Frédéric le Bel

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Frédéric le Bel.

Frédéric le Bel (en allemand Friedrich der Schöne) de Habsbourg, né en 1286 à Vienne (Autriche), décédé le à Gutenstein (Basse-Autriche), fut anti-roi de Germanie, c'est-à-dire prétendant mais non élu, au titre d'Empereur Romain germanique de 1314 à 1322. Puis, à partir d'un accord conclu en 1325 avec son cousin, l'empereur Louis IV, il devint roi de Germanie sous le nom de Frédéric III.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils de l'Empereur Albert Ier et d'Élisabeth de Carinthie, il était devenu, après la mort de son aîné Rodolphe Ier et l'assassinat de son père en 1308, duc d'Autriche, dont il partagea l'administration avec son frère cadet Léopold.

Sa vie est marquée par ses relations avec son cousin Louis IV. Ils avaient été élevés ensemble, et leurs relations étaient bonnes. Mais elles devinrent conflictuelles lorsque la tutelle des Ducs de Basse-Bavière fut confiée à Frédéric. Louis IV le battit à Gamelsdorf et il dut renoncer à cette tutelle.

Après la mort de l'empereur Henri VII de Luxembourg, Frédéric se porta candidat à la couronne du Saint-Empire. Cependant, à l'instigation de l'Archevêque de Mayence Pierre d'Aspelt, c'est Louis IV qui fut élu par quatre Princes-Électeurs sur sept en octobre 1314. Louis IV fut alors couronné à la hâte roi de Germanie par l'Archevêque de Cologne, au lieu de celui d'Aix-la-Chapelle. Selon la tradition le vote des princes-électeurs devait être unanime ce qui amena Frédéric à contester l'élection[1].

Frédéric, appuyé par son cadet Léopold Ier, remporta d'abord des succès militaires contre Louis IV. Cependant, celui-ci le défit et le captura le , avec 1 300 autres gentilshommes d'Autriche et de Salzbourg, sur la lande d'Ampfing lors de la Bataille de Mühldorf. Il le retint prisonnier au château de Trausnitz dans le Haut-Palatinat.

Frédéric qui gouvernait avec ses frères et Léopold Ier ne s'avoua pas vaincu, continuant le combat.

Cette résistance, la perte de l'alliance avec le roi de Bohême et l'excommunication du Pape Jean XXII (qui prétendait qu'il ne pouvait pas être élu sans son approbation) conduisirent Louis à relâcher Frédéric, aux conditions du Traité de Trausnitz du  : Frédéric y reconnaissait son cousin Louis comme souverain légitime et s'engageait à retourner en captivité s'il ne parvenait pas à convaincre Léopold de déposer les armes.

Ayant échoué, Frédéric retourna à Munich se constituer prisonnier, alors même que le Pape l'avait délié de son serment. Cet épisode a inspiré à Schiller son poème Deutsche Treue (fidélité allemande) et à Ludwig Uhland sa tragédie Ludwig der Bayer ("Louis le Bavarois").

Impressionné par cette loyauté chevaleresque, Louis rendit son amitié à son cousin, partagea son palais avec lui et ils se mirent d'accord pour diriger en commun le Saint-Empire. Face aux objections du Pape Jean XXII et des Princes-Électeurs, ils signèrent un nouveau traité à Ulm le , selon lequel Frédéric dirigerait la Germanie en tant que roi de Germanie, tandis que Louis serait couronné Empereur en Italie. Cependant, la mort de Léopold Ier le 28 février conduisit Frédéric à abandonner cette régence impériale pour ne diriger que les seules possessions des Habsbourg.

Il mourut le au château de Gutenstein dans le Wienerwald, et fut inhumé à la Chartreuse de Mauerbach qu'il avait fondée. Lorsque celle-ci fut fermé en 1783, on emmena sa dépouille à la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.

Après Frédéric, il fallut attendre plus de cent ans pour qu'un Habsbourg, avec Albert II en 1438, fut de nouveau élu Roi des Romains : entre-temps, le trône impérial fut alternativement occupé par les dynasties de Bavière (Wittelsbach) et de Luxembourg.

Union et postérité[modifier | modifier le code]

Frédéric épouse par procuration à Barcelone en 1313 et effectivement à Judenburg en janvier 1314/15 l'Infante doña Isabelle d'Aragon, (née à Barcelone vers 1300/1302 morte à Vienne 12 juillet 1330 inhumée dans la chapelle Saint-Louis des Frères mineurs) fille du roi Jacques II d'Aragon et de sa seconde épouse Blanche d'Anjou-Sicile. Ils ont trois enfants.

  • Frédéric (né en 1316 - 1322, inhumé à Königsfelden) ;
  • Elisabeth (née en 1317 - 23 octobre 1336, inhumé à Mauerbach, transférée en 1783 dans la cathédrale Saint-Étienne de Vienne.
  • Anné (née en 1318- morte à Vienne 14 décembre 1343, inhumée à Vienne, Couvent de Sainte-Claire) nonne à Sainte-Claire de Vienne en 1340, plus tard Abbesse. Elle avait d'abord entre le 4 juillet 1326/21 septembre 1328 Henri XV de Bavière (mort en 1333), duc de Bavière, puis en seconde noce le 29 septembre 1336 Johann-Henri comte de Görz (mort en 1338).

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Henry Bogdan, Histoire des Habsbourg des origines à nos jours, Perrin 2002, p. 37

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]