Rodolphe IV d'Autriche

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Rodolphe IV d'Autriche
Rudolf IV.jpg
Titre de noblesse
Duc
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 25 ans)
MilanVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Ducal Crypt (en)Voir et modifier les données sur Wikidata
Nom dans la langue maternelle
Rudolf IVVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité
SouverainVoir et modifier les données sur Wikidata
Famille
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Parentèle
Autres informations
Religion

Rodolphe IV de Habsbourg, dit le Fondateur, né à Vienne le et mort à Milan le , est duc d'Autriche régnant sur les duchés d'Autriche, de Styrie et de Carinthie de 1358 à sa mort. Il a également acquis le comté de Tyrol en 1363 et donne à la marche de Carniole le statut de duché en 1364. Rodolphe a été l'un des souverains les plus perspicaces du Moyen Âge tardif ; durant son bref règne, il a posé les bases des « pays héréditaires » de la monarchie de Habsbourg ultérieure.

Biographie[modifier | modifier le code]

Le sceau de Rodolphe IV.

Rodolphe est le fils aîné du duc Albert II d'Autriche (1298-1358) et de son épouse la comtesse Jeanne de Ferrette ; à sa naissance, ses parents étaient mariés depuis plus de 15 ans. Il est le premier duc habsbourgeois originaire d'Autriche, que son grand-père, Albert Ier avait reçu en fief impérial en 1282.

Il a épousé en juillet 1355 la princesse Catherine de Luxembourg (1342/1343-1395), une fille de l'empereur Charles IV. Le mariage est resté sans enfant. En 1364, Rodolphe et son beau-père signaient un contrat de succession par lequel les dynasties de Habsbourg et de Luxembourg ont la qualité d'héritiers entre eux.

Il est principalement connu pour avoir commandité la fabrication du Privilegium Maius, un ensemble de faux sur la base du Privilegium Minus délivré par l'empereur Frédéric Barberousse en 1156. Les documents attribuaient des pouvoirs accrus aux dirigeants de l'Autriche, leur octroyant notamment le titre d'archiduc (Erzherzog) au même niveau que les princes-électeurs de la Bulle d'or. Ces faux seront finalement ratifiés par l'empereur Frédéric III — lui aussi un Habsbourg — cent ans plus tard[1].

À la même période, Rodolphe a fondé un chapitre de chanoines à l'église Saint-Étienne de Vienne; la première étape de la création du diocèse de Vienne qui n'est achevé qu'en 1469. Dans les années suivantes commença l'agrandissement de l'église en style gothique. Il est également le fondateur de l'université de Vienne (Alma Mater Rudolphina) sur le modèle de l'université Charles de Prague. En revanche, il ne put obtenir du Pape l'érection de sa capitale en évêché. Rodolphe se distingua comme un promoteur des citoyens et l'économie dans ses pays.

Après le décès prématuré de Meinhard III de Wittelsbach, le beau-frère de Rodolphe par son mariage avec Marguerite de Habsbourg, le duc signe un traité avec sa mére, Marguerite de Goritz-Tyrol qui fait de lui l'héritier des comtes de Tyrol[1]. L'année suivante, l'empereur lui assigna ce fief ; les ducs de Bavière de la maison de Wittelsbach ne reconnaissent le droit des Habsbourg au Tyrol qu'en 1369.

Cénotaphe à la mémoire de Rodolphe, Saint-Étienne de Vienne.

Rodolphe est mort au bout d'un voyage à l'Italie ; lors d'une cérémonie solennelle, le corps fut ensuite placé dans son tombeau définitif à la crypte de l'église Saint-Étienne de Vienne. À sa mort, les pays autrichiens sont gouvernés en commun par ses deux frères survivants, Albert III et Léopold. Bien que Rodolphe avait établi l'indivisibilité des domaines habsbourgeois, les deux ont partagé les possessions par le traité de Neuberg en 1379.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg des origines à nos jours, Perrin 2002, p.41-44