Charles Nègre

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Autoportrait, vers 1860.

Charles Nègre, né le 9 mai 1820 à Grasse où il est mort le 16 janvier 1880, est un artiste peintre, devenu photographe au début des années 1850.

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et premières années[modifier | modifier le code]

Charles Nègre étudie la peinture sous la direction de Paul Delaroche, puis achève sa formation auprès d’Ingres. Il suit les cours de l'École des beaux-arts de Paris, lorsque Louis Daguerre présente son invention en 1839 au public. Il décide alors de s’installer dans son propre atelier[1] situé quai de Bourbon sur l’Île Saint-Louis à Paris. Esprit curieux, Charles Nègre est attiré par la photographie naissante. Au début, il pense que cette technique peut l’aider à réaliser ses tableaux. Je fus frappé d'étonnement à la vue de ces merveilles et, entrevoyant l'avenir réservé à cet art nouveau, je pris la résolution d'y consacrer mon temps et mes forces. Toutefois, il en découvre vite les autres possibilités et va pratiquer la photographie comme un art à part entière qui assura sa gloire à Paris. Il est sans conteste l'un des artistes les plus doués de cette génération de pionniers de la photographie.

Le photographe[modifier | modifier le code]

Il met au point son propre procédé de gravure héliographique avec passage dans un bain d'or pour produire des œuvres qui réunissent la finesse et la précision de la photographie à la fermeté et à la profondeur des teintes de la gravure.

Ramoneurs en marche, 1851.

Une épreuve sur papier salé de septembre ou novembre 1851 de ses Ramoneurs en marche[2] illustrent cette démarche. Probablement réalisée comme étude pour un tableau, cette série de photographies est considérée comme une étape importante de l’histoire de la photographie car représentant un des tout premiers essais de rendu du mouvement.

En 1851, contrarié de ne pas faire partie de la commande de l’État qu’on nommera plus tard la « Mission héliographique », Charles Nègre décide de sa propre initiative de photographier le littoral du Sud-Est de la France. Il est ainsi le premier photographe à avoir parcouru les Alpes-Maritimes juste après la création du département. Il exécute également une première série de clichés du Midi de la France en 1852, puis reçoit une série de commandes de l'État français pour la cathédrale de Chartres (1854), pour des reproductions d’œuvres d’art du Louvre (1858), et les nouveaux bâtiments intérieurs de l’asile impérial de Vincennes. En 1865, il est engagé par le duc de Luynes pour produire les planches du Voyage d’exploration à la mer Morte, à Pétra et sur la rive gauche du Jourdain. Ses travaux paraîtront sous forme d'albums aux éditions d'art d'Adolphe Goupil après 1853[3].

Les dernières années[modifier | modifier le code]

Promenade des Anglais, 1863.

En 1863, sa santé vacillante le ramène dans sa région natale. Il se retire à Nice[5]. Il obtient un poste de professeur au Lycée Impérial de Nice et ouvre un atelier, 3 rue Chauvain[6].

Jusqu'à sa mort, il réalise, dans un souci de documentation systématique, une grande série de photographies de Saint-Raphaël à Menton. C'est dans les scènes de genre empruntées au quotidien de la rue qu'il excelle.

Mort dans l’oubli dans sa ville natale, Charles Nègre ne sera redécouvert qu’en 1936, à la faveur de grandes expositions photographiques organisées à Paris et à New York.

Son petit neveu, Joseph Nègre s’efforcera toute sa vie de promouvoir l'œuvre de son grand oncle. En 1991, il publie son livre La Riviera de Charles Nègre, reproduisant plusieurs clichés de la Côte d'Azur et de son arrière-pays.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Charles Nègre, Paris, scène de marché », notice sur le site du musée d'Orsay.
  2. National Gallery of Canada, consulté le 17 mai 2008
  3. Encyclopédie Universalis, article Adolphe Goupil. Texte en ligne.
  4. Henri Le Secq posant sur Notre-Dame de Paris. Le choix d’avoir nommé cette photographie Le Stryge revient au collectionneur André Jammes ; voir la notice de l’œuvre sur le site du musée d’Orsay.
  5. Théâtre de la Photographie et de l’Image - Photographies de Nice et de ses environs (1863-1866), consulté le 17 mai 2008.
  6. Théâtre de la Photographie et de l’Image - Notice biographique, consulté le 13 mai 2013.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Quelques œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • André Jammes, Charles Nègre photographe : 1820-1880, préface de Jean Adhémar, Paris-Choisy-le-Roi, Imprimerie de France, 1963 (ISBN 2-85744-536-9)
  • Françoise Heilbrun, Charles Nègre : photographe 1820-1880, catalogue de l'exposition, Arles, musée Réattu, 5 juillet-17 août 1980 ; Paris, musée du Luxembourg, 25 novembre 1980-19 janvier 1981, Ministère de la Culture et de la Communication, Paris, 1980. (ISBN 2-71180-164-0)
  • Joseph Nègre, La Riviera de Charles Nègre, préface de Louis Nucéra, Aix-en-Provence, Édisud, 1991 (ISBN 2-85744-536-9)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Autres photographes du milieu du XIXe siècle
Premières sociétés et missions photographiques

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