui est dû, collationne l'ensemble des textes réglementaires pris les années précédentes. Son service au ministère prend fin en même temps que celui de Petiet, remplacé par le général Schérer. Il consacre alors son temps libre à rédiger un mémoire faisant le bilan de l'action du ministre Petiet et à des œuvres littéraires, la traduction d'Horace en particulier.

De retour au service actif à partir du mois de septembre 1798, il occupe successivement les postes de :

  • commissaire ordonnateur près de l'armée de Mayence commandée par le général Joubert ;
  • chef des services de subsistances, transports et hôpitaux de l'armée d'Helvétie ;
  • ordonnateur en chef de l'armée d'Helvétie (mars 1799).

Durant l'été, il est finalement nommé à la tête d'une commission chargée d'apurer les comptes avec l'Helvétie.

Service sous le Consulat et l'Empire[modifier | modifier le code]

Il accompagne alors Napoléon en Italie, puis entre au Tribunat en 1801. De l'an XII à 1806, il est nommé successivement conseiller d'État, intendant général de la Maison militaire de l'Empereur, et intendant général de la Liste civile.

Commissaire général de la Grande Armée à l'ouverture de la campagne contre la Prusse, en 1806, il est nommé intendant général des pays conquis. L'occupation française de la Prusse pèse énormément sur la population qui reporte sa haine sur Daru[2]. La campagne de 1809, terminée par la bataille de Wagram, avait livré aux armées françaises les États héréditaires de l'empire d'Autriche et une grande partie de ses autres provinces. Daru est investi à Vienne des mêmes fonctions qu'il avait remplies à Berlin.

En 1811, Jean-Baptiste Nompère de Champagny, ministre des Relations extérieures ayant encouru la disgrâce de Napoléon, est nommé intendant général des domaines de la couronne à la place de Daru, qui reçoit le titre de ministre secrétaire d'État. Il est nommé comte de l'Empire le et grand officier de la Légion d'honneur le .

Vers la fin de 1811 et au commencement de 1812, devant l'imminence d'une rupture des relations franco-russes, Daru accompagne Napoléon en Russie. Après la bataille de Smolensk, Daru conseille à l'Empereur d'abandonner la poursuite d'un ennemi qui se dérobe par une fuite calculée, arguant que les approvisionnements ne suivraient plus avec sécurité la marche de l'armée française et que les convois ne pouvaient s'aventurer dans un pays où manquaient les lieux pouvant recevoir des magasins. L'incendie de Moscou justifie les craintes de Daru. Pendant la retraite de Russie, il remplace le général Mathieu Dumas, malade et dans l'impossibilité de continuer ses fonctions d'intendant général.

En 1813, il est nommé grand aigle (grand-croix) de la Légion d'honneur et ministre chargé de l'administration de la guerre. Louis XVIII le nomme intendant général honoraire et lui donna la croix de Saint-Louis. Témoin et juge des fautes de la Restauration, il soutient la Révolution du 20 mars. Quand il vient saluer Napoléon aux Tuileries, l'Empereur lui serre affectueusement la main.

La bataille de Waterloo et la seconde Restauration forcent Daru à quitter définitivement la carrière administrative. Il perd toutes ses places, excepté celle qu'il occupait à l'Académie française, où il avait succédé, en 1806, à Collin d'Harleville. Il échappe aux épurations de l'ordonnance de 1816 et il est nommé pair de France en 1819. En 1828, il est élu membre libre de l'Académie des sciences.

Fratrie et postérité[modifier | modifier le code]

Hôtel Daru, 79 rue de Lille. Gravure d'André de Székély, 1928.
  1. Pierre Daru était l'aîné des neuf enfants de Noël Daru (°  - paroisse Saint-Hugues, Grenoble - 79, rue de Lille, Paris), avocat au parlement de Grenoble, employé dans les bureaux de la Cie de Indes dont il devient chef de bureau en 1749, secrétaire général à l'intendance du Languedoc (1762), capitoul de Toulouse (charge anoblissante, en 1769), et Suzanne Perier Ce lien renvoie vers une page d'homonymie (« Peries ») (°  - Montpellier - 79, rue de Lille, Paris). Il a pour frères et sœurs :
  2. Marie Anne Catherine Suzanne (°  - Montpellier - Paris), mariée le 9 août 1785 (basilique Notre-Dame des Tables, Montpellier), avec Jean Pierre Toussaint Cambon, dont postérité ;
  3. Marie Eulalie (°  - Montpellier - Montpellier) ;
  4. Adélaïde (°  - Montpellier - Coubron, Seine-et-Oise), mariée, le 29 juillet 1793, Paris à avec Pierre Lebrun (1761-1810), ancien conseiller à la Cour des Comptes, aides et finances de Montpellier, juge à la Cour d'appel de Paris, dont postérité ; puis, le 1er décembre 1818 à Paris, avec Pierre Marie, marquis de Grave (1755-1823), ministre de la guerre de Louis XVI (1792), général de brigade en 1809, pair de France en 1815, sans hoirs ;
  5. Sophie Suzanne (° ), mariée, le 22 février 1801 à Paris, avec Jacques Faget de Baure (1755-1817), dont postérité ;
  6. Henriette Elisabeth Gabrielle (°  - Montpellier - Montpellier) ;
  7. Suzanne (°  - Montpellier - Montpellier) ;
  8. Martial Noël Pierre (°  - Montpellier - Paris), 1er baron Daru et de l'Empire (1813), il fait une carrière d'administrateur, adhère au coup d'État du 18 brumaire et devient intendant de l'Empire dans les provinces, marié, le 29 septembre 1806 à Paris, avec Chancenie de Froidefond du Chatenet (1783-1854), dont postérié ;
  9. Marie Anne Françoise Eulalie (°  - Montpellier - Montpellier).

Pierre Daru apparaît souvent dans les œuvres autobiographiques de Stendhal, dont il était le cousin.

Les papiers personnels de Pierre Daru ainsi que de son fils Napoléon sont conservés aux Archives nationales sous la cote 138AP[4].

Principales publications[modifier | modifier le code]

  • Œuvres d'Horace, traduites en vers (1797)
  • La Cléopédie, ou La théorie des réputations en littérature, suivie du Poème des Alpes ; et de l’Épître à mon sans-culotte (1799)
  • Histoire de la république de Venise (3 volumes, 1819-1822)
  • Histoire de Bretagne (3 volumes, 1826)
  • Notions statistiques sur la librairie pour servir à la discussion des lois sur la presse, (lire en ligne)
  • L'Astronomie, poème en 6 chants (1830)

Bibliographie et sources[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

Ouvrages
  • Bernard Bergerot, Daru, intendant général de la Grande Armée, Paris, Tallandier, (notice BnF no FRBNF35414113) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Hugues de La Barre de Nanteuil (colonel), Le comte Daru ou l'administration militaire sous la Révolution et l'Empire, Paris, Peyronnet, (notice BnF no FRBNF36260474)
Articles
  • Marcel Dunan, « Le colonel comte Daru », Revue de l'Institut Napoléon, no 114,‎ , p. 46
  • Gilbert Nigay, « Le comte Daru, intendant général de la Grande Armée », Cahiers historiques, t. 7, no 1,‎ , p. 46

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Charles Mullié, p. 359
  2. Françoise Knopper/Jean Mondot (éd.), L'Allemagne face au modèle français de 1789 à 1815, Toulouse, 2008, p. 92.
  3. Son souvenir s'est perpétué à travers le Prix Daru.
  4. Archives nationales

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]