Tourrettes-sur-Loup

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Tourrettes-sur-Loup
Image illustrative de l'article Tourrettes-sur-Loup
Blason de Tourrettes-sur-Loup
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Provence-Alpes-Côte d'Azur
Département Alpes-Maritimes
Arrondissement Grasse
Canton Bar-sur-Loup
Intercommunalité Communauté d'agglomération de Sophia Antipolis
Maire
Mandat
José Bertaina
2008-2014
Code postal 06140
Code commune 06148
Démographie
Gentilé Tourrettans
Population
municipale
4 008 hab. (2011)
Densité 137 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 43′ 01″ N 7° 03′ 38″ E / 43.7169444444, 7.0605555556 ()43° 43′ 01″ Nord 7° 03′ 38″ Est / 43.7169444444, 7.0605555556 ()  
Altitude Min. 47 m – Max. 1 246 m
Superficie 29,28 km2
Localisation

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Tourrettes-sur-Loup est une commune française située dans le département des Alpes-Maritimes en région Provence-Alpes-Côte d'Azur. Elle porta le nom de Tourrettes-lès-Vence du XVIe siècle à la Révolution. Au début du XXe siècle et jusque dans les années 1970[1], elle s'appelait Tourette-sur-Loup.

Ses habitants sont appelés les Tourrettans.

Géographie[modifier | modifier le code]

La cité est célèbre par son village médiéval situé sur un éperon rocheux tombant à pic ; ses maisons extérieures forment un rempart. Autour de ce centre historique, les quartiers résidentiels s'étendent depuis les contreforts de ses puys (pic de Courmettes, puy de Tourrettes, Naouri), jusqu'aux gorges et à la vallée du Loup.

Géologie[modifier | modifier le code]

Hydrographie[modifier | modifier le code]

Villages, hameaux, écarts, lieux-dits[modifier | modifier le code]

Histoire[modifier | modifier le code]

Tourrettes-sur-Loup

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le territoire de Tourrettes-sur-Loup, est riche en sites préhistoriques et protohistoriques (17 ont été recensés). En effet, dès le Paléolithique moyen, la grotte de la Baume Obscure et, surtout celle de Pié Lombard ont été fréquentées. L’occupation paléolithique de Pié-Lombard, datée d’environ 70 000 ans a également livré quelques restes d’homme de Néandertal.

Quelques traces d’installation des derniers chasseurs nomades (Épipaléolithique et Mésolithique, entre 11 000 et 6000 av. J.-C.) ont été identifiées à Pié-Lombard ou à Courmettes.

Beaucoup plus près de nous, dans le courant du 5e millénaire av. J.-C., on observe quelques traces de fréquentation des grottes par les pasteurs et paysans du Néolithique moyen (Chasséen) : Baume obscure, grotte de Schlumberger, petit abri du Vallon de la Tuilière.

La fin du Néolithique (3500-2000 avant J.C.) n’est documentée que par des sépultures collectives, qu’il s’agisse de mégalithes (Dolmen de Camptrassier, fouillé au début du XXe siècle) ou de grottes (Baume Obscure, grotte du Sanglier).

La plupart de ces sites ont été réutilisés au cours de l’âge du bronze (2000-750 av. J.-C.) mais à la fin de cette période on remarque des traces de fréquentation humaine sur les hauteurs (Courmettes, Les Sabières II).

Enfin, trois enceintes semblent avoir été édifiées au cours de l’âge du fer. Deux d’entre elles se situent sur le sommet de la Colle de Naouriès et la dernière, sur le pic de Courmettes. Toutefois, les fragments de céramique non tournée, ramassés sur chacun des sites, n’autorisent pas une datation précise. Des structures pouvant s’apparenter à des habitats ont été observées à l’intérieur ou dans le voisinage de chaque enceinte, mais elles sont peu nombreuses. En outre, l’altitude des sites (1024 m et 1248 mètres), et la pauvreté du sol, rendent difficile une implantation humaine à l’année. Certaines particularités architecturales observées dans les murs de l’enceinte (présence d’un enclos, dimensions importantes des ouvertures), permettent d’envisager la pratique d’activités pastorales, sur ces sommets

Ruelle de Tourrettes-sur-Loup

La tradition locale veut qu'un oppidum celto-ligure se trouve sous le village actuel et se serait transformé en un camp romain occupé et ce jusqu'en 476. L'oppidum protohistorique n'est pas attesté. Quant à la présence d'un camp romain, on peut évoquer quelques blocs ouvragés en réemploi dans les murs du village, ainsi que quelques céramiques sigillées qui semblent évoquer le tracé possible d'une enceinte d'époque romaine.

Moyen Âge[modifier | modifier le code]

On fait référence au site de Tourette en 1024, sous le nom de Castrum de Torretis. La ville s'organise autour du château et les maisons construites jusqu'au bord des ravins servent de remparts.

La mort de la reine Jeanne Ire ouvre une crise de succession à la tête du comté de Provence, les villes de l’Union d'Aix (1382-1387) soutenant Charles de Duras contre Louis Ier d'Anjou. Puis, Aix se soumet en octobre 1387, ce qui précipite le ralliement des carlistes, dont le seigneur de Tourrettes-sur-Loup, Guillaume de Villeneuve. Il obtient un « chapitre de paix » de Marie de Châtillon le 2 janvier 1388 et prête hommage à Louis II d'Anjou, âgé de dix ans[2].

Lors de la dédition de Nice à la Savoie, en 1388, le village, possession des Grimaldi qui se sont ralliés à la Savoie, est confisqué par le comte de Provence et attribué à Guichard Villeneuve, dit Bâtard de Vence. Les Villeneuve, élevés au marquisat, conserveront ce fief jusqu'en 1789.

La population s'empare alors du château et en fait son hôtel de ville, ce qu'il est toujours. Le dernier marquis s'enfuit mais est assassiné à Vintimille.

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Au cours de l'été de 1786, André Chénier, qui est alors sous-lieutenant dans le Royal Angoumois se rendant en Italie, fait avec les frères Trudaine, une halte chez le marquis de Tourrettes, dont il avait fait la connaissance, dans la ville d'Aix lors des réceptions données par le Président du Parlement de Provence: Monsieur de la Tour. Il fut invité au Château du Caire, avec d'autres invités comme l'abbé de Grimaldi, l'abbé de Vence, Monsieur de Rochechouart-Mortemart, le marquis Perier-Montacarrel, Madame de Constantin, l'abbé Baussy, maître Ferron, notaire.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Tendances politiques et résultats[modifier | modifier le code]

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1799 1807 Michel Lions    
1807 1816 Pierre Isnard    
1816 1821 Pierre Curel    
1821 1822 Michel Lions    
1822 1830 Joseph Alexandre Curel    
1830 1849 Pierre Garent    
1849 1869 Christophe Euzière    
1869 1873 Émile Dominique Baussy    
1873 1874 Jean Joseph Raymond    
1874 1875 Émile Dominique Baussy    
1875 1879 Paul Garent    
1879 1888 Jean-Joseph Raymond    
1888 1896 Camille Tajasque    
1896 1913 Alexandre Giraud    
1913 1920 Honoré Marius Bareste    
1920 1935 Louis Duhet    
1935 1943 Adolphe Augier    
1943 1961 Eugène Geoffroy    
1961 1961 Marius Honorat    
1961 1983 Maximin Escalier Divers droite  
1983 1995 Damien Bagaria Divers droite  
1995 2001 Paul Ceuzin Divers droite  
mars 2001 réélu en 2008[3] José Bertaina UDI (PR)  

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 4 008 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 169 1 180 1 099 1 115 1 146 1 273 1 179 1 211 1 061
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 026 1 027 1 179 979 1 022 976 921 1 476 912
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 049 875 1 044 881 933 834 810 734 894
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010
1 115 1 548 2 267 2 727 3 449 3 870 4 199 4 272 4 007
2011 - - - - - - - -
4 008 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[4] puis Insee à partir de 2004[5])
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

La cité est essentiellement un centre touristique et un lieu de résidence apprécié. La cité médiévale abrite un artisanat d'art réputé : tissages, poteries, peintures, sculptures, bijoux. L'économie locale est axée sur :

  • La culture de la violette
  • La confiserie : fleurs cristallisées, fruits confits, etc.
  • L'artisanat d'art avec une quarantaine d'artisans, regroupés dans le village médiéval
  • La production de fromage de chèvre bio
  • L'apiculture
  • La viticulture, la production locale de légumes
  • Le tourisme : hôtels, restaurants, chambres d'hôtes, meublés et campings

Quant à la charge fiscale supportée par les habitants, le taux d'imposition de la taxe d'habitation était pour 2008 et 2009 de 13,23 %. Elle se classe 53e sur les 193 communes les plus taxées des Alpes Maritimes[6].

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

  • Vallée du Loup : après Tourrettes, on découvre une très belle perspective sur la vallée du Loup et, peu après, le nid d'aigle de Gourdon apparaît sur son promontoire.

Patrimoine religieux[modifier | modifier le code]

  • L'église Saint-Grégoire (XVe siècle) abrite un triptyque des Bréa (XVe siècle), deux retables en bois sculpté et doré, quelques statues du XVIIe siècle, d'autres œuvres en bois : bustes des XVe et XVIe siècles, reliquaires du XVIIe siècle. Derrière le maître-autel, autel du Ier siècle dédié à Mercure.
  • La chapelle Saint-Jean, décorée de fresques de Ralph Soupault, restaurées en 2005.

Patrimoine civil[modifier | modifier le code]

  • La Bastide aux Violettes : musée vivant consacré à la fleur de violette, a été inaugurée le 6 mars 2010.
  • L'Oreille de Gaïa (ou l'Oreille) : construction en pierre en forme d'oreille, d'environ 40 m de long sur 10 m de large. Il s'agit d'une aire de battage destinée au dépiquage des céréales, d'époque moderne. Malheureusement l'Oreille n'est maintenant plus accessible au public, la municipalité ayant autorisé la construction d'une villa sur le site.

Châteaux[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Jacques Prévert et ses amis Joseph Kosma, Alexandre Trauner ont séjourné pendant la Seconde Guerre mondiale à la pension Les Belles Terrasses, ancien hôtel de la place de la Mairie. Une plaque marque aujourd'hui cet honneur sur la maison. Le film Les Visiteurs du soir fut tourné à cette époque dans les environs.
  • Le sculpteur montréalais Robert Roussil y vit et y travaille depuis la fin des années 1950.
  • Le compositeur Francis Poulenc a vécu dans le village.
  • Victor Linton a inventé la Fête des violettes.
  • Jacques Martin, le présentateur de L'École des fans sur Antenne 2, le réalisateur canadien David Cronenberg, l'humoriste Guy Bedos ont également habité la commune.
  • Antti Lovag, habitologue, habita la Maison Gaudet (maisons bulles), une de ses créations. Dans les années 1960, il fut un des premiers, avec Pascal Haüsermann et Jean-Louis Chanéac, à expérimenter en France une architecture organique, qui emprunte aux formes de la nature et tend à une liaison étroite avec les sites naturels.
  • Peter Leslie est un historien anglais qui vécut trente ans à Tourrettes-sur-Loup. Il était un spécialiste de la Seconde Guerre mondiale. Il était marié à l'actrice Nicolette Bernard.
  • Seund Ja Rhee (1918-2009) est une artiste peintre coréenne ayant vécu depuis 1968 jusqu'à son décès en 2009 à Tourrettes-sur-Loup. Elle construisit un atelier aux formes uniques (rappelant le ying et le yang), nommé Rivière Argent (La maison Rhee).
  • Guy Bourguignon (1920-1969), le grand chanteur français, est enterré à Tourrettes-sur-Loup.
  • Raphaël (dit Ralph) Soupault (1904-1962), dessinateur de presse, a résidé dans la commune de 1951 à 1962. Il a laissé des fresques d'inspiration religieuse dans la chapelle Saint-Jean.
  • Émile Dominique Baussy, né à Vence le , élève de l'École des arts et métiers d'Aix, il devint agent secondaire des Ponts et Chaussées et attaché au bureau de l'Ingénieur en Chef du Service spécial de la Durance à Marseille , puis nommé notaire à Tourrettes par décret du 5 mai 1867. Il y exerça jusqu'à fin avril 1877. Nommé maire de Tourrettes le 7 août 1869, il sera maintenu en 1870, démissionnaire en 1873, renommé en 1874 à la demande des habitants, il redémissionnera en 1875.


Divers[modifier | modifier le code]

La devise de Tourrettes-sur-Loup est Mantenen se, qui signifie « Se maintenir » (c'est-à-dire « toujours debout, vaillant »), en patois provençal.

Une communauté non-violente fondée par Lanza del Vasto sur le modèle des ashrams de Gandhi s'est établie pendant quelque temps au début des années 1950 à Tourrettes-sur-Loup.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de Tourrettes-sur-Loup

Blasonnement: « De gueules fretté de six lances d'or, entresemé de petits écussons du même, et sur le tout un écusson d'azur chargé d'une fleur de lys d'or »[7].

Les armoiries de Barrême reprennent celles des Villeneuve.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Guide Vert Michelin 1973
  2. Geneviève Xhayet, « Partisans et adversaires de Louis d'Anjou pendant la guerre de l'Union d'Aix », Provence historique, Fédération historique de Provence, volume 40, no 162, « Autour de la guerre de l'Union d'Aix », 1990, p. 408 (note 33).
  3. Site de la préfecture des Alpes-Maritimes, consulté le 20 juin 2008
  4. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  5. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011
  6. Le Journal de l'Eco : Nice Matin Lundi 12 octobre 2009
  7. http://labanquedublason2.com/