Frédéric le Bel

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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Frédéric III et Le Bel.

Frédéric le Bel
Illustration.
Frédéric le Bel.
Titre
Roi de Germanie

(4 ans et 6 jours)
Prédécesseur Louis V
Successeur Louis V
Duc d'Autriche et de Styrie

(21 ans, 8 mois et 12 jours)
Prédécesseur Albert Ier
Successeur Albert II
Othon Ier
Biographie
Dynastie Habsbourg
Date de naissance
Lieu de naissance Vienne (Autriche)
Date de décès (à 41 ans)
Lieu de décès Gutenstein (Autriche)
Sépulture Cathédrale Saint-Étienne de Vienne
Père Albert Ier du Saint-Empire
Mère Élisabeth de Tyrol
Conjoint Isabelle d'Aragon
Enfants Anne de Habsbourg

Frédéric le Bel (en allemand : Friedrich der Schöne) de Habsbourg, né en 1289 à Vienne (Autriche), et mort le à Gutenstein, est un anti-roi de Germanie, c'est-à-dire prétendant mais non élu, au titre d'empereur romain germanique de 1314 à 1322. Puis, à partir d'un accord conclu en 1325 avec son cousin, l'empereur Louis IV, il devient co-roi de Germanie sous le nom de Frédéric III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'empereur Albert Ier et d'Élisabeth de Tyrol, il est devenu, après la mort de son aîné Rodolphe Ier de Bohême et l'assassinat de son père en 1308, duc d'Autriche, dont il partage l'administration avec son frère cadet Léopold.

Sa vie est marquée par ses relations avec son cousin Louis IV. Ils sont éduqués ensemble, et leurs relations sont bonnes. Mais elles deviennent conflictuelles lorsque la tutelle des ducs de Basse-Bavière est confiée à Frédéric. Louis IV le bat à Gamelsdorf et il doit renoncer à cette tutelle.

Après la mort de l'empereur Henri VII de Luxembourg, Frédéric se porte candidat à la couronne du Saint-Empire. Cependant, à l'instigation de l'archevêque de Mayence Pierre d'Aspelt, c'est Louis IV qui est élu par quatre princes-électeurs sur sept en octobre 1314. Louis IV est alors couronné à la hâte roi de Germanie par l'archevêque de Cologne, au lieu de celui d'Aix-la-Chapelle. Selon la tradition le vote des princes-électeurs doit être unanime ce qui amène Frédéric à contester l'élection[1].

Frédéric, appuyé par son cadet Léopold Ier, remporte d'abord des succès militaires contre Louis IV. Cependant, celui-ci le défait et le capture le , avec 1 300 autres gentilshommes d'Autriche et de Salzbourg, sur la lande d'Ampfing lors de la bataille de Mühldorf. Il le retient prisonnier au château de Trausnitz dans le Haut-Palatinat. Frédéric qui gouverne avec ses frères et Léopold Ier ne s'avoue pas vaincu, continuant le combat.

Cette résistance, la perte de l'alliance avec le roi de Bohême et l'excommunication du pape Jean XXII (qui prétend qu'il ne peut pas être élu sans son approbation) conduisent Louis IV à relâcher Frédéric, aux conditions du traité de Trausnitz du  : Frédéric y reconnait son cousin Louis IV comme souverain légitime et s'engage à retourner en captivité s'il ne parvient pas à convaincre Léopold de déposer les armes.

Ayant échoué, Frédéric retourne à Munich se constituer prisonnier, alors même que le pape l'a délié de son serment. Cet épisode a inspiré à Friedrich von Schiller son poème Deutsche Treue (Fidélité allemande) et à Ludwig Uhland sa tragédie Ludwig der Bayer (« Louis le Bavarois »).

Impressionné par cette loyauté chevaleresque, Louis IV rend son amitié à son cousin, partage son palais avec lui et ils se mettent d'accord pour diriger en commun le Saint-Empire. Face aux objections du pape Jean XXII et des princes-électeurs, ils signent un nouveau traité à Ulm le , selon lequel Frédéric dirige la Germanie en tant que roi de Germanie, tandis que Louis IV est couronné empereur en Italie. Cependant, la mort de Léopold Ier le 28 février conduit Frédéric à abandonner cette régence impériale pour ne diriger que les seules possessions des Habsbourg.

Il meurt le au château de Gutenstein dans le Wienerwald, et est inhumé à la chartreuse de Mauerbach qu'il a fondée. Lorsque celle-ci est fermée en 1783, on emmène sa dépouille à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.

Après Frédéric, il faut attendre plus de cent ans pour qu'un Habsbourg, avec Albert II du Saint-Empire en 1438, est de nouveau élu roi des Romains : entre-temps, le trône impérial est alternativement occupé par les dynasties de Bavière (Wittelsbach) et de Luxembourg.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Frédéric épouse par procuration à Barcelone en 1313 et effectivement à Judenburg en mai 1315 l'infante Isabelle d'Aragon (née à Barcelone en 1305, morte à Vienne , inhumée dans la chapelle Saint-Louis des Frères mineurs), fille du roi Jacques II d'Aragon et de sa seconde épouse Blanche d'Anjou. Ils ont trois enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg des origines à nos jours, Perrin 2002, p. 37

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]