Archiduché d'Autriche

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Archiduché d'Autriche
Erzherzogtum Österreich (de)

1453 – 1806

Drapeau Blason
Description de cette image, également commentée ci-après
Carte des territoires gouvernés par les Habsbourg à la fin du XVe siècle : l'archiduché d'Autriche au nord-est, les duchés de Styrie, Carinthie et Carniole au sud, ainsi que le Tyrol à l'ouest.
Informations générales
Statut Archiduché
- État du Banner of the Holy Roman Emperor with haloes (1400-1806).svg Saint-Empire romain germanique
- Partie intégrante des territoires héréditaires au sein de la Flag of the Habsburg Monarchy.svg monarchie de Habsbourg (à partir de 1526)
Capitale Vienne
Langue Haut allemand moderne
Religion Catholique romaine
Histoire et événements
1359 Privilegium Maius promulgué par le duc Rodolphe IV d'Autriche
Reconnaissance par l'empereur Frédéric III
1512 Rejoint le Cercle d'Autriche
1526 Pays intital de la monarchie de Habsbourg
Partie intégrante de l'empire d'Autriche
Dissolution du Saint-Empire

Entités précédentes :

Entités suivantes :

L'archiduché d'Autriche (en allemand : Erzherzogtum Österreich) est un ancien État du Saint-Empire romain germanique. Cet État avait succédé au duché d'Autriche en 1453, comme le noyau de la monarchie de Habsbourg il a existé pendant plus de 350 ans, jusqu'à la dissolution du Saint-Empire en 1806. Puis, divisé en deux terres de la Couronne correspondants aux Länder autrichiens actuels de Basse-Autriche et de Haute-Autriche, son territoire faisait partie intégrante de l'empire d'Autriche et de la Cisleithanie au sein de l'Autriche-Hongrie. Les archiducs d'Autriche de la maison de Habsbourg résidaient à la Hofburg dans le centre de Vienne.

Par commodité, on se sert parfois de cette expression pour désigner l'ensemble des territoires héréditaires des Habsbourg (Habsburgische Erblande) dominés par l'archiducs autrichiens, ce qui inclut alors en plus l'Autriche intérieure (les duchés de Styrie, de Carinthie et de Carniole, ainsi que, plus tard, le comté de Goritz), le comté de Tyrol, les possessions de l'Autriche antérieure et plusieurs autres petits territoires.

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Le duché d'Autriche (en rouge), régné en union personnelle avec la Styrie (strié).

Simple marche du duché ethnique de Bavière aux débuts de l'Empire, l'Autriche est élevée en duché autonome à la diète de Ratisbonne le . Neuf jours plus tard, l'empereur Frédéric Barberousse délivre un document de certification, le Privilegium Minus au profit du duc Henri II Jasomirgott de la maison de Babenberg, ayant renoncé au duché de Bavière.

Sur la base d'un contrat de succession conclu en 1186, les Babenberg régnaient également sur le duchè de Styrie après le décès du duc Ottokar IV en 1192. Toutefois, l'extinction de la lignée à la mort du duc Frédéric II d'Autriche en 1246 a entraîné la vacance des fiefs autrichiens, le tout coïncidant avec l'absence d'un pouvoir central pendant le Grand Interrègne. L'acquisition des pays par Ottokar II Přemysl, roi de Bohême, provoqua un conflit avec Rodolphe de Habsbourg, élu roi des Romains en 1273. Le premier avait désigné duc par la noblesse autrichienne, tandis que le second réclamait le duché comme fief tombé en déshérence et devant faire retour à son suzerain. Rodolphe défit son rival à la bataille de Marchfeld en 1278 ; quatre ans plus tard il investit ses deux fils, Albert et Rodolphe II des duchés d'Autriche et de Styrie en main commune.

L'archiduché[modifier | modifier le code]

Rodolphe IV dit le Fondateur, portrait contemporain du XIVe siècle.

Le titre d'« archiduc », donné aux souverains d'Autriche, est une invention de la fin du Moyen Âge. Elle est affirmée par le Privilegium Maius, un faux créé par le duc Rodolphe IV d'Autriche en 1359, en réaction à son exclusion du collège électoral par la Bulle d'or promulgué par l’empereur Charles IV trois ans auparavant. Il s'agissait de garantir aux ducs d'Autriche un titre unique dans l'Empire, qui en faisait l'équivalent des princes électeurs, le droit de vote en moins : les pouvoirs de l'empereur étaient strictement limités par la proclamation du jus de non evocando et une réduction drastique de la participation à l'ost impérial. Les archiducs avaient préséance sur tous les autres princes non électeurs. Enfin, la déshérence des fiefs des Habsbourg était rendue impossible par la double proclamation de l'indivisibilité de l'Autriche et d'une succession incluant les femmes en cas de défaut de mâles.

Charles IV avait dès le début refusé l'octroi effectif du Privilegium Maius. Si l'Autriche propre avait hérité des prétentions impériale, c'est l'Autriche intérieure, formée des territoires périphériques de la maison, qui mit en acte les prétentions archiducales. C'est ainsi Ernest d'Autriche intérieure, à partir de 1414, qui fut le premier à utiliser, de façon totalement unilatérale, le titre d'archiduc dans les documents de chancellerie. Son fils Frédéric V réunit l'ensemble des duchés sous un seul prince. C'est le même, également empereur des Romains sous le nom de Frédéric III, qui au jour de l'Epiphanie en 1453 sanctionna le Privilegium Maius en donnant un caractère légal au titre d'archiduc utilisé dans les faits depuis près d'un demi-siècle : son pupille Ladislas le Posthume est le premier prince officiellement investi du titre d'archidux Austriae.

Les souverains autrichiens auront effectivement le monopole sur le titre et le pas sur tous les princes non électeurs. C'est l'élection de Ferdinand de Habsbourg comme roi de Bohême en 1526 qui donnera aux Habsbourg le rang électoral et le droit de vote. Le titre change de sens à cette même époque : il devient un titre dynastique porté par tous les princes de la maison.

Expansion territoriale[modifier | modifier le code]

Le territoire de l'Autriche au dessus de l'Enns à la fin du XIVe siècle

Au sens strict, l'archiduché désigne les actuels länder de Haute- et de Basse-Autriche, exception faite de la partie occidentale du premier sur la rive du fleuve Inn, qui faisait partie du duché de Bavière. Il reprenait logiquement les limites du duché d'Autriche tel qu'il avait été érigé par le Privilegium Minus en 1156.

Cette partie du patrimoine des Habsbourg demeura aux mains des ainés de la maison et appliqua en effet dès le XIVe siècle la primogéniture intégrale et l'indivisibilité. Elle ne se trouva partagée qu'une fois au cours du XVe siècle, sous le règne de l'e,pereur Frédéric III. La partition se fit, de part et d'autre de l'Enns, donnant naissance à la distinction entre la Haute- et la Basse-Autriche. Il s'agissait, pour ce duc ayant récemment hérité de ces terres du fait de la mort de son cousin Ladislas le Posthume, de satisfaire son frère cadet Albert VI. La situation se prolongea quelques années après la mort de ce dernier en 1463, en raison de l'occupation de l'est du pays par le roi de Hongrie, Mathias Corvin. Malgré la reconquête, la séparation demeura sur le plan administratif et la Haute-Autriche prend une certaine indépendance en tant que « principauté d'Autriche au dessus de l'Enns » (ob der Enns).

Les pays autrichiens vers l'an 1500.

Dès le XIVe siècle, les Habsbourg possédaient par ailleurs plusieurs grands fiefs voisins : outre la Styrie, le duché de Carinthie avec la marche de Carniole depuis 1335, ainsi que le Tyrol racheté en 1363. La mort de Rodolphe IV en 1365, cependant, démontra l'inefficacité du Privilegium Maius, au sein même de ses propriétés. Ses frères ne purent s'entendre et procédèrent au partage de ses terres en 1379, au traité de Neuberg. À partir de la fin du XVe siècle, on commence à définir l'archiduché comme l'ensemble des duchés autrichiens.

Par la suite, cependant, on peut constater que l'indivisibilité ne concerna que l'Autriche proprement dite. Styrie, Carinthie, Carniole et Tyrol furent régulièrement détachés pour les cadets de la famille. Ces archiducs jouirent cependant plus d'un rôle de gouverneur que d'une souveraineté effective. Les territoires souabes des Habsbourg, l'Autriche antérieure, ne fut jamais considérés comme faisant partie de l'archiduché. À partir de 1406, cette Autriche antérieure forme, avec le comté de Tyrol, un ensemble nommé Autriche supérieure, qu'il ne faut pas confondre avec la Haute-Autriche.

Le Cercle d'Autriche[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Cercle d'Autriche.

Le fils de Frédéric III, Maximilien Ier, entreprend, en tant que roi des Romains, de renforcer l'administration centrale en lançant une profonde réforme du Saint-Empire (Reichsreform). En 1512, il réorganise les Cercles impériaux en créant le Cercle d'Autriche qui englobe l'ensemble des territoires héréditaires de la dynastie de Habsbourg, dont l'archiduché d'Autriche lui-même.

La base d'un empire[modifier | modifier le code]

La dynastie des Habsbourg accroîtra sa puissance territoriale et politique par une série de grands mariages, justifiant la devise Bella gerant alii, tu felix Austria nube (« Que les autres fassent la guerre, toi, heureuse Autriche, marie-toi ! »).

Napoléon Ier proclama la fin du Saint-Empire romain germanique, en créant de nouveaux royaumes et principautés, comme la Bavière, le Wurtemberg, la Saxe, la Hesse, le grand-duché de Bade et bien d’autres qu'il regroupa au sein de la Confédération du Rhin. François II, le dernier empereur romain germanique, devint le premier empereur d'Autriche sous le nom de François Ier, en 1804. Suite à sa renonciation au titre d'empereur des Romains le , le fief impérial a cessé d'exister.

Voir aussi[modifier | modifier le code]