Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes)

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Saint-Jeannet
Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes)
Saint-Jeannet : le vieux village perché.
Blason de Saint-Jeannet
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d’Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Grasse
Canton Canton de Vence
Intercommunalité Métropole Nice Côte d'Azur
Maire
Mandat
Jean-Michel Sempéré
2014-2020
Code postal 06640
Code commune 06122
Démographie
Gentilé Saint-Jeannois
Population
municipale
4 071 hab. (2015 en augmentation de 10,56 % par rapport à 2010)
Densité 279 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 44′ 50″ nord, 7° 08′ 38″ est
Altitude Min. 100 m
Max. 407 m
Superficie 14,58 km2
Localisation

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Saint-Jeannet est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes, en région Provence-Alpes-Côte d'Azur.

Ses habitants sont appelés les Saint-Jeannois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Jeannet, vue du sommet du Baou de Saint-Jeannet.

Situé à une vingtaine de kilomètres de Nice, entre Gattières, la Gaude et Vence, le village est perché au pied du Baou de Saint-Jeannet (800 m), (« rocher » en provençal), une falaise qui attire de nombreux randonneurs et grimpeurs, et domine la vallée de la Cagne où se dressent les ruines d’une ancienne bergerie fortifiée, le Castellet. Au sommet du Baou, une table d’orientation, construite au début des années 1950, renseigne les promeneurs, qui peuvent apercevoir en contrebas le village et au large un panorama qui s’étend des sommets alpins du Mercantour aux collines niçoises, jusqu’à Antibes, aux îles de Lérins et au massif de l’Estérel.

Climat[modifier | modifier le code]

Le village jouit d’un microclimat de type méditerranéen nuancé par le baou qui attire la brise marine l’été et arrête le mistral l’hiver. On parle de brise pendulaire. Du fait de sa proximité avec la mer, située à 10 km à peine, le village profite d'un adoucissement des températures. Grâce à l'altitude, on ne ressent pas, l'été, cette moiteur souvent difficile à endurer. L'ensoleillement est important (3 000 h/an contre 1 900 à Paris). Le mistral, vent sec et froid, s'invite parfois pour quelques jours, dégageant le ciel et procurant des vues sur les lointains. Les pluies se distinguent surtout par leur intensité, mais ne sont pas nombreuses, dépassant rarement les 90 jours/an. La neige fait quelques rares apparitions, mais se contente le plus souvent de couronner les baous. Elle fond en quelques heures ou quelques jours. Saint-Jeannet se situe à l'altitude des stations climatiques de Grasse, Vence, ou Levens. L'air y est sain.

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Le territoire, au pied du massif rocheux, limité par le fleuve Var à l’est, la rivière La Cagne à l’ouest, est limitrophe des communes de La Gaude au sud, Vence au sud-ouest, Gattières au nord-est, Bézaudun-les-Alpes au nord, Nice à l’est sur la rive opposée du Var.

Cultures[modifier | modifier le code]

  • Le blé et le pastoralisme : héritage ligure datant de 1500 av. JC, ce peuple d’agriculteurs- éleveurs-pasteurs qui cultivait déjà dans les Baous.

Dans les Baous, Le Castellet, ferme et bergerie du XIIIe siècle, atteste encore d’un grand domaine exploité. On y trouve encore traces d’aires de battages et de jas (fermes) du XVIIIe siècle ou des cabanes.

Le moulin à farine Giraudy a été construit en 1898 et se situait au bord de la Cagne. Il est resté en activité jusqu’en 1988

  • L’olivier : héritage Gréco-Romain. Le bas de la commune était planté d’oliviers.

Aux XVe – XVIe siècles, on retrouve la trace du moulin à eau, propriété des Seigneurs de Villeneuve, destiné à produire l’huile d’olive.

En 1920, la famille Giraudy devenue propriétaire, en reprend l’exploitation. Elle achète les olives aux oléiculteurs des environs pour en faire commerce. Mais les propriétaires viennent aussi faire leur huile pour une consommation familiale.

  • Le raisin : "Saint-Jeannet tardif" est un gros raisin blanc de table, très tardif que l'on appelait aussi raisin Michel, du nom de celui qui le découvrit, par hasard, dans son jardin, M. Barthélemy MICHEL (1863)

L’exposition sud lui était idéalement favorable pour mûrir tard et la sécheresse exceptionnelle de l'atmosphère permettait de conserver les grappes très longtemps sur souche, sans altération. Cette tardiveté lui vaudra alors son succès. Dès 1866, on le porta sur le marché de Nice, qui poursuivait son essor de ville touristique pour gens fortunés, été comme hiver. Les tables parisiennes et enfin étrangères se disputèrent ce raisin qu’elles pouvaient proposer sur leur table tout l’hiver.

  • Le vin : la vigne va petit à petit supplanter les oliviers.

Au début du XXe siècle, les anciens conservaient d’abord le vin dans les greniers, puis l’exposaient déjà embouteillé sur les tuiles. D’où son nom de « vin tuilé » (rouge et rosé).

Déjà les Romains avaient établi au Collet des Mourre un magnifique domaine, sur lequel on cultive encore aujourd’hui la vigne et l’olivier. Les vestiges archéologiques attestent de leur présence : deux fabuleux pressoirs romains, les seuls de la région.

En 1950, le vignoble recouvrait encore un tiers de la superficie agricole de Saint-Jeannet.

  • Les fleurs à parfums

- La fleur d’oranger : arrivés en France au XIVe siècle, au début du XXe siècle ces orangers s’étendent jusqu’au pied des Baous pour la culture de ses fleurs.

- La lavande : les grecs et les romains connaissaient déjà les vertus médicinales de la lavande spica (notamment comme antiseptique). Les provençaux en avaient une utilisation domestique en confectionnant des bouquets séchés qu’ils plaçaient dans les armoires à linge. Les parfumeurs de Grasse s’y intéresseront tardivement et uniquement pour son parfum peu onéreux grâce à une pousse locale. Les saint-Jeannois cueillaient alors la lavande sauvage dans les baous.

- La rose de mai (Centifolia) : elle est cultivée à Grasse dès le XVIe siècle. À Saint-Jeannet, elle semble être plantée seulement au début du XXe siècle.

- La violette : elle a d’abord été utilisée comme plante médicinale, puis pour la confiserie (pétales cristallisés dans le sucre), puis pour les bouquets, qu’on envoyait jusqu’à Paris. Comme pour la lavande, la parfumerie ne s’y intéresse qu’à la fin du XIXe siècle.

- Les fleurs pour bouquets : comme le raisin de table et les fleurs ne rapportaient plus assez, les paysans se sont mis à planter des fleurs pour bouquets. L’arrivée de l’eau courante a contribué à ces plantations. Les œillets, les anémones, les roses Tango, les violettes Parme et autres narcisses, dans les années 1950-1960 sont cultivées en plein air, puis, petit à petit sous serres jusque dans les années 1990.

  • De nos jours :

- Les Baous : site de loisirs très prisé, ils représentent la principale attractivité du village aujourd’hui. Escalade, randonnées pédestres, et aujourd’hui slacklines, attirent les visiteurs locaux comme internationaux.

- Le vin : aujourd’hui, seule une famille exploite encore les vignobles du domaine familial au Collet de Mourre, quartier des Sausses. Le vin est toujours produit avec des méthodes traditionnelles.

- Les fromages: les éleveurs des Baous proposent des fromages de leurs chèvres et brebis nourries et élevées au grand air dans les Baous.

- Huile d’olive de la Clémandine, un des rares domaines cultivés selon les principes de l’Agriculture Biologique, a le label AOP.

- Le maraîcher dont les légumes sont labellisés « bio ».

Histoire[modifier | modifier le code]

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L'histoire de Saint-Jeannet est celle d'un village frontière entre la Provence et le comté de Nice.

Époque ligure : VIe et le XIe siècle av. J.-C.[modifier | modifier le code]

Les Ligures sont les premiers habitants connus, que les Phocéens (Grecs) et les Romains trouvèrent établis sur les côtes de la mer Méditerranée.

Les hautes terres surplombant les baous constituent un vaste plateau calcaire de 800 mètres d’altitude qui conserve les vestiges intéressants d’une occupation humaine remontant au début de l’histoire.

Depuis ces refuges, ils pouvaient observer les ennemis potentiels.

Époque romaine : 200 av. JC[modifier | modifier le code]

Les Ligures furent soumis par les Romains, entre l'an 200 et l'an 163 av. J.-C.

Avec la paix romaine, un grand nombre d’enceintes sont abandonnées pour des habitats plus confortables, moins escarpés et plus proches des cultures, les Ligures devenant progressivement moins pasteurs et davantage agriculteurs.

Il est à peu près sûr, que le quartier des Gaudes a servi de camp romain au Ier siècle de notre ère pour protéger la via Aurelia.

Moyen-âge : 416 à 1492[modifier | modifier le code]

Au IXe siècle, les Sarrazins envahissent la Provence par la mer et se hissent jusqu’aux Alpes. Dans les environs, ils se retranchent dans les bourgs du Broc, Carros, Gattières et  des Gaudes. Durant ces périodes de terreur, expulsés de leurs foyers, les habitants cherchent d’autres terres.

Guillaume de Provence les chasse en 975 et prend la tête des seigneurs de pays. De Arles à Nice, la région côtière est soumise à l'autorité du Comte Guillaume qui distribue aux grands hommes de son entourage les terres abandonnées. Un rapide essor démographique et économique va rendre à la Provence sa prospérité d'antan. S’annonce alors l’ère de la féodalité.

La féodalité : XIe – XVe siècles[modifier | modifier le code]

De nouveaux sites sont construits, c’est le fief de la Famille de Villeneuve.

Dès le XIe siècle : Alagauda, le Castrum de la Gaude où seront construits la Chapelle San Peïre (XIe siècle) et le château (XIIe siècle).

Au XIIIe siècle : Castrum de Sancti Johannis, l’actuel Saint-Jeannet.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Saint-Jeannet
Blason de Saint-Jeannet Blason D’azur à saint Jean-Baptiste de carnation, barbé et chevelé d'argent, vêtu d’une peau de chameau d’or, nimbé du même, assis sur un tertre terrassé de sinople, tenant de sa main senestre une longue croix d’argent avec sa banderole du même, caressant de sa dextre un agneau contourné d’argent.
Détails
Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Une rue de Saint-Jeannet
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1983 mars 1989 Jean Bensa    
mars 1989 mars 2008 Gérard Nirascou RPR puis UMP  
mars 2008 en cours
(au 6 Mai 2017)
Jean-Michel Semperé[1] DVD puis UMP-LR[2] Cadre

Démographie[modifier | modifier le code]


L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4].

En 2015, la commune comptait 4 071 habitants[Note 1], en augmentation de 10,56 % par rapport à 2010 (Alpes-Maritimes : +0,34 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 024 1 051 1 101 1 204 1 228 1 256 1 323 1 307 1 307
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 194 1 156 1 064 986 1 027 1 062 1 113 1 377 1 061
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
965 939 981 834 857 770 792 759 853
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
1 079 1 421 1 843 2 436 3 188 3 594 3 634 3 645 3 656
2013 2015 - - - - - - -
3 992 4 071 - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

Distinctions culturelles[modifier | modifier le code]

Saint-Jeannet fait partie des communes ayant reçu l’étoile verte espérantiste, distinction remise aux maires de communes recensant des locuteurs de la langue construite espéranto.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Baou de Saint-Jeannet[7] : falaise dominant tout le littoral azuréen par temps dégagé.
  • Baou de La Gaude[8] : à l’Est du Baou de Saint-Jeannet, se dresse un autre promontoire rocheux, moins escarpé, mais culminant à 791 mètres.
  • Château de La Gaude ou « des Templiers » : les ruines de ce château ont été remontées dans les années 1940 par l'actrice de cinéma française Viviane Romance. Il appartient aujourd’hui à un particulier.

Patrimoine architectural[modifier | modifier le code]

Comme nombre des villages perchés de Provence et du comté de Nice, Saint-Jeannet a été construit à l’adret, c’est-à-dire, face au sud, et abrité des vents du nord par une falaise montagneuse. Ce faisant, il recueille largement le soleil mais n’échappe pas à l’action des vents pluvieux soufflant de l’est. Une telle position élevée répondait jadis à un souci de protection.

Les plus anciennes demeures sont presque toutes des habitations en hauteur qui superposent jusqu’à trois ou quatre étages. Leur matériau principal vient de toutes les roches qui constituent le sol de Saint-Jeannet. Le mortier, formé jadis d’un mélange de sable et de chaux, n’était pas très solide. C’est pourquoi les murs des anciennes maisons étaient doublés.

Saint-Jeannet, église paroissiale Saint-Jean-Baptiste.
Monument du souvenir, à l'intérieur de l'église paroissiale.

La gare de Saint-Jeannet établie sur la Ligne Central-Var à voie métrique Nice - Colomars - Grasse - Draguignan - Meyrargues, disparue en 1944 suite à la destruction du viaduc du Loup de celui de Tanneron et du Pont de la Manda sur le Var.

Édifices religieux[modifier | modifier le code]

  • Église paroissiale Saint-Jean-Baptiste : construite en 1666, elle est attenante à la chapelle des Pénitents blancs (aujourd’hui chapelle Saint-Bernardin). Le clocher, avec sa tour carrée, fut ajouté en 1670. Les décors (tableaux, statues de saints, balustrades) furent ajoutés sous l’influence du baroque niçois et génois.
  • Chapelle Saint-Jean-Baptiste des Pénitents noirs, XVIIIe siècle
  • Chapelle Saint-Bernardin des Pénitents blancs, XVIIe siècle
  • Chapelle Sant Pèire(Saint-Pierre) : construite au XIe siècle, près du château de la Gaude, elle fut la première paroisse de la vieille Gaude.
  • Chapelle Sainte-Pétronille, XIe siècle
  • Chapelle Notre-Dame-des-Champs ou Notre-Dame-du-Baou, XVe siècle

Environnement naturel[modifier | modifier le code]

Saint-Jeannet est surtout connu pour ses nombreuses voies d'escalade (on en compte près de 470, réparties sur 17 secteurs), mais aussi pour ses trois chemins de randonnée (« Baou de Saint-Jeannet », « Baou de la Gaude et son grand chêne », « circuit du Castellet »). Il est possible, en outre, de pratiquer de la spéléologie ou de la Via Corda.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Divers[modifier | modifier le code]

Films tournés à Saint-Jeannet[modifier | modifier le code]

Jumelages[modifier | modifier le code]

Galerie[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Charles Bilas, Le château de La Gaude, Alandis Éditions, 2002.
  • J.-E. Malaussène, L'évolution d'un village frontière de Provence. Saint Jeannet (A.-M.), rééd. Alandis Éditions, 2000.
  • Françoise et Caroline Chambon, Saint-Jeannet-Village. De mémoire d'hommes, préface de René Rasse, 2001 (1re édition), réédité en 2009, 352 p.
  • Jean Laffitte, Les constructions en pierre sèche du Baou de Saint-Jeannet (Alpes-Maritimes), L'auteur, Nice, 53 p. (étude des vestiges en pierre sèche de l'exploitation agricole de ce qu'on appelait « la Montagne » au XIXe siècle)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]